BAT
ou du genre dans lequel on écrit. On dit la bassesse du style, pour indiquer un style caraclfrisù par ces sortes de défaut.
Quoi que TOUS écriviez, évitez la bassesse.
(BoiL., .1. P., I, 79.)
Il arrive que dans une langue, l'opinion attache du ridicule ou de la bassesse a des images qui, dans une autre langue, n'ont rien que de noble et de décent. Kn ce sens ce mot n'a point de pluriel. Voyez Bas.
Basse-taill p, Bas-ventre. Cliacun de ces mots est composé d'un adjectif et d'un substantif qui doiventiprendrerunet l'autre la marque du pluriel.
Bat. Subst. m. Queue de poisson. Ou prononce le t.
Bat. Subst. m. Selle pour les bétes de somme. Le t ne se prononce point.
Bataille. Subst. f. On dit livrer bataille, mais on ne dit pas présenter bataille, donner bataille. Il faut dire /3)'t'se7j/(?r la bataille, donner la bataille. — Dans sa dernière édition, l'Académie n'admet pas présenter bataille, mais elle admet donner bataille. On dit, en parlant d'une armée, le corps de bataille, et non pas le corps de la bataille. On dit aussi champ de bataille, cheval de bataille.
Bataillcdx, Batailleuse. Adj. Ce mot n'est point usité. J.-J. Rousseau l'a employé au féminin dans ses Confessions. En parlant d'un des ouvrages de sa jeunesse qui annonçait du talent pour la satire, il dit : J'ai le cœur trop peu haineux pour vie prérahir d'un pareil talent ; mais je crois qu'on peut juger par qxtelques écrits polémiques faits de temps à autre pour ma défense, que si j'avais été d'humeur batailleuse, mes agresseurs auraient eu rarement les rieiii's de leur coté. (Part. I, liv. IV, l. XIV, p. 209.)
Bâtard, Bâtarde. Adj. Il suit ordinairement son subst. : Un arbre bâtard, un fruitbâtard. Dans le sens de qui est né hors de légitime mariage, ce mot est devenu une injure, et n'est plus usité dans le langage ordinaire. On dit enfant ?iaturel, ou enfant né hors mariage.
Batt. Dans tous les motsqui commencent ainsi, on ne prononce qu'un t, excepté dans battologie.
Battologie. Subst. f. Terme de grammaire et de littérature. On prononce les deux t. On désigne par ce mot un des vices de l'élocution, qui consiste dans une multiplicité de paroles qui ne disent rien. C'est une abondance stérile de mots vides de sens. Voyez Amplificateur, Amplification.
Battre. V. a. et irrégulier de la k' conj. Il se conjugue de la manière suivante.
IndT —Présent. Je bats, tu bats, il bat; nous battons, vous battez, ils battent. — Imparfait. Je battais, tu battais, il battait; nous battions, vous battiez, ils battaient. — Passé simple. Je battis, tu battis, il battit; nous battîmes, vous battîtes, ils battirent. —Futur. Je battrai, tu battras, il battra; nous battrons, vous battrez, ils battront.
Conditionnel. — Présent. Je battrais, tu battrais, il bâtirait; nous iiattrions, vous battriez, ils battraient.
Impératif. — Présent. Bats, qu'il batte ; battons, battez, qu'ils battent.
Subjonctif. — Présent. Que je balte, que tu bJttes, qu'il balte; que nous battions, que vous battiez, qu'ils battent. — Imparfait. Que je batlisse, que tu battisses, qu'il battit; que nous liattissions, que vous battissiez, qu'ils battissent.
Participe. — Présent. Battant. — Passé.
Battu, ue.
BEA
Les temps composés se forment avec l'auxiliaire avoir.
* Bavardise. Subst. f. rr..pos de bavard. Ce mot n'est point usité. On dh harardage. Cependant J.-J. Rousseau a dit : Echauffez mire tête et travaillez, (Vij/,ï aurez bientôt nubliv nu pardonné ce.i bavardises de société.
BAviax, Baveuse. Adj. 11 ne se met qu'aprcs son subst. : Un enfant baveux.
Bayer. V. n de la l"' conj. On prononce hé-îc. Dans la conjugaison de ce verbe on coiiscr\'c toujours \'ij ((ui se trouve dans l'iniinitif, excepté avant e, es, ent : Je baie, tu baie.'i, ils baient ;je baierai, etc. Bayer aux corneilles, s'amuser à nçiarder en l'air niaisement.
.\llons, TOUS, vou.-- rèvei, el baya aux corneilles. (Mol., Tartufe, ad. I, se. l, 168.)
BÉANT, Béante. Adj. verbal, tiré de l'ancien verbe béer, qui n'est plus usité. Il se met après son subst. : Gouffre béant, gueule béante. Delille a dit lèvi-es béantes {Enéide, VI, 631) :
D'autres veulent crier, et leurs voix JéfaiUanlcs Expirent de frayeur sur leurs lèvres béantes.
Béat. Subst. m. Béate. Subst. f. Il se dit par dénigrement de ceux qui affectent un airde mysticité dans leurs actions et dans leurs discours : Faire le béat.
BÉ.VTIF1ER. V. a. de la 1" conj. Il y a celte difi'érence entre béatifier et canoniser, que par la première action, le pape ne prononce que comme personne privée, et use seulement de son autorité pour accorder à certaines personnes, à un ordre religieux, à une communauté, le privilège de rendre au béatifié un culte particulier. Au lieu qu'en canonisant, le pape parle comme juge, après un examen juridique , et détermine l'espèce de culte qui doit être rendu au nouveau saint par l'Eglise universelle.
Beau, Belle. Adj. Lorsqu'il est seul, il se mei avant son subst : Un beau bâtiment; lorsqu'il es! suivi d'un autre adjectif, il se met après : Une maison belle et commode. Cette règle dérive de la règle principale du langage, qui veut que les idées qui ont des rapports soient présentées dans la plus grande liaison possible. Quand je dis une belle maison, l'adjcclif est immédiatement lié à son substantif; mais dans une belle et commode maison, celte liaison n'est pas si étroite, parce que l'esprit est obligé de se porter sur deux mots vagues avant de savoir à quel substantif ils ont rapport.
Cet adjectif a deux masculins ausiDgulier,ôca« el bel. On met le premier devrait les noms qui commencent [lar une consonne, et le second devant ceux qui commencent par une voyelle . UnbeauchiUeau, un tel empire. Celte distinction n'a lieu que pour les substantifs; car on dit beau à voir, et non pas bel d voir. On dil aussi beau et bon. \o)C7. Adjectif.
On dit avoir beau pour marquer des efrorls continuels cl inutiles, pour faire faire une chose ou pour l'empôcber.
C'est un gallicisme :
Crois que dorénavant, Cliimcne a beau parler; Je ne l'ccouU plus que pbur la consoler.
iCoRN., Cid,acl. lY, se. ui, ii.)
J'ai beau faire el beau dire afin de l'irriter, Il m'écoute si peu qu'il me force à douter.
[Cous., Iléracl., acl V, se. 11,25.)
BEA
On a beau étudier les hommes et les approfondir, on s'y mécompte tous les jours [Y cwcX., Télém., liv. AU, t. II, p. 30). Il eut beau dire que les Volontés sont libres et t/ii'il ne voulait iri l'un ni Vautre , il fallut faire un choix (\ult., Candide, cliap. ii, l. l.N], p. 235) . Je serai toujours ioire ; j';uii'.ii beau être tenté parla bonne chère, par des vins délicieuar, par la séduction de la SI cil' lé ; je n'aurai qu'a me représenter les suites desexcès. ..je ne mangerai alors que pur le besoin (A'oll., Memvon, t. LVI, p. 157).
Bealcolp. Adv. Ce mol, coiisidOré comme adverbe de (luanliié, régit la pré|)Osilioii de : Beaucoup de monde, beaucoup d'esprit, Cic.
Ce mol, employé pour plusieurs, ne doil pas être n)is seul; il faul y i\'}ou[er personnes oupens. II ne faul doue pas dite beaucuup pensent, beaucoup sont d'avis; mais beaucoup de personnes pensent, beaucoup de gens sont d'avis. Cependaiil on peul dire c^l coiivcrsalion, jV/i connais beaucoup qui se persuadent, parce «[uc le pronom en, qui est devant beaucoup, fait sous-entendrc le TDOl personnes.
Lorscjue ce mol est suivi d'un subslanlif mis au pluriel, le verbe se met au même nombre : Beaucoup de gens pensent... Lorsqu'il esl suivi d'un subslanlif mis au singulier, le verbe se met au singulier : Beaucoup de monde se plaignait. Veyez Accord, Adverbe.
Beaucoup, joint à un autre comparatif, marque une augmcnialion considérable. S'il esl mis après le comparatif, il doit toujours élre précédé de la préposition de : Vous èles plus savant de beaucoup; s'il esl devant, on peut le mettre avec la préposition de ou sans celle préposition : Vous êtes beaucoup plus savant que lui ; ou vous êtes de beaucoup plus savant que lui. La seconde manière dit plus (]ue la première.
On dit il s'en faut de beaucoup, quand on veul exprimei' que la quanlilé qui devrait être dans un objet n'y esl pas : Il s'en faut de beaucoup que vous ne m'ayez payé tout ce que vous me devez. On dit il s'en faut beaucoup quand on veul exprimer une grande différence entre deux choses ou deux personnes : Il s'en faut beaucoup qu'il soit aussi sage que son frère. Il s'en faut beaucoup que cette étoffe soit aussi bonne que l'autre.
BEAt-FILS, BEAU-FRKfîE, BlCAU-Piir.E. CeS mOtS
étanl composés d'un subslanlif et d'un adjectif, l'un el l'autre doil prendre la maniue du pluriel : Des beaux-fils , des beaux- frères, des beaux-pères. Beauté. Subsl. f.
Il la vit, mais au lieu d'oCTrir à ses beautés Un hymen, etc.
(Rac, ilithrid., acl. I, se. 1,49.)
Autrefois on employait indifféremment le moi beauté au pluriel ou au singulier, pour signifier ce qui fait qu'une personne est belle. Mais aujourd'hui, en ce sens, on ne le met plus qu'au singulier. On ne dit pas cette jeune personne a des beautés ; il faut dire a c/e la beauté; mais on dit qu'wn ouvrage a des beautés.
Pascal a dit : « Comme on dit beauté poétique , on devrait dire aussi beauté géométrique , el beauté médicinale ; cependant on ne le dit [joint, el la raison en esl qu'on sait bien quel esl l'objet de la gcomclrie, el quel est l'objet de la médecine; mais on ne sait [las en quoi consiste l'agrément qui est- l'objet de la poésie. On ne sait ce que c'e^l que ce modèle naturel qu'il faul imiter; el faute de cette connaissance, on a inventé