AY.V
tiit Qiiinaiilt ; et c'est ainsi qu'ont parlé tous les bons ailleurs de son temps, excepté en un trèspetit nombre d'occasions où une syllabe de i)lus s'opposait à la mesure du vers D'ailicurs, connue on d\[ pendant que, après que, depuis que, parce que, l'analogie demande (jud'on dise avant que.
D'Olivel observe que Racine et Desprcaux ont toujours dit avant que comme plus conlonne à l'élymologic, qui est Yuntequam des Latins, et qu'il n'y a ni cacophonie, ni répclition, ni tiuoi que ce "puisse être qui blesse l'oreille, dans une expression <iu'un long usage a établie, et à laquelle l'oreille est accouluince.
Beauzce croit qu'il est plus analogue et mieux de dire avant de partir, avant de se mettre à table. 11 se fonde sur ce (luo, qu;indon reganlerail avant comme une préposition, uvajit de partir ne serait encore qu'une phrase elliptique aisée à analyser, avant le moment de partir ; au lieu qu'il est impossible d'analyser d'une manière raisonnable et satisfaisanlc avant que de partir. D'Olivel prétend juslitier cette phrase par l'étymologie, qui, selon lui, est Yantequam du lalin. Mais 1» Vante du latin est uniquement une préposition, et woUa avant, (jui est (juclquefoisnom, l'est peut-être toujours; du moins l'un ne répondant pas juste à l'autre, on ne peut pas dire que l'un soit l'étymologie de l'autre. 2' Quand antcquain serait le juste correspondant de noire avant que, cela pourrait-il autoriser avant que de partir? Anieqtiam a-t-il jamais eu en lalin pour complément un inlinilifou un gérondif ? Et quand cela serait, prouvera-t-on jamais que nous devrons parler en français comme on parle en latin?
Quant à Dumarsais, il veut sauver la phrase par l'intcrprclalion. Que, dit-il, hoc quod, est le complément de la préposition avant; avant que de, c'est-à-dire avant la chose de. Mais, en bonne foi, hoc quod t,-\.-\ï jamais signilié la chose? d'sl la chose que ou qui; et ce que ou qui reste toujours à justifier prir une analyse satisfaisante.
L'usage, il est vrai, avait autorisé et consacré avant que de; mais quelques poêles s'étant permis, pour la mesure liu vers, de dire avant de, et quelques prosateurs ayantosé, à Icursrisques, les imiter, l'iisaçc s'est enfin partagé. Ainsi, conclut Beauzée, on peut du moins choisir aujourd'hui entre avant que de et avant de; et puis- 3UC l'analogie trouve mieux son compte dans la erniérc phrase, et (luc d'ailleurs on y gagne de la brièveté, il ne doit donc plus y avoir de partage, et avant c/edoit mériter une préférence exclusive.
Il est bien difficile de ne pas se renilre aux raisons de Beauzée. L'analyse qu'il donne d'amnt de est claire, et ne saurait être contestée ; o; il est certain ^\v^ avant de est bien jilus doux qu'ai-an/ que de, surtout lorsque ce dernier est suivi d'un troisième c muet. Pourquoi ne diraiton jias avant de partir, comme on dit prè.s- de partir ? Dans ces vers de Yollairc :
Mes yeux seront témoins de voire fier courage, El vous auront vu vaincre avant de se fermer.
(Tancr., act. I, se. i, 16t.)
Tu m'avais en horreur ouont de me connaître.
[Mahom., aclIII, se. viii, 50.)
Dans ces vers, dis-je, avavct giie de se, avant que de vie, seraient bien durs.
Voltaire a dit ailleurs {Oreste, act. V, se. vi):
' El j'ai pu le prier avant que de mourir!