‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 39 sur 453 · AST · texte numérisé non relu

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s'assurer sur les bontés de quelqu'un? Racine a dit [Bajaz., ad. 11, se. i, 113) :

Hais je m'assure encore aux bonté- de Ion frèr»

La Harpe dit à l'occasion de ce vers : On dit je m'assure dans roi bontés, et non pas je m'assure à vos bontés. [Cours de Littérature.) — « L'Académie n'admet que ce régime : Malheur à celui qui ne s'assure que daiis ses richesses! Elle dit aussi s'assurer en Dieu. L'expression de Racine "est un changemcnl de préposition , comme les poêles s'en permetlonl qucUpiefois par licence. » (A. Lemaire , Grammaire des Grammaires, p. 1081.)

On dit s'assurer sur, dans le sens d'avoir confiance.

Ne TOUS assurez pointeur ce cœur inconstant.

'Rac. P/iéd. act. V,sc. m, 10.) ■

Ne vons assurez noint sur ma faible puissance.

(Ûac, Iphig., ad. IV, se. IV, 70.)

Il en gcmit, et dit que sur personne Il ne faudra s'assurer désormais.

lYOLT., Enf. Prod., acl. Y, se. Il, 50.)

Corneille et Racine ont employé assurer au lieu de rassurer :

Un oracle m'assure, un songe me trivailie.

^CoRN.. iior., act. IV, se. iv, *7.]

M'assurer, dit Voltaire, ne signifie pas 7ne rassurer, etc'est?rte rassurer que l'auteurcnlcnd. Je suis effrayé, on vie rassure; je doute d'une chose, on m'assure qu'elle est ainsi.... Assurer avec un régime direct ne s'emploie que pour certifier : J'assure ce fuit. En termes d'art, il signifie affermir : Assurez cette solire, ce chevron- {Remarques sur Corneille.)

On trouve la même faute dans les vers suivants :

Princesse, assuni-Tous, je les prends sous ma garde. (Rac, Àth., act. II, se. VII, 3.)

0 bonté qui m aêsnre autant qu'elle m'honore.

(Rac, Eith., act. III, se. vu, B4.)

Il lallait dire rassurez-vous, et me rassure.

Astérisque. Subsl. m. Terme de graminaireét d'imprimerie. Signe qui est ordinairement en forme d'étoile, que l'on met au-dessus ou auprès d'un mot, pour indicpier au lecteur (|u'on le renvoie à un signe pareil, après lequel il trouvera (juclque remarque ou explication. Une suite d'aslérisques ou de points imlique qu'il y a quelques mois qui manquent. Dans cet ouvrage, les aslérisfiuosqui précèdent cerUiins mots désignent ceux qui ne se ti'ouvent point dans la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie.

Astre. Subsl. m. L'Académie ne l'indique point dans le sens figuré des vers suivants :

On vil paraître Guise, et le peuple, inconstant. Tourna liienlûl ses yeux vers cet astre éclatant. (Volt., Henr., III, 65.)

Astreindre. V. a. et iirégulier de la \' conj. Il se conjugue comme peindre.

Astronomique. Adj. des deux genres. En prose, il suit ordinairemoiil son subsl. Gresset a dit eo vers ses astronomiques romans.

Astuce. Voyez Fines se.

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AsTUCiEcx, AsTDciEL'SE. Ailj . Cc mot peut se mellre ;iv;im son subsl., en prose et en vers, quand l'analoçic el l'harmonie le i)cnneUent : Un homme aslucieus, une femme astucieuse; cet astucieux procureur. On ncdil pas unastucieudhomme. ^ oyez Adjectif.

* Athéistiqlf.. Adj. des deux genres. Mol inusilé que A'oUaire a employé heurcusemcnl : Croirait-on qu' un jésuite irlandais a fourni des armes à lu philosiphic athcislique, en prétendant que les animaux se formaient tout seuls? Athlétique. Adj. des deux genres qui suil ordinairemcnl son sulisl. : Force athlttique. Atlas. Subsl. m. On prononce le s.

Atolr. Subsl. m. 11 ne se mel ipi'au pluriel, excepte dans celle phrase, dame d'atour. On l'emploie sciuvenl en piaisanlanl : Elle a ses beaux atours.

Atour>k, Atournée. Adj. Voliaire a dit : yous souvenez-vous que vous avez une Pucellc d'une vieille copie, et que cette Jeanne, négligée et ridée, doit foire place à une Jeanne vn peu mieux atournée? Celle expression, qui a vieilli, s'emploie encore en iilaisanlant.

Atrabilaire. Adj. des deux genres. En prose, il se met ordinairement après son subst. : Humeur atrabilaire.

Atroce Adj des deux genres. L'Académie dit qu'il ne se du guère que des crimes, des injures el des supplices. Elle avoue cependant plus bas (|u'on dit une âme atroce ; et en effet Monles(|uieii a dit : Il faut éviter les lois pénales en fait de religion; elles impriment de la crainte, il est vrai; 7nais, comme lu religion a ses lois pénales aussi qxd inspirent la crainte, l'une est effacée par Vautre. Entre ces deux craintes différentes, les âmes deviemienl atroces. [Esprit des Lois, liv. XXV, ch. xii.) De- [mis Montesquieu, on a appliqué cet adjectilaux personnes, cl l'on dil "-n- homme atroce, une femme atroce.

Cet adjeclii peut, même en prose, se mettre avant son subst., mais il faut pour cela qu'il y ail une analogie étroite entre les ilcux mots. On ne dira pas un atroce homme, une atroce femme; mais on dira une atroce lâcheté, une atroce perfidie. 11 e>t naturel (]u'il y ail (luclquc chose d'a- Iroce dans la làchelé et la periidie.

On ne dit pas un atroce crime., une atroce injure, un atroce supplice, parce que les mots crime, injure, supplice, n'ont pas une analogie étroite avec l'adjcclit' atroce.

Atrocement. Adv. 11 n'est point usilé, el ne se trouve que dans le Dictionnaire de l'Académie. Atrocité. Subst. f. Yollaire a dit dans l'Orphelin de la Chine (act. 1, se. V, 24) :

Après l'alrocilé de Isur indigne sort, . . .

Sur quoi La Harpe a remarqué qu'on ne peut à.\TC l'atrocité d'un sort, comme on dirait l'atrocité d'un traitement, d'un supplice, d'un procédé, etc., parce que le uiot atrocité suppose toujours une intention el une action, et le sort n'est rien de lout cela. [Cours de Littérature.)

On pourrait répondre que l'on dit le sort injuste, le sort crue/; que par conséquent on suppose au sort une intention, une action ; el qu'ainsi on peut dire vn sort atroce, comme on dit un homme atroce. ïoule la faute de Voltaire, en employant celle expression, est d'avoir joint à sort une épilhète trop vague, el qui n'a pas un rapport asseï direct et assez marqué avec l'idée d'alrocitc.

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Attachant, Aitac.uvnte. Ailj. verbal tiré du V. attacher. Qui attache, i|ui lixe lorlemenl l'attention : Une lecture attachante, un ouvrage attachanl. Ln prose, il suit ordinairement son subsl. Dans certains cas, il jKiurrail le iirccédcr: Je ne pouvais m'arracher à cette altucitante lecture.

Attaquable. Adj. des deux genres. H ne se mel qu'après son subsl., et ordinairement avec la négation : Cette place n'est pas attaquable. — L'Académie donne dans ses exemples, ce titre est attaquable.

* .\ttarder (s'). V. pron. de la l'" conj. Se mellre tard en roule, se retirer tard. Ce mol est peu usité ; cependant il exprime une chose qui ne peut s'exprimer autrement sans cm[)loycr plusieurs mots.

Atteindre. Y. a. de la ^i' conj. Il se conjugue comme peindre. On dil atteindre un certain âge, atteindre quelqu'un, et atteindre à la perfection, atteindre au but. Voici la différence que trouve Domerguc entre ces deux expressions. — Atteindre avec le complément direct se dit dos personnes en général, cl des choses auxquelles on parvient sans difficulté, sans efforl : Il est difficile d'atteindre Racine; atteindre un certain â(/c. Atteindre à suppose des difficultés a vaincre, des efforts à faire, cl se dit narticulièremcnt des choses : Atteindre à la perfection. Voltaire a dit dans Mérope (acl. II, se. i, 10) :

Triste effet de l'amour dont Totra âme est alleinle.

C'est à Mérope, dil La Harpe, que l'on parle ainsi. Je ne sais si le mot atteinte cal bien juste il le serait parfaitement s'il s'agissait d'un autre amour. On dil très-bien qu'une femme est alleinle d'un amour violent , funeste, coupable, parce (|ue la passion de l'amour emporte avec elle l'idée d'une blessure, et que cette figure est naturelle et vraie. Mais je ne crois pas que l'on puisse dire les atteintes de l'amour maternel, sentiment qui par lui-même est habituel et doux. Au reste, comme l'amour maternel est dans Afc'rnpe une cause de douleurs, l'expression peut encore se justifier, el mon observation est moins une censure qu'un doute que je propose. [Cours de Littérature.)

La dernière observation de La Harpe est plus juste que la première. Dans la situation où se trouve .Mérope, la douleur est tellement unie à l'amour maternel, que cet amour n'est plus qu'un sentiment douloureux. Or, on peut dire qu'on est atteint d'un sentiment douloureux.

Atteinte. Subsl. f. Racine a dil dans Esther (acl. III, se. 1,85):

De cet amas d'honneurs la douceur passagère Fait sur mon cœur i peine une atteinte légère.

On dit donner une atteinte, porter une atteinte ; mais je ne crois pas qu'on puisse dire faire une atteinte.

Atteler. V. a. de la 1" conj. On double la lettre l dans les temps de ce verbe où celte lettre est suivie d'un e muet : J'attelle, jattcllerai, tl attellera, U attellerait; on ne mel qu'un /lorsque celte lettre est suivie de toute autre lettre (pi'un e muet : J'attelais, j ai attelé, ils attele-

'^^Attenant, Attenante. Adj. L'Académie lui fait régir indifféremmenl les prc|)osilionsa ou de : Un logis attenant à un autre. Son jardm est attenant du mien. Attenant de est une expression populaire. Attenant vioni du verbe tenir,

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01, en co sens, ce verbe réjit la proposition à. C'est donc aussi cette préposition que doit roirir ladjcciif attr/iant. — H faut en dire autant de la préposilion attenant-

AxTEirr V. a. de la 4' conj. Il régit le subjonctif. Ne diies d^mc [)ns je l'uttends veinr,nu lieu dej^atteiids'jv'i/ ricnne.

Féraud, qui prétend que ce verbe n'a pas ordinairement pour sujet un nom de chose, convient cependant qu'on dit une demande n attendait pas l'autre. l\.ncinc a. dit (/jo/ii^., act. I, se. ',27):

Tous C03 mille vaisseaux qui, charges de vingt rois, ^attendent que les Teuts pour partir sous vos lois.

et Delille {Enéide, Uv. VII, 878) :

Là les casques crensés attendent les panaches.

s'Attendre, dans le sens de être préparé, compter sur, régit à devant les noms et devant les verbes : Je nC attends à son retour ; je m^ attends à le voir

S'attendre yj/e régit l'indicatif quand le sens est aftirmalif : Je 7n attends qu'il vieyidra; il régit le subjonctif quand le sens est négatif: Ne vous attendez pas que Je le fasse.

Attendrir. V. a. de la 2'' conj. On dit s'attendrir sur quelqu'un, sur le sort de quelqu'un :

J'ai TU de vieux soldais qui servaient sous le père. S'attendrir sur le GU et frémir de colère.

(YoLT., Oreete, acl. V, se. u, 56.)

Je m'attendris sur elle.

(Volt., Sémir., act. II, se. I, 71.)

D'après cela, Voltaire aurait eu tort de dire dans Oreste (act. IV, se. viii, 6) :

Pour ces deus étrangers laissez-vous attendrir.

Mais il faut observer que ce n'est pas ici le même sens. S'attendrir sur quelqu'un, c'est être sensible à son malheur, en avoir compassion. Mais s'attendrir pour quelqu'un, c'est s'attendrir en faveur de quelqu'un , prendre intérêt à quelqu'un, être disposé à le protéger, à le secourir, à le défendre.

L'Académie définit ce mot, rendre tendre et facile à manger. — On attendrit aussi ce qui ne se mange pas : On peut attendrir le fer en le mettant au feu.

Attendrissant, Attendrissante. Adj. verbal lire du v. attendrir. Un spectacle attendrissant, une scène attendrissante. On peut dire aussi cet attendrissant spectacle.

Attendu qle, façon de parier qui tient lieu de conjonction ; elle régit l'indicatif : Attendu qu'il est malade.

Attester. V. n. Tl régit à, contre et sur: Attenter à la vie de quelqu'un. Attenter contre le prince. Attenter sur la personne, sur les droits de quelqu'un.

Attentif, Attentive. Adj. Il suit toujours son subst. : .ÉT/rc attentif à quelque chose . Etre attentif à écouter ses maîtres, attentif à saisir l'occasion.

Attention. Subst . f. Faire attention à quelque chose. Avoir r attention de .. . Faire attention que. 11 régit toujours l'indicatif, même dans les phrases négatives : Il ne fait pas attention que la chose n'est pas praticable.

Attention, dans le sens d'application d'esprit

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et de disiiosition à obliger, n'a point de pluriel. !)ans le sons de soins oflicieux, ii en a un : Avoir des attentions pour quelqu'un.

Attentivement. Adv. Ou peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il avait écouté attentivement ce discours, ou il avait attenticement écouté ce discours.

Atticisjie. Subst. m. On fait sentir les deux t. — Finesse, politesse de langage. L'«//ic/5;/t^ était .linsi nommé d'Athènes, qui'était la ville de la (Jrèce où l'on parlait le jilus purement, ('.a terme est d'usage pour exprimer les grâces d'un style léger et corre<'t.

Attiqce. .\(lj. des detix genres. On prononce les deux /. Il suit toujours son subst. : Manière attique ; sel attique. On prononce aussi les deux t dans attique , substantif, terme d'architecture

Attirail. Subst. m. On mouille le l.

Attirant, Attirante, .\dj. verbal tiré du v. attirer. Des paroles attirantes, des promesses attirantes.

Aussitôt il se lève, et la troupe nJèle

Par ces mots attirants sent redoubler .«on lèle.

(BoiL., Lutr., lY, 215.)

Attirer. V. a. de la l'" conj. L'aimant attire le fer. — Figuréraent : Attirer quelqu'un à son parti, f^ous attirez sur vous les châtiments du ciel.

Attitode. Subst. f. L'Académie l'explique par situation, position du corps. 'L'attitude n'est ni une situation, ni une position. C'est une manière de tenir son corps relativement ar.x convenances, au caractère des personnes, à leurs passions, à létat actuel de leur àme. On ne dit pas la situation,\Vi position du respect, de la soumission, etc.; on dit Vattitude du respect, de la soumission.

Attodchement. Subst. m. L'Académie le définit, action de toucher. Ainsi quand "U porte la inain sur une table, sur une feuille de papier, c'est un att'uchement. \J attouchement ne se fait que sur les personnes, et non sur les choses. C'est l'action de toucher une personne dans le dessein do produire (juelque effet sur elle, ou d'en éprouver soi-même, en la touchant. Attouchements déshonjiâtes

L'.\cadémie dit : On connaît la dureté ou la vwllesse d'un corps par l'attouchement. Il fallai! dire par le tact, ou par le toucher.

Attractif, Attractive. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Onguent attractif , vertu attractive.

Attraire. V. a. et défectueux de la 4' conj. C'est un vieux mot que l'Académie dit être encore usité à l'infinitif. Elle donne pour exemple : Le sel est hnn pour attraire les pi/jeons. Je croi.s (jue l'on dit pour attirer les pigeons. On en a fait l'adjectif verbal attrayant.

Attrait. Subst. m. Ce qm attire agréablement, ou bien goût, penchant, inclination. Dans ces. deux sens, attrait ne prend point de pluriel. — Attraits, au pluriel, se dit des qualités d'un objet, de l'effet desquelles résulte, soit la puissance qu'il a de nous attirer vers lui, soit le penchant qui nous y entraine.

Attrapoire. Subst. f. L'Académie le définit tour de finesse doiu on se sert pour surprendre, pour tromper quelqu'un. Ce mot n'est pas usité.

*Attrape-Parteri;e. Subst. f. Expression inusitée (jue Voltnirca employée delà manière suivante, en parlant de son Tancrède : N'allez pas vous attendre à de belles tirades , a de cea

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grands rers vrnflaiits, à des scyttciices, à des attrape-parterre : style médiocre, marche simple, voilà ce que vous y trouverez. jMuis s'il y a de l'intérêt, tout est sauvé.

Attrayant, Attrayante. Adj. verbal tiré du V. attraire, qui n'est plus usité. Il se met avant son subst. lorsque l'harmonie et l'analogie le permettent : Les charmes attrayants de la volupté- Les attrayantes amorces du vice. Voyez Adjectif.

Attribut. Subst. m. Terme de logique et de grammaire. Toute proposition a un sujet et un attribut. Le sujet est la partie de la proposition qui exprime la personne ou la chose à laquelle on attribue quelque chose. L'attribut est la partie de la proposition qui exprime ce qu'on attribue au sujet. Dans celte pro[X>sition, Dieu est Juste, Dieu est le sujet, parce que c'est à Dieu que j'attribue la qualité de justice. Juste est l'attribut, parce qu'il exprinie une qualité que j'attribue à Dieu. Quelques grammairiens regardent le verbe comme une partie de l'atiribul, parce que le verbe est dit du sujet, et marque l'action de l'esprit qui considère le sujet comme étant de telle ou telle façon, comme ayant ou faisant telle chose. Il est plus simple de séparer le verbe de l'attribut, et de le regarder conune le lien qui unit le sujet avec l'atil-ibut. Voyez Proposition, Construction, Complexe.

Attristant, Attristante. Adj. verbal tiré du V. attrister. Des nouvelles attristantes. On peut, dans les cas convenables, le mettre avant son subst : Ce sont d'attristants souvenirs. Voyez Adjectif.

Ao. Mot formé par contraction de la préposition à et de l'article le. Il équivaut à à le, et se met devant les noms masculins qui commencent paruneconsonneou par un/i aspiré. Il fait au pluriel ŒT/J", contraction de la préposition à avec l'article les; alors il équivaut à à les. Voyez Adjectif, Article.

Aucun, Ac^cne. Adj. collectif distributif, qui désigne tous les individus de l'esiiècc nommée, pris disiribulivement, communément avec rapport à un sens négatif : Aucune circonstance ne peut vous faire chanjer d'uris; aucune raison ne peut justifier le mensonge. Cet adjectif se mettait autrefois au pluriel ; Racine a dit dans Phèdre (act. I, se. I, 97) :

Dans mes lâcbes soupirs d'antant plus méprisable. Qu'un long amas d'honneurs rend Thésée excusable; Qu'aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui, Ne m'ont acqnis le droit de faillir comme lui.

Boileau et Montesquieu l'ont employé de même, et l'Académie donno pour axemple : Elle ne m'a rendu aucuns soins ; il n'a fait aucunes dispositions, aucuns préparatifs.

Aujourd'hui on ne met plu? aucun au pluriel, si ce n'est dans le style marotique. D'Olivet en a fait une règle d'après l'tisage; on pourrait ajouter d'après la raison. En efi'et, aucun signifie pas un, et on ne voit pas comment leplurid pourrait convenir à cette expression.

Il est vrai qu'on ne peut pas dire il ne m'a rendu aucun soin, parce que, dans celte acception , le substantif soin n'a point de singulier. Mais ce n'est point une raison pour forcer l'adjectif aucun à prendre un nombre qu'il repousse, et c'en est une pour ne pas joindre cet adjectif à un substantif qui ne peut être mis qu'au pluriel. Du reste, rien n'empêche de dire il na fait autune disposition, aucun préparatif.

« Nous revendiquerons pour les écrivains la

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