‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 405 sur 453 · SOM · texte numérisé non relu

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au soir, quand il s'açit d'un travail qui commence le malin el linil le soir; in;iis en piirlant d'unlioniine qui travaille pendant la nuit, «m dit fort bien, (7 truruille du soir au malin; ils i>nt jové, ils ont bu du soir au matin. Voyez Matin.

Soit. Conjonction alternative. On la redouble ordinairement : Soit l'un, soit Vautre. Quelquefois, au lieu du second suit, on met ou : soit réflexion ou instinct. Mais il doit y avoir une grande différence entre ces deux expressions.. 11 me semble qu'on répète snit, pour marquer une liaison plus forte entre les deux premièies propositions el la troisième. On dira donc, soit qu'il dorme, soit qu'il veille, il a toujours le visage enflaiiiwc. 11 y a ici liaison intime entre les deux premières propositions et la troisième; il y a simultanéité d'état dans les deux cas. Mais je dirai, soit qu'il ait de Vappétit ou qiiil n'en ait pas, il croit toujours qu'il est malade. Ici la liaison n'est pas i'nlime, il n'y a pas simulianéilé d'état ; c'est seulement une o|iinion qui résulte également d'une circonstance ou d'une autre.

Soixante. Adj. numéral des deux genres. Il se met avant son subst. : Soixante hommes, soixante chevaux, soixante maisons. On écr\[ soixante et un, soixante-deux, soixante et dix.

Soixantième. Adj. des deux genres. Nombre d'ordre. Il se met avant le subst. : Le soixantième jour, la soixantième année.

Soldat. Subst. m. On ne prononce point le t final. On le dit d'un homme et d'une femme : Jeanne d'Arc se fit soldat el sauva la France.

* SoLÉcisER. Faire exprés des solécismes. Mot inusité dont Diderot a fait un emploi lieureux dans le passa .re suivant : « S'il n'eût tenu qu'à saint Grégoire le Grand, nous serions dans le cas des mahouiélans, qui en sont réduits pour toute lecture à celle de leur Alcoran ; car quel eût été le sori des ancirns l'ci'irains, entre les mains d'un homme qui solécisait ^«7' joriHCîpe de relijion, qui s'imaginait qu'observer les réglas de la grammaire, c'était s ntniettre Jésus-Christ d Donat, et qui se crut obligé en conscience de comhler les ruines de Vaniiquité? »

SoLKCisMr.. Subst. m. Terme de grammaire. Le solécisme est, comme le barbarisme, une faute sjntrela langue. Mais il y a de la différence entre /a signification de ces deux mots; le barbarisme est une locution étrangère, au lieu que le solécisme est une faute contre la construction d'une langue , faute que les naturels du pays peuvent faire par ignorance ou par inadvertance, comme quand ils se trompent dans le genre des noms, ou qu'ils font (juelque autre faute contre la syntaxe de leur langue.

Le solécisme regarde le genre et le nombre des noms, comme quand on dit les emails, au lieu de dire les émaux; — les conjugaisons, comme si l'on disait il allait pour il alla; — la syntaxe, comme dans je n'ai point de l'urgent, au lieu de je n'aipoint d'argent.

Solennel, Solennelle. Adj. Il n'y a pas encore longtemps que l'on écrivait solemnel. Aujourd'hui on n'écrit plus que solennel, tjue l'on prononce solanel. Cet adj. peut se mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une fête solennelle, un jour solennel, une pompe solen nelle, cette solennelle pompe; une déclaration solennelle, cette solennelle déclaration. A'oyez Adjectif.

SOLENNELLE.MENT. Adv. On prononcc solanelemsnt. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le

participe : La paix a été froclamée solennellement, ou a été solennellement proclamée.

SoLKNNisER, SOLENNITÉ. Ou prononcc soluniser, solanité.

Solidaire. Adj. des deux genres. Il se dit des personnes et des choses, et ne se met qu'après son subst. : Cet homme est solidaire, ils sont solidaires. — Obligation solidaire , action solidaire.

Solidairement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Ils s>nt obligés soli dairement, ou ils sont solidairement obligés.

Solide. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'r.nalogie : Les corps solides. — Un bâtiment solide, un fondement solide. — Une wnirriture solide, des aliments solides. — Un hunnne solide ; des honneurs solides, de solides honneurs. Voyez Adjectif.

Solidement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe: // a établi soli'lement sa fortune, OU il a solidement établi sa fortune.

Solidité. Subst. f. Quoiqu'on dise un homme solide, on ne ilil pas la solidité d'un homme. On dit la solidité de son esprit, de son caractère.

.^OLiLOQCE. Subst. m. Il signifie la même chose que monologue, avec cette différence qu'il ne se dit que des matières de piété, et que monologue se dit des pièces de théâtres: Les soliloijucs de saint Augustin. Il y a k/j Jeau monologue c?a/is cette tragédie.

Solitaire. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme solitaire, une femme solitaire. — Ces lieux solitaires, ces solitaires lieux, ces solitaires contrées.

Solitairement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : // a toujours vécu solitairement.

Solliciter. V. a. de la Ire conj. L'Académ dit, solliciter quelqu'un à faire quelque chost ou de faire quelque chose ; el elle n'indique point la différence de ces deux expressions. Il me semble que solliciter à indique une action qui a un but hors du sujet : On Va sollicité éi faire cette démarche; et que solliciter de indique une action qui doit se terminer au sujet : Je l'ai sollicité de venir me voir ; il m'a sollicité d'aller le voir. L'Académie dit, ils l'avaient sollicité d'entrer dans leur parti. Avec des substantifs , on emploie aussi à ou de; à pour marquer une chose qui est hors du sujet : Solliciter à la révolte, au mal, c'est-à-dire à se rérolter. à faire du mal ; et de, lorsque la chose est dans le même sujet : Solliciter quelqu'un de son déshonneur, c'est-à-dire de faire son déshonneur.

Solo. Subst. m. Ce substantif, emprunté de l'italien , ne prend point de s au pluriel : Deux solo.

SoLUBLE. Adj. des deux genres, qui ne se met qu'après son subst. Qui peut être résolu. Une question qui n'est pas soluble. — Des sels solubles dans l'eau. Ce problème n'est pas snluble.

SoLVABLE. Adj. des deux genres, qui ne se met qu'après son subst. : Un homme solvable, une caution solvable.

Sombre. Adj. des deux genres. On jwut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie: Une retraite sojnbre , une sombre retraite; forêts sombres, sombres forêts. — Les soînbres visages. Ce mot s'emploie au figuré dans le sens de morne, mélancolique , taciturne, rô veur, chagrin :

Gît8

l/t tomi>r« Politique, au cœur faux, à J'sil louche. (Volt., Henr., X, 70.)

Sommaire. Adj. des doux genres qui ne se met iju'aprôs Son subsl. : Traité sommaire, réponse sommaire, requête sommaire.

Sommairement. Adv. On peut le mellro cnlre l'auxiliaire et le participe ; Il a exposé sommairetiient le contenu de ce livre, ou il a sommairement cxjiosé, etc.

Sommeil. Subsl. m. On mouille le / final.

Sommité. Subsl. f. On prononce les deu.x m.

SoMNAMi:uLE. Subst. dcs deux genres. On jirononce le lueinier m ;le second se piononce comme udm.

SoMMFiiRE. Adj. des deux genres. On prononce le VI. Il ne se met (iu'a[)rès sou subsl. : Plante somnifère, potion somnifère.

SoMPTUAir.E. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Edil somptuaire, lois somptuaires.

SoMPTCELSEMENT. Adv. Il nc sc ffict guère qu'après le verbe : // a vécu somptueusem.ent.

Somptueux, Somptueuse. Adj. On jKîutle mettre avant son subsl., en consultant l'oreille et l'analogie : Ua édifice somptueux, un somptueux édifice.

Son. Adj. possessif qui a rapport à la troisième personne. Il lait*« au féminin, et ses au pluriel pour les deux genres. Il se met toujours avant le subst., et exclut l'article.

Quoique son soit destiné à modifier un substantif masculin, on l'emploie devant un substantif féiuinin, lorsque ce substantif commence par une voyelle ou un h non aspiré. Ainsi l'on dit, son cnnitié, son habitude, et non pas sa amitié, sa habitude.

Cet adjectif possessif se dit des personnes et des choses personnifiées; mais aussi il se dit quelquefois des choses, et à cet égard son emploi est sujet à des difficultés. Nous les avons expliquées au mot Adjectif, en parlant des adjectifs possessifs. Voyez ce mut.

Les adjectifs son, sa, ses, doivent se répéter devant chaque substantif et devant chaque adeclif, à moins que les adjectifs n'aient à peu prés le même sens. On dit son père et sa mère, ses frères et ses sœurs, et non ses père et mère, ses frères et sœurs. On d\\. j'ai vu ses grandes et ses petites maisons; mais on dit j'ai vu sa belle et brillante parure, et parce que belle et brillante signifient ici des choses de môme ordre, et parce que ces adjectifs sont appli(;ués au même substantif. On dira, parla même raison, je »aw parler de grandes et mémorables actions.Yoyez Moi, Mon, Pronom.

Sonder. V. a. de la l^e conj. Les poètes l'emploient souvent au figure :

Peu de son cœur profond ont lond^ les replis.

(Volt., Henr., II, 47.)

Il faut d'un ccil sévère Sonder la profondeur de ce triste mystère.

f\'0LT., OEd., act. I, se. m, 98.)

Ma main téméraire Dn prodige effrayant rcut tondcr le mystère. (I)eliL;, Bnéid., Ill,

Vous <|ui de la philosophie &t«i fonde les profoniieiirs.

(Volt., Épttre LXVI, 3.)

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