‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 360 sur 453 · REG · texte numérisé non relu

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fuser giûcc ; c'cît donc avec raison qu'ona trouvé une fyuted;iiis ce vers de Corneille {Scrlur.^aci. I, sc.ju,3l)).

J'awais peine, sei(,'ncur, à lui refuser grâce.

— Refuser, dans un sens absolu, régit la préposition de avec l'infinitif : // a refusé de marcher, de lire, de consentir. On dit ccpcnii;mt, il lui a refuse à dîner, à JtjVu/ie/-; mais c'est parce que, dans ces phrases, les expressions à dîner, à déjeuner, ne sunt pas de véritables infinitifs, mais signifient de quoi dîner, de quoi déjeuner, les choses nécessaires pour dîner, pour déjeuner. On dirait de même, il lui a refusé à manger.

REGAG^ER. V. a delà !'"« conj. On mouille ^h.

Regard. Subst. m. Corneille a dit dans les Horaces (act. IV, se. i, 11) :

Le jugement de Rome est peu pour mon regard.

Voltaire a dit, à l'occasion de ce vers, pow?- mon 7 égard est suranné et hors d'usage; cest pourtant une expression nécessaire {Remarques sur Corneille). On dit laisser tomber ses regards sur quelqu'un, sur quelque chose.

Tous vos regards sur moi ne tombent qu'avec peine. (Rac, Iphig., act. II, se. II, 23.)

Regarder. V. a. de hi'^con']. Ilegarderco7n7ne, signifie estimer tel. On dit, Je le regarde comme un honnête homme, comme un fripon.

L'ennemi nous regarde, en son aveugle rage. Comme de vils troupeaui réservés au carnage.

(Rac, Àth., acl. IV, se. t, 32.)

Régénérateur. Subst. m. En parlant d'une femme on dit régénératrice.

1\egimber. V. n. de la Ir^conj. Ce terme est exclu du style noble.

Régime. Subst. m. Les mots complément et régime paraissent se confondre ; cependant il y a uùe différence entre l'un et l'autre. Voyez Complément. Tout régime est complément, mais tout complément n'est pas régime. Régime se dit proprement, dans la grammaire française, des compléments nécessaires des verbes, et des compléments des prépositions, qui sont aussi nécessaires

J'appelle complément nécessaire d'un verbe, celui sans lequel le sens d'un verbe ne serait pas complet. Quand je >\U j'envoie, le sens n'est pas comjilet tant que je n'ai pas dit ce que j'envoie; le mol qui exprime ce que j'envoie est donc un complément nécessaire ou un régime du verbe envoyer. Mais quand j'ai exprimé ce complément nécessaire, et que j'ai dit, par exemple, J'envoie un livre,\Q. sensdu verbe e/i»;oy<?)n'est pasencore complet, et il ne le sera ijuc lorsque j'aurai exprimé à qui j'envoie un livre; le mot ou les mots par lesquels j'exprime à (jui j'envoie, sont donc aussi un complément nécessaire ou un régime du '•'erbe envoyer. (Juaiid je dis, mettez ce livre sur, la préposition S!/ 7- n'a pas un sens complet, il est !;écessaire qu'elle soit suivie d'un complément <iui achève ce sens, et ce complément est ce qu'on appelle le régime de la préposition. On nppelle quelquefois régime, las compléments des loms, des adverbes, etc., mais c'est abusivement; et il n'y a réellement que les verbes elles prépositions qui aient des régimes.

Le régime d'un verbe peut être un substantif,

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un pronom ou un verbe à l'infinitif, qui est une espèce de nom. Le régime d'un verbe restreint on détermine sa signification. Cette signification peut être restreinte ou déterminée directement ou indireclement. Quand je dis. J'envoie un livre, un livre détermine directement la signification du verbe J'envoie. C'est par cette raison qu'on l'appelle régime direct, ou régime simple. Quand je dis, j'envoie un livre à vion ami, à mon ami restreint ou détermine indireclement la signification du verbe J'envoie, c'est-à-dire par le moyen d'une préposition. C'est pour cela qu'on appelle ce régime, régime indirect, ou régime composé, parce qu'il est composé d'une préposition et d'un nom. — Le régime direct est la réponse à quif ou quoi^ J'envoie, qui ? mon frère, c'est le régime direct; quoi^ un livre, c'est encore le régime direct. Le régime indirect est la réponse à à gui? ou de qui? à quoi? ou de çmoi? j'envoie un livre, à qui* à mon frère; c'est le régime indirect; j'ai reçu ce livre, dequi? de mon frère, c'est le régime indirect. Je pense, à quoi? à mon salut, c'est le régime indirect ; Je m'occupe, de quoi? de mon salut, c'est le régime indirect.

Le régime, soit direct, soit indirect, peut être un pronom : Je le veux ; je veux, quoi? cela, régime direct exprimé par le pronom le. Je lui ai parlé ; J'ai parlé à qui? à lui, régime indirect exprime par le pronom lui. — Le régime direct ou indirect d'un verbe peut être un autre verbe à l'infinitif : Je veux manger; je veux, quoi? manger, régime direct du verbe Je veux; j'aspire, à quoi? à voir mon père : « voir, régime indirect du verhe j'aspire, lequel a lui-même un régime direct, mon père.

Le verbe actif a toujours un régime direct; plusieurs verbes actifs doivent avoir un régime direct et un régime indirect : J'aime mon père, le sens est complet avec le régime direct; J'envoie un livre a mon père, le sens ne |)eut être complet qu'avec le régime direct cl le régime indirect.

Le verbe passif a pour régime un nom précédé des prépositions de ou par : Le vaisseau a été longtemps battu de l'orage. Ce tableau a été peint par Rubens. Souvent les verbes passifs s'emploient sans régime : Il est aimé.

Quelques verbes neutres n'ont point de régime, comme languir, gémir; plusieurs ont un régime indirect : Les excès nuisent à la santé. Les excès nuisent, à quoi? à la santé, régime indirect du verbe neutre nuisent. Il médit de son prochain. Il médit, de qui? de son prochain, régime indirect du verbe neutre médire.

Enfin, les verbes réfléchis ei les verbes réciproques ont pour régimes les pronoms me, te, se, nous, vous; or, ces pronoms sont quelquefois régime direct, comme dans je me loue, tu te loues, il se loue ; nous nous louons, vous vous louez, il se louent; et quelquefois ils sont régime indirect, je me reproche, tu te reproches, il se reproche; nous nous reprochons, vous vous reproches, ils se reprochent ; où me est pour a moi, te pour à toi, se pour à lui, ou à eux, nous pour à nous. "Voyez Complément, Construction-

Plusieurs adjectifs ont aussi leur régime. C'est un substantif ou un verbe précédé de l'une des prépositions a, de, dans, en, sur, etc. Les adjectifs <}ui ont un sens déterminé, absolu, qui ne font point attendre une autre idée pour compléter celle (ju'ils présentent, n'ont point de régime. Tels sont intrépide, invioUMe'; vertueux, etc.

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Ceux au cantrairedont '.idée est indéterminée, et qui font attendre quelque autre idée pour compléter celle (ju'ils présentent, ont des régimes. Si je dis, par exemple, il est capable, on me demandera de quoi? Cet adjectif capable appelle donc une autre idée pour compléter celle qu'il présente; il appelle un régime; et ce régime est (|uelquel'ois un nom : capable de rtsistance; quelquefois un verbe : capable de résister. Tel adjectif qui appelle un régime parce qu'il est pris dans un sens relatif, n'en appelle point lorsqu'il est pris dans un sens absolu. On dit, c'est lin homme capable, pour dire absolument c'est un homme qui a de la capacité, de l'intelligence, des talents. Voici les régies que donnent les grammairiens sur cette matière.

1» Il ne faut pas donner de régime à un adjectif qui n'est pas susceptible d'en recevoir un. Cotte règle signifie qu'avant de donner un régime à un adjectif il faut examiner s'il est pris dans un sens absolu ou relatif; et ce n'est (|ue dans ce second cas qu'il faut lui donner un régime, .\insi je dirai, je suis content, si je vcu.x exprimer d'une manière absolue le contentement de mon àme, sans relation avec les objets qui ont cau>é ce contentement; et je dirai je suis content de mon frère, pour exprimer le contentement de mon àme, considéré relativement à la conduite de mon frère.

2" II ne faut pas donner à un adjectif un autre régime que celui qui lui est assigné par l'usage. Cela veut dire qu'il faut étudier avec soin quels sont les régimes que l'usage donne aux adjectifs. Par exemple, on ne dira pas, cela m'est aimable, comme on dit cela m'est agréable. Voyez aimable.

3'^ Un substantif peut être régi par deux adjectifs, pourvu que les rapports qui les lient soient exprimas par la même prc])Osition, ou, ce qui est la même chose, pourvu que les adjectifs demandent le même régime : Ce père est utile et cher à sa famille, est une phrase correcte, parce que les adjectifs utile et cher régissent la même préposition. On dit utile «, cher à. Mais on ne pourrait pas dire cet homme est utile et chéri de sa famille, parce (jue utile et chéri ne régissent pas la même préposition, car on dit vtHe à et chéri de. Il faudrait donc, dans ce cas, employer un autre tour et dire : Cet homme est utile à sa famille et il en est chéri.

M. Lemaire a fait une excellente note sur le régime des adjectifs. Comme elle est trop étendue pour que nous la rapportions en entier, nous en extrairons seulement les passages suivants; mais nousengageonsles personnes qui voudraient étudier celte question à fond, à lire ce morceau dans la Grammaire des Grammaires (p. 276).

« «Quelques grammairiens ont cru trouver un régime de l'adjectif dans la jilirase suivante : Il est doux de yo«ir dans la solitude des plaisirs in/irctnts que rien ne peut ôter aux bergers. (Fénel., Télém., liv. II, t. i, p. dOS.) iMais évidemment c'est là un aoUicisme dans lequel la préposition de semble n'être, comme le dit l'Académie, qu'une particule destinée à lier le verbe avec ce qui précède. En effet, dans cette proposition, il est honteux de mentir, le léritable sujet est l'infinitif mentir ; et l'on ne pourrait traduire cette phrase en latin qu'en changeant ainsi la tournure :7/(e«Ur est honteux; turpe est mentiri... L'infinitif deviendra-t-il nécessaire<nent un régime dans ces phrases ^ Cet homme est fou de parler ainsi, f^ous êtes bien

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