‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 356 sur 453 · REB · texte numérisé non relu

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tion dans le style fyinilier. Il régit de devant les noms et les verbes : Je suis ravi de ce succès ; je suis ravi de pouvoir vous rendre ce service. Il régit aussi que avec le subjonctif: Je suis ravi que nous logions ensemble. On se sert de ce dernier toui- quand le sujet de la proposition principale n'est pas aussi le sujet de la proposition subordonnée. Dans la phrase que nous venons de rapporter, ce n'est pas je qui est le sujet de ■nous logions, mais je et vous, c'cst-à-dire rious. Dans je suis ravi que ma présence vmis suit agréable, ce n'est |>as,;V, mais ma présence qui est le sujet du verbe de la phrase subordonnée. -Mais dansy^ .w/i's ravi de vous voir, de vous entendre, les verbes voir, entendre, ont un rapport direct avec je, qui peut éire considéré comme le sujet de ces verbes, car c'est comme s'il y avait, je suis ravi de ce que je vous vois, de ce que je vous entends.

Il.\vlssA^T, Ravissante. Adj. verbal tiré du v. ravir. On jieut le mettre avant son siibst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un hup ravissant, des animaux ravissants. Un discours ravissant, uhe beauté ravissante, celle ravissante beauté.

Ravoir. V. a. et défectueux de la 3° conj. Il n'est d'usage qu'à l'infinitif ravoir : Je voudrais bien ravoir ce que je lui ai donné.

Rayo.n.nakt, Rayo.nnante. Adj. verbal tiré du V. rayonner. 11 ne se met guère qu'après son subst. : Un visage rayonnant. Il régit quelquefois la préposition de. Son visage devint tout rayonnant dejnie. (Marmontel.)

Rayonner. V. n. de la \" conj. L'Académie ne le dit au propre ijue du soleil : Le soleil commençait à rayonner stir la cime des montagnes. Delille a dit {Enéide, II, 917) :

Sur la tête l'Ascagne une flamme rayonne.

Re ou ré. Particule prépositive qui se met au commencement de certains mots. Souvent un même mot reçoit des significations très-différentes, selon (ju'il est précédé de re avec l'e muet, ou de ré avec l'e fermé. Bepondre, c'est pondre de nouveau ,■ répondre, c'est réjiliiiuer à un discours; reformer, c'est former de nouveau ; réformer, (''est donner une meilleure forme; i repartir, c'est répliquer, ou partir pour retourner; répartir, c'est distribuer en plusieurs parts.

RÉALISER. V. a. de la 1'' conj. — Kn 1835, l'Académie donne povir exemple : Réalisez vos promesses. Voltaire n'aimait point cette expression. Voyez Lungue française.

Rébarbatif, RÉBAr.BATivE. Adj. On peut le mettre avant son subst , en consultant l'oreille et l'analogie : f^isage rébarbatif, mine rébarbative, humeur rébarbative, cette rébarbative humeur.

On disait autrefois rcôariarait/; on ne dit plus aujourd'hui que rébarbatif.

Rebattre. V. a. de la 4* conj. Il se conjugue comme battre. Voyez ce mot.

Rebelle. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst. lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un sujet rebelle, ces rebelles sujets; esprit rebelle. Il régit quelquefois la préposition à : Rebelle au roi, rebelle aux lois.

Rebeller, se Rtoeller. V. pronom, de la 1' conj. L'Académie le met comme s'il était encore en usage.

Je dois TODS averlir, en sertiteur fidèle. Qn'eo sa faveur déjà la Tille se rebelle.

(CoBM., PoJ.,act. III, se. V, 77.)

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Rebeller ne se ilit plus, dit Voltan'e, et devrait se dire, puisqu'il vient de rebelle, rébellion. {Remarques sur Corneille.) On dit aujourd'hui 5e révolter.

Rebo.ndi, Rebondie Adj. qui ne se met qii'aprés son subst. : Desj„ues lebnndies.

Rebours. Subst. m. qui se dit principalement du contre-poil des étoffes : On prend le rebours des étoffes pour mieu.v les nettoyer. — Ce mot s'emploie plus ordinairement au ligure pour dire le contre-pied, le contre-sens , tout le contraire de ce qu'il faut : ^'ous n'expliquez pas bien cela ; c'est tout le rebours de ce que vous dites. Il faut prendre tout le rebours de ce qu'il dit. Il cSi familier.

vJ rebours, au rebours, Sont des expressions adverbiales qui signifient à contre-sens, à contre-|)ied : Vergetcr du drap à rebntrs. Il fait tout au rebours de ce qit'on lui dit.

Au rebours se dit dans le style marotique, pour au contraire. J.-B. Rousseau l'a employé en ce sens dans une épigrainme contre les journalistes de Trévoux :

Petits auteurs

Vous TOUS luez à chercher dans les nôtres (dans nos ouvrages) De quoi blâmer, et l'y trouvez très-bien ; Nous, au rebours, nous cherchons dans les vôtres De quoi louer, el nous n'y trouvons rien.

Le peuple dit à la rebours.

Rebrodsser. V. a. de la \."> conj. Féraud prétend que l'usage n'admet point les rivières rebroussent leurs cours. Nous répondrons à celle remarque par les vers suivants de Racine {Allt. act. V, se. 1,36):

L'arche qui fit tomber tant de superbes tours. Et força le Jourdain de retrousser son cours,

RÉBUS. Subst. m. tiré du latin. On prononce rébus, en faisant sentir le s final.

Rebutant, Rebutante. Adj. verbal tiré du v. rebuter. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un travail rebutant, une étude rebutante, cette rebutante étude. — Un homme rebutant, une mine rebutante, une physionomie rebutante, cette rebutante physion omie.

Récalcitrant, rvÉcALCiiRANTE. Adj. verbal tiré du V. récalcitrer. Il signifie qui résiste avec humeur et opiniâtreté : Humeur récalcitrante. Regnardadil dans le Joueur (act. I, se. x, 65) :

Puisqu' aujourd'hui votre humeur pétulante Vous rend l'âme aux leçons un peu récalcitrante. Je reviendrai demain.

— On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Cette récalcitrante humeur.

Récapitulation. Subst. f. C'est, dans un discours oratoire, une partie de la péroraison, qui consiste dans une énuméralion courte et précise des principaux points sur lesquels on a le plus insisté dans le discours, afin de les présenter à l'auditeur comme rassemblés et réunis en un seul corps, pour faire une dcrniùre et vive impression sur son esprit. — Une récapitulation bien faite domandebeaucoup de nctteic el de justesse d'esprit, afin d'en écarter tout ce qui pourrait étro ifiutile, traînant ou superflu. — Récapitulation se dit aussi del'opépaiion de l'esprit par laquelle

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il se r;ip|M?llo plusieurs idées pour se les rcmellre toutes sous le inéuie point de vue.

Recèleh. V. a de l;i 1" conj. Il se conjugue comme celer. Voyez ce mot.

KÉcKjiMENT. Adv. On peut le placer entre l'auxili-iire et le participe : Cela est arrivé récemment,o\\ est rcceminent arrivé.

RkcE>T, Réceme. Adj. On peut le mollrc avant sonsubsl.. en consultant l'oreille et l'analogie: Une plaie récente, une écriture récente, vne nouvelle récente ; une aventure récente, cette récente aventure.

Delille a ciniiloyé ce mot dans une acception nouvelle {Enéide, \l, 847) :

Le héros, le premier, touche au bout de sa course,

Se baigne en des flots purs tout récentt de leur source .

RÉCÉPISSÉ. Subst. m. Quoique ce mot soit tout latin, il ne laisse pas de prendre un s au pluriel : Des récépissés.

Recevable. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subst. : Des marchandises recevables, une excuse qui n'est pas recevable.

Recherche. Subst. f. Ce mol signifie en général perquisition ; mais il ne se dit pas indifféremment de loulcs les choses. Ce ne serait pas parler correclemenl ipie de dire, faire la recherche d'une cliose perdue; cependant oi\à\\. faire la recherche de l'auteur d'un meurtre, des secrets de la nature. — On ne dit pas au propre, la recherche des perles, la recherche des trésors que la terre et la mer renferment dans leurs abîmes ; mais on dirait bien au figuré, la recherche des biens de la terre, et la recherche des trésors. — Quand on dit d'une chose égarée, quelque recherche que j'en aie faite, je n'ai pu en rien apprendre; alors recherche est |)iis au figuré, et c'est comme si l'on ilisail quelque soin que j'aie pris pour en apprendre des nouvelles. — Non-seulement on ne dit |)as recherche au propre, en parlant d'une chose perdue, mais on ne dit pas môme rechercher, à n;oins (juc, par ce verbe, on n'entende chercher une seconde fois. On n'a pas bien cherché partout, il faut rechercher. — Becheiche se dit au figuré des choses curieusement recherchées. — Un livre plein de belles recherches.

Rechercher. V. a. de la 1" conj. Voici des acceptions de ce mot qui ne sont pas clairement indiijuées dans le Dictionnaire de l'Académie:

Il (Dieui -airechcTchc point, aveu;;le en sa colère. Sur le fils qui le craint l'impiété du père.

(Rac, Ath., acl. I, se. II, 103.)

Une femme en furie Raciktrchait dans S'.n tianc les restes de sa vie.

(Volt., Orette, aet. I, se. ii, 57.)

RÉCIDIVER. V. n. de la \'* conj. Il se prend toujours en mauvaise part, et ne se dit que des faules ou des crimes.

Réciproque. Adj. des deux genres. On peut le iiif'tlrc avant son subsl., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Amour réciproque, leur réciproque amour ; amitié réciproque, cette réciproque amitié. Voyez Adjectif.

Réciproque est aussi un terme de grammaire. On appelle verbes réciproques les verbes qui se conjiigucnt comme les verbes réfléchis (voyez Jifûéchi), avec les i)ronoms nous, vous^ se ; ils en différent en ce qu'ils ne se conjuguent point avec me et te, e' en ce qu'ils expriment l'aclion de

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plusieurs sujets qui agisst^nt les uns sur lesatitrès, en sorte que le premier agit sur le second, et récipioquement lesecondsiir le prenuer. Qtwnd je dis Pierre et Paul s'aimi iit, le pronoiii se ne peut pas se rapporter au sujet du verbe, car je ne veux pas dire que Pierre s'aime lui-même, ni que Paul s'aime lui-même, mais j'entenils dire que Pierre aime Paul, et que Paulaime Pierre, ou qu'zÏA' s'aiment réciproquement. Aimer n'est donc pas employé ici comme verbe réllcchi, n>ais comme verbe réciproque.

11 y a des verbes réciproques directs et indirects, suivant que les sujets agissent directement ou indirectement les uns sur les autres. Dans celte phrase, Pierre et Paul se louent, le verbe /oi/er est réciproque direct, paneiiue c'est comme si je disais Pierre loue Paul, et Paul loue Pierre; mais dans cette autre, Pierre et Paul se donnent des louanges^ le verbe donner est réciproque indirect, parce que c'est comme si je disais Pierre donne des louanges à Paul, Paul donne des louanges à Pierre.

Les verbes réci[)roques, exprimant l'action de plusieurs sujets, doivent être mis au pluriel ://« se battent, nous nous cherchons. D'après cotte règle, quelques grammairiens ont trouvé incroi/able que Racine ait pu dire des Frères ennemis (act. IV, se. m, 18) :

L'un ni l'autre ne veut s'embrasser le premier

Mais ces grammairiens n'ont pas fait attention qu'ici le verbe n'est pas réellement réciproque, et que la faute que l'on peut reprocher à Racine n'est pas de n'avoir pas mis veulent au pluriel, au lieu de veut au singulier; mais d'avoir mis le pronom se avant emJroMe?-, ce qui paraît donner à ce verbe le sens d'un verbe réfléchi. En effet, le sens de la jjhrasc est ni l'un ni Vautre ne veut embrasser son frère le premier, et il n'y a rien la (jui indique tm sens réciproque, car le verbe réciproque explique l'action simultanée de plusieurs sujets les uns sur les autres; et ici il est (lucstion de deux actions qui doivent avoir lieu l'une après l'autre. Ces actions ne seront réciproques que lorscpie le premier ayant embrassé le second, le second embrassera en même temps le premier; alors on pourra dire ils s'embrassent l'uji l'autre, ci le verbe sera vraiment réciproque. Racine ne pouvait donc pas dire, l'un ni l'autre ne veulent s'embrasser le premier ; mais il devait dire, si la mesure du vers le lui eût permis, ni l'un ni l'autre m veut embrasser son frère le premier.

On excepte de celle règle les verbes réciproques qui onl pour sujet un nom collectif, comme, tout le monde, tout le peuple ; Ci l'on dira fort bien, tout If monde .'s'entre-tuait, ou se tuait; le peuple s'entre-baltuit, ou se battait. Il en est de même quand on emploie le mol on dans le sens de plusieurs personnes indéfiniment : On se j battait à toute outrance, nn se tuait les uns les autres, on se disait toutes sortes d'injures.

Pour déterminer la signification des verbes réciproques, cl les restreindre au sens qui leur est propre, il est quelquefois nécessaire d'y ajouter les mots l'un l'autre, les uns les autres, réciproquement, ou entre; et ce dernier se joint au verbe de manière tiu'il en l'ait parlic, sans (]ui)i le verbe pourrait être itris pour un verbe réfléchi. Ainsi quand je dis simplement Pierre et Paul se louent à tout moiucnt, on peut entendre que Pierre cl Paul se louent eux-mêmes, et idorti

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c est un verbe réflcolii. Mais si je dis Pierre et . Puvl se hiuent l'un Vaulve, se hment réciproguv'iie/it, ou s'entre-loueiit, le verbe est iiécessaiicmcnl dfierininc, el la signification réciproque. "N'oyez Pronominal.

lÏÉciPiioQiEMKNT. Adv. Ou pcut Ic mettre entre l'auxiliaire el le participe -.Ils se sont aimés réciproqiieineni, ou ils se sont réciproqnement aimés .

Kkcit. Subst. m. On ne prononce point le /.

llÉciTATEL'f,. Subst. m. Yoltairc a employé ce mot. 11 écrit à madame du Deffant, qui était aveugle : Je vous ai envoyé, en grand secret, la tragédie des Gvchres... faites-vous lire la pièce par un bon récilalour de vers, et nnis verrez de qvoiil s\iyil (24 juillet 1769). — Rien n'empêche, ce me semble, de dire recitatrice, en parlant d'une feinme.

Réciter. Y. a. de la l'* conj. L'Académie n'indique pas l'acception dans laquelle il est pris dans ce vers de Racine (Phèd., ad. II, se. i, 39) •

Je sais Je ces froideurs tout ce que l'on récite.

Recomma.ndable. Adj. des deux genres qui ne se met qu"après son subst. : Un homme recommanduhle.

Récompenser. V. a. de la 1^' conj. L'Académie ne dit pas qu'au figuré on le dit des choses dans le Siyle noble : Les fruits dorés dont l'automne récompense les travaux- des laboureurs (f énel., Télém., liv. II, t. I, p.JG6).

RÉC0NCILI.4BLE. Adj. 11 s'emploic ordinairement avec la négative, el ne se met qu'après son sul)st. : Ces deux familles ve sont pas réconciliables.

RÉco>ciLUTEDr,. Subst. m. En parlant d'une femme, on d'il récoticiliatrice.

Recon>aissable. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : // n'est pas reconiiaissable.

Reconnaissance. Subsl. f. Gratitude, ressentiment des bienfaits reçus. En ce sens, il n'a point de pluriel.

Quoiqu'on dise reconnaître sa faute, on ne dit i)as faire la reconnaissance de sa faute, mais en faire l'aveu.

Reconnaissance est aussi un terme de poésie dramatique. Dans le poëmc épique et le poëme dramatique, il arrive souvent qu'un personnage ne se connaît pas lui-même, ou ne connaît pas celui avec lequel il est en action; et le moment où il acquiert cette connaissance de lui-même ou d'un aulre s'appelle reconnaissance. La reconnaissance peut élre simple et réciproque, et des deux côtés, ou d'un seul; ce peut être soi que l'on reconnaisse, ou un autre ; ou un autre et soi en même temps.

La reconnaissance est précieuse dans la tragédie, soit avant, soit après le crime ; avant, pour empêcher qu'il ne soit conunis; après, pour en faire sentir tout le regret. La reconnaissance est dans le comique une source de ridicule, comme dans la tragédie une source de pathétique : dans celle-ci, c'est une mèie qui va tuer son fils, un fils qui vient de luor sa mère, et qui reconnaissent, l'une le crime qu'elle allait commettre, l'autre le crime qu'il a commis; dans celle-là, c'est un vieux jaloux qui, par erreur, livre à son rival sa maîtresse, et ne s'aperçoit de sa méprise, que lorsqu'il n'est plus temps, comme dans /'^co/e de* 7«((rw; c'est un jeune étourdi qui ne reconnaît son rival qu'après qu'il lui a confié tout ce qu'il a fait et tout ce «lu'il veut faire pour lui enlever sa maîtresse, comme dans

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l'Ecole des femmes; c'est un oncle et un neveu dont l'un veut Caire enfermer l'aulre, et qui se trouvent camarades de troupe dans une luinédie de société, connue dans la Métromanie ; c'est un fds dissipateur cl un père usurier, qui, dans le prêteur et l'emprunteur ([u'ils cherchent réciproquemenl, se rencontrent, commedans l'Avare.

On sent combien la méprise ijui |irécèdc ces reconnaissances, la surprise, l'élonncment, l'embarras, la révolution qui les suit, doivent contribuer à ce qu'on appelle le comique do situation; et si à la reconnaissance, des personnages on ajoute celle des choses, c'est-à-dire des bévues et des erreurs où le personnage ridicule est tombé, des pièges où- il s'est laissé prendre, on aura l'idée de pres(iuc tous les moyens qui, dans la comédie, amènent les révolutions. (Extrait de Marmontel.) En ce sens, reconnaissance prend un pluriel.

Reco.nnaissant, Reconnaissante. Adj. verbal tiré du V. reconnaître. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme recomiaissant, une femme recotmaissante, une âme reconnaissante.

Reconnaissant. En parlant des personnes, il régit la préposition envers; et en parlant des choses, la jiréposition de : Il est reconnaissant envers ses bienfaiteurs. Je suis reconnaissant des services que vous m'avez rendus.

Reconnaître. V. a. de la 4' conj. Il se dit nonseulement de ce qu'on voit, mais encore de ce qu'on entend :

Viens, reconnais la voix qui frappe ton oreille.

(Rac, Iphig., act. I, se. i, 2.)

Il s'emploie figurément au sens moral. On reconnaît les gens à la nature de leurs actions, bonnes ou mauvaises. On dit d'un homme bienfaisant qui soulage un malheureux, on le reconnaît &;'e« à cette action, à cett* bonne action. On dit de même d'un méchant homme, d'un scélérat, on le reconnaît « cette scélératesse, on le reconnaît bien là.

On reconnatt Joad à cette violence.

(UiC, Ath., act. III, se. V, 9.)

Reconquérir. V. a. et irrégulier de la 2' conj. Il se conjugue comme conquérir. Voyez ce mol.

Recoudre. V. a. et irrégulier de la i' conj. Il se conjugue comme coudre. Voyez c« mot.

Recourir. V. n. et irrcgulier de la 2' conj. Il se conjugue, comme courir, et régit la préposition « : Recourir à Dieu dans ses afflictions.

Recours. Subst. m. Le s ne se prononce que devant une voyelle ou un // non aspu-é. — Quand il signifie l'aclion par laquelle on recherche de l'assistance, du secours, il se met tou;ourssans pré[josilif : J'airecours à Dieu, et n.on pas j'ai mon recours à Dieu. Avoir recours à la justice, avoir recours au médecin. Dans le sens de refuge, on l'accompagne de prépositifs : Tout mon recours est en Dieu, Dieu est mon seul recours. Dieu est le recours des viisérables. — Il en est de même dans le sens de droit de reprise par voie légale. On ne dit pas j'aurai recours contre vous, imns j'aurai mon recours contre vous- On lui a réservé son recours , et non pas on lui a réservé recours.

Recouvrable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Deniers recouvrable^ . fonds recouvrables.

Recouvrer. V. a. de la 1"^^ conj. Le (••

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dcipe pnssc do ce verbe est recouvré, «l non rec'ourcii. ]l ne faul pas confondre ces deux Mrticipos, coiniuc le font plusieurs pcrsonncb. flecotivi^it est le participe du verbe recouvrir, qui si{:niiic couvrir de nouveau. Recourre est le parlitipe du verbe recouvrer, cpii signifie rolroufcr, rentrer on |iossession, acquérir de nouveau une cli(isei|u'on avait perdue. Bien des personnes confoniieiit iilusicurs temps du verhe recouvrir avei' ceux du veibe reco^ivrer, et il y en a effectivemenl plusieurs i|ui leur sont communs, comme le prcsent et l'imparfail de l'indicatif; mais le passé simple et le participe passé de ces deux verbes sont trcs-différenls. On dit recouvrit au passé simple du verbe recouvrir: //recouvrit sa jnaison; et on dit recouvra au passé simple du verbe recouvrer : Il recouvra la santé, ta vue; et, comme nous l'avons déjà dit, le participe passé du verbe recouvrer est recouvré, et le participe passé du verbe recouvrir est recouvert.

Recouvrih. V. a. et irrégulier de la 2" conj. Il se conjugue comme ouunr. Voyez Irrégulier &\. Recouvrer.

Récréatif, Récréative. Adj. Il suit ordinairement son subst. : Jeu récréatif, homme récréatif.

Récréer, Recréer. Verbes actifs de la l'^conj., qu'il ne faut pas confondre l'un avec l'autre. Ils ne diffèrent dans l'orthograpbe que par laccent aigu que l'on met sur lo premier e du premier. Dans la signifii-ation, ils différent beaucoup. Le premier signilie procurer de la récréation, et le second , donner une nouvelle existence : Les chagrins ne sauraient faire impression sur toi; chaque instant le montre des choses nouvelles; tout ce que tu vois te récrée, et te fait passer le temps sans le sentir. (Montesquieu, IX'' lettre persane.) — L'auteur a su recréer son sujet par la 7uaniè>e dont il l'a traité.

Récrire. V. a. et irrégulier de la 4^ conj. 11 se conjugue comme ccnre. Voyez ce mot.

Recroqueviller. V. pronom, de la i^^ conj. On mouille les deux l.

Recruter. V. a. de la Ir" conj. Ce verbe ne siguilie pas la même cliose que/àiVe des recrues. Recruter un régiment, c'est le rendre complet par le moyen de recrues. Faire des recrues, -î'est en général lever, engager des lionimes pour recruter un corps. Racine écrit à son fils : « Prenez garde de ne pas prendre vos nouvelles dans ta gazette de Hollande ; car, outre que 7Uius les av'ins comme vous, vous y pourries apprendre ceriaiîis termes qui ne valent rien, comme celui de recruter, dont vous vous servez: au li£u de quoi il faut dire, faire des recrues «

Rectangle. Adj. des deux genres qui ne se nid qu'après son subst. : Un tiiangle rectangle, u?i pçLralliilograiinne rectangle.

Rectangulajre. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Figure rectangulaire.

Rectilicise. Adj. des deux genres qui ne se met (ju'après son subst. : Figure rectiWjne.

Recueil. Subst. m. On mouille le / final.

Reiuei llekent. Subst. m. On mouille les deux ?.

Recueillir. V. a. et irrégulier de la 2'' conj. Il se conjugue comme c!<ej7itr. On mouille les deux l. y oydj' Cueillir .

Recul. Subst. m. Ou prononce le l.

Reculer. V. a. et n. de la l'« conj. Dans le SfciiS actif, il régit quelijuefois la préposition de : Seules cette chaise de la cheminée.

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