‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 45 sur 453 · AIT · texte numérisé non relu

AIT

le slylc noble. {Jîc7narqucs sur Corneille.) Voyez Accord.

Adtrefois. Adv. On le met qucliiuefois au commeiicenicnl de la plirase : Autrefois on croyait aux sorciers. Après un nom niodilio par un ou plusieurs adjectifs, il se met entre le nom cl l'adjectif, ou les ailjectifs: Cette ville autrefois superbe, autre fis grande et i/uiff/iifique. Ouand il modilie un verbe, il se met toujours après: O/i dînait autrefois à deux heures, lia été autrefois très-riche.

Autrement. Adv. Quand ce mot marque comparaison, il est suivi de que avec la négative ne: Il parle autrement (ju'il ne pense, el non pas autrement qu'il pense.

AuTKDi. SuLsl. m. qui n'a point de pluriel. 11 sii-'iiilic, les autres hommes. C'est par erreur que les anciens grammairiens ont mis ce mol au nombre des pronoms, car il ne lient jamais la place d'un nom.

La sisHiificalion du mol homme est renfermée ^ians ce mot, et de plus, par accessoire, celle iVun autre. Ainsi quand on dil ne faire aucun tort à autrui, ne di'sircz pas le bien d'aulvwi, c'est comme si Ion disait ne faire aucun tort à \\n autre lionune, ou aux autres hommes, 71e désirez pas le bien t/'un aulre homme, ou des autres hommes. Or, s'il esl évident (jue la signilication du mol autrui est celk, d'homme, ce mol doit élre de mcnic nature el do mémo espèce que le mut homme lui-même; nonobstant l'idée accessoire rendue par un autre.

Autrui est ordinairement précédé d'une préposition : Juger lïautrui par soi-même, le bien û'autrui. ISe point faire tort à autrui, être logé chez autrui. On l'cnqiloic quehiuefois aussi en régime direct : Tromper autrui.

On a avancé dans la Grammaire des Grammaires, p. 405, qu'on ne [leut pas faire rapporter au mot autrui\cs adjeclifs possessifs son, sa, ses, leur, lews, ei. réuiine simple, c'est-à-dire quand les mot„ auxquels ils sont joints sont sans préposition, et (ju'en ce cas il faut faire usage du relatif e« et de l'article, el dire, par exemple, en épousant les intérêts d'autrui, tious ne devons vas en épouser lus passions; au lieu de nous ne devons pas épuuser ses passions. On ajoute qu'on peut faire rapporter ces adjectifs à autrui, en régime indirect, c'est-à-dire (piand les adjeclifs auxtiuelr ces pronoms s^mt joints sont précédés d'une préposition; el qu'ainsi l'on peut dire nous repre7ions les défauts d'autrui, sans faire attention à ses ou à leurs bonnes qualités. On apporte pour raison de la première règle, que le mot autrui présenianl quelque chose de vague el d'indéfini, ne doit [joint être mis en rapjporl avec les pronoms; on ne dil rien à l'appui de la seconde

J'observe d'abord que la première de ces règles esl absoUimenl contraire à la règle générale, qui dit qu'on doit emiiloyer les adjectifs possessifs lorscju'on parle de personnes ou de choses personnifiées. \ oyez Adjectifs possessifs. Or, le mot autrui signifiant les autres hoinmes, ne désigue-t-il pas réellement des personnes? On n? peut pas dire (\vi autrui a ses intérêts, ses ';■',..lités, ses vices, ses passions, parce que et irol ne s'emploie jamais comme sujet d'une [iroposition; mais dans toutes les phrases où il est construit selon l'usage, on peut y joindre les adjectifs possessifs : Si l'on embrasse Les intérêts d'autrui, pourquoi n'excuseraii-oti pas ses défauts? En second lieu, si, i-our appuyer celle règle.

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on voulait tirer qucl<iue raison solide de ce qu'il a plu aux L'rannnairieiis de mclfre ce subhlaniif au nombre dos pronoms iudclinis, on pourrait leur opposer le moi c/u(ci//i, tpi'ils ont placé dans la même classe, el <jni cependant s'accommode fort bien des adjectifs possessifs, ,1e pense tlonc que la prétendue indétermination ipi'il a plu aux grammairiens de prêter a ces nuiis n'cmiR-che pas qu'on ne puisse leur appliquer les adjeelifs possessifs, el que de même qu'on dit chacun a ses défauts, ses bonnes qualités, etc., on [)eul dire en épousant les intérêts d'autrui, on ne l'oit pas épouser ses passions ; ou on reprend suuvent les défauts d'autrui sans faire attention à ses bonnes qualités.

Je (conviens, du reste, (ju'on ne peut pas appliquer à ce mol les adjectifs possessifs leur ou leurs, parce qu'il ne peut être mis au pluriel, ce (pie supposeraient ces adjeclifs.

Du temps de Vaugeias, plusieurs personnes regardaient autrui comme un vieux moi, et y substituaient l'adjectif «»<.-(■. Ce ::i'anunairien s'éleva contre cet usage, .'^elon lui, ce serait mal s'exprimer que de dire il ne faut pus désirer le bien des autres, au lieu de il ne faut pus désirer le bien d'autrui, parce que autre a relation aux personnes dont il a déjà été parlé. Mais on parlerail bien en disant il ne faut pas ravir le bien des uns pour U donner au.K aulres; el mal si l'on disait il ne faut pas ravir le bien des uns pour le donner à aulrui ; par la raison ipie (juiuid il y a relation de pcrsomics, il faul dire autres; et que quand il n'y a point de relation, il faul dire aj/^rMi. D'ailleurs, ajoulo Vaugeias, autre s'applique aux [lersonnes el aux choses; mais autrui ne se dit (jue des personnes. L'Académie a confirmé cette remarque; elle dit, dans son Dictionnaire, il ne faut pas faire à autrui ce que nous ne voulons pas qui nous soit fait; Ci dans ses observations sur Vaugeias, elle [lense, comme lui, que autre serait une faute.

« Celle conclusionest beaucoup trop rigoureuse. L'autorité de nos meilleurs écrivains prouve que l'on peut très-bien dire les autres au lieu d'«Htrui. Certes, nous n'hésiterons pas à dire avec Massillon : Elle j'uçe des autres par elle-même. L'Académie, d'ailleurs, admet aujourd'hui celle locution: Use inéfœ toujours des autres. » {.\. I.cniaire. Grammaire des Grammaires, p. 406.)

AuxiLi.\ir,F.. Adj. des deux genres, qui s'emploie tiuebiuefois substanlivenient au masculin. On nomme verbes auxiliaires les verbes avoir et rtre, qui entrent dans les formes composées des temps. On peut dire en général que le verbe ^tr<? entre dans les formes composées qui exfirimenl lélat, et que le verbe avoir entre dans les formes composées qui ex|)rimenl l'aclior:. Je suis aimé exprime l'état du sujet ; j'ai aimé cxi>rime l'aclion.

Cotte règle souffre une exception; car, quoiqu'on dise j'a! aimé cette pei sonne, on ne dira pas/e m'ai aimé; \\ fant dire, je me suis aimé-

Il y a donc ici une distinction à faire. Ou l'aclic;- à pour objet le sujet même qui agit, cl alors il faul dire, avec le verbe être,ils'csi vu, il .«'est tué, il s'csl reconnu; ou l'objet est différent du sujet qui atril, et alors il faut dire, avec le verbe avoir, il Vv. ru, il Ta tué, il l'a reconnu. C'est ainsi qu'on doit toujours parler. On se sert encore du verbe être toutes les fois que le terme du verbe esl le sujet de la proposition. A msi, quoiqu'on dise j'ai fait des difficultés à cet écrivain, OU dit je me suis fait des difficultés.

AUX

A ces exceptions près, qui sont ollcs-niémes une règle sans exception, la régie que nous avons d'aboril tHal)lie doit être observée dans tous les cas; c'esi-a-dire que le participe doit se constniire avec le verbe ati^ir, toutes les fois qu'il exi)riii)e une action; cl a\ccle verbe é/rp, loiiles les fois qu'il exprime un èlal. On dit il a monté ce cheval, il a descendu les degrés, parce (jne monté &\- descendu expriment une action; cl on ne |)eul s'y iroinpei', puisi]ue celle acliun a un objet, ce cheval, ces degrés. Mais on dit il est monté, il est descendu, parce qu'alors on considère moins l'aclioii dcmonicr, que l'état où l'on est après avoir monté, .le dirai le régiment a passé sous mes fenêtres, parce t]ne je songe a l'action du réïiineiii (pii passait. Mais si (iiiel(]u"un me demande s'il vicnl à temps pour le voir, je répondiai il est passé. C'est que je ne pense plus qu'à l'élat.

En un mot, on ne peut pas choisir indifféremment entre les deux auxiliaires, quoique les participes puissent se construire égalemenl avec l'un et avec l'autre. ]1 faut toujours considérer si l'on veut exprimer un état, ou si l'on veut exprimer une action; et c'est d'après celle règle (pi'on doil choisir enlre il est accouru, il a accouru; il est disparu , il a disparu; il est apparu, il a apparu ; sa ficrrc est cessée, sa fècre a cessé ; il nous est échappé, il nous a échappé.

Tous les exemples confirment celle règle. On dit il est sorti, en parlant de quelqu'un (|ui n'est pas chez lui, et il a sorti, en i)arlanl de quoiqu'un (jui esl rcnlré. De même on dit il est demeuré à Paris, de (lueKiu'un qui y est encore, etzZ a de- 7neuré à Paris, de quelqu'un qui y a élé et qui n'y esl plus.

Toui ce que nous venons de dire est vrai des participes qui expriment également un élat et une iclion, cl nous n'avons parlé (]ue de ceux-là. ]\Iais quand le participe est de nature à n'exprimer qu'une aclion, il se construit toujours avec le verbe avoir. On dit il a langui, il a dormi.

Quelques grammairiens modernes reconnaissent deux aulres verbes auxiliaires, c'est aller et venir Le premier sert à former un futur prochain, je mis faire; le second à former un passé prochain, je viens de faire. (CondiUac.)

Conjugaison du verbe auxiliaire Avoir.

Infinitif.— Avoir.

Indicatif. — Présent. J'ai, tuas, il a ow elle a; nous avons, vous avez, ils ont ou elles ont. — Imparfiiit. J'avais, tu avais, il avait o!< elle avr.il; i;ous avions, vous aviez, ils avaient ou elles .ivaienl. — Passé simple. J'eus, lu eus, il eut ou 'lie eui; nous eûmes, vous eûtes, ils eurent ou rlles eurent. — Passé composé. J'ai eu, lu as eu, il a eu ou elle a eu ; nous avons ou, vous avez eu, ils ont eu ou elles ont eu. — Passé antérieur composé. J'eus eu, lu euseu, il eut eu ou elle eut eu ; nous eûmes eu, vous eûtes eu, ils eurent eu ou ellec eurent eu. — Plu sqvcpar fait. J'avais eu, tu avais eu, il avait eu or elle avait eu ; nous avions eu, vous aviez eu, ils avaient eu ou elles avaient eu. — Futur simple. J'aurai, lu auras, il aura 01/ elle aura ; nous aurons, vous aurez, ils auront ou elles auront. — Fuiur composé. J'aurai eu, tu auras eu, il aura eu ou clic .".ura eu; nous aurons eu, vous aurez eu, ils auront eu ou elles auront eu.

Conditionnel —Présent ou. futur. J'aurais, tu aurais, il aurait ou elle aurait; nous aurions, vous auriez, ils auraient ou elles auraient. —

AUX

Premier passé. J'aurais eu, tu aurais eu, il aurait eu 01/ elle aurait eu; nous aurions eu, vous auriez eu, ils auraient eu ou elles auraient eu. — Deuxième pasie. J'eusse eu, tu eusses eu, il eût 01/ elle eùi eu; nous eussions en, vous eussiez eu, ils eussent eu ou elles eussent eu.

Impératif. — Présent ou futur simple. Aye, qu'il ait; ayons, ayez, qu'ils aient r-j/ qu'elles aient. — Futur composé. Aye eu, qu'il ail eu ou «lu'elle ail eu; ayons eu, qu'ils aient eu ou qu'elles aient eu.

Subjonctif. — Présent ou futur. Que j'aie, que tu aies, qu'il ail ou qu'elle ail; que nous ayons, que vous ayez, qu'ils aient ou qu'elles aient. — Imparfait. (Juc j'eusse, que tu eusses, qu'il eût ou iprelloeût; que nous eussions, que vous eussiez, qu'ils eussent ou qu'elles eussent. — Passé ()ue j'aie eu, (lue lu aieseu, qu'il ait eu ou qu'elle ail eu ; que nous ayons eu, (]ue vous ayez eu, (ju'ils aient eu ou qu'elles aient eu. — Plusqueparfait. Que j'eusse eu, que tu eusses eu, qu'il eût eu ou (lu'ollc eût eu ; que nous eussions eu, que vous eussiez eu, (lu'il eussent eu ou qu'elles eussent eu.

Participe. — Présent. Ayant. — Passé. Eu.

Conjugaison du verbe auxiliaire Être.

Infinitif. — Être.

Indicatif. — Présent. Je suis, lu es, il est ou elle esl; nous sommes, vous êtes, ils sont ou elles sont. — Imparfait. J'étais, lu étais, il était ou elle était ; nous étions, vous étiez, ils étaient om elles étaient. — Passe simple. Je fus, lu fus, il fut ou elle fui; nous fûmes, vous Iules, ils furent o?r elles furent. — Passé cojuposé. J'ai élé, lu as élé, il a été OM elle a été; nous avons élé, vous avez élé, ils onl élé ou rl'cs ont élé. — Passé antérieur composé. J'eus élé, tu eus été, il eut élé ou elle eut été ; nous eûmes été, vous eûtes élé, ils eurent élé ou elles eurent élé. — Phi squepar fait. J'avais élé, lu avais élé, il avait été ou elle avait été; nous avions élé, vous aviez élé, ils avaient été ou elles avaient élé. — Futur simple. Je serai, iu seras, il sera ou elle sera ; nous serons, vous Ferez, ils seront ou elles seront. — Futur composé. J'aurai été, tu auras élé, il aura étéow elle aura élé; nous aurons été, vous aurez élé, ils auront clé ou elles auront élé.

Conditionnel. — Présent ou futur. Je serais, tu serais, il sérail ; nous serions, vous seriez, ils ovelles seraient. — Premier passé. J'aurais été, tu aurais élé, il aurait élé om elle aurait été; nous aurionc élé, vous auriez été, ils auraient élé ou elles auraient élé. — Deuxième passé. J'eusse été, lu eusses élé, il eût été ou elle eût élé ; nous eussions été, vous eussiez été, ils eussent été om elles eussent été.

Impératif. — Présent ou futur simple. Sois, qu'il soit OM qu'elle soit ; soyons, soyez, qu'ils soient ou qu'elles soient. — Futur composé. Aye été, qu'il ail élé ru qu'elle ail été; ayons été, ayez élé, qu'ils aient été ou qu'elles aient été.

Subjonctif. — Présent ou futur, (^ue je sois, que lu sois, qu'il soit ou qu'elle soit; que nous soyons, que vous soyez, qu'ils soient ou qu'elles soient. — Imparfait. Que je fusse , que tu fusses, qu'il fût ou (pi'elle fût ; que nous fussions, que vous fussiez, (pi'ils fusseni ou qu'elles fussent.—Passe, «lue j'aie été, que tu aies élé, qu'i; ait élé 01/ qu'elle ail été; (luc nous ayons élé, que vous ayez élé, ()u'ds aient été om qu'elles aient élé. — Plusqucparfait. Que j'eusse été, que tu eusses élé, qu'il eût élé ou qu'elle eût élé; que

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