Â. P., II
Voilà pour la forme naturelle du sonnet.
Il y a outre cela la forme artificielle, qui consiste dans l'arrangement et la qualité des rimes, ce que le même Despréaux a exprimé ainsi qu'il suit (A. P. 11,85) : Apoîlon
Voulut qu'en deux quatrains, de mesure pareille, La rime avec deux sons frapp.il huit fois l'oreille^ Et qu'ensuite sii vers, arlislement rangés. Fussent en deui tercets par le sens partagés.
Le tercet commence par deux rimes semblablei, cl l'arrangement des quatre derniers vers est arbitraire.
Voici un sonnet de Despréaux, qui pourra donner une idée de ce genre de {loésie :
Nourri dès le berceau près de la jeune Oraiite Et non moins par le cœur que par la sang lié, A ses jeux innocents enfant associé, Je goûtais les douceurs d'une amitié ch^.nnante
Quand an faux Esculape, à cervelle ignorante, A la lin d'un long mal vainement piiUié, Rompant de ses beaux jours le fil trop délié. Pour jamais me ravit mon aimable parente.
Oh' qu'un si rude coup nie fit verser de pleur» Bienldt, ma plume en main, signalant mes douléon, Je demandai raison d'un acte si perfide.
Oui, j'en fis dès quinze ans ma plainte à l'uiii<rtn; El l'ardeur de venger ce premier homicide Fut le premier démon qui m'inspira des re».