‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 44 sur 453 · AUT · texte numérisé non relu

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que moi ne vous parlerait pas avec tant de franchise, c'est-à-dire, une autre personne que moi ne vous parlerait pas, etc.

Autre se dit des personnes cl des choses : Uti autre frère. Une autre maison.

On demande s'il faut écrire en voici bien d'un autre, ou en voici bien d'une autre. Les uns écrivent de la première manière, les autres de la seconde. Je pense qu'il faut écrire A'vne autre, parce que l'analyse de cette phrase familière revient à, voici Lien une autre clwse, une autre aventure.

Bon, dit Climène, en Toici bien d'une autre ; 3Ia chère sœur, quelle idée est la vùlre?

(Volt., les Filles de Minée, 198. J

L'Académie, dans son édition de 1S35, admet les deux locutions.

On dit l'une et l'autre, les uns et les autres, pour maniuer une distinction entre plusieurs choses : L'un et l'autre hoimne, l'une et l'autre main} je les ai vaincus l'un et l'autre, je les ai vaincus les uns et les autres.

Lorsque l'un esl précédé d'une préposition, la même préposition doit être répétée avant Vautre: Je leur ai domié dix francs à l'un et à l'autre, je suis content de l'un et àc l'autre, je serai juste envers les uns et envers les autres. Cette répétition de la préposition, qui rend la distinction plus marquée, est conforme à la i.aluredc la phrase, dont la distinction fait le prineipal caractère.

On a disputé pour savoir si, après l'un et Vautre, il faut mettre le verbe au singulier ou au pluriel. Les uns disaient l'uti et Vautre vous a obligé; les autres, l'un et l'autre vous ont obligé. La dispute sera terminée, si l'on fait attention que la distinction est ici le véritable caractère de la phrase, que tout ce qui concourt à la marquer est dans l'ordre grammatical, et que ce qui tend à la détruire est contraire à cet ordre. Quand je dis Vitn et Vautre vous ont obligé, j'annonce par les premiers mots Vun et Vaut)v, que la distinction doit être établie dans toute la proposition, puisque j'énonce le double sujet avec cette distinction, cl par les moisvousont, je détruis cette distinction, e( je présente le double sujet comme étant simple. Il faut donc dire Vun et Vautre vous a obligé, et non pas votis ont obligé. Ni Vun ni l'autre ne vaut rien, et non pas ?ii Vun ni l'autre ne valent rien.

C'est par la même raison que les substantifs qui se rapportent à Vun et à Vautre se mettent toujours au singulier; Vuneet Vautre maison, et non pas Vunc et Vautre maisons. C'est comme s'il y avait Tî/we maison, et Vautre maison.

L'un et l'autre rival, s'arrêtantau passage. Se mesure des yeai, s'observe et s'envisage.

(BoiL., Lutr., V, 115.)

Cependant il faut dire ils s'attaquent l'un et Vautre, ils moururent Vun et l'autre, parce que le sujet de la proposition Us n'annonce pas la distinction, et que celte distinction n'est indiquée que lorsque la proposition est complète. Si l'on disait, par exemple, Us moururent Vun et Vautre dans des sentiments de piété, il y aurait ellipse; c'est comme si l'on disait ils moururent ; etl'un et Vautre mourut dans des sentiments de piété.

Corneille a dit dans Héraclius (act. IV, se. v, 70):

.Fou» autres, saivei-rooi

Fous autres, dit Voltaire, ne se dit pomt ".ans

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