VOL
I Voyez qu'un bon génie à propos nous l'enroi*.
I Ce tour a vieilli, dit Voltaire; c'est un malheur pour la langue ; il est vif, naturel, et mérite, je crois, d'être imité.
On dit ne voir goutte, et il s'est glissé à l'égard de cette locution un mot qui, quoique employé par beaucoup de personnes, n'en est pas moins inutile et déplacé; c'est le n\b\. y : Lorsque j'ai les yeux fermés, je n'y vois pas du tout. L'Amour est un petit dieu qui n'y voit goutte. On dirait que vous ji'y voyez pas clair. Mais pourquoi employer ici ce pronom y? il n'exprime point une relation avec ce qui précède ; c'est cependant là le seul cas où il soit nécessaire. S'il est permis de dire, ce dialogue est si obscur que les plus doctes n'y voient goutte, c'est parce qu'avec le mot dialogue dont on a parlé précédemtnent, on est obligé de délerminer cette intention par le pronom y; de sorte que c'est comme si l'on disait, ils ne voient, ils ne comprennent rien d ce dialogue; au lieu que dans les autres exemples on n'a rien à déterminer, coiiséciuemment le pronom y est absolument inutile. Si donc on veut parler correctement, on dira, lorsque j'ai les yeux fermés, je ne vois pas du tout. L'Amour est un petit dieu qui ne voit goutte, etc. (Domergue.) — « L'Académie, en 1835, donne pour exemples au mot goutte : Il fuit bien obscur ici, je n'y vois goutte. Cette affaire est fort embrouillée, je n'y entends goutte. Dans ces deux cas, y peut trèsbien s'expliquer comme adverbe relatif, en cet endroit, à cette chose, et par conséquent l'emploi en est motivé par les mots ici, affaire, qui précédent. Mais au mot voir, l'Académie donne ces locutions absolues : /Z n'y voit goutte; il n'y voit pas; et au mot clair : Avant de m'engager, je veux y voir clair. 11 résulte de ces exemples, qui nous semblent confirmés par l'usage, que dans ces locutions l'adverbe relatif y s'emploie d'une manière absolue et explétive avec le sens neutre des langues anciennes, et qu'il signifie à cela, à cette chose, en cette affaire. C'est encore la un de ces idiotismes que l'usage défend contre la gramtnaire. « (A. Lemaire, Grammaire des Grannnaires, p. 1289.)
Voisin, Voisi.>e. Adj. Il suit toujours son subst. : Les lieux voisins, la maison voisiiie — Il régit quelquefois la préposition de:
Fusses-tu par delà les colonnes d'Alcide, Je me croirais encor trop tioiiin d'un perfide.
(Rac, Phéd., act. IV, se. Il, 107.)
Voix, Subst. f. L'Académie a dit au figuré, la voix du sang; elle n'a pas dit, la voix de la guerre, la voix des bienfaits.
Et lorsque la trompette et la voix de la guerre Du Nil au Pont-Euxiu font retentir la terre.
(Volt., Zaïre, act. I, se. Il, 29.)
Malgré la voix du sang qui parle à ma douleur. Qui demande vengeance à mon àmc éperdue, La voix de tes bienfaits est encore entendue.
(Volt., Ah., act. V, se. v, 29.)
On dit, il n'y a qu'une voix sur lui, il n'y a pas deux voix sur son compte. Le Cid 7;'a eu qu'une voix pour lui, à sa naissance, qui est celle de l'admiration. (La Bruyère.) // n'y a jDOs deux voix diflércntes sur ce personnage. [Idem.)
VuLABLE. Adj. des deux genres, il suit toujours son subst. : Ce n'est pas un homme valable, dat effets volables.