‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 355 sur 453 · RAS · texte numérisé non relu

RAS

son subst : Menton ras, tête rase, poil rus, relours ras.

On ilil en rase campagne, en piirlanl de l)alaille, de coinbul. // ne voulait jamais en v^nir à vu engagement en rase campagne. — Hors de l;i, dil l'ëiijud, il me semble (lUe ruse campagne n'esi gii«Te de lusage ncluel. — Cepomhml l'Aeadcmie dil, mu pied de cette colline est une rase campagne, au sortir de ce parc on Iraiirela rase campagne. — Nous pensons qu'il f;iut prendre le milieu entre ces deux opinions. Il nous semble que rase cnmpagne jieul se dire louies les fois que la phnise indique, |tai' opposilion, des emhainis, des diflioulics causées par des monla^nes, des rivières, des ravins, des bois, etc., soil c|ii'on parle ou non de bataille ou de combat. Ainsi des voyageurs dirent fort liien, selon nous, après avoir traversé pendant vingt juins des pays inontagneux, nous trouvâmes enfin la rase campagne. Ainsi, nous ne condamnerons pas, comme Féraud, celle phrase de Roilin : Le lieu où il campait était une campagiie rase et unie, très-pri-pre à mettre en bataille ^tn corps nombreux de ijcns à pied pesamment armes. Quoique leinotca^z/jotr n'indique pas directement l'idée de bataille ou de combat, cependant le mol rase est mis ici jiar rapport à celte idée, comme on le voilpar ce qui suit. Mais nous ne croyons pas qu'on puisse dire avec l'Académie, au pied de cette colline est une rase campagne, ni, au sortir de ce parc on trouve la rase campagne, parce que, dans ces phrases, il n'y a point d'opposition entre les difficultés des pays où l'on trouve des montagnes, des rivières, des bois, etc., e\. ceux où un terrain plat et uni n'offre point ces difficultés.

Rasam, Rasante. Adj. verbal tiré du \. raser. 11 ne se met qu'après son subst : Ligne de défense rasante, flanc rasant, feu rasant.

Rassasiant, Rassasiante. Adj. verbal tiré du v. rassasier. Il ne se met qu'après sou subst. ; Uji mets rassasiant, des viandes rassasiantes. — F' raud dit, d'après une phrase de madaiiie LdCier, qu'on dit poétiquement des flèches, des traits, qu'ils se rassasient du sang des combattants. Nous neconscillons de faire usage de cette métaphore ni en prose ni en vers.

Rassembler. V. a. de la jf conj. Ou ne trouve pas dans le Dictionnaire de l'Acadcmle de définition que l'on puisse bien appliquer au sens que Voltaire a donné à ce mol dans les vers suivants: {Sémiramis, act. III, SC. vi, 7).

Princes, mages, guerriers, soutiens de Babylone, Far l'ordre de la reine en ces lieux raasemblie.

Rasseoir. Y. a. n. et pronom, de la 3' conj. n se conjugue comme asseoir. Voyez ce mot.

Ra.-sis, Kassise. l'art, et adj. On trouve, dans les anciens dictionnaires, de sang rassis, pour dire, s;ins être ému, sans être troublé. 1,' Académie dit, de sens rassis. Nous pensons, comme Féraud, qu'il faut dire de sens rassis quand il s'agit d'un trouble qui est dans l'esprii; cl de sang rassis quand il s'agit d'une émotion physi(iue. C'est un homme qui divague sans cesse, il nest jamais de sens rassis.

.... Foirs de sent rassis.

(BoiL., A. P., II, 47.)

H est duns une grande colère, il faut attendre pour lui parler qu'il siAt do sang rassis.

RAV

Rassurant, Rasscrante. Adj. verbal tiré du V. rassurer. On peut le mellrc avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie Une nourelle rassurante, celte rassurante nouvelle; aes pré' cautions l'assurantes, uni' perspective rassurante, ceiic rassurante perspective, A ..4djeclif.

Rassurer. V. a. de la J" conj. On dil ; Rassurer quelqu'un, rassurer quelque chose, rassurer quelqu'un duns sa foi. hegnard a dit dans le Distrait (Act. IV, se. viii, 1) :

Je veux h ra$6urer de ses soupçons jaloux.

Féraud observe avec raison, au sujet de ce vers, qu'on dil guérir les soupçons de quelqu'un, et non pas rassurer quelqu'un de .tes soupçons.

Rat. Subst. m. Le t final ne se prononce pas. Il n'a point de féminin ; on ne dit pas une rate, mais un rat femelle. Cependant La Fontaine a dit, (L. XII, fab. xxv,3U):

Quelques rates, dil^on, répandirent des hrmcs

Mais c'est dans le style badin.

Rationnel, Rationnelle. Adj. Il ne se met qu'après son subst : Horizon rationnel.

Radqde. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et rharmonie le perinellcnl : Une voix rauque, un son rauque, les rauques accents. \0'^GZ Adjectif.

Ravager. V. a. de la l'^ conj. Dans ce verbe, le ^doit toujours se prononcer coinuiej; et pour lui conserver cette prononciation lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on met un e muet avant cet a ou cet o : Je ravageai, ravageons, et non j);iS : Je ravagui, ruvagons.

Ravir. V. a. de la 2^ conj. Dans le sens d'enlever de force, il est souvent employé dans le style noble :

La mort m'avait ravi les auteurs de mes jours.

(Rac, Esth., act. 1, se. 1, 46.',

Mais que t'a fait Alzire? et quelle barbarie Te force à lai ravir une innocente vie?

(YoLT., Alz., act. V, se. v, 6.)

Delille emploie ce mot dans une acception qui n'est point indiquée dans le Dictionnaire de l'Académie.

Tout à coup il entend mille voix gémissantes; C'étaient d'un peuple enfant les ombres innocentes. Malheureux qui, Qélris dans leur première lleur, A peine de )a vie ont goùti; la douceur, Et, raui's en naissant aux baisere de leurs mères. N'ont qu'entrevu le jour et fermé leurs paupières. (ÉnÉiie, VI, 543.)

Ravir, dans le sens de charmer, transporter de joie, est banni du style noble.

Un si glorieux titre a de quoi me ravir.

(Corn., Sertor., act. Il, se. Il, 78.)

Le mot ravir, dit Voltaire, est trop familier {Remarques sur Corneille.)

El se laissant ravir à l'amour maternelle.

(Corn., Hor., act. I, se. i, 39.)

Le mol de ravir, dans le sens de joie, dit Vdlaire, ne peut se construire avec la préposition à. On n'est point ravi à quelque chose. C'est un sol(';cisn)C de phrase. {Remarques sur Corneille.) Être ravi, pour être aise, se dil par exagéra-

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