SYN
sa manière par une idée accessoire qui lui ccnstituc un caractère propre et singulier. La ressemblance que produit l'idée générale fait donc les mots synonymes; cl la différence qui vient •de l'idée particulière qui accumpagne la générale, l'ait qu'ils ne le sont pas parîaitement, et qu'on les distingue comme les diverses nuances d'une même couleur.
D'Alembcrt a fait sur les synonymes une observation utile qui nous paraît propre à donner une juste idée de ce qu'on doit entendre par ce mol, et de la manière dont on doit considérer les synonymes dans l'usage qu'on en fait. « L'expérience, dit-il, nous a appris qu'il n'y a pas dans notre langue deux mots qui soient parfaitement synonymes, c'est-à-dire (jui, en toute occasion, puissent être substitués indifféremment l'un à l'autre. Je dis en toute occasion, car ce serait une imagination fausse et puérile (jne de prétendre qu'il n'y a aucune circonstance où deux mots puissent être employés sans choix l'un à la place de l'autre; l'expérience prouverait le contraire, ainsi que la lecture de nos meilleurs ouvrages. Deux mots exactement et absnjumeni synonymes seraient sans doute un défaut dans une langue morte, parce qu'on ne doit point multiplier sans nécessité les mots, non plus que les êtres, et que la première qualité d'une langue est de rendre clairement toutes les idées avec le moins de mots qu'il est possible; mais ce ne serait pas un moindre inconvénient que de ne pouvoir jamais employer un mot à la place d'un autre. Non-seulement l'harmonie et l'agrément du discours en souffriraient, par l'obligation oii l'on serait de répéter souvent les mêmes termes, mais encore une telle langue serait nécessairement pauvre et sans aucune finesse. Car, qu'est-ce qui constitue un ou plusieurs mots synonymes? C'est un sens général qui est commun à ces mots. Qu'est-ce qui fait ensuite que tous ces mots ne sont pas toujours synonymes? Ce sont des nuances souvent délicates et quelquefois presque imperceptibles qui modifient ce sens primitif et général. Donc, toutes les fois que, par la nature du sujet qu'un traite, on n'a point à exprimer ces nuances, 01 ([u'on n'a besoin ipiedu sens général, chacun des synonymes jieul être indifléremment em-. ployé. Donc, réciproquement, toutes les foij (ju'on ne pourra jamais employer deux mots l'm pour l'autre dans une langue, il s'ensuivra que le sens de ces deux mots diffcrora, non par des nuances fines, mais par des différences très-marquées et très-grossières : ainsi les mots de la langue n'exprimeront plus ces nuances, et dès lors la langue sera pauvre et sans finesse. «
Synonymie. Subst. f. Ce mot a deux significations différentes. Par l'une, on entend l'idée générale qui fait que plusieurs mots sont synonymes, c'esl-à-dire (ju'ils ont une signification semblable , quoitiue , considérés sous certains rapports particuliers, ils aient entre eux des différences sensibles. La synonymie des mois fleuve et rivière consiste dans l'idée d'eau courante qui leur est commune.
Synonymie, en termes de rhétorique, est une figure par laquelle on emploie jibisieurs motssynonymes, ou différents termes qui ont la même signification, dans le dessein d'amplifier ou d'enfler le discours. Voyez Amplification.
Syntaxe. Subst. f. Il ne faut pas confondre construction avec syntaxe. Construction ne présente que l'idée de combinaison et d'arrangement Dans ces phrases :
Oc9 cheralicrs franfaii tel est le caractère
(Volt., Zaïre, acl. II, se. m, 20.)
et tel est le caractère des chevaliers français, il' y a Jeu.ic cnnstruclions, puisqu'il y a ilcux différents arrangements de mots ; c<?|)eiidanl il n'y a qu'une syntaxe ; ear, dans chacune de ces constructions, il y a les mêmes signes de rapport que ces mots ont entre eux. Ainsi, ces rap|)orts sont les mêmes dans cijacune de ces phrases. Chaque mol de l'une indique également le même conélatif qui est indiqué dans chaiiue mat de l'autre, en sorte qu'après qu'on a arhevé de lire ou d'cnleudre une de ces deux jihrasos, l'esprit voit également que des chevaliers est le délcrminatif de caractère ; que français est l'adjectif de chevaliers. Ainsi, chacun de ces deux arrangements excite dans l'esprit le même sens, tel est le caractère des chevaliers français. Or, ce qui fait en chaque langue que les mots excitent le sens que l'on veut faire naitre dans l'esprit de ceux qui savent la langue, c'est ce qu'on appelle syntaxe. La syntaxe est donc la partie de la grammaire qui donne la connaissance des signes établis dans une langue pour exciter un sens dans
l'esprit. Les signes, quand on en sait la destina lion, font connaître les rapports successifs que les mots ont entre eux ; c'est pourquoi, lorsqur celui qui parle ou qui écrit s'écarte de cet ordrr par des transpositions que l'usage autorise, l'esprit de celui qui écoule ou qui lit rétablit cependant tout dans l'ordre, en vertu dr>s signes dont nous parlons, et dont il connaît la destination par usage. Les règles de la syntaxe sont détaillées dans les articles de notre ouvrage où nous avons parlé des signes, des rapports que les mots ont entre eux. Tels sont les articles Nom, Adjectif, f^erbe. Adverbe, Préposition, et autres articles généraux; tels sont encore les articles particuliers où nous avons indiqué les divers régimes ou compléments des verbes, de quelques adjecliis et de quelques adverbes.
Système. Subsi. m. Terme de belles-lettres. En poésie, ce mot se dit d'une hypothèse que le poëte choisit, et dont il ne doit jamais s'éloigner. Par exemjile, s'il fait son plan selon la mythologie, il doit suivre le système fabuleux, s'y renfermer dans tout le coui"s de son ouvrage, sans y mêler aucune idée de christianisme. Si, au contraire, il traite un sujet chrétien, il doit en écarter toute hypothèse de paganisme.
T. Subst. m. C'est la vingtième lettre de l'alphabet, et la seizième consonne. On prononce te. Le son propre du t est comme dans table, ténèbres, tinette, tonique, tulipe. — Le son accidentel est ce, comme dans abbatial, patient, captieux.
Au commencement des mots, celte lettre conserve toujours le son (jui lui est propre, même lorsqu'elle est suivie d'une autre voyelle, comme dans tiare, tiédeur, le tiers, le tien.
Au milieu d'un mot, le t tantôt conserve sa prononciation propre, et tantôt prend sa prononciation accidentelle. A'oici quelques régies qui pourront servir à distinguer ces deux cas.
Ti se prononce avec l'articulation propre lorsqu'il n'est pas suivi d'une voyelle dans le mémo mot ; mais, lorsqu'il est suivi d'une voyelle, il prend tantôt l'articulation propre, tantôt l'articulation accidentelle.
Il conserve sa prononciation propre devant une voyelle :
l" Dans tous les mots où il est précédé d'un s ou d'un X : bastion, bestial, mixtion, etc.
2° Dans tous les noms terminés en Hé ou en lier, comme amitié, moitié, pitié, entier, chantier, layetier, etc. Les mois qui se terminent en eier s'écrivent par un c ou i)ar un s : foncier, ooursier.
3° Dans les mots terminés en tic, comme partie, amnistie, dynastie, garantie, linstie, modestie, repartie, sacristie, clc, à l'cxceplion de oeux dont nous parlerons ci-ajirès.
4° Dans les mots terminés en tie?i et tienne, tels (\ue soutien, maintien, antienne, tienne, abstienne, etc., à l'exception de quelques mots vlont nous parlerons ci-après, qui se prononcent firn, cicnne.
5° Enfin, dans le verbe châtier et toutes ses parties, et dans les autres parties des verbes ter-
minés en lions : 7ious partions, nous mettions, nous consentions.
Mais ii devant une voyelle se prononce oomme ci, dans le milieu des mots :
1" Dans le mot patient et ses dérivés; dans tous les mots terminés en tial, tiel. tion, et dans tous ceux qui en dérivent : partial, essentiel, perfection, ration, rationnel. Il faut en excepter les mots terminés en stion, dans lesiiuels le t conserve le son pro[>re : question, indigestion.
2° Dans tes noms propres terminés en tien, comme Gratien, Dioclétien ; et dans ceux ijui désignent de quel pays on est, comme Vénitien, yénitienne. Dans tous les autres mots terminés en tien., ti conserve l'articulation propie.
3" Dans quelques mots terminés en it.-?, tels que ineptie, inertie, minutie, prophétie ; el dans ceux (jui sont terminés en atie, comme primatie, démocratie, aristocratie, etc.
4" Dans les mots satiété, insatiable, el dans ces deux verbes, initier, balbutier. — Tous les autres verbes qui se terminent en cier s'écrivent par un c, comme apprécier, négocier.
Le t final ne sonne pas dans un grand nombre de mots, tels que contrat, respect, caquet, mousquet, acabit, trot, cachet, alphabet, mot, et conjonction, ni dans Jésus-Christ. — Le < de vingt ne sonne pas à la fin d'une phrase, nous étions rnngt ; ni quand il est suivi d'une consonne, vingt suidais; de même que dans la série de quatre-vingt à cent : mais il sonne dans toute la série de vingt à trente, el quand il est suivi d'une voyelle, vingt-quatre, vingt abricots.
Dans sept le t ne sonne pas devant une consonne , ni devant un h aspiré, sept chemises, sept hoiippelatides ; mais il sonne (juand il esl seul, ils étaient sept ; ou qu'il est suivi d'une voyelle ou d'un h non aspiré, sept écvs, sept hommes ; ou encore lors(}u'il est pris substantivement, le sept de cœur. — Huit suit les mêmes