‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 5 sur 453 · DISCOURS PRÉLIMINAIRE. TU · texte numérisé non relu

DISCOURS PRÉLIMINAIRE. TU

de coniraflîcteurs", soiu assez jjaranties par rautorité de leurs auteurs; nous avons rapporii' les objections que l'on a faites contre plusieurs autres, et nous avons ladié de concilier les opinions contraires, ou risqué de décider, en nous appuyant toujours sur des raisons (jue nous avons crues solides, et sur un nombre suffisant d'autorités que nous avons regardées comme prépondérantes.

Ainsi, l'on trouvera dans ce Dictionnaire les observations importantes applicables aux usages actuels de la langue, qui étaient auparavant dispersées dans un grand nombre d'ouvrages. Les anciennes remarques de Vaugelas, de Ménage, de Bonheurs, de Thomas Corneille, etc., qui peuvent encore s'appliquer à ces usages, se trouvent indiquées sommairement aux articles des mots qui y ont donné lieu; et toutes celles de Voltaire, de La Harpe, de Condillac, et des autres auteurs de nos jours, y sont rapportées fidèlement; on n'en a pas même exclu les critiques souvent hasardées de quelques grammairiens peu accrédités, tels que Féraud, Domergue, etc., lorsque ces critiques ont été mal à propos accueillies dans quelque ouvrage d'instruction publique, ou qu'elles ont donné lieu à quelque discussion importante; mais aussi on a recueilli avec éloge celles dont on a reconnu la justesse, et l'on s'est efforcé de rendre justice à tous.

Mais ce ne sont pas là toutes les difficuilés de la langue française, il en est un grand nombre qui s'élèvent chaque jour dans l'esprit de ceux qui consultent le Dictionnaire de l'Académie française. Comme il y a dans cet ouvrage plusieurs expressions hors d'usage, et qu'on n'y trouve pas un grand nombre d'acceptions autorisées par les écrivains les plus distingués, et particulièrement par les poètes, il nous a paru nécessaire de relever ces erreurs, de suppléer ces omissions, et de lever par ce moyen les difficultés auxquelles elles peuvent journellement donner lieu.

On voit, par les détails dans lesquels nous venons d'entrer, que notre ouvrage n'est pas un Dictionnaire de la langue française^ mais un Dictionnaire des difficultés de la langue française: c'est-à-dire, des règles de la langue française, des applications de ces règles, d'un grand nombre de remarques et d'observations particulières qui n'ont pu être réduites en règles, et enfin des fautes de quelques ouvrages qui peuvent induire en erreur, parce qu'ils sont entre les mains de tout le monde, et qu'on a l'habitude de les consulter.

Il ne faut point chercher dans notre Dictionnaire la signification des mots, ni les différentes acceptions dans lesquelles on peut les prendre. Si on les donne quelquefois, ce n'est que par occasion, ou pour préciser l'objet de la question, ou pour éclaircir quelque règle, ou pour relever quelque erreur, ou enfin pour constater quelque omission.

Nous aurions intitulé notre ouvrage Dictionnaire grammatical, si nous nous étions borné à y Tanger par ordre alphabétique toutes les règles de la grammaire française; nous l'avons intitulé Dictionnaire des difficultés de la langue française, parce qu'à ces règles, destinées elles-mêmes à éclaircir des difficultés, nous avons joint des questions qui, ne pouvant être immédiatement décidées par des règles, offrent d'autres difficultés d'autant plus embarrassantes qu'elles ne peuvent être éclaircies que par la discussion, ou tranchées que par des autorités imposantes et généralement reconnues.

On ne trouve nulle part des règles qui enseignent quels sont les adjectifs qui peuvent ou non précéder leurs substantifs; nous indiquons à chaque adjectif s'il doit être mis avant ou après. Les exemples dont nous faisons suivre chaque décision, et les règles que nous avons exposées à l'article ^i/ecti/, et auxquelles nous renvoyons ordinairement, aplanissent beaucoup de difficuilés, et jettent quelque lumière sur cette matière abandonnée jusqu'à présent à l'incertitude de l'usage. Il en est à peu près de même des cas où l'on peut placer les adverbes entre l'auxiliaire et le participe : nous avons eu soin de les indiquer à chaque adverbe. Si nous avons fait quelque faux pas dans cette route si incertaine, nous espérons du moins qu'on nous saura gré d'y avoir porté quelques lueurs, et d'avoir fourni aux écrivains plus instruits qui viendront après nous, l'occasion de compléter un recueil d'observations si nécessaires pour l'exactitude du langage.

Parles mots difficultés littéraires, que nous avons insérés dans le titre de notre ouvrage, nous entendons seulement les difficultés littéraires relatives au langage. Le caractère de chaque genre de littérature ayant un rapport essentiel avec un caractère particulier de style, nous aurions cru laisser une lacune dans notre ouvrage en n'y donnant pas des notions au moins générales sur chacun de ces genres; mais on ne doit pas s'attendre à y trouver toutes les règles de l'éloquence, de l'histoire et de chaque genre de poëme. Il nous a paru suffisant, pour notre plan, de marquer les rapports de chaque genre avec l'art d'exprimer ses pensées.

J. Ch. laveaux.

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