‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 367 sur 453 · REN · texte numérisé non relu

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celle mariiue d'empressemenl. Autrefois on employait rencontre a» masculin. Voyez Genre.

Rencontrer. V. a. de la li'c conj. Racine a dil dans Iphigénie (acl. II, se. i, 99) :

Je frcmissais, Doris, et d'un Tainqacur sauvage Craijnais do rencontrer l'effroyable visage.

L'Académie ne l'indique point en ce sens.

Rendre. V. a. de la Ae conj. Il régit plusieurs noms sans article : Rendre raison, rendre hom— mage, rendre gloire, rendre obéissance, rendre compte, rendre réponse, rendre grâce, rendre foi et hommage, rendre visite, rendre justice, •endre sen-ice, rendre témoignage. — ^oici quelques acceptions de ce mot qui ne sont point indiquées dans le Dictionnaire de l'Académie :

Pyrrlius rend à l'autel son infidèle lit.

(Rac, Androm., act. Y, se. m, 2.)

Je rends dans les tourments une pénible vie.

(Rac, Phèd., act. IV, se. vi, 81.)

Dieux ! vous rendrez Oresle aux larmes de sa sœur. (ToLT., Oreste, acl. I, se. ii, 103.)

Ce héros malheureux, de Bouillon descendu, .\ux soupirs des chrétiens ne sera point rendu.

(Volt., Zaxre, act. II, se. i, 57.)

Renforcer. V. a. de la l''^ conj. Voyez En forcir.

Reniabi.e. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Cas reniable.

* Rémtf.nt, Rémteme. Adj. Mol inusité dont Voltaire a fait usage : Mahomet, dans ses premiers combats en Arabie contre les ennemis de son imposture , faisait tuer sans miséricorde ses compatriotes rénitents, c'est-à-dire (jui faisaient des efforts pour repousser sa doctrine. — Nous pensons qu'on peut irés-bien s'en servir en ce sens.

Re.nommée. Subst. f. Voltaire a dit àdir\?,Alzire (act. V,sc. V, d8) :

Que j< sois de ton peuple applaudie ou blâmée. Ta seule opinion fera ma renommée.

L'opinion d'une seule personne ne peut pas faire la renommée de (juehju'un. Fera ma renommée signilie ici me tiendra lieu de renommée.

Et lui, désespéré, s'en alla dans l'armée, Chercher d'un beau trépas l'illustre renommée.

(Corn., PoU, act. I, se. m, 81.)

La renommée ne convient jioint « trépas, dit Voltaire. Ce mot ne regarde jamais que la personne, parce que renommée vient de nom : La renommée d'un guerrier, la gloire du trépas {Remarques sur Corneille). Voyez Bruit.

Ce mot ne se dit au pluriel qu'en terme de peinture, et lorsqu'on parle des figures de la Renommée.

Renoncer. V. n. et a. de la If" conj. Dans le sens neutre, renoncer à quelque chose :

Aux promesses du ciel pourquoi renoncez-voui? (Rac, Ath.,icl. I, se. i, 137.)

— Dans le sens actif, renoncer quelqu'un : Il me renonce.

De ses remords pressé.

Pour le sang de tûs rois il vous a renoncé.

(Volt-, OEd., act. V, se. ii, 50.)

REP

I Renouveler. V. a. de la 1'° conj. On double I la lettre / dans les lcin|)s de ce verbe où celle I lettre est suivie d'un e muet : Je renouvelle, je

renotivellerai, il renouvellera, il renouvellerait.

On ne met qu'un / lorscpie cette lettre est suivie

de toute autre leltrequ'un e muet : Je renouvelais,

j'ai renouvelé, ils renouvelèrent.

Rentrer. V. n. de la l'« conj. Racine a dit j rentrer dans les fers :

j Par quel charme, oubliant tant de tourments soufrerts,

1 PouTCî-TOUs consentira rentrer dans ses fers?

' (Rac, Androm., àcl. ï, se. 1,51.)

On dit aussi rentrer dans so?i devoir, rentrer en son bon sens, en soi-même.

Renvoyer. V. a. cl irrégulier de la 'U"-' conj. ; Il se conjugue comme Envoyer. Voyez ce mol. I Réorganisation. Subst. f. Nouvelle organisaj lion. Il est utile d'adopter ce mot, surtout dans I le lem|)S présent, où l'on a un si grand besoin de réorganisations. — En 4835, l'Académie l'admet. Repaire. Subst. m. Vieux mut qui signifiait demeure, habitation, et que l'on ne dil ]ilus au- I jourd'hui que pour signifier un lieu où se retirent des animaux malfaisants. 11 vient du latin reperire, trouver. Un repaire <i?,\. un lieu où l'on trouve des bêles malfaisniiles. D'après celle étymologie, on peut bien dire un repaire de bêtes féroces, mais non pas un repaire de férocité. — On dit aussi un repaire de brigands, mais on ne dil pas 7<H re.paire dr brigandages.

RepaItre. V. a. et n. de la 4' conj. 11 se conjugue comme paître et a de plus un passé simple, Je repus, et un participe passé, repu, repue, qui sert à former le passé composé, /at repu. Au propre, il est neutre et peu usité. L'Académie donne pour exemple, il a fait trente lieues sans repaître ; vos chevaux 71 ont point repu. Cela ne se dil point. On dil sans manger, sans boire ni manger. — Au figuré, il est actif et pronominal : Repaître son esprit de chimères; se repaître de chimères, de vaines espérances.

Hélas! si cette paix dont vous vous repaietex Couvrait contre vos jours quelques pièges dressés'. (Uac, Critan., act. Y, sc.i, 61.)

Réparable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst. en consultant l'oreille et l'analogie : Un dommage réparable, ce réparable dommage; une faute réparable, cette réparable faute.

Réparer. V. a. de la U^conj. Voltaire a dit réparer le crime, réparer les ruines de laliberté; et Racine, réparer l'outrage des ans :

Repare-lhon le crime, hélas, par des présents?

{Sémir., act, I, se. v, 109.)

El de la liberté réparer les ruines.

(Sfort de César, act. III, se. VU, 34.)

Même elle avait encor cet éclat emprunté

Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage.

Pour re'porer des ans l'irréparable outrage.

(Ath., act. II, se. t, 35.)

Repartir. V. a. et irrégulier de la 2« conj. Dans le sens de répliquer, répondre sur-le-champ et vivement, il se conjugue comme partir.

Repartir, v. n., dans le sens de partir de nouveau , se conjugue de même.

Répartir, V. a. Dans le sens de distribuer, partager il se conjugue comme emplir. Voyez ce mot.

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Eepartir, dit Beauzée, signifie répondre, ou partir une secoiule fois; les circoiisl:inocs le fuiil eiilendrc; mais dans le premier sens, il forme ses prétérits aver l'auxilKiire avoir : Il a repitrti avec esprit, c'est-ù-dire il a répandu; d;ins le second sens, il prenda ses prétérits l'auxiliaire être : Il est reparti promptement, c"est-àdire il s'en est allé.

11 me semlile que le verbe repartir, dans le second sens, jn-end l'auxiliaire é^eet l'auxiliaire avoir, selon les vues de l'esprit. Si je veux exprimer l'action de partir, je dirai il a reparti, il a reparti ce matin à six heures; si je veux indi(]uer l'clal cpii résulte de l'action de partir, je dirai, en em|iloyant l'auxiliaire être, il est ripurti; il y a longtemps qu'il est reparti. 11 y a ici deux vues de l'esprit qui sont bien distinguées par les auxiliaires avoir et être, et ijui ne pourraient pas l'être si ce verbe ne pouvait pas prendre l'auxiliaire avoir. Voyez Partir.

REPENTANT, Ri;PEM.\NTE. Adj. vorbal tiré du V. se repentir. 11 ne se met (iu'a|)rèsson suhst. : Un pécheur repentant, vne femme repentante.

Repentir (se). V. pronom, irrégulier de l;i 2* conj. Il se conjugue comme sentir. Voyez Iri-égulier. Corneille a dit dans liodogune (acl. I, se. VII, 41) :

Pcul-êlrc qu'en son cœur, plus douce et repentie. Elle .en dissimulait la meilleure partie.

Repentie, dit Voltaire, n'est pas français, du moins aujourd'hui. Ou ne peut pas dire une princesse repentie; mais pourquoi n'emploierionsnous pas une expression nécessaire dont l'équivalcnl est reçu dans toutes les langues de l'Europe? (Remarques sur Corneille )

KÉPÉTAiLLEK. V. 3. delà 1^^ conj. On mouille IcsZ.

Répétition. Subsl. f. Ce mot signifie, en termes de grammaire, l'emi»loi dans une même phrase d'une expression qu'on y a dcja em|)loyée.

11 y a trois sortes de répétitions des répétitions nécessaires, des répétitions élégantes, et des répétitions vicieuses. 11 y a des répétitions si nécessaires, (]u'on ne saurait les omettre sans faire une mauvaise construction. Exemples : Le fruit qu'on tire de la retraite est de se connaître, et de coniiaitre tous ses défavts. Si l'on disait simplement, le fruit qu'on tire île la retruite est de se connaître et tous ses défauts, on parlerait mal; car se connaître ne serait pas bien construit avec tous ses défauts. Il n'avait point en cela d'autres vues que de lui apprendre, et d'apprendre a chacun, par son exemple, à obéir arec so7tmission. .-ipprendre est lépété ici par la môme raison que connaître est répété dans le premier exemple

Il y a d'autres répétitions nécessaires pour la régularité du style, ou pour la netteté. Exemples: D'oii viennent tins vos troubles et vos peines d'esprit'^ Tons, qui est masculin, ne fieul pas se constrinre avec /jetne*, (jui est féminin; ainsi il faut dire et toutes vos peines. Mais «juatid deux substantifs seraient du même genre, il ne faudrait pas laisser de répi'ter (pielqucfois tout, cummc, l'ancien serpent s'armera contre vous de toute sa malice et de toute sa violence; et non pas de ttitile .la malice et sa violence. — Voici deux fcKeinples ([ui regardent la netteté : Faites état d'acquérir une grtrnde patience, plutôt qiiu?ie grande paix; vous la trouverez, cette paix, non pas sur la terre, mais dans le ciel. Le mot de

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paix répété rend le discours plus net ; car sans cette répétition, le pronom la pourrait se rapporter à patience aussi bien (lu'a paix : La vue de l'esprit a plus d'étendue que la vue du corps. Si l'on disait que celle du corps, celle ferait équivoque avec étendue.

l.cs réjiétitions élégantes sont celles qui contribuent à l'oinemeiil du discours. En voici des exemples : Quoi donc, 6 mon cher père, je ne vous verrai jamais !.. jamais je n'embrasserai celui qui m'aimait tant! jamais je n'entendrai parler cette bouche d'oii sortait la sagesse! jamais, etc. (Fénel,, Télém., liv, XVIII, t. ii, p, 203,)

Ces murs portent le nom, le nom sacré de Troie. IDelil., Ènéid.,y, 1019,)

Il faut, dit Voltaire, éviter les répétitions, a moins qu'elles ne donnent une grande force au discours. — Voici des exemples de répétitions vicieuses : Souffres que je vous demande sirous vous souvenez de lu'avoir vu autrefois, comme il me semble que je me souviens de vous avoir vu. f^otre visage ne 7n est point inconnu ; il m'a d'abord frappé, mais je ne sais oit je vous ai vu. (Fénel., Telém., liv. VIII, t. i, p. ^59.) f^énus alla trouver Neptune, elle raconta à Neptune ce que Jupiter lui avait dit.

Tu n'as plus qu'un ami dont le destin t'opprime.

Mais de notre destin pourquoi désespérer?

(Vol., Oreste, act. II, se. i, 7.)

Plistène sous les coups a fini ses destins.

{Idem, 18.)

La Harpe dit au sujet de ces vers : Cette n;pélition si fréquente du même mot, dans un couplet de peu de vers, est une négligence marquée. {Cours de littérature.)

Les grammairiens ont donné quelques règles sur les répétitions des éléments du discours qui en sont susieptibles. Nous allons les exposer.

Quelquefois on répète l'article avant plusieurs substantifs qui se suivent, quelquefois on ne le répèle pas. Si plusieurs noms sont réunis pour former tin même sujet ou un même complément total, il faut, ou qu'ils soient tous sans article, ou que le même article sojt répété avant chacun d'eux. Exemples sans article : Prières, remontrances, commandements, tout est inutile. — La tempête renversa tours, palais, églises. Exemples avec l'article : Les prières, les remontrances, les commandements, tout est inutile. La tempête renversa les tours, les cabanes, les palais, les églises. — Quelipiefois, par exception, un seul article détermine deux substantifs; mais cela ne i>cut avoir lieu que devant certains mois habituellement réunis et liés étroitement par le sens, comme les us et coutumes. (Acad.) Dictionnaire des arts et métiers. (Acad.)

Lorsque plusieurs adjectifs, unis par et, modifient un même substantif, de manière i|u'on m^ puisse |>as en sous-entendrc un autre, il ne faut pas ré[M'ler l'article : Le sage et pieux Fénehui, les belles et mémorables actions , les belles et charmantes femmes, le vaste et profond savoir, l'humble et timide innocence. Mais lorsque denx adjectifs imis, par la conjonction et, modilient, l'un un siilisiantif cx|)rimé, l'autre un sulistantif sous-entendu, il faut répéter l'article avant chacun de ces adjectifs. Ainsi on dira, le premier et le second étage, la vingtième et ta

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trentième page, le bon et le mauvais vin, les philosophes anciens et les modernes, les belles et les jolies femmes. Ou parlerait mal en disant le premier et second étage, la vingtième et trentième page, clc.

Si li's mots plus, moins, mieux, modifiaiil les adjectifs, doivent èlie |)rL'cédos de l'ailicle, il faut répéter l'arlicle aiitaiil do fois que ces mois. Ainsi on dira, en |iarlanl d'un riche avaricieux, c'e*-/ le plus riche it le plus pauvre homme f/ue je connaisse, et non pas, c'est le plus riche et plus pauvre homme que je cunnaissc ; et encore moins c'est le plus riche et pauvre homme que je connaisse. On dira de mrme : C est le plus riche et le plus libéral lioiiime que je connaisse. Cl i;on pas le plus riche et plus libéral homme. Il pratique les plus hautes et les plus excellentes vertus, et non pas les plus hautes et excellentes vertus.

Les ad ectifs possessifs se répètent, d" avant chatiue substantif : Mon père et ma mère sont revenus, mes frères et mes sœurs sont partis; et non pas mes père et mère sont venus, mes frères et sieurs sont partis. 2" lis se répètent devant les adjectifs i|ui ne (jualilient pas un seul et même substantif : Je lui ai montré mes beaux et mes vilains liubits. Cette phrase équivaut a celle-ci : Je lui ai montré mes beaux habits et mesvilains Iiabits. Or, puisqu'il y a un substantif sous-entendu, il faut bien l'indiquer et le déterminer ; cela ne se peut faire qu'en répétant mes.

3" Ils ne se réiièlcnt pas devant les adjectifs qui (lualillcnl le même substantif : Mes beaux et magnifiques habits. Voyez Mon.

L'adjectif démonstratif ce se répète quelquefois, et quelquefois ne se répète pas dans les phrases où il est suivi des adjectifs relatifs qvi, que, dont. Par exemple, on dit, en répétant ce, ce que j'aime le plus, c'est d'être seul; ce que je crains, c'est de vous déplaire ; ce qui soutient l'homme, c^est l'espérance ; ce qui m'attache à la vie, ce sont mes enfants; et l'on dit, sans répéter ce, ce que je dis est vrai, ce qui est vrai est beau, ce que vous éprouves est de l'amour.

Les grammairiens nous disent que, dans ces phrases, lorsque le verbe être est suivi d'un verbe il fautrépéler ce, comme ce que je crains, c'est de vous déplaire; que lorsqu'il est suivi d'un adjectif, celte répétition n'a pas lieu : ce que je dis est vrai; cnlin <iue lorsqu'il est suivi d'un snbslanlif, la répétition a lieu : ce qui soutient l'homme, c'est l'espérance. — Cette dernière règle est fausse, car on dit aussi ce que vous voyez est une tour, ce que vous éprouves est de l'amour, ce que je dis est lu vérité.

Voyons si, en expliquant ces phrases par la nature des idées, au lieu de les expliquer par le matériel des mots, nous parviendrons à irouver des règles plus claires et plus sûres.

Dans ics sortes tic phrases, ou l'on veut cxpriher (pi'il y a identité entre l'idée du premier nembre de la phrase et l'idée du se< ond membre, ou bien un veut indi({ucr cuire le premier membre et le sect/ud un r.ip[)ort de choix, de préférence, de distinction. Ouand je dis ce que je vois est une tour, je veux exprimer l'identité entre ce que je vois et une tour; c'est comme si je disais, <,'e que je Vois et une tour est la même ihose; ou une tour et ce que je vois est la uiéaie chose. Mais dans ce que j'aime, c'est d'être seul; ce que j'aime, c'est la solitude, les idées des deux membres aela phrase ne sont pas identiques, j'indique

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seulement entre ces deux membres un rapport de choix, de préférence. C'est comme si je disais, entre toutes les situations que je pourrais désirer, je choisis, je préfère, j'aime celle d'être seul.

Dans le [ircmicr cas, il est clair que le ce est superllu,car j'afliiuie seulement une chose déterminée d'une autre chose dcierminée. Ce que vous voyez est une tour est une ()roposilion le la même nature que cette chose est une tour; es que je vous dis est vrai est une proposition de la même nature que cette chose est vraie.

iMais lorsipi'il est quesllun de choix, de préférence, l'adjectif démonstratif ce est nécessaire, parce qu'il sert à indicpier particulièrement une chose entre plusieurs, cecjui marque choix, préférence, distinction. Ce que j'aime le plus, c'est la solitude, signifie parmi l(!S choses que j'aime, celle-là, savoir, la solitude, est celle que j aime le plus. Ce qui m'attache « la vie, ce so?it vies enfants, c'esl-à-dire, de toutes les choses (lui pourraient m'altacher à la vie, celle-là, savidr, mes enfants, est celle qui m'y attache de préférence.

D'après cette règle simple, et (]ul est applicable à tous les cas, on dira en rei)étant ce :

Ce qui me plaît , c'est d'être seul, ou c'est la solittide ; ce qui me console, c'est voire amitié; ce qui m'attache a la vie, ce sont mes enfants.

Et l'un dira, sans répéter ce . .

Ce que je dis est vrai, ou ce que je dis est la vérité; ce que vous éprouvez esldel'amour; ce que vous voyez est une tour.

11 y a des cas où l'on pourrait dire , ce que vous éprouvez, c'est de l'amour. Par exom[ile, si une jjersonne doutait ([ue les sentiments qu'elle éproiave fussent de l'amour, et si elle voulait prouver qu'ils ne sont que de l'amitié, de f estime, ou autre chose, on lui dirait, ce que vous éprouvez, c'est de l'amour, afin de lui indiquer, par l'adjectif démonstratif ce, le sentiment de l'amour particulièrement distingué des autres sentiments qu'elle a dans la pensée. Ne vous y trompez pas, ne confondes pas, ce que vous éprouves, c'est de l'amouT. On dirait de même à un honune (jui douterait si ce qu'il voit est une tour ou un autre objet, ne vous y trompez pas, ce que vous voyez n'est autre chose qu'une tonr, c'est une tour. Qu'est-ce que je vois sur cette montagne? Cest une tour. Ce que votis voyez, c'est une tour, un objet distingué de tous les objets (juc vous pourriez vous figurer.

Et il ne faut pas croire, comme le disent les graEimairiens, ijuc la répétition de ce ait lieu pour donner plus d'énergie a la phrase; cet adjectif démonstratif est nécessaire la pour désigner particulièrement une chose entre plusieurs autres, et y fait sa fonction ordinaire.

Le pronom je, et en général les pronoms de la première et de la seconde personne se répèleni 1" avant les verbes qui sont a des temps différents : Je vous l'ai dit, et je vous Je répète. — Je soutiens et, je soutiendrai toujours que...; 2" (juand le premier pronom pprsonnelest joint a une proposition négative, et que la seconde i»r(i)position qui dépend du même pronom est allirinative; ou quand la première proposition est allirmative et la seconde négative : Je n'ignore pas qu'on ne saurait être heureux sans la vertu, et je me propose bien de toujours la pratiquer, cl non pas, et me propose bien. Vous êtes heureux présentement; vous 7ie léserez pas toujours; 3" on répète aussi ces pronoms après les conjono-

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lions, excepté après et, mais, ni : Je désire rnus voir heureux, parce que je vous suis attaché. \o\is serez vraiment estimé, sirous êtes sane et modeste; 4° la iiiêine répétition a lieu quand le l'icmier verbe est suivi d'un régime : Je cueillis un second et un troisième fruit, et je 71e me lassais point d'exercer ma main pour satisfaire mon goût (Buffuii, De l'homme, des sens en général, t. X, p. 06.J); 5' on répèle aussi le pronom quand les deux verbes sont au même temps : y étendais les bras pour embrasser l'horizon, et je ne trouvais que le ride des airs.

Mais souvent, pour donner plus de rapidité à Texpressioii, les e-crivains se mettent au-dessus do ces règles : Je m'imaginais avoir fait v?ic conquête, et me glorifhiis de la facvHé que je sentais de pouvoir contenir dans ma main vn autre être tout entier.

J'ignori; tout le reste, Et venais tous compter ce désordre funeste.

(Ric, Ath., ad. II, se. 11, 41.)

J'ai trompé les mortels, et ne puis me tromper.

(Volt., Mahom., V, se. IV, 64.)

On ne répète pas ordinairement le pronom il, ni en général les pronoms de la troisième persoime, quand les verbes sont au même temps; et on les répète ou on ne les répète pas, selon le jugement de l'oreille, quand les verbes sont à des temps différents. Wétait honteux de sa crainte, et n'avait pas le courage de la surmonter. (Fénelon, Télémaque.) — Il désire vaincre, et il vaincra; il pleurait de dépit, et alla trouver Calypso. (Idem, liv. VII, t. i, p. 252.)

Voici les cas où l'on doit répéter les pronoms de la troisième personne quand les verbes sont au même temps.

1" Quand, dans une suite de verbes, on veut supprimer la conjonction et avant le dernier, afin de soutenir l'attention : Ils flattent, \\s caressent, ils environnent de séductions.

2° Quand, dans une suite de verbes, il y en a un suivi d'un régime différent dos autres, on répète le pronom, excepté avant le dernier verbe qui est précédé de la conjonction et : 11 le soutient, il le dirige, il règle son mouvement et le sotnnet à des lois. (Buffon.) Sans la répétition du pronom, l'oreille ne serait pas satisfaite, à cause du régime différent du troisième verbe.

3" On répèle le pronom quand le dernier verbe, uni au précédent parla conjonction c/, est luimême précédé d'une préposition qui, avec son régime, exprime une circonstance. Telle est cette phrase de Fénelon : Il f„nd sur son ennemi, et après l'avoir saisi d'une main victorieuse, il le renverse, etc. On trouve néanmoins des exemples contraires. Les meilleurs guides, dans ces cas, c'est l'oreille, le goût, et la loi de clarté, qui est >a première de toutes.

4° On répète le pronom avant le dernier verbe, quand il est précédé d'une proposition incidente formant une longue phrase, (luoiijue les verbes auxquels il est uni par la conjonction et soient euKHncnics sans pronom : Il renonce aux sentiments d'humanité , iowTnatoutes ses forces contre liti-méme, vhcvchG à s'entre-détruire, se détruit en effet ; et, après ces jours de sang et de carnage, larsque la fumée de la glaire s'est dissipée, il vdit d'un œil triste la terre dévastée, etc.

11 est aisé de sentir la raison de celte règle. Les verbes tumne, cherche, se détruit, peuvent se passer de pronom, parce qu'ils sont liés avec le

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premier, il renonce, et (ju'ils se suivent dans le même ordre de consiruclion. Mais lorsqu'on a dit, après ces jours de sang et de carnage, lorsque la fumée de la gloire s'est dissipée, on a perdu cet ordre de vue, cl la liaison entre les verbes sans pronom et le premier verbe est pour ainsi dire oubliée. Il est donc nécessaire que le pronom vienne rappeler celte liaison, et qu'il la rappelle distinctement, en répétant le pronom qui précède le premier verbe.

On se répète devant tous les verbes auxquels il seri de sujet : On le loue, on le menace, on le caresse ; et non pas, on le love, le menace, le caresse.

Quand on répète on, il faut toujours le faire rapporter à un seul et même sujet, autrement c'est une source d'obscurité : On dit qu'on a pris cette ville ; on croit n'être pas trompé, cependant on nous trompe à tout moment; on croit être aimé, et /'on ne vous aimepas. Toutes ces phrases ne sont pas correctes, parceque on y a des rapports différents. Dans la première phrase, le premier on se rapporte à ceux qui disent qu'on a i)ris la ville, elle second à ceux qui l'ont prise. Dans la seconde, le premier on se rapporte à ceux qui croient n'être pas trompés, et le second à ceux qui trompent, et ainsi des autres phrases. Mais le rapport sera le même, et la faute disparaîtra, si l'on dit : On dit que cette ville a été prise; on croit n'être pas trompé, cependant on Vest à tout moment; on croit être aimé, et on ne l'est pas.

7oM< se répète devant chaque substantif qu'il modifie, quand même ces substantifs expriment des idées de la même espèce : // a perdu toute l'affection eHoute Vinclination qu'il avait pour moi, et non pas, il a perdu toute l'affection et l'inclination. — A plus forte raison tout doit-il être répété devant des substantifs qui expriment des idées différentes : Je suis avec toute l'ardeur et tout le respect possible, et non pas, avec toute t ardeur et le respect possible.

En général, on répète les prépositions devant chacun de leur complément. Voyez Préposition.

Les adverbes comparatifs si, aussi, plus, le plus, et autant, doivent se répéter avant chaque adjectif, chaque verbe ou chaque adverbe qu'ils modifient: Ilestsisagc, siZ(ow,etc. Pluson lit Racine, plus on l'admire. Autant j'estime l'homme sincère, autant je méprise l'homme fourbe et dissimulé.

Les conjonctions et, ni, ou, si, se répètent ordinairement lorsqu'elles sont employées sous les mêmes rapports. La conjonction et se répète ou ne se répète pas, selon que l'on veut ou non appuyer sur chaque expression qui la suit. On dit sans celte conjonction, une femme tendre, belle, sage; mais Voltaire a donné plus d'énergie à sa pensée, en disant :

Une coquette est un vrai monstre à fuir; Mais une femme et tendre, et belle, et saga, De la nature est le plus digne ouvrage.

[La Prude, act. I, se. r, 25.)

Rien n'est constant dans le monde, ni les fortunes les plus florissantes, ni les amitiés les plus rives, ni les réputations les plus brillantes, ni les faveurs les plus enviées. (Massillon, 6'(?r?Ho?i de la Toussaint.) — Il est si généreux, si honnête, si bienfaisant, que, etc. — Vous verrez ou votre père, ou votre mère.

Dans les phrases où il y a plusieurs membres régis par la conjonction qtie, il faut la répéter à

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chaque membre : Les Gauluis croyaient qxx'Jpol' Ion chassait les maladies, ([ue Minerve présidait aux ouvrages, ([ue Jupiter était le souverain des deux, clc.

Soit, dans le sens de la préposition latine sivc, se repèle devanl chacun des noms iiii'il joint : Soit réflexion, soil instinct, soit hasard. — Quelquefois, au lieu de rciiéter soit, ou met ou : La fortune, soil bonne ou mauvuiso, Soit volage ou constante, ne peut rien sur Vùnie du sage. 11 faut remarquer ici que ou maniue mieux chaque membre de la phrase cai'aclérisé par une opposition. Cts membres ne seraient pas bien distingués, si l'on disait : La fortune, soit bonne, soil mauvaise, soil volage, soit constante, etc.

Ouelquefois, au lieu de répéter la conjonction si, et autres conjonctions semblables, on met que, et celle conjonction, employée de l;l sorte après si, régit le subjonctif. Ainsi, au lieu de dire, si vous m'ai/iiez, et si vous voulez me le persuader, on dit, si vous m'aimez et que vous vouliez me le persuader. Jl y a (luelque différence enlre ces deux expressions. On emploie la première si les choses que l'on exk'e ne regardent que la personne à qui l'on parle : Si vous m'aimez et si vous voulez me lu persuader, livrez-vous à l'étude. jNlais si les choses (|u'on exige ont rapport à la pei'sonne qui parle, et que doit être préféré : Si vous iii'uiniez cl que mus vouliez me le persuader, faites-inoi ce sacrifice. — Quand que lient la place d'une autre conjonction qu'il faudrait répéter, il régit l'indicatif: Lorsque je vous ai dit ol que je vous ai assuré, etc.

11 faut éviter d'employer dans une même phrase la même conjonclion sous des rapports différents. C'est une source d'obscurités : Un homme téîhoin d'une querelle survenue entre deux de Ses amis, est quelquefois obligé de se déclarer pour Vun d'eux, pour ne pas les avoir tous deux pour ennemis. Ces trois pour, pris sous des rapports différents, rendent la phrase louche et embarrassée. — Fléchier dit, en parlant d'un juge méchant et d'un juge ignorant : L'un pèche avec connaissance, et il est plus inexcusable ; mais l'autre pèche sans remords, et il est plus incorrigilAe : mais ils sont également criminels, à l'égard de ceux qu'ils condamnent ou par erreur ou par malice. [Oraison fun. de M. de Lamoignon, p. 157.) Ces deux mais, arec des rapports différents, font un mauvais effet.

Lorsque, dans une proposition, l'un des membres est affirmatif et l'autre négatif, il faut répéter le verbe. Ainsi, suivant les grammairiens, Corneille a fait une faute en disant {Cid , act. 111, se. VI, 35, !'•« édition) :

L'imour n'est qu'un plaisir, et l'honneur un devoir.

L'Académie a remarqué qu'il aurait dû dire, et l'honneur est un devoir. — Cette règle peut être forl bonne pour la prose, mais une phrase poétique qui, connue celle de Corneille, joint le mérite de la clarté à celui de la précision, peut se passer de la répétition du verbe. Un écart qui produit une beauté est une exception. Voyez

Ellipse, Pléonasme.

Rf.pic. Subst. m. On prononce le c final.

Replet, Replette. kà\. Il ne se dit que des personnes, et suit toujours son subst. : Un homme replet, une femme replette.

Repli. Subst. m. Les poêles l'emploient souvent au figuré :

REP

Il est temps que mon cœnr De ses derniers replis l'ouvre la profondeur.

(YoLT.,irahom., act. II, se. IV, 1.)

Dans votre inie avec vous il est temps que je lise; Il faut que ses repli» s'ouvrent à ma francliisc.

(Volt., Zaïre, act. IV, se. vi, 13.)

Replonger. V. a. de la 1" conj. 11 signifie plonger de nouveau, cl se dit au propre et au figuré : Plonger et replonger une cruche dans la rivière. — // ne voulut pus replonger son royaume dans une guerre nouvelle (Voltaire)

Bientôt de Jézafael la fille meurtrière,

Instruite que Joas voit encor la lumière,

Dans riiorreur du tombeau viendra le replonger.

(Uac, Àth., act. IV, se. m, 25.|

J'avais de quelque espoir une faible étincelle : J'entrevoyais le jour ; et mes yeux affligés Dans la profonde nuit sont déjà replongés

(Volt., Mer., act. II, se. ii, 66.)

Répondre. V. a. de la 4" conj. Les acceptions suivantes ne sont pas indiquées clairement dans le Dictionnaire de l'Académie.

Il faut que votre cœur à mes bontés réponde,

(Volt., Mahom., act. V, se. ii, 17.)

J'attends de votre âme Un amour qui réponde à ma brûlante flamme.

(Volt., Zaïre, act. I, se. u, 49.)

Son silence souvent repond à mes discours.

(Volt., Sémir., act. II, se. vi, 7.)

Corneille a dit dans le Menteur (act. II, se. i, 7, éd. de Volt.):

S'il faut qu'à vos projets la suite ne réponde.

Voltaire dit au sujet de ce vers : Il faut ne réponde pas. Ce ne seul ne se dit que dans les occasions suivantes : Je crains qu' Me ne réponde ; il n'est point de douceurs qu'elle ne répo7ide aux compliments qu'on lui a faits; il n'y a personne dans cette maison dont je ne réponde ; estil une question difficile à laquelle il ne réponde? {Remarques sur Corneille.)

Repos. Subst m. 11 n'a point de pluriel dans le langage ordinaire. Il en a un lorsqu'il est employé comme terme d'art : Les repos d'un escalier, les repos et les ombres en peinture.

On appelle repos, en poésie, la césure qui se fait, dans les grands vers, à la sixième syllabe, et dans les vers de dix syllabes, à la quatrième. Ofi appelle cette césure repos, parce que l'ureille et la prononciation semblent s'y reposer; c'est pourquoi le repos ne doit point tomber sur des monosyllabes où l'oreille ne saurait s'arrêter.

Le mot repos se dit aussi, en poésie, de la pause <iui se fait dans les stances de six ou de dix vers, savoir : dans celles de six, après le troisième vers; dans celles de dix, après le (luatriêmeet après le septième vers. A la lin de chaque slance ou couplet, il faut qu'il yait un plein repos, c'està-dire un sens parfait.

Reposer. V. a. et n. de la 1"= conj. Les poêles l'emploient au propre et au figuré :

REP

Tu »ois mon Irouble, anprends ce qui le cause,

El juge ('il est (enip<, ami, que je repose,

\IUc., Iphig., act. I, se. i, 41.)

En l'appui de ton dieu tu l'étais repoié.

(Uac , Ath., act. Y, se. v, i.)

Je m'en reposerai sur votre cipériencc.

(Rac, Britan., acl. 111, se. 1,53.)

Oii, mon Gis, c'ett tous seul sur qui je me repose. (Rac, Uitkr., aet. II, se. v, 10.)

Rouue, se lirraiit tout entière à ma fui. Du cœur de Bajazet se reposait sur raui.

(Rac, Baj-, act. I, se. iv, 14.)

Mais moi, qui de ce soin sur Calclias nie repose.

(Rac, Iphig., acl. 1, se. ii, 4î.)

Repodssant, Repoussame. Adj. verbal, tire du V. repousser. On peut le mettre avant son subst. Féraud dit (ju'il doit toujours le précéder; c'est une erreur : Laideur repoussante, cette repoussante laideur; manières repoussantes, air repoussant. Cette âpre et repoussante rafsow, qui trouve toujours dans son indifférence pour le bien public le premier obstacle à ce qui psut le favoriser. (J.-J. Rousseau).

RÉPRÉHENsiBLE. Adj. dcs dcux gcnrcs. Il se dit des {jersonnes et des choses, et peut se mettre avant son subsl., en consultant l'oreiiie et l'analogie ; Un homme répréhensiblc, une femme répréhensible ; une action répréhensible, une conduite répréhensiblc, cette répréhensible conduite.

Reprendre. V. a. et irrcgulier de la 4"^ conj. Il se conjugue comme prendre. Voyez ce mot.

Représkmatif, Représentative. Adj. qui ne se met (ju'après son subst. : Caractère représentatif, gouvernement représentatif.

Rupr.ÉsEMER. V. a. de la 1" conj. L'Académie dit que ce verbe se prend dans le sens de remontrer; mais celte acception ne peut convenir au sens que lui donne Racine dans les vers suivants. Ce sens est plutôt faire considérer.

Il me représenta l'honneur et la patrie. Tout ce peuple, ces mis à mes ordres soumis, El l'empire d'Asie à la Grèce promis ; 'De quel front, immolant tout l'Etat à ma fille, Aoi sans gloire, j'irais yieillir dans ma famille. (/pfti3.,acl. I, se. I, 74.)

RÉPRESSIF, Répressive. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Lois répressives.

Réprimable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Licence réprimable, cette réprimable licence, abus rt'primable, ce réprimable abus. Voyez Adjectif.

Réprijikh. V. a. de la l^'conj. L'Académie ne dit point réprimer des complots.

Où serais-je aujourd'hui si, domptant ma faiblesse. Je u'eusse d'une mère élouifc la tendresse; Si, de mon propre sang ma main, versant des Ilots, N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots f (Rac, Àth., act. II, se. vu, 107.)

RiipROCHABLE. Adj. dcs deux genres. Il ne se met guère qu'après son subst. : section reprochuhle, conduite reprochable. '■ — Témoin reprochdhli'.^ témoignage reprochable .

aÉPRODVER. V. a. de la l'^ conj. Racioe a dit (Bujazet, act. I, se. i, 65) :

RES

Ne doulei point q:e, liors dosa disgrîce,

A la haine bienlùt ils ne joignent l'audace. Et n'expliquent, seigneur, la perte du combat Comme un arri!t du ciel qui réprouva Amurat.

Deliile a dit dans le même sens {Enéide, VII, 800):

Tous Teulenl des combats réprouvés par li'S dieux.

RÉPUBLICAIN, Républicaine. Adj. On peut le Illettré avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Gouvernement républicain , forme républicain)', esprit républicain, maximes répxiblicaines, institutions républicaines, ces républicaines institutions. Yo^ez Adjetif

RÉPUTATins. Subst. f. fiéputatinn, sat)S épithèle, se prend toujours en bonne part : Etre en n'pulatian, avoir de la réputaUon.

Reqdérir. V. a. et irrégulier de la 2"^ conj. 11 se conjugue comme acquérir. Voyez ce mot.

Reqdinquer (se). V. pronom. Il se dit des vieillesqui se parent plus qu'il ne convient à leur âge : C'est une vieille qui se requinque. Il se dit aussi en général de tous ceux qui se |)arent d'une manière affectée. {Acad.) Voltaire l'a employé dans un sens figuré :

Mais je ne suis point requinqué Par un succès si désirable.

(Épttre à il. Falkener, en tête de Zaïre.]

RÉSIDER. V. n.de lal^econj. L'Académie dit : Toute l'autorité réside dans la personne d'un tel. Racine a dit [Athalie, act. IV, se. ni, 36) :

Songez qu'en cet enfant tout Israël réside.

RÉSINEUX, RÉSINEUSE. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Arbre résineux, substance résineuse,

RÉsoLiMENT. Adv. Ou pcut quclquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il a repo/idî/, résolument qu'il nen ferait rien, ou il a résolument répondu qu'il n'en ferait tien. On le met aussi au commencement de la phrase : Résolument, je n'en ferairien.

RÉSONNANT, Résonnante. Adj. verbal tiré du V. résonner. Il ne se met qu après son subst. : Une voûte résonnante, une église résonnante.

Résonner. V. n. de la 1"^ conj. Ce mot, au [iropre, s'emploie bien dans le style noble:

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