‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 6 sur 453 · POUR VÉRIFIER LES CITATIONS RENFERMÉES DANS CET OUVRAGE · texte numérisé non relu

POUR VÉRIFIER LES CITATIONS RENFERMÉES DANS CET OUVRAGE

BossDET. — Discours sur V Histoire Universelle. Paris, r.harpenlier, 48il, 1 vol. in -12. — Oraisons Funèbres. Paris, Wcrdet et Lequien fils, J827. 1 vol. in-S".

BUFFO.t. — Œuvres complètes , mises en ordre par M. le comle de Lacépéde. Paris, Evinery, 1825, 25 vol. in-8o.

Corneille (P.). — Le Théâtre. Paris, Gandouin, 1747,6 vol. in-12 2.

Fé.nelon. — Les Aventures de Télémaque. Paris, Duforl, an VII, 2 vol, in-12.

Fléciiiei!. — Oraisons Funèbres. Paris, Werdet et Lcquien fils, 1S28. t vol. in-8''.

GinADLT-DDViviEK. — Grammaire des Grammaires, oiizijinc édition entièrement revue et forrigée par Auguste Lcmaire, professeur de rhétorique au collège Bourbon. Paris, Colelle, 1844, 2 vol. in-S".

I.\ Bruïère. — Dans Les Moralistes Français. Paris, Firmin Didot frères et Lefévre, 1836, 1 vol. grand in-8°.

I Nous ne faisons Cgur-îr dans ceUe table ni la plupart des poètes, ni les prosateurs dont les ouvrages sont divisée en courts cbapitres, car on peut facilement térifîer dans tontes •s éditions les citations qui en sont tirées.

ï Lorsque le passage cité est sûiïi immédiatement d'une «biervation de Voltaire, on s'est serri de l'indicatioo doncêe

La Harpe. — Lycée ou Cours de Littérature andemie et moderne. Paris, I.efèvre, 1816, 15 vol. in-8».

La Rochefoucauld. — Voyez La Bruyère.

Massillon. — GXuvres. Paris, Lefévre, 1S3.3. 2 vol. grand inS°.

Pascal. — Les Pensées. Paris, Aimé André, 1839, 1 vol. in-S" 3. — Des Pensées de Pascal par M.V. Cousin. Paris, Ladrange,1843, 1 v. in-S".

Racine. — Gîuvres arec des Coimnentaires, par M. Luneau de Boisjennain. Paris, Pougin, d796. an IV, 7 vol. in-8°*.

Rousseau (J.-B ). — Gïuvfes choisies. Odes, Cantates, Epîlres et Poésies diverses. Paris, Janet et Cotelle, 1823, 1 vol. in-S".

Rousseau (J.-J.). — Gîuvres. Paris, Didol aine, an XI, 180J , 20 vol. i>>8".

Voltaire. — Œuvres complètes. Imprimerie de la Société littéraire typographique dTSo, 1)2 vol. in-d2.

par cet écrivain, et qui renvoie à l'édition qu'il avait publiée des œuvres de Corneille.

8 Les passages extraits de cette édition sont suivis de l'indication des chapitres. Ceux qui sont tirés de l'ouvrage de M. Cousin ne sont suivis que de l'indication de la pa^c.

4 II faut remarq'iei' que dans cette édition, Efther ai divisée en 5 actes.

DICTIONNAÏKE

UAISONNÉ

A. Subsl. m. Première lellrc de l'alpluibet, la première des voyelles. A ne prend pas de s au pluriel. Tachons d'eu découvrir la raison.

Les noms sont mis au jduriel quand ils expriment plusieurs individus distincts qui l'ont partie d'une cerlaine classe. Deua; hommes se dit do deux individus distincts de hi classe indiquée par le nom appellalif homme; mais lorsqu'un nom n'indique pas une classe, et qu'il est seulement le signe individuel d'un objet unique, il ne peut otre appliqué à .ilusieurs objets, ni par consé- 'luent prendre le signe du pluriel; c'est véritablement un nom propre. Le mot a signifie un son particulier de la voix humaine; il ne peut donc élre appliqué qu'à ce son, et par conscquent il repousse tout signe qui indique un pluriel.

A la vérité, a considéré comme caractère ou comme son, peut avoir plusieurs formes, plusieurs accessoires relatifs a sa ligure ou à sa prononciation ; mais il n'en est pas moins le signe d'un objet individuel; et, quoiqu'il puisse être accompagné de certains mois qui indiiiuent le pluriel, celte idée de pluralité tombe ou sur la répétition du signe, ou sur la difrérence de ses formes écrites ou i)rononcées, mais non sur la signilicalion réelle du mot, qui ne peut être appliquée qu'au son de voix qu'U indique. (Juand on dit deux a, trois a, c'est comme si l'on disait le caraclére a répété deux fois, trois fois. On fait de petits a, de grands a ; il y a des a longs et des a brefs, c'est-à-dire, (ju'on donne au signe « des formes plus ou moins grandes, et au son (|u'il représenle une prononciation longue ou brève; nais, dans toutes ces phrases, il n'est point ques- (ion de plusieurs sons de la voix humaine : c'est toujours le même signe ex|)rimant un son individuel, et voilà pourquoi il ne prend pas la marque caractéristique du pluriel. Au contraire, quand on dit devx homines, trois hommes, le nom homme prend la forme du pluriel, parce qu'il indique deux, trois individus distincts faisant partie de la classe qu'il e.xprimo. Deux a, c'est deux

fois le mémesigno; deux hommes, c'e>l un homme et un autre homme. C'est parcelle raison qu'aucune lettre de l'alphabet ne prend le signe du pluriel.

11 en est de mémo dos noms des chiffres, ipii sont chacun un signe déterminé de lel ou tel nombre : on écrit sans s, deux vn, trois quatre, cinq neuf, six zéro, etc. ; des signes (pie l'on emploie dans la musique pour signifier chaipie U>\\ : deux ut, trois ré , quatre si, elc. ; des mulsi|ui n'expriment ([u'un rapport particulier on une vue particulière de l'esiM'it : des si, des quand, des mais, des pourquoi, des comment. Il rj a trois que dans cette phrase; ces deux qui font un mauvais effet. Il ne s'agit dans toutes ces plira^es •pie de la ié|)élilion des inémes signes, et non de plusieurs individus distincts. \'oye/. Nombre.

A ne Si- prononce point dans Saonc, aoriste, taon, août, antUeron: oii prononce comme si l'on écrivait Sône, oriste, ton, oui, oûleron ; mais a se fait entendre dans uoûter.

Dans celte façon de iiarlcr, il y a, a est verbe. C'est une de ces exiiressions figurées ijui se sont introduites par imitation, jiar abus ou [lar calachrése. On a dit au propre, Pierre a de /'argent, il a de l'esprit ; et |)ar iniitalion on a dit, *'/ y a de l'ai'gent dans la bourse, il y a de l'esprit dans ces vers. Il est alors un ternie abstrait cl gén»'rai, comme ce, on. Ce sont des termes méla|)li)siijues formés à l'imilalion des mots (jui marquent des olijets réels. L'y vient de l'iiides Latins, ci a la même signification II. y, c'est-.i-dire là, ici dans le pomT dont il s'agit. Il y a des hommes qui, elc. //, c'est-à-dire", Iclre mélaphysi(iùc, l'être imagine ou d'imitation, a, dans le poiiii dont il s'agit, des hommes qui, etc. C'est ausîi jiar imitation qu'on dit, la raison a des bornes, notre langue n'a point de cas, la logique a quatre partiti, etc. (Uuinarsais.)

J est la troisième pei-somie du sinculier «In présent de l'indicatif du verbe arair. C est s;ins doute un défaut, dit Yullaire, qu'un verbe ne soit qu'une seule Icllic, et qu'on exprime il a rai-

son, il a de l'esprit, comme on exprime il est à Paris, il cv/ (i L<;iin. Il a ru ('li(i<|ii(>r.'iil lioiiiblciiicni ruivillc si l'on n'y clail |);is ihcouUiiik^. Plnsiciir.-. onivjiius scscrvonl île cctlc [iliriisc, la diff !■ ic lire qu'il y a, la distance qu'il y a entre 0KX,- osi-ii rien lie |iliis hiiiuMiissMiit à l;i l'ois el de plus riiile? n'esiil |»;is iiisé tl éviter celle inipf^rfeclioii du l.uKvigi! en ilisaiu siin|iloiiienl, la distance, la di//'i reiice entre eux 9 A ipioi i)on ce qu'il Cl ci'l 1/(1 i|ui rcMiJiMil le discours si'C el dirfii>. i:[ i|ni rrunissciil iiiiisi les |ilus çrands défiiuls? .Ne r;iul-il pus surtout éviter le concours de deux a? il ai à J'uris, il a /Antoine en aversion. Triiis et ipi;ilre a de suite sont insupportables ; il va à /■iniieiis,el de là à Arques. I.;i poésie française [iroscril ce licuilcmenl de voyelles :

Gardei qu'une »oycllc, à courir lro|i liilce, Ne soil d'uuc voyullti en son chemin licurlée. (BoiL., A. /'., I, 107.) [Iticl. philoêophique.)

Voltaire a voulu substituer la lellre a à la lettre 0 dans françois, française et dans les lernps des verbes que Ion éci'il avec ni: français, je disais, etc. Diiuiarsais a très-bien prouve «pie celle innovation est un aims contraire aux principes. (.0[\enilant, iiial^'ré les efforts de plusieurs i:ens de lettres, et ceux île l'Académie, qui n'avait |)oini adopte celle nouvelle orthographie, elle a leiiemcni prévalu, ipi'on peut la regarder comme adaptée giMn-ralement par l'usai-'c. F.nlin, l'Acadéinie vicnidedecidcripi elle l'emploierait dans le nouveau Dictioiuiairc ainpiel elle travaille. Nous avons cru devoir suivre Son exemple, en écrivant français au lieu de français, j'allais im lieu de j'allais. Par là on ne l'ail que substituer un nouvel alius à l'ancien ; car ai ne représente pas plus le son es ipie l'on fait sentir dans français, que ne le rcprésenlait ni. Aoyez l'article Ôi. Voyez aussi à ce tnjei les nombreuses objections que M l.cmaire s'est efforcé de réfuter [Gravunaire des Grammaires, p. 'J3li et suiv.), el qtielquesunes des spirituelles dissertations de (lli. Nodier, qui n'a jamais adopté l'orlhoçraphe de Voltaire. [Aii'Ianyes de lillcrature et de critique, tom. I, p. 472 et l'/D. Examen critique des Dict., article Oi.)

A. Indique affirmation en lotriqnc

En léle d'un morceau de musique, il désigne la partie de la liauic-conlrc, alto.

Il esi suUNCMl lexprcssion abrégée du mot altes.^c .

Dans l'usage du commerce a csl \)Our aocepté, a. c. pour nnni'C courante ; a. p. pour ann*;e passée ou pour a protester.

Dans nos espèces d'or et d'argenl celte lettre est la marque de la monnaie de Paris, el AA celle de la monnaie de Melz.

A. P. I). H, sir les anciennes gravures, signilie : ari-c pririli ge du rai.

A, préposition doni l'usage primitif est démarquer un iappor;a un terme. Aller à Pari^, être à Pari.^. Toiiies les fois que cette prepoMtion n'esl pas jinse dans le sens pro|ire de sa ilesiinalion, elle y a toujours un ra|iiiiirl pinson moins éloigné. Un (lira clianter est un air que le com|>osileur a di'sliné à étriî chaulé; vue chaise a parleurs e.s' 'l'O chaise que Ion a dcslinée à élrc portée; »/« pat à l'eau est un pot que l'on a destiné a contenir de l'eau; vne jnai.san à rendre est une inaiNon que l'on a destinée à être vendue. Dans toiiles ces phia-cs il y a but, destination, lermc. L'Envie à l'œil timide et louche, c'est

I i'Fnvic que l'on reconnail à son <fil timide et I loiu'lie. D:ms arrncher des herlies brin ii brin, j chaque brin d'herbe devient à son tour le terme ; d'unj action ; on va d'un brin à l'aiilre i)our I arracher ce dernier. Dans donner quelque chose \ à quelqu'un, ùter quelque clwse à quelqu'un, à 1 annonce le terme des verbes donner et 6ter, el quelqu'un conijiléle l'idée de ces lerincs; car I c'est a quelqu'un que viemicnt aboulir l'aci'on de iloniier et l'action d'oler.

Ouaiid je dis,ye rous remets à deu.T mois fiour mus pni/er, je ne veux pas dire que/c mus paierai api es deux mois, mais c'est un lerme que j'assiL'iie |toiir le paiiMiient. (Jnand je dis que/a vinnifo morceau à morceau, cela ne signifie pas i\Wt Je inungc un morceau a(ir(Si/;j autre; inais, qu'après avoir man.'è un inoriT-au, un antre morceau devienl le lerine ou teinl radion de manger. l'raraillcr à l'aiguille ne signifie pas travailler arec l'aiguille ; mais*/ indique l'aiguille comme le terme du choix qu'on a l'ail de cet insir;imcnt préféra! dément a lout autre, y ivre à Paris ne sigitilie i)as vivre dans Paris; mais à l'ail considéicr Paris comme un |>oiiil ou ton s'est lixé pour y vivre. C'est lorsque le lieu n est pas considéré comme un [loint, mais comme un e-pace, que l'on dit en ou dans : f^ivrc en France, vivre dans la France , vivre en pna-ince ^irrc dans Paris ne signifie tlonc pas exactement la même chose que vivre à Paris.

On ne peut pas dire comme le Dictionnaire de 1 Académie, qu'w sert a marquer le temps, le lieu, etc. (Juaiid je dis je dine à. .., il e.^i im];0Ssiblô que l'on devine si celle préposition a rapjiorl au tempsou au lieu. Mile aurait ra|)porl au temps si je disaisyc dîne à quatre heures ; Mo aurait rapix)rt au lieu si je disais y» dine au faulmurg Saint- Honoré. A ne inar(iue donc dans ces phrases ni le lemps ni le lieu ; il sei"l à annoncer un rapport vague de ternies dont I idée csl complétée par le mot ou les mots qui suivent.

Il serait ridicule de dire avec l'abbé Girard, qu'« indique la spécifcatinn par vingt-cinq différents vioyens. Par la l'orme de la siriicliire, lit à adonnes, table à pieds de biche; [)ar la qualité, 7nol à double sens; p;'.r la cause mouvanie, arme à feu, etc., etc. Il est aisé de remarquer que, dans ces phrases, à ne marque ni forme de slruc- Inie, ni ipialité, ni cause mouvante, etc.; mais (jn'il amioiice seiilcmenl un rap|Mirl don! les mots qui suivent complètent l'idée, ijuand j'ai dit lit «...., je |)eux aussi bien ajouter rendie que colonnes; à n'indique donc [laspliis l'action de vendre que !a forme de la structure.

D'autres grammairiens font de la préposition à une préposition collocativc, ordinale , unilice, terminale, clc; Cl tout cela avec aussi jm-'U déraison.

I.a préposition « devienl un mol composé, par sa jonction avec l'article /c ou avec l'ariiclf.' pluriel les. l.'arliclc le, à cause du son sourd de l'e muet, a amené au; de sorte ipiau inu dédire à le, nous disons «(/, SI le no.n ne commence pas |)ar une voyelle: s'adunner au bien; el au [duricl, au lieu de dire « les, nous disons au.r, suit (|iie le nom commence par une voyelle ou par une consonne : aux hommes, au.r f'inmcs, clc. .Ainsi au C5l auluiU que à le, cl aux autant que à les.

l'I faut répéter la piéposilion à devant chacun de ses com|ilémeiils. ISe dites donc pas il aime à lire et écrire, m;iis, il aime à lire et o écrirai, rsiuiilez pas en cela .J.-.l. Rousseau, qui sou&-

anlendail ordimircmont celle pri^posilion. Il ne fani p;is coiuMure ili- l;i ijnc l'im iloivcMlirc, parmi tous les romans île l'aitliquili', je donne la préfèreiirc à 7'lirappiie et â C/iaricli'e ; [nircc <1UC les deux iin'ls Ti.ttipèiic et t Imrwl^e élant le titre d'un iiiivi;i^(*, soiii rc^;irdrs (•iiiimie (iiie expression imii|iii; «lui furiiie le coiniilciiR'ul de la préposition à.

On a beaucoup rcproclié à Boilcau ce vers :

Cest à TOUS, mon esprit, A qui je tcmix parler. 'SaLlX, 1.)

Boileati a donné ici deux termes an xcrhc parler : à vous cl a qui. il fanl dn-e, c'est à vous, mon esprit, i/uej'e rei/.r pai/er.

Domer-'ne, makié l'anloriié do l'Académie cl un usage liicn éiaïili, ne vrui pns iiue l'un dise, if y arait sept à lniil femmes Javs rot le as-^er/ibléc. On dit avec raison, ajoute cet académicien, de sept à huit hevres, alhint d" sept à huit heures, parve <|uo liiiil licurcscst leleiiiie<iù aticiutit l'action d'allci-; il y ;i un es[»;ii-e à |iai(uuiir . il y a des fractions d'Iiciif-s. Mais on ne coik-oIi pas des fractions de fouîmes; il faut opter entre sept cl Iniit, et dire sept on Itvit femmes.

II y a une grande tlifrcrencc entre ces doux expressions, ^""ùru cAe^ mus de sept à Inrl heures, et ily avait sept à huit femmes dans cette assemblée. La prcniiére iiuliipie un ifiiips divisdili'piiire sept heures cl huit heures; la sci-ondc indiipie un nomlire approximatif moniani à sept, ou tout au plus à huit pcrsoimcs. A la vérité, il n'y a point de fractions entre sept et huit femmes; mais il ne s'agit pas irj d'un nombre entre si'|il et huit, mais d'une estimaliou de sept a huit femmes. Celui qui dit, il y arail dans cette assemhh'e sept à huit femmes, n'est pas certain qu'il y avait sept femmes; mais il assure cpie le nomlire ipii s'y trouvait montait peul-èirca sept, ou tout au plus à huit. Le noml.re huit est le seul CLfIain et déterminé; au lies (|ue, dans/'t? ai vous voir de sept à huit heures, lcs<lcux époques sont dcK.Tminécs,cl admettent un inlervalle. // y avait dans cette assemiihe rept on huit femmes, n'ex[irimc pas si precJM'ironi rcsiimation faite du nombre, ei ie terme le plus élevé porté à huit. Cette façon de parler n'afiirine rien , c'est comme si l'on disait : peut-è.rc y en avait-il sept, peu t-êiro y en avail-^l huit, voila mon estimaiUm, je n'assure pas plus l'un que l'autre. Si l'on veut liicn réfléchir sur ces deux phrasct, on conviendra (pie ce sont la les mianccs «pii les distinguent, et ipie par conséquent on jieut enqiloycr l'une ou l'autre, suivant les vues de l'esiirlt.

Dans l'édiiion de IS.'IS, l'Académie donne une décision favorable à Domcrçue. ^■oici le passage :

K A, fdacé entre; doux nombres, en laisse sûjiposcr un (pii est intermédiaire, yinrjl à trente personnes, quinze d vingt francs, mille à douze cents francs.

K II se place aussi entre deux nombres consécutifs, lorsqu'ils se rap|Nirlcnt à des choses (pii peuvent se diviser par Iraclions, deux à tnns Unes de sucre, cinq à sis lieues. On dit cinq ou si.v personnes , onze ou douze clieraux, Cl<'., j et non, cinq à six personnes, onze a douze elie~ vaux, etc. »

Il y a des prépositions qui veulent cire sui- ! vies de la prep<j-inon à. Telles soûl par rapport, i quant, altemint, et qiieliiucfois sauf, QKju.tque. | Par rapport à lui, quant d eux, attenant au | palais, sauf à eux à se nourroir ; mais ou dit j

aussi sauf leur recours, cl jusque-là, jusque sur le trône.

Pliilol que jusquf-là j'.ikaissc mon orgueil, etc. (Volt., Zaïre, acl. I, se. I, 67.)

Le son de l'a est jiliis éclatant (pie celui de toutes les autres voytîllcs. et la v.ix j mur complaire à l'oreille, dil'Marmontel. le clioi:>it nalurcll(;mcnl : la preuve en est dans les accents indclibénis d'une voix (pii prélude, dans les cris de surpiise, de douleur et de joie. — H ne faut jias conclure de la i|ue ce mol fasse un bon effet dans une phrase, lorsi|u'il y revieni joiivcnt Cette répr'tilion est surtout iiisu|i|>orlal)le loivpi'il s'y présente sous des acceptions dilïereiUes, coininf dans celle phrase de La Harpe : « C'est raisonner étrangement que de dire à un homme qu' ;j'a dû .sa célébrité, qu'a sa mcclidnceté ; et de l'in viter à reroncer â la seule chose qui Ca rendu célèbre. »

A ou Ad. Particule préi)ositive empruntée de la pié|)Osition latine ud, ipii se met au commencciiicnt de certains mots, et (pii seii a iiiari]iicr, comme la |ireposiiio"i u, la Icnd.uice vers un but pliysiipie ou moral. On se sert de a dans les mots (jue nous conqiusoiis nous-m(''mcs a l'imitation de ceux du laini , et même dans (pielques-uiis de ceux (juc nous en avons ein|iruiiles. J,fuerrir, rendre propre à la guerre; aun liorer, faire tendre à un ctal mciileiir; anéantir, reiliiire a néant; avocat, (juc î'oii écrivait aiicicimemenl udvocat, apjieié iioiir i)l;iidcr une cause. On se sert de aï quand le mol simple commence par une voyelle, par un h muet, et (pielquefois ipiaiid il commence par j ou par v. Adopter [apinre ud) , adhérer [Itœiere ad), admettre, meitrc (lans;aci- Jidnl {junctu^ ad), adverbe [ad verbum junclus), etc.

Dans quelques cas, le rf de f/f/ se transforme en In consunne (pii commence le mot sim|)l(! si c'est un c ou un q, comme accumuler, acquérir ; un f, comme affamer; un g, aniwue or/q/omérer ; uni, comme allaiter; un n, comme annexer; un p. Comme applanir, appauvrir, apposition ; un r. Connue arranger, arrondir; un 4, coininc avA-atilir, assidu , assortir; uu /, coiniiic attribut, atténuer, etc.

Ab ou Acs. Particule |)réposilivc empruntée du latin, qui se met au couimencemeia d'un mot poiirmaiMpicr |iruicipaleuienl laseir.n-alion.cuininc <.\.\n?, abhorre I , uhju ration, ablution, ubmgution, aborlif, abrogé, absolution, a'iAtmence, abstrait, abusif, etc.

Adaissk. Subsl. f. Ce n'est jias, comme ledit l'Académie, une paie (jui lait la croiile di; dessous dans plusieurs jiièces de pâtisserie, c'est un morceau de pàieipii a été abaissé, c'cst-a-diie dont on a diminue la hauteur en le iiass;iiii sous le rouleau, jiisipru ce ipi'il soit ilc\fnu mince. Une abaisse est une pièce de iiàie mince (jue l'on cn)|>loie de diverses manières.

ABiissiiMEM.Subst. m. Ce mol s'einploie-t-i!au pluriel? L'Académie ne l'imUipie [xniil. lionbaud l'a employé ainsi au ligure : l'orguei/ est «n des ■ vices le plus jaloux de se venger di^s abaissements qu'il éprouve. Kn eflél, un homme peut éprouver plusieurs abaissements , celui de sa fortune, de son crédit, de>a n-puiaiion.eic, ; mais r('tat qui résulte i\ctvs divers (il>ai.\.seuienls est un; et on ne peut pas dire, tJ est dans les ubaissemenls. L'élévation ou /'abaissenuMit des Etals dépend du courage d'esprit de ceux qui les çov~ vernent.

Ce mot s'emploie dans le style noble.

Ce triste abaisiement convient à ma fortune.

(lUc, Iphig., acl. III, se. V, 31.

Abaisser. V. a. de la 1" conj. 11 nous semble que l'iibbé Giî"drd n'a pas indi<iué avec assez il exiiclitude et de tiai-lc la difrcrence entre les verbes abaisser et baisser. Abaisser a toujoiii's rapporta un point i-levo, baisser, à un point bas. On abaisse une cliuse pour (lu'ollc uc soit pas si haute; on la baisse [)our (piclle soit basse. Si un mur m'empoche, |)ar sa hauteur, d'avoir la vue sur la campagne, je le fais abaisser; si je veux pouvoir m'yppuyer dessus, et ipi'il ne soit pas as^e/. bas pour cela, je le lais 6aii\ser jusqu'à hauteur d'appui. Si une femme, développant entièrement son voile, le fait descendre aussi bas qu'il peut s'étendre, elle le baisse, parce (lu'ellc veut qu'il soit bas , pour cacher ce (ju'elle ne veut pas laisser voir. S'il était fixe sur le haut de sa tète , el qu'elle voulût le fixer sur son front, elle \' abaisserait, i)arce ipi'ellc voudrait le placer moins haut. On baisse le dessus d'une cassette qui est entièrement levé, afin qu'étant bas, il couvre l'ouverture qu'il doit couvrir. On abaisse le dessus d'une cassette, lorsque n'étant baissé qu'en partie, il est trop haut pour remplir sa destination. C'est dans le mctnc sens tju'on baisse î>u qu'on abaisse un pont-levis, la visière d'un masque, etc. On baisse la tèie, les bras, les yeux, itjs paupières, lorsqu'on les dirige en bas; mais Jans le langage îles arts, on abaisse la tête, les bras, aCs yeux, lcs[)aupicresd'unefiguie, lorsqu'on veut iCS placer dans une position "moins élevée, soil pour se conformer aux règles générales de l'art, soit potir mieux exprimer la passion que l'on a en vue. — Baisser ses regards sur un objet, c'est les diriger en bas, pour regarder cet objet. Abaisser ses regards sur un objet , suppose une élévation de laquelle on descend el portant ses regards sur un objet très-infcrieur, et comme indigne de nous. Quels churmes, en effet, la nature ne répand-elle pas sur les travaux du philosophe , qui, persuadé qu'elle ne fait rien en vain, parvient à surprendre le secret de ses opérations, trouve partout l'empreinte de sa grandeur, et n'imite pas ces esprits puérilement superbes, qui n osent abaisser leurs regards sur un insecte! (Barlhcl., Anacharsis, ch. Lxiv, loin. V, p 247.) S'abaisskr. V. pronom. Ce verbe s'emploie quelquefois absolument. Il signifie alors témoigner que l'on se croit au-dessous des autres, ou qu'on ne veut point se prévaloir du mérite , de la gloire, de la réputation , des bonnes qualités que l'on peut avoir. L'homme 7/iotfe*<e s'abaisse. Les plus fiers Sont quelquefois forcés de s'abaisser, quand la fortune les abandonne. L'homme sage et simple ne s'abaisse puint, ni ne se soucie d'abaisser les autres. (Girard.) — S'abaisser à, signifie, selon l'Académie, s'avilir, se dégrader. Mais il signifie aussi, se proportionner aux personnes qui nous sont inférieures par la condition, l'esprit, les lumières, les talents, en nous mettant à leur portée. On n'est jamais bon maître, si l'on ne sait pas s'abaisser jusqu'au niveau de son élevé.

* Abalouuuir. V. a. delà 2-= conj. L'Académie ne met iwint ce mol, que l'on ciiq)loiedans le discours fanulier, pour signifier rendre slupide à force de mauvais traitements, el qui est surtout usité au participe i)assé. rous avez abalourdi cet enfant. Mais elle met abasourdir, (jui a un

autre Sens. — Abalourdir signifie rendre lourd, Slupide, el suppose une répiMition de cause et un effet permanent ; abasourdir veut dire étourdir, troubler, consterner, et suppose une cause subite, inattendue , et un effet passager. On est abalourdi par une suite de mauvais traitements, el on reste abalourdi. On est abasourdi par mie nouvelle aflligeante el inattendue, et on revient de l'abattement qu'elle a causé.

\nAND0N. bubst. m. On confond souvent lu Palais abandon ct abandonnemcnt. On dit indifféivminenl (ju'un failli a fait V abandon ne ment ou l'abandon de ses biens à ses créanciers.

h' abandonnemcnt est un acte par lequel on cède ou transporte à un autre la jn-opriété (]u'on a d'une chose, ou simplement le droit qu'on peut y avoir. Vabandfm n'est point un acte; c'est un simple état, une simple situation d'une chose délaissée. Un débiteur fait un abandonnemcnt el non un abandon de ses biens à ses créanciers. On dira , en parlant d'un homme aui|uel personne ne ](reiid intérêt, qu'i/ est dans l'abandon; et des biens dont on ne prend aucun soin, qu'i.'* sont ù l'abandon.

On dit de \' abandonnemcnt , qu'il est volontaire, foroé, juste, entier, sans réserve, etc. On dit de {'abandon, qu'il est triste, cruel, etc.

On dit et on écrit : Vabandon d'une amante, Vabandon d'une actrice, Vabandon du style, pour exprimer cet état uù une amante, une actrice, un écrivain se laisse aller au sentiment ijui l'en- Iralne.

\ ollaire a dil : Il y aurait un lâche abandon de moi-même à souffrir qu'on me déshonore. S'il eiil consulté l'Académie , il auiait ajipris qu aba ndon ne se dit que de l'étal d'une personne ou d'une chose abandonnée, et «lu'il ne se dit point pour l'aclion d'abandonner, lleureusemciil , il ne s'en est pas rap|)orlé à celte décision ; il nous a donné l'exemple d'une acception nouvelle.

Abandon.ner. y. a. de la 1^^ conj. L'Académie n'a pas donné la signification primitive de ce mol. Il vient du substantif allemand 6a«ii, ([ui signifie lien, et de ia préposition latine « ou ab, qui signifie dégagement, libération. Abandonner signifie littéralement dégager de liens, (ictte signification primitive se reinaniue dans l'expression , abandonner un clicval, qui se dit en Icrmes de manège, pour signifier ne plus retenir un cheval par la bride ou par les rênes, afin de le laisser libre d'aller à son gré; et dans la phrase de fauconnerie , abandonner un oiseau, qui signifie le laisser libre en campagne, sans attache cl sans lien. On dit en ce sens au ligure : abandonner sou cœur au désespoir, abandonner son âme ù lu vengeance. J'avais abandonné mes sens à la douceur du sommeil. (Barlh., Anacharsis.) Abandonner signifie aussi cesser de fréquenter ce (lu'on fréquentait auparavant. Depuis quelque temps, on a abandonné ce spectacle. L'on se range en haie, ou l'on se place aux fenêtres , pour observer les traits et la contenance d'un homme qui est condamné et qui va mourir : vaine , maligne, inhumaitie curiosité! Si les hommes étaient sages, la place publique serait abandonaée, et il serait établi qu'il y aurait de l'ignominie seulement ù voir de tels spectacles. (La Bruyère, de la Cour, p. 295.)

Abasoukdir. \oyez Abalourdir.

.\bat-jouh. Subst. m. Ce substantif com|Hjsé ne doit point prendre le signe du pluriel, il est composé du verbe aia/, qui n'est pas susceptible

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