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nous appelions les Romains et les Grecs scù/nenr, et les Romaines madame : usage vicieux en soi, mais qui cesse de l'être, parce "(jue le temps l'a autorisé. (Voltaire, Remarques sur la Bérénice de Racine.)
Seignedrial, Seigneuriale. Adj. qui suit toujours son subst. : Titre seigneurial, droits seigneuriaux.
Sein. Subst. m. L'Acadéini» n'indique que trùs-imparfaitement la signification de ce mot au figuré. On dit au sein des plaisirs, au sein des voluptés; le sein de lapatrie, au sein du vice, V sein de la vertu, eic.
Du sein de ma patrie il fallut m'exiler,
(YoLT., OEd., act. lY, se. I, 148 >
Les courtisans en foule, attachés à son sort, Du sein des voluptés s'avançaient à la mort.
(YOLT., Ilenr., III, 177.)
SiîizE. Adj. numéral des deux genres. Il se met avant son subsl. : Seize homnirs, seize ans, seize onces. — On dit, dans la division des ouvrages de littérature, chapitre seize. Alors seize est pris pour seizième.
Seizième. Adj. lise nicl avant son subst. Le seizième jour, la seizième année, le seizième chapitre. On dit aussi le chapitre seizième.
Semaine. Subst. f. 11 s'entend de la division du temps, de sept jours en sept jours, à commencer par le dimanche jusqu'au samedi inclusivement.
Semblable. Adj. des deux genres. ïl ne se met qu'après son subst., et au singulier, il régit ordinairement la préposiliou à, qui est quelquefois exprimée , quelquefois sous - entendue : Cette étoffe est semblable éi la vôtre. Ces deux choses sont semblables ; on sous-entend tune à Vautre. — On n'a jamais nen vu de semblable, on SOUScntend à ce que nous voyons.
Semblant. Subst. m. Faire semblant régit de devant les noms et les verbes : Ne fa ire semblant ^Q rien, sans faire semblant de rien. — II en fait le semblant. — // fait semblant d'être fît— cAe'.— Quand faire semblant régit un vei-be, semblant se met sans article : Il fait semblant de le quereller, 8l non pas il fuit le semblant de le quereller.
Sembler. V. n. de la 1" conj. Ce verbe ne s'emploie guère à l'infinitif. Il s'emploie surtout impersonnellement : lime semble que, il me semblait que.—l\ régit l'indicatif quand il est suivi d'un régime indirect : // semble « mon frère que vous vous moquez de lui. Quand il est sans régime, on met ordinaircsncnt le verbe de la phrase subordonnée an subjonctif : // semble quil prenne à tâche de vie désoler. Dansée cas, cependant, on peut ineltre aussi l'indicatif; mais il y a quelque dilTéi'cnce entre ces deux expressions. Je dirai, il semble qu'il prenne à tâche de me dé' soler, si je veux faiic entendre seulement l'habitude qu'il a de faire tout ce qui peut me désoler. Mais si, outre celle hal)itude, je veux fixer l'attention sur ce qu'il fail acluellenient pour me désoler, je dirai : il semble qu'il prend à tâche de me désoler. — Si (iuel(]u'un s'étonne actuellement à la vue d'un objet nouveau, je lui dirai, tV semble que vous n'avez rien fw/mais si quelqu'un, dans le discours, s'élonne des choses dont on parle, je lui dirai, il semble que vous n'ayez rien vu. — Dans les interrogations, sembler régit la préposition de. Que vous semble de cette affaire? Qun vous semhle-t-il de ce tableau? Que vous en
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semhlef — On dit il nous sembla Otm cCe vous avertir, c'esl-à-dirc nous liuuvdns l)on , nous trouvons à propos de vous avcrlii-; et en lelran- '■hant il, si bon lui semble, comme bon lui sem- Itlera. Alors bon se met avant le verbe.
Sesier. V. a. de la 1" coiij. Les poêles emploient souvent ce mot au figuré :
Je leur semât de llcurs le bord des précipices.
^Rac, Ath., acl. Ill, se. 111, 77.)
.... Vos refus pourraient me confirmer
Un bruit sourd que déjà l'on commence .\ temer.
[Idem, act. III, se. iv, 54.)
Sémiramis, à ses douleurs livrée.
Sente ici les chagrins dont elle est dévorée.
(Volt., Sêmir., acl. I, se. I, (7.)
.... Toi de qui la main sème ici les forfaits.
(Volt., Mahon., act. II, se. v, 7.)
Ses mains, autour du trône, avec confusion Semaient la jalousie et la division.
(Volt., Ihnr., II, 55.)
Sémillant, Sémillante. Adj. 11 est familier, et ne se met qu'après son subsl.
Sempiteknelle. Adj. f. On prononce sairt. 11 se dit d'une ierame irès-vieillc, et se prend aussi substanlivement. 11 iiese met qu'après son subsl.: Une vieille sempiternelle.
De cet antre où je rois venir D'impotentes sempiternelles, etc.
(Volt., Épttre XXVI, 14.)
Sénatorial, Sénatoriale. Adj. Il ne se met guère qu'après son subst. : Dignité sénatoriale, gravité sénatoriale, ornements sénatoriaux.
Sens. Subst. m. Terme de grammaire. Ce mot est souvent synonyme de signification et à acception ; et quand on n'a qu'a indiquer d'une manière vague et indéfinie la représentation dont les mots sont chargés, on peut se servir indifl'cremmcnl de l'un ou de l'autie de ces trois termes. Mais il y a bien des circonstances où le choix n'en est pas indifférent, parce qu'ils sont distingués l'un de l'autre par des idées accessoires qu'il ne faut pas confondre. La signification est Vidée totale dont un mot est le signe primitif par la décision unanime de l'usage; l'acception est un aspect particulier sous lequel la signification primitive est envisagée dans une jihrase ; le sens est une autre signification différente de la primitive, qui est entée pour ainsi dire sur cette première, qui lui est analogue ou accessoire, et qui est moins indiquée par le mot môme que par sa combinaison avec les autres mots qui constituent la phrase ; c'est pounjuoi l'on dit également ie sens d'un moi et le sens d'une j^hrasc ; au lieu qu'on ne dit pas de même la signification ou Vacception d'une jjhrasc. \ oyez Acception.
Nous allons parler des différentes espèces de sens dans lesquels on prend les mots et les phrases.
Le sens propre d'un mot est sa signification primitive sans aucune altération, comme quand on dit le feu brûle, la lumière nous éclaire. Les mots brûle, éclaire, sont employés dans la signification primitive qui leur appartient; c'est pourquoi ils sont dans le sens propre.
Sens figuré. — Quand un mot est pris dans un autre sens que le sens propre, il parait alors, pour ainsi dire, sous une forme empruntée, sous une
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figure qui n'est pas s;i figure naturelle, c'est-àdire celle qu"il a eue d'abord; alors «n dit que le mot est dans un sens figuré, quel cpie puisse être le nom que l'on donne ensuite à celte figure parliculiére. Par exemple, le feu de vos yeux, /efeu de l'imagination, la lumière de l'esprit, la clarté d'un discours. La liaison qu'il y a entre les idées accessoires, c'est-à-dire entre les idées qui ont rapport les unes aux autres, est la source do divers sens figurés ([ue l'on donne aux mots. Les objets (]ui font sur nous des impressions sont toujours accompagnés de différentes circonstances qui nous frappent, et par lesquelles nous désignons souvent, ou les objets mêmes qu'cllos n'ont fait qu'accompagner, ou ceux dont elles nous rappellent le souvenir. Souvent les idées accessoires, désignant les objets avec [dus de circonstances que ne feraient les noms propres de ces objets, les peignent ou avec plus d'énergie ou ave.' plus d'agrément. De là le signe pour la chose signifiée, la cause pour l'effet, la partie pour le tout, ranlécédent pour le conséquent, et les autres tropes. Voyez Tropes. Comme l'une de ces idées ne saurait être réveillée sans exciter l'autre, il arrive que fexpression figurée est aussi facilement entendue que si l'on se servait du mot propre; elle est même ordinairement plus vive et plus agréable quand elle est employée à propos, [larce qu'elle réveille plus d'une image.
Il n'y a presque point de mot qui ne se prenne en quelque sens figuré, c'est-à-dire éloigné de sa signification propre et primitive. Les mots les plus communs, et qui reviennent le plus souvent dans le discours, sont ceux qui sont pris le plus fréquemment dansun sens figuré, et qui ont un plus grand nombre de ces sortes de sens. Tels sont corps, àme, tète, couleur, avoir, faire, etc.
Sens déterminé, sens indéterminé. — Quoique chaque mot ait nécessairement dans le discours une signification fi.xe et une acception déterminée, il peut néanmoins avoir un sens indéterminé, en ce qu'il peut encore laisser dans l'esprit (juclque incertitude sur la détermination précise et individuelle des sujets dont on parle, des objets que l'on désigne. Que l'on dise, par exemple, des hommes ont cru que les animaux sont de pures machines; un homme d'une naissance incertaine jeta les premiers fondements de la capitale du monde. Le nom homme, qui a, dans ces deux exemples, une signification fixe, qui est pris sous une acception formelle et déterminative., y conserve encore un sens indéterminé, parce que la détermination individuelle des sujets qu'il y désigne n'y est pas assez complète; il [icut y avoir encore de riuceriitude sur cette déterminalion totale, pour ceux du moins qui ignoreraient l'histoire du cartésianisme et celle de Fiome. ^lais si l'on dit, les cartésiens ont cru que les aniiiiaua; sont dépures machines, Vxomulus jeta les premiei s fondements de la capitale du monde, ces deux propositions ne laissent plus aucune incertitude sur la détermination individuelle des hommes dont il est iiueslion; le sens en est totnlement déterminé.
Sens passif, sens actif. Voyez Actif.
Sens absolu, sens relatif. Voyez Belatif et Absolu.
Sens collectif, sens distributif. — Ceci ne peut regarder <iue les mots pris dans une acception universelle. Or, il faut distinguer deux sortes d'universalités, l'une métaphysique et l'autre morale. L'universalité est métaphysique qu««d elle est sans exception, comme tout homme est
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mortel. T.'nnivcrsalilé est mtrale quand elle est su6«cplililc lie quciiiucs exceptions, comme tout wiei/lard hue le temps passe. C'est donc à l'i;gard des mots pris clans une acception universelle qu'il y a sens collectif ou sens disiribulif. Ils sont dans un sens collectif (]uand ils cnoncent la totalité des individus simplement comme totalité; ils sont dans un sens distribulif (juand on y envisage chacun dos individus scpan'incnt. Far exemple, quand on dit en France (|uc les orcrjues jugent infiiilUlilerne lit en matière de foi, le nom érégue est pris, dans celte phrase, seulement dans le sens colleciif, parce que la proposition n'est regardée comme vraie que du corps cpiscopal, et non pas de chaque cvcciue en particulier, ce «pii est le sens dislributif. Lorsque l'universalité est morale, il n'y a de même que le sens collectif (pii puisse être regardé comme]vrai, le sens distribulif y est nécessairement faux, à cause des exceptions. Ainsi, dans celle proposition, tout vieillard loue le temps passé, il n'y a de vrai que le sens collectif, pane que cela est généralement vrai. Le sens distribulif en est faux, parce qu'il se trouve des vieillards équitables qui- ne louent que ce qui mérite d'être loué. Lorsque l'universalité est tiélaphysique, et qu'elle n'indique pas individuellement la totalité, il y a véri'.é dans le sens collectif et dans le sens dislributif, parce que l'énoncé esl vrai de tout et de chacun des individus, comme tout homme est viortel.
Sens composé, sens divisé. — Quand l'Évangile dit les aveugles voient, les boiteux viarchent; ces termes, les aveugles, les boiteux, se i)rennent, en celte occasion, dans le sens divisé, c'est-àdire que ce mot aveugles se dit là de ceux qui t'taient aveugles et qui ne le sont plus ; ils sont divisés pour ainsi dire de leur aveuglement : car les aveugles, en tant qu'aveugles (ce qui serait le sens composé), ne voient pas. — Quand saint Paul a dit : Les i'dolâires i^ entreront point dans le royaume des deux, il a parlé des idolâtres dans le sens composé, c'est-à-dire de ceux qui demeureront dans l'idolàlrie. Les idolâtres, en tant qu'idolâtres , n'entreront point dans le royaume des cieux; c'est le sens composé; mais les idolâtres qui auront quitté l'idolâtrie, et qui auront fait pénitence, entreront dans le royaume des cieux; c'est le sens divisé. — Dans le sens composé, un mol conserve sa signilicaiion à tous égards, et cette signification entre dans la composition du sens de toute la phrase; au lieu que dans le sens divisé, ce n'est (pfen un certain sens et avec restriction qu'un mot conserve son ancienne signification.
Sens littéral, sens spirituel. — Le sens littéral est celui que les mois excitent d'abord dans l'esprit de ceux (jui entendent une langue; c'est lésons (]ui se prôsonle naiurellement à l'esprit. Entendre une expression littéralement, c'est la prendre au pied de la lettre. Le sens spirituel esl celui que le sens littéral renferme ; il esl enté pour ainsi dire sur le sens liilcral ; c'est celui <iue les choses signifiées par le sens littéral font naître dans l'esprit. Ainsi, dans les paraboles, dans les fables, dans les allégories, il y a d'abord un sons littéral. On dit, par exemple, qu'un loup et un agneau vinrent boire à un même ruisseau ; (jucle loup ayant cherché querelle à l'agnoau, le déviira. Si vous vous attacher simi>lemcnt a In lettre, vous ne verrez dans ces paroles qu'une simjjle aventure arrivée à deux animaux. Mais cette narralion a un autre objet; on a dessein de vous faiie voir que les faibles sont quelquefois
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opprimés par ceux qui sont plus puissnnts, st voilà le sens spirituel, (]\ii est toujours fondé sur le sens 1-i Itérai.
Se?is louche, sens équivoque. — Le sens louche nail plutôt île la proposition particulière des mots qui entrent dans une phrase, que de ce i]ue les termes en sont équivoques en soi. Ainsi, ce serait plutôt la [)hrase qui devrait être ap|telée/nMcAc, si l'on v.iulail s'en tenir au sens littéral de la mclaphiirc; car, dit Dumarsais, comme les personnes louches paraissent regarder d'un côté pendant qu'elles regardent d'un autre, de même, dans les constructions louches, les mots semblent avoir un certain rapport pendant (]u'ilsen ont un autre. Par conséquent, c'est la phrase même qui a le vice d'être louche ; et connue les objets vus par les personnes louches ne sont point louches poui cela, mais seulement incertains à l'égard des autres, de même le sens louche ne peut être regardé proprement comme louche ; il n'est qu'incertain |)our ceux qui entendent ou qui lisent la phrase. Si donc on donne le nom de sens louche à celui qui résulte d'une disposition louche de la phrase, c'est par métonymie que l'on transporte à la chose signifiée le nom métaphorique donné d'abord au signe. Germanicus a égalé sa vertu, et son bonheur »»'ayamai.ç eu de pareil. On appelle cela une construction louche, parce que son bonheur, qui parait d'abord avoir rapport à égalé, a réellement rapport à n'a jamais eu de pareil. Le sens louche nait donc de l'incertitude de la relation grammaticale de quelqu'un des mots qui composent la phrase.
Le sens équivoque parait venir surtout de l'indétermination essentielle à certains mots, lorsqu'ils sont employés de manière que l'application actuelle n'en est pas fixée avec assez de précision. Tels sont les adjectifs conjonctifs qui et que, et l'adverbe conjonetif donc ; parce que, n'ayant par eux-mêmes ni nombre , ni genre déterminé, la relation en devient nécessairement douteuse, pour peu qu'ils ne tiennent plus immédiatement à leur antécédent. Tels sont nos pronoms de la troisième personne, il, lui, elle, le, la, les, ils, eux, elles, leur; parc« que tous les objets dont ou parle étant de la troisième personne, il doit y avoir incertitude siu- la relation de ces mots, dés qu'il y a dans le même discours plusieurs noms du même genre et du même nombre, si l'on n'a soin de rendre celte relation bien sensible par quelquesuns de ces moyens qui ne manquent guère à ceux qui savent écrire. Tels sont enfin les prépositifs possessifs de la troisième personne, .ion, sa ses, leur, leurs ; Cl les purs adjectifs possessifs de la même personne, sien, sienne, siens, siennes, parce que la troisième personne déterminée à laquelle ils doivent se rapporter, peut être incer* laine a leur égard comme à l'égard des pronoms personnels, et pour la même raison. \o^gz Absolu, Equivoque, Collectif, Dislributif. (Dumarsais et Beauzée.)
.Sens dessus dessous. Façon de parler adverbiale et du style familier, (jui signifie qu'une choseest tellement bouleverséequ'on ne reconnaît plus ni le dessus ni le dessous. Vaugelas (31° remarque) veut que l'on écrive sans dessus dessous, avec un a au mol sans; mais maintenant l'Académie cl les meilleurs auteurs écrivent sens dessus dessous.
S^■.^Sl:E, vSf.nskk. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Unhomme sensé, une personne sensée. Un discours sensé, une réponse sensée, U7ie action sensée.
Sensémewt. Adv. On peut le mettre entre l'auxi-
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liaire et le participe : Il a répondu sensément, ou il a sensément répondu.
Sensiblk. Adj. des deux genres. On peut le mettre nvant son suhst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un froid sensible. — Un déplaisir sensible, un sensible plaisir. 11 régit quehiuefois la préposition « .- Sensible aux ?naux d'autrui, sensible à l'amitié, i\ l'amour.
Penses-tu que, sensible à l'iionneur de Thésée, Il lui cache l'ardeur dont je suis embrasée?
(Hac, Phéd., ad. m, se. m, 21.)
Sensiblement, Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Cela se voit sensiblement. Nous avons sensiblement remarqué son trouble. — Il a été sensiblement touché de cette perte.
Sensiblerie. Subst. f. Fausse sensihililé. Ce mot nouveau a été adopté par l'usage : Les êtres privés de la vraie sensibilité, dit Mercier, abondent en sensiblerie.
Sensuel, Sensuelle. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Un Jwmme sensuel, une femme sensuelle.— Une vie sensuelle.
Sensuellf.ment. Adv. On ne le met guère qu'après le verbe : Il a toujours vécu sensuellement.
Sentencieusement, Adv. Il ne se met guère qu'après le verbe : // a parlé sentencieusement.
Sentencieux, Sentencieuse. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et 1 analogie : Un discours sentencieux, un mot sentencieux, une réponse sentencieuse ; cette sentencieuse réponse. Un homme sentencieux. Voyez Adjectif.
Senti. Subst. m. Expression nouvelle employée par Voltaire ; Je prie M. *** de conserver sa bienveillance pour celui qui n'est ni Pierre (Corneille), ni Jea I (Racine), gui n' aime point du tout le raisonné de Pierre, et qui ?i approche point du senti de Jeun.
Sentier. Subst. m. On l'emploie souvent au ligure dans le style noble : Le sentier ou les sentiers de la vertu, le sentier ou les sentiers de la gloire.
Et toujours de la gloire évitant le sentier. Ne laisser aucun nom, et mourir tout entier.
(Rac, Jphig., act. I, se. II, 9o.)
Sentimental, Sentimentale. Adj. Mot nouveau qui a rapport au sentiment. Il se prend ordinairement en mauvaise part, pour exprimer la fadeur du seriliuient : Des expressions sentimentales, une tirade sentimentale. On ne dit point sentimentaux. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie. Ces sentimentales expressions qui reviennent à chaque instant dans ce discours, le rendent bien froid. Voyez Adjectif.
Sentinelle. Subst. f. Quelques poètes l'ont fait masculin. On trouve dans Voltaire (V* Disc, sur l'Houune, 43) :
Ce sentiment si prompt, dans nos cœurs répandu, Parmi tous nos dangers sentinelle assidu ;
et dans Delille {Paradis perdu, II, 4SI) :
Ces postes menaçants, ces nombreux sentinellel Qui veillent nuit et jour aux portes éternelles.
C'est probablement le besoin d'une rime chez Voltaire, et l'embarras de la mesure chez Delille, qui ont produit celte licence.