AVA
l'on parlerait mal en disant il faut mettre un article avant ce subslanlif. On peut donc dire, suivant les différentes vues dr ICspril, l'adjectif se met avant le substantif, ou devant le substantif.
vivant que régit le subjonctif: Arant qu'il vienne.
Féraud observe avec raison qu'il ne faut pas mettre indiiféromment avant que avec le subjonctif, el ara«< t/e avec l'inlinitif. On doit niellrc avant de avec l'infinitif, quand cet infinitif se ra|)porte au sujet delà ijroposjliontye hiiaipai/é celle somme avant tic partir, c'esl-à-illre avant que je |)arlissc. Mais si je voulais parler du déiiarl de celui à qui j'ai payé la somme, il faudrait dire^'e lui ai payé celle somme avant qu'il partit, ou avuîit son départ, el non pas avant de partir.
Les grammairiens donnent comme une l'ègle positive que la proposition subordonnée a avant que ne prend point la négative 7ie: Je vis entrer un vieillard pâle et sec, que je reconnus pour un nouvelliste avant (ju'il se fijl assis. (Montesquieu, CXXXIIe Lettre persane.)
Avant que son destin s'explique p.ar ma voix.
(Rac, Âth., ici l, se. ii, 13.)
Cependant Delille a dit dans sa Iraduclior dRl'E7iéide{U,i)6i):
Je ne puis y toucher avant que des eaux pures Du sang dont je suis teint n'aient lavé les souillures
On lit dans Marmonlel : -4 peine chacun se contient dans l'attente du signal. Hâtez-vous de le donner votis-mémes, avant que vos trompettes ne vous échappent, et ne le donnent malgré vous. Dans Buffon : Celui-ci le suit à la chasse, et souvent lui enlève sa proie avant <lu'/7 ne l'ait entamée.
D'après ces exemples et plusieurs autres (pie l'on trouve dans les bons écrivains, des grammairiens modernes (yl/«HMe/ des amateurs de lu langue) ont j)cnsé qu'il faut faire us;ige de ne ai)yèi avant que, toutes les fois qu'il y a un doute sur la réalité de l'action exprimée par le verbe (jui suit avant que. (lette observation paraît juste, el mérite d'être adoptre.
Avajit de, avant que de. Les grammairiens el les écrivains sont très-parlagés sur ces deux expressions. Vaugclas et les écrivains du siècle de Louis XIY, d'Ôlivel, Duinarsais, etc., sont pour avant que de; Bcauzce veut que l'on dise avant de, el les écrivains de nos jours mellent tantôt l'un, tantôt l'autre.
Voici ce que dil Dumarsais pour appuyer son ojdnion. 11 faut diie avant que de partir, ou avant que vous partiez. Je sais poiirlant qu'il y a des auteurs ijui veulent supprimer le «/we dans ces phrases, el dire avant de se mettre à table; mais je crois ciuc c'est une faute conire le bon usage. Car ara/i/ étant une pré|)osilion, doit avoir un complénient ou régime immédiat. Or, une préposition ne saurait cire ce complément. Je crois (ju'on ne peut pas plus dire avant de, (]u'avaiit pour, avant par, avant sur. De ne se niel avant une piépDsilion (lue (juand il est partitif, parce qu'alors il y a ellipse ; au lieu (jue dans avant que, ce mot que, hoc qiwd, est le cumpléinent, ou, comme on dil, le régime de la préposition avant. Avant que de, c'esl-a-dire uvanl la chose tfe, etc
Avant que de répondre, examinez-vous bien,
(Jsrratf, act. II, se. IV, Î5.)