BAS
qu'elles sont ennoblies par l'expression. Est-il rien de plus bas inorale;iient que le caractère de Narcisse? Cependant i)ar la manière dont i'a traité Racine, il a autant de noblesse que celui d'Agrippinc ou de Néron.
Cet adjectif peut se mettre avant son substantif, lorsqu'il a une analogie étroite avec ce substantif. On ne dit pas un bas homme , une basse feinme; mais on dit une basse envie, une basse jalou aie. "N'oyez Adjectif.
Corneille a dit dans Pompée (act. IV, se. iv, 12):
Mettant leur liaine bas.
Mettre bas, dit Voliaire, ne se dit plus, et n'a jamais été un terme noble. {Remarques sur Corneille.) Il se prend adverbialement : Ces dames parlent bas.
* Baser. V. a. de la l""' conj. Il y a quelques années qu'on inséra dans un journal des observations sur ce mot. On prétendait (ju'il est ignoble et plat, qu'il a pris naissance dans la révolution, et qu'il n'a été recueilli que par lepércDuchesne et les farauds de la Courlillc.
Ce mot n'cbi point ignoble et plat, comme le prétend l'auteur de cette critique. Il vient du mot base, et l'on n'a jamais rien trouvé d'ignoble et de bas dans les expressions suivantes : base dorique, base coriniliienne, la buse de la justice, clc; il n'est pas vrai non plus que ce mol ait eu la révolution pour berceau. Féraud, qui a publié son dictionnaire en l'7S7, dit qu'il est fort à la mode, et l'Académie, dans son édition de J7&8, n'a pas manqué de le recueillir. Dans son édition de 18jo, elle ne l'a pas admis.
Bas-fond, Bas-relief. (îiacun de ces mots est composé d'un adjectif et d'un substantif, qvA doivent prendre l'un et l'uutre la marque du pluriel : Bes bas-fonds, des bas-reliefs.
Basse-coktre. Subst. f. Voix qui est opposée, qui est contre une autre sorte de voix. Ce mol doit donc l'aire au pluriel d^cs basses-contre.
Basse-cotjr, Bassf. -fosse. Chacun de ces mot<est composé d'un adjectif et d'un substantif qui ' doivent prendre l'un et l'autre la maniue du plu- I riel. : Des basses-cours, des basses- fusses.
Bassement. Adv. Onjjeut le mettre entre l'auxi- ' liaire et le participe : Il s'est conduit bassement, I il s'est bassement conduit.
\ Bassesse. Subst. f. Il ne se dit qu'au figuré : La ' bassesse des scnliments. Quand il signifie sentiment bas, état bas, il ne prend point de pluriel : Lu bassesse de .s n ci/ne. Quand il se dit des actions qui sont l'cITel de cesenlimenl, il en prend un -.Commettre des bassesses — «La distinction ne nousparait pas assez bien établie. Quand le mot bassesse ïnûii]\ic le vice qui porte à des actions indignes d'un honnête homme, il n'a pas de pluriel ; commeaussi lorsqu'il désigne le plus humble decré de la naissance : la bassesse de leur âme, la "bassesse de leur origine. .Mais quand il signifie des sentiments bas, il me semble qu'on peut du-e avec Boileau (A. T., IV, lit)) :
Le vers se sent toujours des bassesses du cœur. ■>
(A. hEimiT.E, Grammaire des Grammaircn, p. 141.)
On dit la bassesse d'une pensée, d'une expression, d'un mot, d'une tournure, en parlant d'une pensée, d'une expression, d'un mol, d'une tournure qui n'est en usace que parmi le bas peuple, ou qui est au-dessous du sujet que l'on iraile,