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Ji«ui ! je me plains à vous de $ûn trop de Terlu. ."*'€*T.. Jfer.. aoU V, «c. iv, 12.)
En 1S35 , l'AcadOinie remarque que tmp est luel-nipfois subslaulif, et elle approuve loules ces loculions.
Trope. Subst. m. Terme de grammaire. Les U-oj)cs sont des figures par lesquelles on fait prendre à un mol une sigiiilicalion qui n'est pas précisément la siguilîcalion propre de ce mol. Ces figures sont appelées tmpes, d'un mot grec qui siiinilîc tourner, parce (juc, quand on prend un mol dans le sens ligure, on le tourne, pour ainsi dire, afin de lui faire signifier ce qu'il ne signifie point dans le sens propre, toiles, dans le sens jirupre, ne signifie point vaisseaux, les voiles ne sont qu'une partie du vaisseau. Cependant voiles se dit ipieliiuefois pour vaisseaux. Par exemple, lors(iue parlant d'une armée navale, je dis qu'elle était composée de cent voiles, c'est un trope. f^oiles est là pour vaisseaux. — Les tropes paraissent donner des figures au,x idées mêmes qui s'éloignent le plus des sens, et c'est peul-élrc là ce qui les fait appeler figures ou expressions fiqurées. On nomme par exemple âme, esprit, cette substance simple (jui seule sent, qui seule pense, et ces dénominations ne signifient originairement qu'un souffle , qu'un air subtil. Veut-on parler de ses qualités, on seinble lui îommuniiiuer celles du corps , on dit l'étendue, M profondeur, les bornes de l'esprit; les penchants, le s inclinations, le s mouvements de l'âme. La nature des troiies ou figures est de faire image, en donnant du corps ou du mouvement à toutes nos idées. On conçoit par là combien ils sont nécessaires, et combien il nous serait souvent impossible de nous exprimer, si nous n'y avions recours. Mais il faut se servir des tropes avec discernement pour donner à chaque pensée son vrai caractère.
Tout écrivain doit être peintre, autant du inoins que le sujet qu'il traite le permet. Or, nos pensées sont susceptibles de différents coloris. Séparées, chacune a une couleur qui lui est propre; rapprochées, elles se prêtent mutuellement des nuances, et l'art consiste à peindre ces reflets. Éludions donc les tropes, et voyons comment ils produisent différents coloris.
Une image doit contribuer à la liaison des idées, ou du moins elle ne doit jamais l'altérer. Son moindre avantage est de faire tomber sous les sens jusqu'aux idées les plus abstraites. — Les tropes, qui répandent une grande lumière, ne sauraient nuire à la liaison des idées; ils y contribuent au contraire. Il n'est peut-être pas aussi aisé de choisir parmi ces figures, lorsqu'on doit se borner a accompagner d'accessoires convenables une pensée qui est par elle-même dans un grand jour; c'est alors que le discernement est surtout nécessaire. — Les rhéteurs distinguent bien des espèces de tropes, mais il est inutile de les suivre dans tous ces détails. C'est uniquement à la liaison des idées à nous éclairer sur l'usage ([ue nous en devons faire ; et quand on sait ap-pliquer ce principe, il importe peu de savoir si l'on fait une métonymie, une métalepse, une litote, etc.
Pourquoi peut-on quelquefois substituer roiic a vaisseau, et pourquoi ne le peut-on pas toujours? On dira «ne flotte de vingt voiles sortit des ports, et prit sa route vers Port-Mahon ; et on ne dira |)as une (lutte de vingt voiles se battit contre vne flotte de vingt voiles. Dans ce dernier