‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 371 sur 453 · RÉV · texte numérisé non relu

RÉV

oore montrées. JtéreiUer les passions, c'est les exciter de nouveau lorsqu'elles sont assoupies.

RHY

Sous la cundre réveillt i^s rasles assoupis dus (lainnies de la yeille.. ..

(Delil., Énèide, YHI, 773.)

Et réveillant la foi dans les cœurs endormie

(RiC, Ath., acl. IV, se. m, 43.)

Cent même dont la gloire aigrit l'ambition, RéteUUront leur brigue et leur prétention....

{RiC, Iphij., acl. I, se. I, 139.)

Qael espoir séduisant dans mon ceear se r«t>eiH» .' (Volt., OEd., acl. I, se. i, 24.) Valcis se réveilla du sein de son ivresse.

(Volt., ncnr., III, 99.)

Révéier. V. a. de la l^e conj. L'acception suimr L" ''"? ^'^" '"'l'qi'"C prir la .lélinilion ni pai les exemples que donne l'Académie :

Elle marche, et son port révèle une déesse.

(Dklil., É)iéid., I, 55S.)

Bevenant, Revenante. Adj. verbal tiré du v nr^r? ^? I'''"'- T"' '•evient. Il ne se met qu'après Sun su bsi. : Un air revenant, une phLonomte revenante. ^ ^

Bêver, V. n. de la 1" conj.

Bl ce cœur, t.inl de fois dans la guerre éprouvé, * «'arme d un péril qu'une femme a rêvé.

(CoR?î., Vol., acl. I, se. 1,3.)

Le mot de rêver dit Voltaire, est devenu trop

corneille, (liemarqmssur CorveAUe.)— On peut remarquer aussi .jue, dans ces vers de Corne lie rêver esl pris dans le sens actif, et qu'on le prend encore quol.,uefois dans ce sens. On d^" loMce qtie j „t rêvé, pour dire voila le rêve' que iai fait ; mais on ne dirait pas/ai rêvé unpSi ^

fiE\ETi.i. V. a. et irrcgulierdela 2" coni Use conjugue comme vêtir. •'■

Voltaire a dit [Henr., IV, 193) :

Leur from d'un vain éclat n'était point revêtu.

Ce mol semble ici un peu trop éloigné de sa signification primitive. s ue sa si

Revivbe. V. n. et iriégulier de la 4* coni II se conjugue comme vivre. Voyez ce mot

Révocable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu a|>res son subst. : Une procuration révocable une commission revocaUe. '

Revoir. V. a. et irr-gulier de la 3* coni. Il se conj. comme voir. Voyez ce mot. — Au revoirdans cette locution, revoir est employé substantivement On dit au revoir, par ellipse, pour «„ iplaisir de vous; revoir : ' ^

Suflit. Adieu, inuses; jusqu'au revoir.

(J.-B. Rouss., liv. I, Épitre i.) Jusqu'au revoir.

(Destolches, Glorieux, acl. I, .se. u, 89.)

WonlT P'^ ^^"'■'^"d'-e cette phrase avec la locu- ■àîfp^in^nr'' ?"* ""^ '^ ^^••^ PO'"" t'ire q>''il nmt îfôn H'„ "■' '''™^" •^'"" *'ompie, d'une ciia- &i r"'"- '''■ '■ .^ '^'^ de chacjue article RÉvo.r ":;:""P^'f^^ir,.is : à revoir. (Acad.) REVOLTANT, Révoltante Adj. verbal tiré du v.

révolter. Il se met quelquefois avant son subst, . t^roçede révoltant, proposition révoltante, absurdité révoltante, idée révoltante. — Cette révoltante tdee, cette révoltante absurdité.

RiiAiiii i.A(;r, rxiiABiLi.ER. Dans ces deux inolfi on mouille l«s /.

Rhétorique. Subst. f. Art de parler sur quelque sujet (lue ce soit avec éloquence et avec orce. I.a rhétorique est à l'éloquence ce que la tneorieest à la praiique, (ui comme la poétiq,;e est a la poésie. Le rhéteur proscrit des régies d'éloquence, l'oralcur ou l'homme éloquent luit usage de ces règles pour bien parler; aussi l.i rhétorique est-ello appelée l'art de parler, cl ses règles, re;jles de l' éloquence. Il est vrai, dit «jumlilien, (pie, sans le secours de la nature, ces I préceptes ou règles ne iont d'aucun usage; mais 'I est vrai aussi (pi'ils l'aident et 1:; fortifient beau- TOup, en lui servant de guides; ces préceptes ne sont autre chose que des observations qu'on a I laites sur ce(iu'ily avait de beau ou de défectueux (^.;ms les discours qu'on eniendait; car, comme le (lit Ciccron, l'éloquence n'est point née de l'art, mais l'art est né de l'éloquence; ces rélWious, mises par ordre, ont formé ce (ju'on appelle rhétorique.

RncM. Si/bst. m. On prononce rom en faisant sentir le m.

RiiYTH.ME. Subst. m. Ce mot se prend iiour nombre ou cadence. 11 consiste propiemenl dans la mesure el le mouvement. Le rhylhme convient plus particulièrement à la poésie; mais la prosea jiussi le sien. Fn poésie, le choix du rliytliine est important. Tel "liylhme convient à un genre de sentiment, qui ne convient pas un autre. Les vers (le douze syllabes sont ceux qui ont le plus d'harmonie et de majesté; on les emploie dans les poèmes héroïques, dans les tragédies, les coniéuics, leséglngues, les élégies, et autres pièces sérieuses et de longue haleine. Les petitscommc les grands vers entrent dans la composition des ouvrages en vers libres; cependant il n'y a cuére que la rwcsie lyii(p:e et la fable qui admeucut le.', vers de deux ou trois syllabes. On [leul remarquer, pour peu qu'on ail l'oreille seiisililc, ([ue e vers de huit syllabes se mcle tiés-b;cn avec celui d(; douze, mais jamais le vers de dix syllabes, qui n est fait que i)our aller seul. On peut remarquer dans les stances (jue iMalherbc adresse à son ami Dupcirier, qui avait perdu sa fille, à peine au sortir de rcnfance, combien le riivihmo peut contribuer a l'cxpivssion d'un sentimenl (liv. VI, Consolation à Ai. Dupéricr, i) :

Ta douleur, Dupérier, sera donc éternelle.

Et les tristes discours Que te mel en l'esprit l'amitié paternelle

L'augmenlcroût toujours.

Ce petit vers, qui tombe si régulièrement après e premier, peint si bien l'abattcmenl et la douleur! C'est là le vrai secret de l'harmonie. Il ne sagit pas de la travailler avec effort, il faut la choisir avec goût.

Dans la |>rose, le rliythineest, comme dans la poésie, la mesure et le mouvement. En prose, la mesure n'est que la longueur ou la brièveté des phrases, et leur pari.ige en plus ou moins de membres; et ce mouvement résulte de la quaiilile des syllabes dont s. .ni composés les mois. Il est impossible de prononcer une longue suite de paroles sans prendre haleine ; quand celui qai park pourrait y suffire, ceux qui l'écoutentue

pourraicnl le supporter. 11 a donc été nécessaire (le diviser le discours ou plusieurs parties, on y a inscrc dos icuiscs de jilus ou de moins île dur'éc, selon qu'il cUiit convenable, et de là s'est formé ce qu'on peut appeler la mesure de la prose. C'est le besoin de respirer, c'est la nécessité de donner de temps en temps quelque relâche à ceux qui nous écoulent, ijui ont fait jjartaçcr la prose en plusieurs membres; et ce partagé, perfectionné par l'art, est devenu une des grandes beautés du discours.

RiAM, BiA^TE. Adj. verbal tire du v. rire. Il se met snuvent avant son subst., lorscpie l'harmonie et l'analogie ne s'y opposent point : Un visago riant, vue mine riante, une physionomie ruinic, vu paysage riant, une image riante, une riante image.

Riche. A«lj. des deux genres. Il précède souvent son subsl. : Un homme riche, une femme riche, une riche héritière, une riche veuve. — Un riche mariage, un riche parti. — 11 régit ordinairement les pré[)o&itions en et de. Biche en argent, en terres, en rentes, en bijoux, en pierreries. Biche de son patrimoine, des bienfaits du prince.

Il régit aussi la préposition par. La Bruyère a employé avec justesse dans la même phrase" celle préposition et la préposition de. Nos ancêtres.... plus riches par leur économie et par leur modestie, qtia de leurs revenus et de leurs doviaines ...

^ RicuEMEKT. Adv. On peut le mettre entre rau.xiliaiic et le participe : Il est richement vêtu; il a richonent marié sa fille, ou il a marié richement sa fille.

RicuEssE. Subst. f. Au singulier, il se dit parliculiéicment ou de l'abondance de plusieurs choses utiles cl précieuses, relativement à lasource qui les produit : La richesse d'un pays, la richesse d'une contrée, lu richesse d'une viine; ou bien ilsedit d'une quantité considérable de biens, relativement à celui qui les possède :La richesse de cet homme, la richesse du prince, la richesse de l'Etat; ou bien, enfin, il se dit d'une quaniilé considérable de choses précieuses relativement au lieu qui les contient : La richesse de ce trésor.— Les richesses, au pluriel, se dit lorsqu'on veut exprimer une quantité considérable de biens de diverse nature. D'un houune qui possède beaucoup de biens en porlcfeuilie, ou en bijoux, ou en œarchandises, je dirai su richesse ; de celui qui possi'de des palais, des châteaux, des terres, (jui a des revenus considérables de diverses espèces, je dirai ses richesses : La richesse de la Bourgogne consiste dans ses vins; les richesses de . In'le consistent dans un grand nombre de productions diverses. Les richesses de ce vionde Signifie les biens divers (jui rendent riche: Jouissons paisiblement des richesses de ce monde, 71e les cherch')nspas avec avidité.

Louis Racine a dit :

Heureux qui de la sagesse AUendant tout son secours, N'a point niis dans la riehefe»

L'espoir du ses derniers jours.

Féraud pense que ce n'est pas une faute en vers, mais qu'en jirosec'en serait une et qu'il faudrait 'employer le pluriel. Nous pensons que ce n'en est une ni en vers ni en prose. On peut dire qu'un homme viet tout son espoir dans la richesse, ou

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