‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 368 sur 453 · I.a voix d'Énée encor résonne à son oreille · texte numérisé non relu

I.a voix d'Énée encor résonne à son oreille

(Delil., Énéid., IV, 7.)

Là des Cers escadrons le rapide tonnerre Sous des coursiers poudreux fait résonner la terre. (Idem, VU, 865.;

RÉSOUDRE. V. a. et irrégulier de la 4« conj Voici comment il se conjugue :

Indicatif. — Présent. Je résous, tu résous, il résout; nous résolvons, vous résolvez, ils résolvent. — Imparfait. Je résolvais, tu résolvais, i! résolvait; nous résolvions, vous résolviez, ils résolvaient. — Passé simple. Je résolus, tu résolus, il résolut; nous résolijmes, vous résolûtes, ils résolurent — Futur. Je résoudrai, tu résoudras, il résoudra; nous résoudrons, vous résoudrez, ils résoudront.

Conditionnnel. — /'/•Me/i^ Je résoudrais, tu résoudrais, il résoudrait; nous résoudrions, vous résoudriez, ils résoudraient

RES

Im[)oratif. — Présent. Kcsous, qu'il nisolve; résolvons, lésolvez, (lu'ils résolvent.

Subjonctif. — Présent. Que je résolve, que tu résolves, qu'il résolve; que nous résolvions, (|ue vous résolviez, qu'ils rcsulvent. — Imparfait. Que je résolusse, que lu résolusses, qu'il résolût; que nous résolussions, que vous résolussiez, qu'ils résolussent.

Farticipc. — Présent. Résolvant. — Passé. Résolu, résolue.

Les temps composés se forment avec l'auxiliaire avoir.

Diins le sens de décider, de terminer, déterminer, on emploie le participe passé résolu, résolue : Il a résolu de partir; et dans le sens de changer, se convertir en quelque autre chose, on se sert du partici|)e passé résous: Le srleil a résous le briinillard en pluie. Le participe résous n'a point de féminin.

La reine, au désespoir de ne rien obtenir, Sff résout de se perdre ou de le prévenir.

(Corn., Rodog., act. I, se. vi, 43.)

Se résout de se perdre, dit Voltaire, est im solécisme. Je me résous à, je résous de. Il s'est résolu à mnui-ir. //e.y< résolu de mourir. (Bewarques sur Corneille.)

Voltaire trouve dans Corneille une faute (]ue, selon ses principes, il a faite lui-même :

C'est un breuvage affreux, plein d'amertume. Que, dans l'excès du mal qui me consume. Je m» rctaua de prendre malgré moi.

(En/-, frod., act. IV, se. Ji, 30.)

Mais je pens» qu'on peut dire, suivant les cas, se résoudre à, se résoudre de. On dit se résoudre de, lorsque l'action exprimée parleverhe suivant doit se pa?s»<r dans le sujet même. // s'est résolu de souffrir, il s'est résolu de prendre un breuvage, il s'est résolu de mourir; et si cette observation est jusîe. Voltaire a pu dire, c'est un breuvage que je me résous de prendre. Mais quand l'action exprimée par le verbe doit se passer hors du sujet, ]e pense qu'alors il faut employer la préposition «, parce que résoudre exprime une tendance à un but : // s'est résolu à partir ; il s'est résolu à marcher contre l'ennemi, .\insi Corneille a fait une faute en disant, la reine se résout de se perdre, ou de le prévenir, parce qu'il est question ici d'actions qui doivent se passer hors d'elle.

Respect. Subst. m. Le ^ne se prononce jamais.

RK6PECTABI.E. Adj. dcs dcux genres. On jjcut le mettre avant sou subst., lorsipie l'analogie et rharmouiele j)ermottenl : Un homme respectable, une femme respectable, un ministère respectable, ce respectable viinistère, ce respectable vieillard. Voyeï Adjectif.

Il régU (luehpiefois la préposition par : Un homme respectable \iW ses vertus . Un vieillard respectacle parso« âge. Un monument Tes\)cc{able par so« ancienneté. — On dit aussi, rien nest plus respectable pour inoi, rien n est plus respectable à mes yeux que la vertu malheureuse.

Respectif, Respective. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Leurs demandes respectives, leurs respectives demandes; leurs prétentions respectives, leurs respectives prétentions. XoyGZ Aljectif.

Respectivement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le pariicijke : Ils ont présenté res-

RES

pectivement leurs requêtes, ou ils ont rcsi)ectivement présenté leurs requêtes; ils seront respectivement maintenus dans leurs droits.

Respf.ctdeusement, Adv.Oni)eutle niettreentre l'auxiliaire et le parlicijje : // s'est avancé respectueusement, ou il s'est respectueusement avancé.

Respectueux, Respectueuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsipic l'analoi-'ie et riiarmonie le permellont : Un homme respectueux, un enfant respectueux, un air respectueux, des manières respectueuses, des salutations respectueuses,c('s respectueuses salutations. Voyez Adjectif.

Respirant, RESPinANTE. Adj. verbal tiré du v. respirer. On ne le trouve point dans le Dictionnaire de l'Académie, mais on le trouve dans Voltaire [Heur. II, 2S1J :

Sanglants, percés de coups, et respirant» h. peine. Jusqu'aux portes du Louvre on les pousse, oa les train*.

Respirer. V. a et n. de la 1" conj. On dit respirer l'air; et les poëtcs ont dit respirer l» jour, pour dire vivre.

.le reçus et je vis le jour que je respire.

(Ric, Iphig., act. II, se. I, 3t.)

Quoi ! TOUS à qui Néron doit le jour qu'il re$pire. (RaC, Britan., act. I, se. I, 15.)

Celte expression a été relevée par quelques critiques (jui ont prétendu (ju'on ne respire pas le jour. Mais le jour n'est pourtant que de l'air éclairé; et si l'on respire l'air pendant le jour, pourquoi les poêles ne pourraient-ils jias dire qu'o?t respire le jour'? On dit bien respirer la fraîcheur, et la fraicheur n'est autre chose que de l'air frais, comme le jour est de l'air éclairé.

Énée, en ce moment, couvert d'épais rameaux. Respirant la fratcheur et de l'omljre et des eaax. (Dblil., Énéid., VIII, 883.)

Féraud et Fréron veulent bien que l'on dise, au pro[)rc, (ju'wn homme respire l'air, et ils ne veulent pas souffrir qu'on dise d'un homme, au figuré, (pi'il respire quelque cho.se. Ainsi, selon eux, il ne faut pas dire qn'un homme respire la tendresse, qu'il respire la r/râcc, etc. Nous avons contre ces deux critiques, Voltaire et Delille; c'est assez, je crois, pour faire pencher la balance.

Je t'écris aujourd'hui, voluptueux Horace, A toi qui respiras la mollesse et In grdce.

(A'OLT., Épttre eu, 7.)

Il s'agite, il refpiro une rage insensée.

(Dbul., Énéid., VII, 626.)

Eu ce sens, on l'emploie souvent avec la négative suivie de qtie: Il ne respireque les plaisirs; vn tyran ne respire que le sang et le carnage; un usurier ne respireque gain; un homme outragé nerespireque lavengeance.>iVe\il-élre, dit D'Olivet dans ses Remarques sur Racine, cette manière de n'employer respirer qu'avec la négative, paraîtra-t-elle une bizarrcrii^ ; néanmoins il faut'l'appeler une délicatesse, une finesse, ^ui est dénature à ne pouvoir se trouA-erijue dans une lansue extrêmement culiivée.../Je5/)ire)-, lorsqu'il est 'employé sans la négative, a communément une autre signification. Tout respire ici la piété,

RES

signiGe, non pas que tout désire ici la piété, maie qûeloul donne ici des marques de piété. »

Il f;iut conclure de tout ceci que l'un p«ul dire également, il respire la vengeance, et ii ne respire que vengeance. La première phrase signifie que la vengeance est l'objet de ses désirs, et la seconde, que ce désir est porté à un si haut itoint (|u'il absorbe tous les autres, el que l'homme dont on le dit sairifierail tout pour se venger.

Respirer signifie figurément, |)rendre quelque relâche, avoir (luelque relâche après de grandes I)eines, après un travail pénible; on dit en ce sens, respirer de quelque chose : Laissez-les TCSpirer de leur accablement. (Massillon.)

Il respirait enfin du tumulte des armes.

[Dblil., Éneïd., YIII, 13.)

Resplendir. V. n. de la 2' conj. Il n'est que du style soutenu.

Là, sur de longs cuissards, l'argent pnr retplendit. (Delil., Éndid., VII, 880.)

Resplekdissant, Resplendissante. Adj. verbal tiré du V. resplendir, Il ne se met qu'après son subst. : Le soleil resplendissant, les étoiles resplendissantes. Un guerrier resplendissant de l'éclat de ses armes.

Responsable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : // est responsable des fautes de ses domestiques. Il est responsable à Dieu, aux hommes, d soi-même. — Un fonctionnaire responsable, vn commis responsable.

On dit aussi être responsable envers Dieu, QïWCTi quelqu'un.

Ressemblant, Ressemblante. Adj. verbal tiré du V. ressembler. Il ne se met qu'après son subst. : Portrait ressemblant, deux personnes ressemblantes.

Ressentiment. Subst. m. Ce mot se disait autrefois pour reconnaissance, et on le trouve, dans Racine, employé en ce sens [Bérénice, act. II, :c. iv,3):

Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienfaits dont tous m'avez comblée, Est-il juste, seigneur, que, seule en ce moment. Je demeure sans voix et sans reeeentiment ?

Ce mot ne se dit plus aujourd'hui que pour exprimer le souvenir des outrages.

Ressentii\. V. a. et irrégulier de la 2^ conj. Il se conjugue comme sentir. \ oyez Irréçulier.

Selon Buuhours, ressentir se prend en bonne el en mauvaise part : Je ressens le plaisir qu'il VI a fait, l'injure qu'il m'a faite; mais 56 re*sentir ne se prend qu'en mauvaise part : Je me ressens de l'injure, deV injustice qu'il ma faite, et non pas, je me ressens du plaisir quil m'a fuit. — On ne fait plus cette distinction aujourd'hui , et ressentir et se ressentir se i)rennent également en bonne et en mauvaise part : Je ressens les obligations que je vous ai; je ressens vivement cette injure; \\ se ressent rfe.s déréglevients de sa jeunesse ; il se ressent des bienfaits du roi.

Ressort. Subst. m. Ce mot s'emploie souvent au figuré dans le style noble :

P»ur TOUS perdre, il n'est point de. reBtort qu'il n'invente. (Ric, Àth., act. I, se. I, 45.)

Tu sais combien, terrible en ses soudains transports, D« DOS desseins souvent il rompt tous (« '•etsorti. (Hac, Etth., act. III, se. l, 147.)

RES

Ressortir. V. a. et irrégulier de la 2' conj. Dans le sens de sortir après éire entré, <iu sortir une seconde fois après être déjà sorti, il su conjugue comme sentir. Voyez Irrégulier. — Dans le sens de èlre de la dépendance de quelque juridiction, il se conjugue comme emplir. Voyez Conjugaison ■

Ressouvenir. Subst. m. Voltaire a dit ■

/jMioufenir affreux dont l'horreur me dévor».

(Zaïr», act. II, s', i, 95.)

De quel ressouvenir mon âme est déchirée.

(Jdem, se. m, 80.)

Ressouvenir (se) V. pronom. Il se conjugue comme venir. Autrefois se ressouvenir se disait pour considérer, et Vaugelas l'approuvait. Sessoldats voyant ce triste spectacle, et se ressouvenant qu'ils n'avaient plus de chef. Ce chef venait d'être tué. C'était donc considérant qu'il fallait dire. Quoique l'Académie dise que ce verbe s'emploie pour dire, considérer, faire attention, fcTire réflexion, on peut assurer que l'usage actuel repousse cette acception. 11 serait ridicule aujourd'hui de dire à un honnne malade qui veut faire un ouvrage pénible, ressouvenez-vous que vous êtes maZarfe, au lieu de lui dire, cojisidérez que vous êtes malade. Voyez se souvenir.

Restant, Restante. Adj. verbal tiré du \crbc rester. Il ne se met qu'après son subst. : Le seul enfant rtstant, le seul héritier restant, la somme restante.

Restadeant, Restaurante. Adj. verbal tiré du V. restaurer. Il ne se met qu'après son subst. : Remède restaurant, potion restaurante, aliments restaurants.

Restaurateur. Subst. m. Qui répare, qui rétablit. Il fait au féminin restauratrice. Bossuet a dit : Nous pouvons l'appeler la restauratrice de la règle de saint Benoît,

Reste. Au reste, dit Voltaire, signifie quant à ce qui reste. Il ne s'eniploie que pour les choses dont on a déjà parlé, et dont on a omis quelque point dont on veut traiter. Mais quand on passe d'un sujet à un autre, il faut cependant, ou quelque autre transition. [Remarques sur le Cid, act. II, se. VI, 52.)

Et s'il l'aima jadis, il estime aujourd'hui Les restes d'un rival trop indignes de lui.

(CoBPj., Pol., act. Y, se. 1, 7.

Les restes, dit Voltaire à l'occasion de ce vers, est une expression toujours déshonnétc et du discours familier. [Remarques sur Corneille.)

Du reste. On emploie cette expression au lieu d'aw reste, quand ce qui suit n'est pas dans le genre même de ce qui précède, et (ju'dn'y a pas une relation essentielle : Cet homme est bizarre, emporté; du reste, brave et intrépide. Il est ca pricieux ; du reste, honnête homme.

Rester. V. n. de la !'« conj. Ce verbe prend l'auxiliaire avoir, si l'on veut faire entendre que le sujet n'est plus au lieu dont on parle, qu'il n'y était plus, ou qu'il n'y sera plus à l'cpoiiue dont il s'agit : Il a testé deux jours à l.you ; j'ai resté sept m<iis à Colniar, sans sortir de ma chambre. (Voltaire). lia resté longtemps en chemin. Mais si l'on veut faire entendre que le sujet «st enccreaulieu dont ilest question, qu'ily était ou qu'il y sera à l'époque dont il s'agit, alors rester prend l'auxiliaire être : Il est resté à Lyon, et nous avons continué notre route.

RÉT

n est resté en Amérique, il n'en est pas revenu. '

On demande s'il faut direz7 ne lui a resté que l espérance, ou Une lui est resté que l'espérance Je pense qu on peut dire l'un ou l'aulrc; suivant les cas. Si je veux parler du moment où un liomuie a tout perdu, excepté l'espéranec, je dirai, il ne lui -A reste que l'espérance; mais si je veu\ parler de letat bal.ituel d'un homme qui a tout perdu excepte 1 espérance, je dirai, il ne lui est resté que i espérance Rume depuis deux ans, il ne lui est reste que espérance. Ce verbe régit queitpiefois la piepositiou a, comme dans ce vers de Voltaire :

Henri te reitt à vaincre après tant de guerriers.

{H^nr., IX, 95.)

,,. ^J-^s.""^"-."^'; n. de la 1" conj. Il ne se dit qu'à liunnilil et a la troisième personne des autres temps. L Académie dit (pi'il se conjugue avec le ' verbe avuir et avec le verbe être : Qu'a-t-il ré- | suite de là ? qu'en est-il résulté? mais elle no dit pas dans quel cas on doit préférer l'un à l'aulre — Je pense qu'il faut employer l'auxiliaire avoir quand il est question d'un résultat qui s'oiiére qui commence, et dont on veut maniucr le commencement : rous avez été témoin de leurs différends, de leurs querelles, et vous avez vu ce md en ^résulté; mais sil s'agit d'un résultat d.'ià existant, et dont on ne vent exprimer que l'exi- ' stence, il f;mt préférer l'auxiliaire être: Rappelé - VOU-. nos querelles, nos dissensions, et vouez "ce qui en est résulté.

Rétablir \. a. de la 2e conj. Il signifie remettre en bon état, en meilleur état, une chose «pu a ele altérée ou ruinée. Ainsi, la|.hrase suivante, qui est de Vaugelas, n'esl pas correcte :J(tc un renfort considérable, il marcha pour rétablir le desordre des provinces révoltées. L'Académie -i décide que cea l'ordre qu'on rétablit, et non pas le desordre, et que par conséquent il fallait dire avec vn renfort considérable , il marcha pour retabhr l'ordre. ^

Retenir. V. a. et irrégulier de la 2-^ conj. Il se conjugue comme tenir. Voyez Irrégulier

Autrefois on employait retenir au lieu à'emvêcher. Une discipline si sainte devait 1rs retenir de rien avancer contre, etc. (Bossuet.) Un si grand exemple a toujours retenu les personnes i sages de s'engager au ministère des autels A retenu de s'engager n'est pas correct, dit M de WaïUy ; dites, a empêché de s'engager

RETENT.n. V n. de la 2e conj. Voltaire a dit dans Mahomet (act. II, se. ii, 27) •

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