SY.M
application particulière pour ne pas s'y tromper, et ne pas faire un solécisme de quantité. En général, il faut consulter l'oreille, qui doi' être le principal juge du nombre des syllabes, cl pour lors la prononciation la plus douce et la plus naturelle doit être préférée.
Corneille a dit dans les Horaces (act. I, se. I, 25.) :
Je suis Romaine, hélas! puisqu'Horace est Romain.
Il y avait dans les premières éditions :
Je suis Romaine, hélas! puisque mon époux l'est.
Pourquoi, dit Voltaire à celle occasion, peut-on finir un vers par je le suis, et que mon époux l'ctt esl prosaïque, faible et dur ? c'est que ces trois syllabes, je le suis, semblent ne composer qu'un seul mol; c'est (|ue l'oreille n'est point blessée. Mais ce mot l'est, détaché et finissant la phrase, détruit toute harmonie. C'est celte attention qui rend la lecture des vers ou agréable ou rebu;anle. On doit même avoir celle attention en prose. Un ouvrage dont les phrases finiraient par des syllabes sèches el dures, ne pourrait être lu, quelque bon qu'il fût d'ailleurs. [Remarques sur Corneille.) Voyez J/o/, Monosyllabe.
Syllepse. Subst. f. Terme de grammaire. La syllepse est un irope au moyen duquel le même mot est pris en deux sens différents dans la même phrase. Ainsi, dans ces vers de Racine [Andromaque, act. I, sc. iv, 60.) :
Je souffre tous les maux que j'ai faits devant Troie, Vaincu, chargé de fers, de regrets consumé, BrûU de plus de feux que je n'en allumai.
Brûlé est au propre, par rapport aux feux que Pyrrhus alluma dans la ville de Troie; et il est au figuré par rapport à la passion violente que Pyrrhus dit qu'il ressent pour Andromaque. Celle figure joue trop sur des mots pour ne pas demander bien de la circonspection. Il faut éviter des jeux de mots trop affectés et lires de loin. (Duinarsais. Des tropes.)
Symbole. Subst. m. En terme de grammaire, le symbole est une espèce de irope par lequel on substitue au nom d'une chose le nom d'un signe que l'usage a choisi pour la désigner. Ces sortes de tropes ne font point image, el cependant ils ont queltiuefois de la grâce. Despréaux a dit [Epitre I, 100) :
La Seine a des Bourbons, le Tibre a des Césars.
Et il a préféré avec raison ce tour à celui-ci :
La France a des Bourbons, et Rom« a des Cèltn,
En vain au lion belgique Il Toit l'aigle germanique Uni sous les léopard$.
(BoiL., Ode sur la priée de Namur, 58.)
Par le lion, l'aifle el les léopards. Despréaux designe trois nations, les Hollandais, les Allemands el les Anglais. Si ces tropes ne conlribuenl pas à la liaison des idées, ils n'y sont pas contraires. Ils ont le petit avantage de prendre le mol dans le sens détourné; c'est pour cetlc raison qu'ils nous plaisent, et que les poêles el les orateurs leur donnent la préférence. H faut convenir que c» figures tiennent le dernier rang.
Les anciens faisaient un grand usage de ce»