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de prendre le pluriel à la mnnièrc des substantirs, cl du mol jour, (\m ne peul le prendre d;ins le sens où il esl employé ici; car il s'a^'il d'une chose ijui nl>al le jour el non les j'otirs. 11 faut donc dire des abat-jour, Cl non [)as \.\çi,ahat-j'ours. A'oyez Composé.
AnATTEMENT. Subsl. ui. Fcraud voudrait que l'on écrivil ahalemciU avec un seul l; cl il rcproclie à i'Aca<l.'niic d'avoir ccril ainsi ahatis, et d'avoir conserve uhattcmcnt. Celle observation ne nous |)araU pas juste. Tout homme qui a l'oreille délicate sent que dans abaticmeiil , on appuie plus sur ba que dans abatis ; ce qui vient de ce (pic la syllabe suivante est une syllabe féminine sur laipicUe il faut passer légèrement, passage qui exige à la syllabe précédente une prononcialion plus marquée.— D'après ce principe, il faudrait peutêtre ne mettre tpi'un t aux mots de cette classe , où la syllabe qui suit ba est masculine , cl en aietlre deux à ceux qui finissent par une syllabe icmmlne : Abattre , abattement; noxis abatons , j'ai abalii, abateur, abattie, abature. Cette orthographe indiquerait les nuances de la prononcialion.
Abatteur. Subst. m. 11 régit la préposition de, un grand abatteur de bois. Un grand abatteur de quilles. 11 n'a point de féminin.
Abattre. V. a. et irrég. de la 4" conj. Il se conjuguecomme battre. Voyez ce mot.
Abattu, ce. Part, passé du v. abattre. Comme participe, il se met absolument, ou régit la préposition ^jar. Tttèînaque, qui était abattu et inconsolable, oublie sa douleur. {¥cnei.f Télémaque, liv. XYll, loin. 11, p.d7A.) Il était abattu par une douleur que rien ne pouvait consoler. (Idem, liv. XVl, tom. Il, p. 161.) Il s'emploie aussi adjectivement ; on dit, un arbre abattu, un cheval abattu, des espérances abattues.
Abat-vent, Abat-voix. Substantifs masculins. Ils ne changent point au pluriel. "Soyez Composé.
Abb. Pans les mots qui commencent par celte syllabe, on n'a jamais prononcé qu'un b ; aujourd'hui même on n'en écrit plus qu'im, excepté dansaèieel dans ses dérivés. Autrefois on écrivait abbécher, abboyer, abbréger, abbretiver, etc. (Feraud.) — On ne voit pas trop pourquoi on a e.vcepté les mots abbé, abbesse, abbaye, où le second b ne fait rien à la prononcialion. Le seul qu'on aurait dû excepter, ce me semble, c'est le mot abbatial, où l'on fait un peu sentir les deux b ; car on ne prononce pas abatial, comme le dit Féraud. Cette différence de prononciation vient peut-être de ce que les syllabes aèa ont trop de rapport avec les mots abattre, abattement, etc., et que la prononcialion faible des deux 6 indique un mot d'un autre ordre. Il esl dans le génie de la langue française de prévenir les équivoques le |)lus qu'il esl possible.
Abbatial, Abbatiale. Adj. qui ne se met qu'aprés son subst. On l'ail un peu sentir les deux b. Il fait au plur. masc. abbatiaux.
Abbaîe. Subst. f. On prononce abéie, en ne faisant sentir (pi'un b.
Abbé, abbesse. On ne fait sentir qu'uni.
Abdomen. Subst. m. On fait sentir le n comme àdx\?>amen.
Abdominal, abdominale. Adj. qui suit toujours son subst. 11 fait au ])lur. masc. abdominaux. Les jnuscles abdominaux.
Abécédaire. Adj. des deux genres. 11 se dit des ouvrages qui traitent des lettres par rapport a la lecture. Livre abécédaire, ouvrage abécédaire.
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Il se dit aussi des personnes (|ui ne sont encore (pi'a l'a b c d'une science, ou qui en apprennent les premiei s clémente. l);iiis le premier sens, on dil eu plaisantant, c'est un docteur ubécéduiro'. Dans le second, on dit, un vieillard abécédaire, c'est-à-dire, cpii conunencc à apprendre une science difficile.— Cet adj. suit toujours son subst.
Abhorrer. V. a. de la 1" conj. On prononce les deux r. Dans le discours familier, on emploie assez souvent ce mot dans un sens exa^'éré. l.'imaginalion ardente des femmes, el (prelqucfois l'affcclation, les porte à du-e cprcllcs abliorrcnl les personnes ou les choses qui ne leur ont causé qu'un peu d'humeur ou de dépii.
AnuoRiiÉ, Abiioiw.éi;. l'ail, jiassé du v. abhorrer. Comme adjectif, il s'enijiluie absohiiiient, ou est suivi de la pré|iosilion de. Un prince abhorré, un prince abhorré de ses sujets.
AiîiMER. \ oyez Abymer.
Abject, Abjecte. Adj. On prononce le c comme un k. On peul, selon les cas, le mettre avant son substantif. Un homme abject, une créature abjecte, cette abjecte créature. Voyez Adjectif.
Abjuration. Subst. f. Ce substantif n a pas une signification aussi étendue (pie celle du verbe abjurer. 11 est borné a signifier une renonciation solennelle à une erreui-, à une hérésie; au lieu qu'abjurer se dit des opinions, des sentiments, des divers mouvements de l'àme. — les mots abjuration el abjurer ne s'ein|iloient pas également par toutes sortes de iiersonnes. Ce qui est abjuration aux yeux de ceux qui regardent comme fausse et pernicieuse une religion à laquelle on renonce , est renonciation pour ceux qui font profession de celte religion, et qui la regardent comme vraie. Les catholiipics appellent abjiirœtion la renonciation solennelle aux dogii;es de la religion protestante, iiarce qu'ils regardent ces dogmes comme des erreurs; et par la même raison, les prolestants donnent le même nom à la renonciation solennelle aux dogmes de la religion catholique. — 11 en est de même du verbe abjurer : les catholiipics disent, abjurer la religion protestante ; el les protestants, abjurer la religion catholique. — En ce sens, on le dit absolument lorsque les circonstances fniU assez connaître le régime du verbe : /' a abjuré.
Aboiement. Subst. m. Féraud piélend qu'on pourrait écrire aboiment sans e; c'est une erreur. Dans ce mot la syllabe boi est longue, et c'est l'e qui la suit qui lui donne celte ijuantilé. Si l'on supprimait l'e, boi serait bref, à moins qu'on ne mit l'accent circondexc sur Vi. Je pense qu'il faut continuer d'écrire aboiement. L'Acailémie,dans son Dictionnaire publié en 1835, met aboiement ou aboiment.
Abois signifie les derniers soupirs. Ce mot abois est pris du cri des chiens (pii aboieiil autour d'un cerf forcé, avant de se jeter sur lui. Corneille a dit dans Nicomède :
El ces esprits légers approchant de» aboii.
(Acl. IV, se. n, 112.)
Voltaire dit au sujet de ce vers, que celte expression des abois, qui par elle-même n'est pas noble, n'est plus d'usage aiijonrd hui. Voltaire a voulu dire, sans doute', que ce mot n'est plus en usai-'c dans le style noble; car dans le style ordinaire, il est encore usité au propre et au figuré.
Abominable. Adj. des deux genres. Il se mel,
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suivnnl les cas, avnnl son subslnnlif. Un homme ahomiiinb/p, un abuminublc linnimc ; un crime abominable, vu abominable forfait. \'oycz Adjectif.
L'Acaili'mic n'a pas in(li(]iic l'accpption priinilivc de rc imil. 11 se dil ;iii prii]ire dos rlioscs qui blessent au plus liaiil de|.'ié les principes sarrés de la rcliLMon, de la naUirc cl de l'Iuiinarifc\ cl des [lersuniics (pii 1er coniinetleiit. Les dieux des mitions ctranrjères étaient abominables aux yeux def Juifs L'idolùtric est abominable aux yeux des clin liens. Une reliqion fjtii ordonne de turr ccii.v qui ne la suivent pas, est une religian ubovtinable. Le parricide est un crime ub uninable. Un parricide est un homme abominable.
Adominvrlrjiknt. A'iv. On peut le mcllie entre l'auxiliaire el le parlici|)e. // s'est conduit abomini.blemenl ou il s'est ubominublement conduit.
Abomination. Snhst. f. L'Académie le dcfinil, déicsialinn, exécialiun 11 signilie propioineiil ol primiiivcnienl un senlinuMil d'avcr^iun niclc d'Iiorreur, causé par (pichpic cliuse qui révolie les |)rlnii[ies de la rcliuion el de la morale nalurcUe. — Dans un sens élenihi, on dil c'est une abomination, ponr diio, c'esl une cIidsc Irésmauvaise, lrés-l)l;unai)lc, une cliuse odiense; et on le dil souvent [lar c\agéialion. Telle acliun parait une abomination à un lionnnc irrilc, <piilui paraitrait toute naturelle s'il était de san^-fmid.
Aboni)\m>iknt. Ailv. On pont le nicllrc cnire l'auxiliaire et le participe. Cela est démontré abondamment, ou est abondamment démontré.
Abomiancr. Subst. f On dil l'abondance des idées, l'abondance des sentiments, l'abondance des expressions. On a|ipelle abondance de style une ailluence de mots et de lonis beurenx (]ui expriment les nuances des iiiées, des senlinienls et des ima^'es. On roit dans leurs ouvrages vue telle abondance de beautés... (Barlliél., Anacliarsis.) Il s'était fait vn style qui n'était qu'à lui, et qui coulait de source avec abondance. (Voltaire.) l.e vice de siyle o|ipo.-é à Vabondance est la séciieresse el la stérilité. — 11 y a aussi une fausse abondance, une abondance vaine (pii ne luit (jne déguiser la slcrililé de l'esprit el la di.selte des pcr.sées, par l'dstentation des paroles.
AB0^•DA^T, AnoNDAKTE. Adj. verbal tiré du V. abonder. On peut, selon les cas, le mettre avant son subsl. Une récolle abondante, vne abondante récolte, ^'oycz Adjectif.
L'Académie diliiiil abondant, t|iii abonde; et abonder, avoir en grandiî quantité. D'après ces deux delinilions, on pourrait dire qu'un lionune qui a des riciiosses en grande ipianliié est un homme abondant Ce mot signifie lillcralement qui afilue, <pii cmile à flul, et se dil proprement d'une source qui fournit de l'eau en grande cjuantilé. Une source abondante. 11 se dil par analogie des mines, des terres, des campagnes, des p;iys qui produisent nue grande quantité de choses nécessaires aux besoins. — Il se dit aussi des productions mêmes, des eaux abondantes, une récolte abondante ; des choses censidéiées suus le rapport des clïcts uliles (pi'elles doivent |iroduire, et de leur quantiio relativement aux effets, une nourriture abondante , des pluicj abondantes, des secours abondants; — dans un sens plus restreint, il se dit abstraction faite de besoin et d'usage, d'excédant ou de snperllu , el exprime seulement une (piantilé jrlus ou moins considérable de productions bonnes ou mauvaises.
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r:^invfiie tout ce qui vuit paraisse plus abondant que ce qui sert... (Butl'on.)
Kn termes de litiéralme, on app'dle style abondant uu style où les expiessions iieureuses semblent couler comme <le source pour exprimer les mianccs des idées, des sentimcnis el <\r<. images. Un style abondant en figures, en comparaisons. A'oyez Abondance. — (Mi dit i\\\'une langue est abondante, lurscpTelle fournil un gr;iiid nombre tle mots et d'ex|)rcssions diverses propres à exprimer loules les nuances îles iomm-cs.
(ici adjertif ne se dit oïdiniurcmcnl que des choses; cependanl, avec en, on le ilit fort bien des |KTSomii;s. Abondant en paroles, en saillies, en co Hipa ra iso n s .
ABo^uKR. V. n. de la d" conj. Ce mol ne signilie [kis , comme le tlit l'Académie, avoir en grande qnanliié. 11 se dil propremenl el primitivement lies eaux, el signilii-, venir en abondance. Les eaux abondent dans cet étang. — Par analogie, les marchandises abondentdans ce port, les chalands abondent dans cette boutique.
Abord. Subsl. m. Lee/ ne se prononce point. — 11 en est de même de d'abord, adverbe.
Abordabi.k Adj. desdenx genres. Ilsuil toujours son subsl. Un homme abordable ,u ne céjte abordable .
Abokhkr. V. a. de la 1" cuiij. L'Académie dit cpi'il prend les auxiliaiies être el avoir. Mùraud prétend (ju'aucun graimnairien ne lui a donné l'auxiliaire être, — 11 suHil, jiour le lui donner, cpie cet auxiliaire ex|irinie une vue particulière de l'esprit (pie ne saurail exprimer l'auxiliaire avoir, ci {jucile bons écrivains l'aient employé. Etre abordé c\\)v\\\\c l'elat de ceux qui sont dans le lieu ou ils ont abordé depuis peu, et avidr abordé signilic l'action d'abnnler. A^ous avons uhnrdé à cette île avec beaucoup de peine. Enfin nous sommes abordes, nous voilà abordés Kossuel, Dacier, l\ollin, etc., cmpluienl l'auxiliaire cire dans ces cas. \'oyez Ao.viliaire.
Abortif, Abortive. Adj. ()ni snil loujours son subst. Enfant abortif, fruit abortif.
Aboutiss.\nt, AB0UTl^s.\KlK, atlj. verbal tiré du V. aboutir, y erre aboutissante d'un cette à la rivière, de l'autre au grand chemin. 11 .l'cm ploie au pluriel comme substantif. Les tenants elles abnutis'iants d'un champ, el non |ias les tenants et aboutissants, comme dil l'Académie.
Aboyant, Aboyante. Adj. verbal, tiré du v. aboyer. Un chien aboyant.
AcovEr., \. n. de la l" conj. Tl a sans douic été formé jiar oiromalo|iée, ainsi que le un>i japper. Voila pour<iuoi le premier s<; dit des gros chiens, et le six'ond des petits chiens, el aussi des renards, suivaiU Lli. iNo<lier. (IHct. des Onomatopées.) (".ependant on dit t\\\oUnm(ô\^ j'npper, en |>arlam des gros cliieiis, cl aboyer en parlant des pclils. l\Iais alors «6»yc/- suppose un objK contre lei|uel le chien aboie, cl japper ne signilic que le cri naturel de l'animal, (jui n'est animé contre aucun objet. L'n gros c\\\o\\ jappe de joie en revoyant son mailre aprc-s (|ueique temps d'absence; un iiclit chien aboie qneliiuefois avec chaleur conire les passants, le passage suivant de Bnflon semble prouver (iuey«;)/jpr se dit encore des gros chiens lorsque leur al)oicinenl est [dus faible, soit parce (pi'ils donnent, soit pour une cause semblable. Les chiens jappent souvent en dormant, et quoique cet aboiement soit sourd et faible, on y reconnaît cependant la voix de la chasse, les accents de la < olère, les sons du, désir ou du viurmure.elc. {Disc, sur la nat. desaaiim.y lom. XI, p. 428.)
AGC
Abréc.ï:. Siibsl. m. C'est un onvrngo il;ms lequel on réduit en moins ilc piirolcs hi sulisliince de ce (jui csl dil ;iilli!iirs pl\is;iii long cl plus on détail, i.os .iliri-ges sont tliics, dit l)wiu;irMiis, quand ils sont l'ails de laron ipi'ds duuncul la ctinnaissanre ontiore do la rliose dont iisparloni; ils sont ce «piost un puitiail en miniature i)ar raj»port à nn portrait on srand.
Aerkoir. V. a. de la i"" conj. l.'Aoadomic le dolinil, rendre plus court, (.elle tlelinition ]ioul convenir an sons do ce mot «pii a rapport au temps et à sa thiroo, commo cpiand on dit, cette vu'llinile nbri'ffO les tlmlci . vtnis ubrt'ijc:- vos jours par vos iit'} nie tu ties. .Mais on ne saurait rai)pli(inor à ce vorWe lorsqu'il sisriiilic, l'aire l'abrégé d un ouvruL'o. On rend un ouvrairo plus court, si V>n en relranclio un ( liapiiro, un livi'o, un épisode: mais ee n'est [)iis la ce (pTon appelle Vdl/réffcr. /thn-r/pr un onvruge, '""est réduire Cil moins de |iarolos la substance de ce qui est dit dans cet ouvrau'o plus an loni: et plus on deiail.
Abrkuvkk. V. a. de la l'" conj. Il s'emploie avec le pronom p(*rsoiuiel, tant au [iropre qu'au figuré.
Ce rivage alTrciix S'abreuvait h re:;ret de leur san'^' iiialliutireiix.
(Volt., llenr., Vill, 175.)
ABnErvoiR. Snlist. m. 1,'Acatlcmiencle dit que d'un lien ou l'on mène boire Icsclievaux. Elle a oublié qu'on appelle aussi ubrcumir, les lieux OÙ les oiseanv \ ont ordinairement boire, et (pi'on dit en ce sens, cluisser à l'ubreuroir, prendre des oiseaiis a l'tibrevroir, tendre à l'abreuvoir.
Abrévi.vtion. Snbsl. T. l\elr;mcliemcnl detpn'l- ([ueslellres ou de quelques syllabes pour écrire plus vite ou on moins d'esiiacc. Tous les prénoms sont susceptibles d'être dcsii^'nés par leur initiale. Nous avons indique les princi|)alos abréviations en usa::e pariai nous au.x lettres typiques decliaque dnisiun.
* Abkcti.sskur. Subst. m. Ce mot n'est pas si nouveau ipi'un le pense. 11 y a longtenqts cpio VoMaire a dit : Je voudrais bien que les Turcs fussent chiissés du pays des Pèriclès et des Pluton. Il est vrai qu ils ne sont pas persécuteurs, mais ils sont abrutisseurs. Dieu nous défusse des uns et des autres. Cli. Nodier dit, dans son Exavicn criliqtie des Dictionnaires , que c'est un néoloi.'ism(; barbare.
Absenck. Subst. f. Racine en a fait usa^e dans le sens de mort :
Ce Iicros inlri'plde Consolant les mortels de l'aispnce d'Alcide.
(Rac, PUéd., acl. I, se. I, 77.) ifirammaire des Grammaires , p. 1051.)
Absknt, Absente. Adj. On. ne le met qu'npros son subst. Un homme absent, vne femme absente. Il reirit qm-lcpicfuis la préposition de: absent de Paris, absente de lu cour. On ne dit pas qu'on est absent d'une personne.
ABSKNrK.i!(s') V. pronom. Ilsignilieqiiitterpour quelque temps le lieu que l'on habite ordinaii'cmenl, une société dans laquelle on se trouve, une personne auprès do la(]uelle on est. A"a4.sr//ter de clie: soi. il s'est absenté, de Paris durant trois mois , s'ab.ienler d'auprès de su femme. On [leut .l'absenter sans s'éloigner, mais on no saurait s'éloigner de chez soi, du lieu où l'on demeure, sans s'absenter. Celui qui a chez lui
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! dos alTaires qui exiçrnt une surveillance suivie peut bien quolcpiel'ois s'ub^ionier, mais il ne doil jamais s'rinigner. In liomine qui a île jnauvai>os aflairos susceptibles iraccomni'idemcnl, d'arrangement, s'absenle; celui qui e^l coiqiablf d'un crime dont il ne peut e>jMirr le | union, s'éloigne.
AR.SINTIIE. Subsl. f. On a écrit iihxuitp,ithsii.tlie,alisijnllie,e\ \wmo,apsintv. l.' Académie s' CSl doeideo avec raison pour ubsintlie, >»r absinlhe \\cn[ d'absiiitliium. l'y est doiu' iiinlile. Autrcl'ois ce mot était masculin; aujourd'hui on ne le l'ait |)liis que rémimn.
Absolu, Absoluk. Adj. qui, dans les cas convenables, peut se mettre avant son >u!isl. Il est déri\('dii mot latin oA.vo/m/i/.v, ipil sigmlie .leiai-hé, sé|)aro entièrement, complet, enliei', indi-peiidaul. Ce mol renferme uik: idée d'ariVauchissemint de tonte çéno, d'indépendance, trabsoneo do toute liaison, de tout rapport avec d'auin-s éircs. Pniiriiir ubsoln. autorité absolue, cet absolu pouvoir. \ oyez Adjectif.
Absolu, on logique et en grammaire, csl l'opjiosé lie relatif; il tloviont alors repilhélo, soit des idées soit des termes. Il y a des idées absolues cl des idées rtîlativcs, des termes absolus et dos termes relatifs. L'idée ab.ioluc est celle (pii n'a pas liosoin d'une autre idée à laquelle on la rap- [uirle, pour cire fcntiéromenl comprise, et (|ui n'en ié\eillc nocessaircmoni p<iinl d'aii;res jiar sa présence dans l'esprit. Tout ce qui e\isio, tout c^ (pli peut exister ou être considi-ré comme une seule chose, csl un être positif, l'objet d'une idée absolue.
L'idée relative suppose néccssaireinenl une autre idée, sans laquelle on ne la saisirait pas entièrement. Pierre est l'objcl d'une idée ab.tolne, si je le considère simplement commo individu ; mais si je le considcic coimiie père, mari, frère, maître, docteur, roi, grand, polit, prochain, éloigné, etc., je me forme autant d'idées relatives Tpii réveillent nécessairement chez moi parleur présence colles de lils, de roinnie, île frère ou de sœur, de domestique, do disi-iple, de sujet, etc.
11 y a encore cotte difléi once oui re l'idi'e (///5"lue et l'iiléc relative, «lu'il n'est poini d'ifli'o absolue (\\i'ou no puisse rendre relative a nnoaulreen les menant on nipporl; au lieu (pi'il est des idées relatives que l'on ne saurait rendre absolues; telles sont colles de grandeur, de quantité, de partie, de cause, do père, etc.
Les tonnes ab.vl.us sont ceux qui expriment des idées absolues, tels <iuo substance, m.nde, homme, cheval, clc. : es icrmes rolalils expriment des idées rohiliveSjlcls (lue créateur, père, époux, sujet, etc.
In lormc absolu peut devenir relatif en y ajoutant qiiol«luo mot (]ui indiipie une comparaison ; comme plus noir, plus gui, moins .Hucère, Ct<;. -Mais il y a des termes tellement absohi.i par leur nature, qu'ils ne soulfient pas ces signes do coin- [laraison. Ou ne peut pas ilire, par exemple, que yirgilc est plus immortel que Cicéron, |iarec qu'on n'est pas plus ou moins immoricl. Les adjoclils pa>/'(»i, universel, mortel, flernel essentiel, divin, suprême, sont des atljcclifs absolus. J.-J. llousseau a donc lait une faute eu disant, le premier langage de l'homme, le plus universel, le plus énerniquc, et le seul dont tl eût besoin avant qu'il fillul persuader des lurmviesai.9emblés,est le cri de ta nature. On peut bien dire le plus énergique, parce «]U on peut avoir plus ou moins d'énergie; mais on ne peut
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pas dire le plus unirersel , parce qu'un langnire ne peut pas élrc i)lus ou moins universel, il m; faut pas dire non plus vne vertu trcs-esscnticUc, parc? que l'essence n'admet ni extension ni restriction.
On peut donc reprocher à Boileau d'avoir dit :
San» la langue, en un mol, l'auteur le plue divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant tcri»ain.
Il y a des mots qui paraissent absolus et qui ne le sont pus, parce qu'ils supposent tacitement une relation; tels sont voleur, imparfait, vieux, etc. I.e voleur n'est pas tel sans une chose vok-c ; un cire est imparfait rcialivoment à une fin; un être est vieux relalivemcnl à un cire plus jeune.
En grammaire, on appelle verles absolus ceux qui n'ont pas besoin d'un coirpiémenl pour achever l'idée qu'il:; expriment ; Icls sont mourir, naître, sortir, tomber; cl verbes relatifs CQ\i\ (]\\'\ ont besoin d'un ou de deux compléinenls |)our être comi)ris entièrement; tels sont battre, connaître, donner, renvoyer, qui onl un rapport nécessaire avec un objet sur lequel s'exerce l'action qu'ils expriment. // bat sa femme, il comiaitses devoirs, il envoie une lettre à son ami.
On ii\)[)cl\e participe absolu.cchù qui ne prend les formes ni du féminin ni du pluriel. S'il n'est pas permis de se servir en ce cas du participe absolu, il faut renoncer à faire des vers. (Volt., Remarques sur Cinna, act. I, se. m, 33.)
On distingue des propositions ab.iolves et des propositions relatives. On appelle absolues celles qui sont telles que l'esprit n'a besoin que des mots qui y sont énoncés pour entendre le sens. On appelle relatives celles dont le sens met l'esprll dans la situation d'exiger, de supposer le sens d'une aulrc proposition. Bieu est éternel est une proposition absolue ; qu'il fasse jour est une proposition relative.
On distingue aussi dans les mots le sens absolu et le sens relatif. Un mot est pris dans un sens absolu lorsqu'il est employé sans complément. Dans aimez Dieu par-dessus toutes choses, le verbe aimer esl pris dans un sens relatif, puisqu'il est suivi de son complément. Dieu. Mais dans aimez, et faites après tout ce quil vous plaît, le verbe aimer est pris dans un sens absolu, puisqu'il n'est point accompagné de son régime. Dans/e suis père, père est pris dans un sens absolu; je ne dis pas de (pii je suis père; dans l'amour que j'ai pour mon père, père est pris dans un sens rclalil'; c'est le père de moi. Une seule chose est nécessaire, sens absolu ; la patience est nécessaire au sape, sens relatif; vmts marcherez derant moi, sens relatif; vous marcherez devant, et moi derrière, sens absolu. Voltaire a dit, dans ses remarques sur Corneille [Hor., act. IV, se. v, 7U) : On ne peut employer dedans que dans un sens absolu. Voyez Relatif.
Absolument. .\dv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le jjarticipe. // a voulu absolument partir, ou il a absolu7nent voulu partir.
Absolument est aussi un terme de grammaire. On dit (ju'j/n mot est pris absolument, lorscju'il n'aaucun rapport grammatical avec d'autres mots. Absolltoire. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. Jugement absolutoire. Absorbant, Absorbante. Adj. verbal tiré du V. absorber. Il ne se mot iju'aprôs son subst.
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rfemùdfe absorbant, terres absorbantes. Il se prend aussi substantivement. Un bon absorbant
Absorber. V. a de la 4" conj Selon l'Académie, il signifie engloutir. Il y a de la différence entre ces deux expressions, ^-//y^orier exprime une action successive qui finit par consumer le tout. Engloutir exprime une action qui saisit le tout et le fait disparaître tout d'un coup. Le feu absorbe, la mer engloutit.
Absorption. Subst. f. Volncy a employé ce mot au figuré. De môme que, dans un État, un parti avait absorbé la nation; puis, une famille le parti; puis, vn individu la famille : de même il s'établit d'Etal à Etat un mouvement d'al>sori)lion. [Les Ruines, chap. xi, p. 59.)
Absoudre. V. a., inég. et défeclucu.x de la 4 ' conj. Voici comment il se conjugue :
Indicatif. — Présent. J'absous, lu absous, il absout; nous absolvons, vous absolvez, ils absolvent. — Imparfait. J'absolvais, tu absolvais, il absolvait ; nous absolvions, vous absolviez, ils absolvaient. — Le passé simple manque. — Futur. J'absoudrai , tu absoudras, il absoudra; nous absoudrons, vous absoudrez, ils absoudront.
Conditionnel. — Présent. J'absoudrais, tu absoudrais, il absoudrait; nous absoudrions, vous absoudriez, ils absoudraient.
Impératif. — Présent. Aiisous, qu'il absolve; absolvons, absolvez, qu'ik absolvent. Subjonctif. — Présent. Que j'absolve, que tu absolves, (ju'il absolve; que nous absolvions, que vous absolviez, qu'ils absolvent. — L'imparfait du subjonctif manque.
Participes. — Présent. Absolvant. — Passé. Absous, absoute.
On l'a absous, il a été absous. Ab.wvdre quelqu'un d'un crime dont il était accusé. On l'a renvoyé absous.
Quelques-uns écrivent le participe passe masculin avec un t, absout; ce qui le rend plus analogue au féminin, que l'on écrit absoute; mais l'usage est contraire à cette orthographe.
Abstème. Adj. dont on a fait un subst. des deu.K genres. Ce mot n'est point usité dans le langage ordinaire. On dit qu'une personne ne boit point (le vin; ou bien que c'est un buveur ou une buveuse d'eau. Parmi les proteslanls, on appelle ubstèmes les personnes qui ne peuvent participer à la coupe, dans la célébration de la sainte Cène, à cause de l'aversion naturelle qu'elles onl pour le vin
Abstenir (s'). V. pron. et irrég. de la 2" conj. Il se conjugue connue tenir. Voyez Irrégulier.
ABSTmENCE. Subst. f. Quand ce mot se dit au pluriel, dit Fcraud, il ne mar(iue pas la vertu de la mortification, mais les œuvres de celte vertu ; et il donne pour exemple : les abstinences et les modérations doivent être réglées par la prudence. — Je ne pense pas i\n\ibstineuce puisse cire jamais mis au pluriel. Dos œuvres d'abstinence ne sont pas plus des abstinences, que des teuvrcs de justice ne sont dcsj'uslices, cl des o'uvresde piété des pietés. On dit bien des charités, pour exprimer certaines œuvres (|ui peuvent être inspirées par la charité, mais dans ce sens les charités a jjIus de rapport à aumônes qu'à la vertu qu'on nomme charité. On peut faire des charités sans avoir de la charité : on les fait souvent par pitié, par osteiUalion,clc. — L'Académie dit (lu'en parlant du boire cl du manger il s'emploie quelquefois au |)luricl. Les abstinences
ABS
prescrites par l'Eglise. Exténue de Jeûnes et d'abstinences.
Abstinknt, Abstinente. Adj. qui suit toujours son suhst. Un homme abstinent, une femme abstinente. 11 est peu usité.
Abstraction. Subst. f. Ce mot vient du latin abstrahere, qui veut dire arraclier, tirer, délacher. L'abslracliun , dit Dumarsais , est une opération de l'esprit par laquelle, a l'occasion des impressions scnsii>les des objets extérieurs, ou à l'occasion de quelque affection intérieure, nous nous formons, i)ar réflexion , un concept singulier que nous détachons de tout ce qui peut nous avoir donne lieu de le former. Nous le regardons n part, comme s'il y avait quoique objet réel qui ré|)ondit à ce concept, indépendamment do noue manière de penser; et parce que nous ne pouvons faire connaître aux autres hommes nos pensées autrement que par la parole, celte nécessite et l'usaçe où nous sommes de donner des noms aux objets réels, nous ont portés à en donner aussi au concept métaphysique dont nous parlons.
Ainsi c'est par abstraction que nous avons formé les noms de tous les objets qui n'existent point réellement hors de nous, mais qui ne sont que des vues pariiculiércs de notre esprit.
Le sentiment uniforme que tous les objets blancs excitent en nous, nous a fait donner le même nom qualificatif à chacun de ces objets. Nous disons de chacun d'eux en particulier qu'il est blanc. Ensuite, pour marquer le point sous lequel tous ces otijels se ressemblent, nous avons inyenié le mot blancheur. Or il y a en effet des objets réels que nous appelons blancs; mais il n'y a point hors de nous un être qui soit la blancheur. C'est donc par abstraction ([ue nous avons inventé le mot blancheur. C'est aussi par abstraction que nous avons imaginé les mots beauté, étendue, figure, divisibilité; et ces mots sont, par cette raison, des noms abstraits.
Les termes abstraits sont nécessaires dans les lang.ucs; et si l'on voulait les éviter, on serait oblige d'avoir recours a des circonlocutions et à des périphrases qui énerveraient le discours. D'ailleurs, ces termes fixent l'esprit; ils nous forcent à mettre de l'ordre et de la précision dans nos pensées; ils donnent jilus de grâce et de force au discours; ils le rendent plus vif, plus serré et
Î)lus énergique : mais on doit on connaître la vaeur.
Abstp.activement. Adv. Il ne se met guère qu'après le verbe. Jl a considéré absir activement cette qualité.
Abstkaire. V. a. et irrég. de la 4^ conj. Il se conjugue comme traire. Voyez ce mot
Ce verke n'est pas usité à tous les temps, ni même a toutes les personnes du présent. On dit seulement j'abstrais, tu abstrais, il abstrait; mais au lieu de dire , nous abstrayons, etc. ; on dit, nous faisons abstraction, le parfait et le prétérit singulier ne sont pus usités; mais on dit, j'ai abstrait, tu as abstrait, etc ; j'avais abstrait, etc., j'eus abstrait, etc. Le présent du subjonctif n'est point usité. On à\l, j'abstrairais, etc. On dit aussi que j'aie abstrait, etc.
Abstraire, c'est faire une abstraction : c'est ne considérer qu'un allribul ou une propriété de quelque être, sans faire attention aux autres attributs ou qualités; par exemple, quand on ne considère dans le corps que l'étendue, ou qu'on ne fait attention qu'a la quantité ou au nombre.
Abstrait Abstraite. Adj. qui se dit des per-
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sonnes et des choses, et qui ne se met qu'après son subst. Un esprit abstrait est un esprit in;iitenlif, occupé uni(]uomeiit de ses propres |icnsrés. — Tous les termes soin indivitlueN ou «4slraits. Les grammairiens appellent noms appellatifs ceux qui signifient des substantifs abstraits.
On distingue des termes abstraits et des termes concrets. On entend par les premiers ceux (|ui signifient les modes ou les (jualités d'un être, sans aucun rapport à l'objet en (pii se trouve ce mode ou celte qualité; tels sont les substantifs blancheur, rondeur, longueur, sagesse, mort immortalité , vie, religion, foi, etc. I.r ixrnics concrets sont ceux qui représentent ce. ■'•n i- ^s, ces qualités avec un rajiporl à (piehiue sujet indélenniné; ou autrement ceux qui représentent le mode comme a|ipartenanl a chaque être, et ces tciines sont ceux que les grammairiens appellent aàj'ectifs, ipioique assez souvent ils soient employés comme substantifs. Tels sont blanc, rond, long, sage, mortel, mort, immortel, etc. Quoique les termes sage, fou, philosophe, lâche, etc., s'emploient souvent comme substantifs, ils sont cejiendanl termes concrets, parce qu'ils ont leurs abstraits correspondants, sagesse, folie, philosophie, lâcheté, etc.
Ln terme abstrait peut quelquefois être employé comme nom pro|)re et individuel , en y ajoutant (]uelques mots (|ui en lesireignent le sens à un seul individu, ou en indiipiant qnehpie circonstance qui produise le mcmecffel dans Tesiirit de ceux qui le connaissent. Ainsi père, mère, femme, sœur, maison, sont des termes généraux, des termes abstraits; ils deviendront individuels si je dis, jiar excni|)le, 7«o« père, ma mère, ma femme, ma sœur, ma maison. De même, si étant a Paris, je dis le roi, la rivière, chacun sait que je parle du roi régnant et de la Seine, (juoique les termes roi cl rivière soient des termes généraux qui, en tout autre cas, désignent chaque roi, chaque rivière.
De même des termes individuels , des noms propres, peuvent devenir des termes universels et abstraits, parce qu'ayant jjris de l'être unique que chacun désigne, les caractères les jjjus frappants qui les ont distingués, on en a fait un concei)t à part auquel on donne ce nom [)io|)re individuel, et on emploie ce nom proiire à désigner tout autre être qui lui ressemble par ces traits caractéristi<iues. Si, ay:mt saisi, par exemple, dans l'idée individucll« d'Alexandre, les idées partielles d'ambition, de valeur entreprenante; dans l'idée de César, celle d'un généial parfait qui joint la science militaire, l'étude des belles-lettres, la prudence,ractivité,au courage héroïque, j'emploie les noms yjlerandre cl César comme des noms communs (|ui ne désignent que des traits dislinctifs de ces individus, je i)uis dire de Charles XII, c'est l'Alexandre du Nord; de Irédéricll, c'est vn César. C'est dans le même sens que l'on dit d'un politique fourbe et cruel qui emploie la trahison et le crime , c'est un Machiavel.
Abstrcs, Abstruse. Adj. qui suit toujours son subst. Raisonnement abstrus, question abstruse, sciences abstruses.
11 ne faut point confondre ce terme avec a^ strait, qui se dit, de même (pi'ai.s7n/.s, d'une ciiosc difficile à comprendre. Une chose abstruse est difficile à comprendre, parce (pi'clle dépend d'une suite de raisonncinenls dont on ne peut suivre la liaison et saisir l'ensemble que par le moyen d'une contention d'esprit extraordinaire.
^0 ABY
Une rhnso abstraite ost .linicile à comprendre, | nnrcc <|ii"ollc i-sl l:cs-fl»ii!.'iiér des ulccs loiiimuiics. In li'.iiîo sur rciileiulrincnl liiiin;iiii Cbl né<-<'ss;iiii'iiu'nl alisIrcU; lit l'l'oiiu'Iiic Irinst cndnnir <'^l une science abttnise. — 11 mî dil «jnelqnelViis des éciiv;iins diins un sens doi';ivor;il>le. Ce philosophe vi'u paru fart abstrus. ( Die t. de YAcud)
ARsur.nr.. Ailj. des deux çr>nres. On ne Iroiivc Dullc pnrl (jne cet ndjeclif peiil régir lu |HT|i(isilion à. On en voii deux exemples dans les vers 5uiv;Mil> de \ oliaire :
Ce tlugiiic dbMii'ile à croire, aUsiinlc à |ir.iliqiicr.
(Volt., ie Disc, sur rilommr, 123.)
Fêrand prélenil (]\\\ihsur,Ie no se dit que des choses; il se Iniinpo. On dil Irès-liieii un homme abaiirdr, |Miiir simiilior un Iminme (]ui ne dil «iiie des aiisnrdilés. 'Dicl. Je l'.tcud.) (et adjeciil" se met ordinaironioiil oiirès sun snlislanlif; (juclquefois cc|peiidanl on le met avant : cet absurde ruisiiunciiiciit.
AiisLiiKKMF.NT. .\dv. 11 ne se met qu'après le VCrliC. // a ruisniuii: ubsurJempnt.
AiismunÉ. i>ul)st. m. lin parlant du vice ou du défaiil de ce <pii C^t absindc, il ne prend puiiil de pluriel". \ absurdité, d'un raison neuirnl ; /'tibsurditi' de ce discours. Quand il sii;iiiiie cliose alisuide, il peut seineilrc au [iluriel: ce discours est jilciii d\ibsurdilrs.
Abls. Suhsl. in. En terme de çrnminnire, il so dil de l'applicalion d'un mol dans un tcns qui n'esl pas sitn \rai sens.
Arisi'.i;. ^■. a. et n. de la I"^ eonj. On trouve dans le Dit liouvairc de l'.-Jcadruiie, abuser les es/irits faibles, abuser les peuples. N'ullairc a dil abuser les regards.
Par SCS dHiiilseiticnts à tonte lieiire elle (U politique) abuîO Les rcjjarJs éblouis Je l'Europe confuse.
(YoLT., W;ir., \\, 2ôl.)
On dit des choses, qu'elles abusent, pour dire qu'elles iruniiienl, (lu'clles indiiisenl en erreur. Je reconnus, mai? trop tard, les chi/uères r/ui m'avaient abusée. (J.-J. Ilousseaii, HiLiïse,i'' part., leilre AVIH, l. iv, p. 5'i ) Doux espoir qui nourrissais vinn finie et m'ubusais, te voilà dune éteint sans retoiir! {Idem.)
Adl'sik, XiiesivK. Adj. (pii se uiet ordinaireincnl après Siiii sulisl. En terme de grannnaiie, on ap[ielle terme abusif un terme pris dans un sens (pii n'esl pas adopté p;-! l'usai-'e; sens abusif, lin sens donni; à un mol contre l'usage ou contre le l)on .isage.
Abi sivEMF.NT. Adv. On peut le mettre entre l'auxdiaire et le [Ku-ticipc, (piaml l'iiarmunie ne s'y <)p|i(ise pas. Oh a établi abitsiremcnt cette •coutume ; on ucait abusivement établi cette coutume.
Abymf.h. V a. de la 1" conj. I.'Académic, dans ses anciennes édilions, a toujours cent ubijmer, eonformiMnenl a l'éiyuioloijie; mais dans son édili<in de J >US, elle a rejeté l'y cl a écrit abîmer. Ceux q\ii liemieiit a ce (pie l'on conserve les uaccs de 1 ciynioluî^iedes mois diront qu'elle a mal fait: d'auiies rajipronveront. 11 est ceriain (pi';iujonrd Inii du retranche autant que l'on piMil l'y, lorsqu'il n'a pas la prononciaiion de deux t. Mais pouripiiii ce retranchement ilans cerlains mots, et non diiis d'autres''' Sil'on peut écrire abîme, pourquoi u'écrirait-on pas 'icua:?
ACC
Los mots abyme, abijmer, oTrcnt toujours UM idée de profondeur.
Je fri'n.is quand je toi Les abvmes profanât i|iii .Voiivniil dev.inl moi.
(Uac, Etth., ad. IV, se. I. fi5.>
En qnfl gouffre d'Iiorrenr Tes périls cl ma perle oui jliyiiié innn cicur.
(VuLT., Uahom., aol. 11, ic. I, li.)
Pourquoi, dil 'S'oltairc dans ses I\emarqucs sur t'.oriieille, pnunpioi dil-oii jiibymé dajis la douleur, dans ta tristrs.se. e'.e.? c'est tpl'on y l)eul ajoiiler ri-pillièle de profonde.
Acabit. Siilist. m On ne prunonce point le t.
Ai.ACU. Siibst. m Méiiai-e [Obscrr. sur la langue française, cli. ci.x >, Trevinix, Th. Corneille ( Obscrr. sur f^augvlas ) VA i'eraiid, prelciidcnt i\\t'acacia ne doit p.is |irendie d* au pluriel. 1,'Acadéiiiie veut qu'il en prenne un, et elle ne dil pas pourquoi.
AcADKiiiouE Adj. des deux genres qui se place ordinairement après son snhst., excepté en vers, où on le met oïdiiiuireincul uvuul.
QuitUiut le ton de la nature, Itépandaut sur tous leurs discours L'acudèmi'iue (^nlnininure.
(Ghesskt, Chartreuse, 585.)
AcvDÉMiQCEMENT. Adv. On ne le met iiièreqir»près le verlie. Cela est écrit académiquemcnl .
AcAKiATRK. Adj. des di.'iix genres qui suM tonjotirs son subsl. Une femme acariâtre, vn esprit acariiitre.
AecAni.ANT, .Accablante. Adj. verbal lire du V. accabler. 11 se met avant ou après le substantif, selon li,-s l'as. Une nourelle accablante, cette accablante nourelle. ^'oye7. yidjcclif.
Il ne se dit point comme le vinbe accabler, des bienfaits, des faveurs, «les caresses, à moins qu'ils ne soient indiqués comme à charge et insupportables. On dit bien vous m'accablez de bienfaits ; mais on ne dit jias dans le même sens, vos bienfaits accablants.
.AccAnLKR. \'. a. delà i" eonj. yiccabler quelqu'un de rcproclies, d'injures, de grâces, de faveurs.
Je t'en avais comblé (de bicnfallO, je t'en veux accablvr. (ConN., Cin., act. V, se. m, H.)
La Harpe a dil à l'occasion de ce vers de Voltaire :
Je voudrais... mais faut-il, dan; l'éLit qui m'opprime... (Volt., Simir., act. 1, se. v, 78.)
on n'est point opprimé par un élat.; on cstacctfblè d'un état, et opprimé par le sort. — Etre accablé sous un fardeau.
Son vieux père, accablé sniis le f.irdeuu des aii", Se livrait au sommeil entre «es deux c-nfanls-
(VOLT., Henr., H, 507.) '
AccAPARcnR. Adj. , fait au féminin Accapar rcuse.
Accéder. V. neut. Accéder à vn traité. Il prend l'auxiliaire avoir; j'ai accédé.
AccÉLÉitATEUiî. Adj. Il fait au léminin accélératrice. Force accélératrice. 11 ne se met (lu'après son subst.
( Accent. Subst. m. On entend par ce mot une I manière d'articuler et de prononcer les mois d'une
ACC
langue. I.a manière U';irticuler et de pronoiiror les mots ilo 11 l:inçuo fi;iiiç;iise suivaiU le l)ii;i usage ei les rè|:li^s de In pi'oaonciatlon, s'apiiolle l'acce/it tia/iiiiial français.
Dans cliaiine |iru\ incc, dans chaque villi», on s'ccarlo plus lui moins, d'nne nianière ou d'une autre, dti hon usai'e (pii consiilnc i'acicnl national; cl ces dillcreiices fornionl les acceins des provinces. On iWsWw^nc Vucce/il ffascon, l'accent picard, raccciil iinrmand, etc.
On donne anssi le nom iVacccnl au\ diverses modilications de la voix, (pii servent a disliiiiruer certains tons dans le discours, et à y mollie plus de variété. Cliaipic mol qui a plus d'une syllalie reçoit plus d'un accent dans la |)rononciaiion, même lorsipi'on le prononce seul et hors de sa liaison a\ ce d'autres, l/ellcl de cet accent est de détacher ce mot de ceux <)ui pouriaient h; précéder el le suivre, et d'en laire un tout (pii ail lui coinnieiicemeiu el une fin, une élevali"» el un abaissenienl. (lel accent se uimr.nc accent ffruînmalical ; c'est l'usage seul ipii le di'terniinc dans chatpie langue, et il sérail dillicile de rendre raison d(! sa iliMeiniiiiaiion. Il conlrihuea rendre les périodes sonores, en ce <iu'il les divise en membres, el (ju'il donne de la variété à ces mendjres. Dans les mois (pii ont un no;nljrc ég.d de syllabes, l'acceni c>l laiilôl sur la linale, "tanlôl sur la pénulliénic, et laïuôt sur ipiclqu'uiie des autres.
On appelle «ccp/f/ ()rrt/"t/c les diverses modilications de la voix (|ui sont dcsiineesà indiijuer plus précisément le sens du discours, et à exprimer i)lus roiieuienl l'idée piincipale. 1 es monosyllabes n'onl |ioinl d'acceiil gi-.uumalical, mais ils peuvent avoir un accent oratoire, lorsiiue c'est sur l'idée tju'ils expriuieiU que l'oi'alcur veul diriger l'allcnlion de ses audiicurs. Dans les mots polysyllabes, Vuccent oratoire renforce ou aflailifit Vaccent çiaiiunalical ; quelquefois même il fait dispa-!"iitre ce dernier, en apjiuyant sur d'autres syllabes.
L'accent pathétique est une espèce particulière de l'flccr/j/ oratoire ; il doime le Ion au discours, el ajoute un nouveai degié de force à l'accc/i<simi)leuient oi-aloiie, (j.. il détermine |)lus précisément. On peut en effet prominccr les mêmes discours a\ec les méiues accents oratoires, en des manières si différentes, (ju'ils changeiil totalemenl de cai'aetcre.
C'est de l'ob^ervaliim exacte des accents que dépend en grande jiartic l'harmonie tlu discours. L'orateur ou le poêle (pii sait arranger les mots et les phrases de manière (pic les accents, agréablement variés, se jnésenlenl d'eux-mêmes à la lecture, cl répondent si cxaclemenl aux pensées, qu'on no puisse les transposer, sera à couji sur harmonieux ; car il n'est pas douteux que î'iiarmonie ne lieime plus à la lielle variété des accents qu'a une prosodie scrupuleuse.
Chaque iiensée, chaip;c passion a ses accents <îui lui sont propres. Aussi dit-on les accents de la douleur, de lu pitié, de la joie, CtC.
On enlend loiir à tour les vœux de l'amitié, L'accent du désespoir, celui du la pitié.
(Delillk, Énéid':, V, 201.)
Ses accents ressembl.aienl à ceux de ce tonnerre. Quand du mont Sinai Dieu parlait à la terre.
(YoLT., Henr., YIX, 117.)
On appelle accent prosodique cette espèce de modulation (iui rend le son grave ou aigu. Il diffère de [accent oratoire, en ce que celui-ci influe
Ad;
moins sur chaque syllabe d'un mot par rapport aux autres syllabes du mène mot, que sur la phrase entière par rai.pori an sens. t)n pcul dire aussi tpic Vuccent prosodique des mènie» mois demeure invariable au iinlieu de lonics les variétés de Vaccent oratoire; parce que, .laiis le même ukjI, chaipic syllabe conserve la l'néme rchilion mécaiiiipie avec les autres syllabes, el (|uc le même mol, dans difléienles (ilnases, ne conserve |»as la même relation analyliipic avec les autres moi • Gc ces phrases.
Inliii, on appelle accents certains sL'pcs que ronemploiedaiiilécriture et dansrimpic sion.ct tpie l'on mel sur les voyelles, soil |iour en faire coniiailie la prononciation, soit |iour disimmicr le sens d'un mol d'avec celui d'un autre mol qui s'écrit de même.
On dislingue dans la langue française trois espèces û'acccnls : Vaccent aigu ('), Vaccent gi;he ('), el Vaccent circonllexe (").
On se sert de r«cc<?«/ aigu pour martpier le San tie Vc fermé, bnnté, chasteté, aimé; on m3t l'accent grave sur Vc ouvert, procès, succès.
Lorsqu'un e muet esl précédé d'un aiilre « luuet, celui-ci devient plus ou mois ouvert. S'il esl simiilemciit ouvert, on le marque d'un accent grave, ilviènc, il pèse, vion père, ma nicre;%"\\ esl tiès-ouverl, on le inai'ipic d'un accent circonllexe, être, même, tète, tempête, cic.
iSotre prosodie ne souffrant pas deux e innels de suite tians le même mot simple, on mel Vaccent aigu sur l'e final des verbes ipii, dans les jihrases intsrrogalives ou autres, sont joints par un tiret avec le pronom je. Aimé-je, dussé-je, veillé-je
On met l'accent grave sur à prêi>osiiion, pour le distinguer d'n Iroisièmc personne de l'indicatif présenl du verbe avoir. On le mel aiis-i sur là adverbe, pour le distinguer de l'article ou du pronom lu; el sur où adverbe, pour le distinguer iVou conjonction. Dès signilianl du moment où, s'écrit avec un accent grave; des signilianl de les, s'écrit sans accent.
Ouoique dans les mots les, mes, tes, ces. Va soitouverl, on n'y met point iVacccnt.
Vuccent circonflexe, qui se met sur l'e fort ouvert, se met aussi sur d'autres voyelles longues, comme û^e, héiillcr, gîte, cote, fh'ite, etc. Les mols(|iii sont aujourd'hui ainsi acceniiiés, furent d'abord écrits avec une double lellrc ou avec un s. On prononçait alors celle double b'tlie ou ce s,aagc, buailler, yisle, cnsle, flu.'ite, etc.. l'/ans la suite on relranclia ces lettres dans la prononciation, et on les laissa subsister dans l'écriture, parce (pie les yeux y elaicnl accoutumés; au lieu de ces lettres," on fit la syllabe longue; plus lard on marqua celle longueur par ïucceut circonflexe.
On met aussi cet accent sur Va de le vôtre, h notre, apôtre, bientôt, c[c., (pii s'écrivaient anciennement rostre, nostre, apustre, bicnlnst, elc Ou en fait également usage à la |)ieiiiièieet a la seconde personne du pluriel du passe siiniile de lindicalif: nous aimâmes, vous uimulcs,nous reçûmes, vous rcciîlcs, Clc, Ci a la troisième l»'"'.soiiiie du singulier de l'impaifail du subjoncur, qu'il eût, qu'il aimât, qu'il reçût. On le met encore sur mûr, sûr, etc., ipToii rciivail aulrelois vieur, seur. Le mot dû, |tailicipe passe du verbe devoir, prend aussi racccnt circonflexe, parce «pi'on écrivait deu, et aussi pour le distinguer de rariiclccom|)0.sé du. Mais ce particiiie ne prend point cet accent au féminin ; on écrit due.
ACC
Kn génonl, on ne met point d'accent sur IV ouveiH quand cel e osl suivi d'une consonne avec laquelle il ne f.iil (ju'iine syli.-iliie. Ainsi on écrit sans accc/il, la mer. Je fer, aimer, ilonner, elc.
Depuis l'ciliiion du Diclionnaire de l'Académie publié ei. 171(8, l'usage abusif s'est introduit, d'après ce Dictionnaire, de mettre un accent circonflexe sur l'a du mol ûvie. L'accent circonflexe suppose la suppression d'une lettre, et l'on n'a jamais écrit asrnc; il sert à rendre une syllabe longue, et la première syllalio d'ame est longue par les règles générales de .a prosodie. Depuis Montaigne, (]ui écrivait ame, jusqu'à l'abbé Féraud, quia commencé d'écrire dmc, ei qui n'a été imité par personne, on avait toujours écrit ce mot sans accent. Mais aujourd'hui, d'après cette dernière édition du Dictionnaire de l'Acailémie, la plupart des protes et des imprimeurs mettent cet accent circonflexe, et la plupart des auteurs les laissent faire.
C'est probablement dans le dictionnaire de Féraud que l'Académie de 17i)8 a puisé cette innovation. Ce lexicographe voulait que l'on mit l'accent circonflexe sur toutes les syllabes longues. Il voulait que l'on écrivit, cl il écrivait lui-même, âme, barbare, colère, empire, aurore, lecture, emphase, thèse, surprise, chose, vitise, oser. A oyez le Dictionnaire de Féraud, au mot accent, et à tous les mots oit il y a une syllabe longue. ]l en donne pour raison l'avantage de marquer la prosodie de chaque syllabe, puiscpic toute syllabe qui n'aurait point cet accent serait, par là même, indlipiée comme brève.
Je n'examinerai point si cette innovation serait utile ou non ; mais elle n'a été accueillie ni par les gens ùs lettres ni par les gens du monde; mais l'Académie de 1798, qui n'avait pas dessein de l'admettre, et qui ne l'a point admise, n'avait aucune raison, en rejaiant ce système, d'accueillir l'orihograplie du seul mot urne qui en fait partie. h'Âcadémie, en 1835, a persévéré dans l'emploi du circonflexe.
Voici comment .M. I.emaire explique celte décision : « Le mot âme est évidemment formé i)ar « contraction, soit qu'on le tire du grec â-ysac.;, « soit qu'on lui donne pour origine le latin ou « l'italien anima. Or, la contraction qui rend la « syllabe longue, tandis qu'elle est brève dans i' amour, qui n'est pas contracté, nous semble <i un motif suffisant pour admettre l'accent cir- « conflexe. «
(Grammaire des Grammaires, p. 975.)
AccENTOATioN. Subst. f. Manière d'employer les accents dans l'écriture ou dans l'iniijiimerie.
Accentuer. V. a. de la 1'* conj. C'est mal à propos que Féraud re|)roclie à l'Académie d'avoir indiqué ce verbe comme actif, en donnant un exemple où il est neutre : il ne sait pas accentuer. Ce lexicographe aurait dû savoir i]ue tous les verbes actifs peuvent être pris absolument, sans qu'on puisse pour cela les (pialifier de neutres. On pourrait très-bien doiuier poiu- cxenqile de rein|)l(ji tlu verbe aimer, il ne sait pas aimer, sans qu'on puisse en conclure qu'on regarde ou qu'on doive regarder ce verbe comme im verbe neutre.
Acceptable. Adj des deux genres; il suit toujours son snbst. Une propositioii acceptable, des conditions acceptables.
AccEi'TEn. \ . a. de la i'° conj. Accepter un don, un présent. Je ne veux rien accepter de cet ho7nme-la
Acception. Subst. f. Terme de grammaire. On
ACC
peut considérer un mot matériellement comme signe, abstraction faite de sa signification primitive, comme quand je dis -.arbre est un mot de deux syllabes; on relativement à sa signification primitive, comme quand je dis : arbre se dit d'une plante qui a des racines, vn tronc, des branches, etc. Ces deux manières de considérer le mot arbre sont deux nrcr/î/w/i.ç différentes de ce mol. La première est ['acception matérielle, parce qu'on n'y considère que le matériel du mot ; la seconde est Vacceplion formelle, parce qu'on y envisage directement et délerminémenl la signification primitive du mot. Ainsi un mot (jeut être pris dans une acception matérielle ou dans une acception formelle.
Le même mot matériel peut être destiné par l'usage à être, selon la diversité des occurrences, le signe primitif de diverses idées fondamentales; et, à cet égard, il y a autant d'acceptions qu'il y a d'idées fimdameiUalesdont il [teutétre le signe. Par exemple, le inot coin exprime quehiuefois un angle; tantôt un instrument inécaniipie pour fendre, et tantôt tin inslrumenl destiné à marquer les médailles et la monnaie. Ce sont autant d' acceptions différentes du mot coin, parce qu'il est fondamentalement le signe de chacun de ces objets que l'on ne désigne dans notre langue par aucim autre nom. Chacune de ces acceptions est formelle, puisqu'on y envisage directement la signification primitive du mot; mais on peut les nommer distinclives, puisqu'on y distingue l'une des significations primitives que l'usage a attachées au mot, de toutes les autres dont il est susceptible. Il y a dans la langue française plusieurs mots susceptibles de divei'ses acceptions distinclives. On remarijue, par exemple, dans les phrases suivantes, quatre acceptions distinclives du mot esprit : L'esprit est essentiellement indivisible; lu lettre tue, et l'esprit vivifie ; reprenez vos esprits ; ce fœtus a été conservé daîis l'esprit de vin. Ces quatre acceptions différentes se présentent sans équivoque à quiconque sait la langue franyitise, parce que les circonstances les fixent d'une manière précise.
Outre les acceptions dont nous venons de parler, les mots qui ont une signification générale, comme les noms ajjpellatifs, les adjectifs et les verbes, sont encore susceptibles d'une autre espèce d'acception que l'on peut nomiTicr déterminative.
Les acceptions délerminalives des noms appcllatifs dépendent de la manière dont ils sont employés, qui fait qu'ils présentent à l'esprit ou l'idée al)slraitc de la nature commune qui constitue leur signification primitive, ou la totalité des individus en qui se trouve celle nature, ou seulement une partie indéfinie de ces individus, ou enfin un ou plusieurs de ces individus précisément déterminés. Selon ces différents aspects, Vacccption est OU spécifique, ou universelle, ou particulière, ou singulière. Quand on dit agir en homme, on \\Ycm\ le mot homme dans una acception spécifiijue, puisqu'on n'envisage que l'idée de la nature humaine; si l'on dit tous les hommes sont avides de bonheur, le nom homme a une acception universelle, parce qu'il désigne tous les individus de l'espèce humaine; quelques hommes cnt l'amc élevée; ici le nom homme est pris dans une acception particidièie, parce qu'on n indique qu'une |)artie indéfinie de la totalité des individus de l'espèce. Cet homme (en parlant de César) avait un génie supérieur ; ces douze hommes (eu
ACC
((arlanl des iluuze apôtres) n'araient par euxmêmes rien de ce i/iii peut assurer le succès Je leur entreprise. Le nom homme, dans ces deux exemples, a une acception singulière , paiio qu'il sert a délenniner précisément, dans l'une des phrases, un individu, et dans l'autre douze individus de l'espèce humaine.
Plusieurs adjectifs, des verbes et des adverbes, sont également susceptibles de diverses acceptions déterminai ives ijui sont toujours indiquées par les compléments qui les accompagnent, et dont l'effet est de restreindre la signiticalion primitive et fondamentale de ces mots. Un homme savant; un homme savant en grammaire ; un homme très-savunt ; un homme plus savant quun autre; voilà l'adjectif savant \mi, dans cpiatrc acccpitow* diffcrentcs, en conservant toujours la même signification. 11 en serait de même des verbes et des adverbes, selon qu'ils auraient tel ou tel complément, ou qu'ils n'en auraient poinl.
Il parait évidemment, par tout ce qui vient d'être dit , que toutes les espèces d'acceptions dont les mots en général, et les différentes sortes de mots en particulier, peuvent être susceptibles, ne sont que différents aspects de la signification primitive et fondamentale; que cette signification est supposée, mais qu'on en fait abstraction dans l'acception matérielle; qu'elle est choisie entre plusieurs dans les acceptions distinctivcs; qu'elle est déterminée a la simple désignation de la nature commune, dans ['acception spécifique; à celle de tous les individus de l'espèce dans l'acception universelle; a l'indication d'une partie indéfinie des individus de l'cspt^e, dans l'acception particulière; à celle d'un ou de plusieurs de ces individus précisément déterminés, dans l'acception singulière. En un mot, la signification primitive est toujours l'olijct immédiat des diverses acceptions .
On ne doit pas, dans la suite du même raisonnement, prei.dre un mot dans deux acceptions différentes, ^'acception d'un mol que prononce quelqu'un qui vous parle consiste à entendre ce mot dans le sens de celui qui l'emploie. Si vous l'entendez autrement, c'est une acception différente. La plupart des disputes ne viennent ([ue de ce que chaque parti prend le même mot dans des acceptions différentes. (Bcauzée et Dumarsais.)
Accessible. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subst. Un lieu accessible, un homme accessible.
L'Académie définit ce mot en parlant des lieux et des ixîrsonncs, qui peut être abordé, dont on peut approcher. En parlant des personnes, il signifie qui se laisse approcher par ceux qui désirent le voir, lui parler, lui demander (pielque chose, et les reçoit avec politesse et affabilité. Être accessible à tout le inonde, être accessible aux plaintes des malheureux.
Accessit. Subst. m. Mot tiré du latin. Quelques grammairiens veulent qu'on écrive des accessits; mais il est ridicule de donner le signe français du pluriel à une troisième personne d'un verbe latin. Vous voulez conserver aux mots tirés du grec toutes les lettres qui marquent leur origine, comme dans abijme, mystère, etc., et ici vous voulez dénaturer un mol latin par un signe français qui le rend méconnaissable. Soyez donc censéquents.
L'Académie, en l'-oS, écrit des accessit , mais elle tolère accessits.
Accessoire. Adj. des deux genres qui suit lou-
jours son subst. Une idée accessoire, un ornement accessoire. 11 s'emploie subslantiveim'iit au masculin.
Accessoire se dit, en termes de locique, de loul ce qui, ayant qucUiue liaison avti'le sujet dont il s'agit, n'est cependant poinl csseniiel a ce sujet. C'est en ce sens (ju'on dit des idtes accessoires.
En termes de grammaire, on appelle aoessoircs les modificalions dont on accomp.iune le sujet, l'attribut et le verbe, qui sont regardéscoinine les trois choses essentielles à une proposition Les accessoires snnt des idées (]ui ne sont |ias absolumeiil nécessaires au fond de la pensée, muis (lui servent a la développer. Les accessoires i:liiul retranchés, la proposition subsisterait encore.
Le choix des accessoires n'est pas une chose indifférente; car lorsiiu'on fait une iirnposliioii, on compare deux termes, c'est-à-dire le sujet ci l'atlribui; on les considère donc sous le rapport qu'ils ont l'un à l'autre, et l'on ne doit par conséquent rien ajouter (pii ne contrilme a rendre le rapport plus sensible ou pins développe.
Examinons sous ce point de vue les vei"s suivants de Kacinc, tirés du récit de la mort d'Hi{>polyle ;
Ses supeibes coiir.-iers, qu'on voyait aiilrelois Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voi\; L'œil morne niainlenanl et la tôle baissée. Semblaient se conformer à sa Irisle pensée.
(Rac, Phéd., ad. Y, se. vi, 16.)
La proposition dépouillée de ses accessoires est ses coursiers semblaient se conformer à su pensée ; tout le reste ne consiste que dans des accessoires destinés à la (lévelo|)pcr et à la peindi'e avec les couleurs les plus propres à la présenter de la manière la plus avantageuse, la plus vraie, la i)lus sensible.
Superbes, qu'on roi/ait autrefois, pleins d'une ardeur .ti noble obéir à sa vois. Sont des accessoires du sujet coursiers. Le poète, en lesrepn'sentant ainsi , iirépare un contraste qui rendra plus sensible l'état actuel d'aballenienl et de tristesse où sont les coursiers. L'œil morne maintenant et la tète baissée, nouveaux accessoires du sujet (|ui achèvent le contraste el en reçoivent une teinte jdus forle; el <es accessoires réunis concourent merveilleusement à dcvelo|)per \v rapfxjrt du sujet avec rallriliul, et a présenter l'union de ces parties essentielles de la jiroiwsition avec les couleurs el les reflets les |iliis propres à produire toute rimprrssion (pie le poète avait en vue. Ses coursiers sembtciû se conformer (i sa triste pensée, parce (pi'ils ont IWil morne et la tète baissée, attitude d'anlaiil |ilus frappante, <lu'aiilrefois on les voyait toujours superbes, et pleins d'une noble ardeur obéir « ta voix de leur maître.
A la place de ces accessoires, inettez-en d'antres moins conformes à la nature de la pensée prlncii)alc, et celle pensée perdra sa beauté, son coloris, une grande partie de son expression C'est ce (pii arriverait si l'on disait, .srv coursiers qui conduisirent tant de fois son char it /'« victoire dans les jeux de la Grèce, et qui se préparent ù un nouveau triomphe, semblent -ic conformer à sa triste pen.iée. On sent combien ces accessoires seraient déplacés, combien ils seraient ridicules. Il n'y a aucun rap|Mii l entre des coursiers (|ui semblent se conformer à la tristesse de leur inaiire, el ces mêmes coursiers remportant le prix de la course dans les jeux [w-
ACC
blics, cl se propm-anl à un non venu Iriomplio (le celle nPUirr. (es acccsxnircs soiil, .'iii conir-iiire, oppo-Os .1 l'iilce "uronVc l;i p^olKJ^ilion priiicipak', cl lie i)L-uvpni pnr cons('i|iii'iit sf-rvir m à 1,1 dévcln|i|inr, ni à rciulrc plus sensible la liaison (lu siijci ;ivec l';illiil)\il.
On;iMi! on niiMlilic le sujet d'une proposilion, il le f;iiil tlmic runsiilcrer rclativonicnl à ce qu'on vcul on aflirnicr; il l'aul ipic les accrssnircs ilitiil on lacrouipaunc conliibucnl a le lier avec l'ul- Irihul.
Ci)inme on cnnsidère le sujet par rapport à l'at-
Iribiil, il fairl cnn^iiicror l';iUribiil par rappori au
sujet; cl luulcs les niodiiiralions ou acci'x.snirc.i
.ajoutes (le part cl d'aulic doivcnl conspirer a les
lier de plus on plus.
Quaui au vei he, il ne peut cire modifié que prudes finonslamcs, cl il csl évid(>Ml ^juc le elmix des cireuiisi: ii>es ne peut cire déierniiné ipie par le sujet cl l'atiiibul considérés cuscndiic. Tout ce (jui ne liciil pas à l'un cl à l'aulrc csl au moins superllu.
Le va?ue des accessoires conlrihuc bcaurouj) a rendre le discours tout à fait l'roid. J'entends par la li's modiliealions ipii n'apparlienncnl pas plus a la cliose dont on iiaileipra touie autre.
C.ondiilae a donné pour exemple de ce défaut les vers suivants de Boilcau ;
Un galanl de qui tout le métier
Esl <ie courir le jour de quartier en quartier,
Et d'aller, à l'alin d'une perruque tiloiule,
De ses fruide& duuceurs faligu.:r loul 1'} monde.
Condamne la science
(Sal. IV, 11.)
La proposition esl vn galant cnndamne lasriencr, le resle consiste en acces^'ures. Il faudra, dit Condillac, si je veux modifier le sujet do celte proposition, (|ncjc lui donne un caractère ipii ne convieiuie ipi'a lui, et qui même ne lui convienne tpie par rapp(jrl a la science qu'il condamne. Or, vous voyez qu'une partie di'S ticccssoiies «pic lui donne Boilcau ne convient pas plus a un galant qu'a un homme désoeuvré, cl que tous ensemble ils n'ont que fort peu ou point du loul de rapport à raltrii)ul de la proposition ; aussi CCS vers .sonl-ils bien froids.
Celle criiiipie paraît bien sévère. Les nccrs- ■ioùes dont il csl ipicslion conviennenl ])airaiielaenl à un iiominc i;alanl; car son métier est d'aller de coté et d'autre fatiguer loul le monde tie ses froides douceurs; mais ils ne conviennent pùinl à un lioinme désicuvré, cpii peut l'om bien rester ciicz lui, cl duni le caraclèro n'est jias de iiire à loiU le monde de froides (lom'euis.
Condillac csl plus juste quand il condamne les deux vers suivanis du même auteur :
Et Jon Teu, dépourvu de tens et de lecture, S'éteint à cliaque pas faute de nourriture.
Un feu di'pnurvu de sens et de lecture, qui .^éteint à chaque pas, offre des accessoires bien élrauL'es.
11 l'aul considérer une pensée composée comme un tableau bien l'ail où tout esl d'accord. Soil que le iKMiilrc sépare ou groupe les figures, qu'il les éloigne ou les rapproche, il les lie louies par la part qu'elles |iren.^enl à une action principale; il donne à chacune un caractère, mais ce caractère n'est développé (pie par les accessoires (pu conviennent aux circonstances. 11 n'est jamais
ACC
occupé d'tme seule figure; il l'est coniiniicllemcnl du tableau entier; il fail un ensemble où loul est dans une exacte pro[)orli iii.
Condillac donne pour modèle d'une pensée bien (leveliip|«'e par des accessoires, uikî phrase ou Flecliier parle des vertus civiles de ruieune :
J'iiicinic s'rxerç ril aux rcriiis liriles. lin itmiUiaiU d un c('ité les circonslaii" es où cc général s'e\er(;aii aux vertus civiles, et de l'auiio h.'S ipialiK's (pi'il apportait a cet exercice, celle pensée se dévclopiiera, cl les paiiies scroiii [)ari'aitement li(es; c est ce (pie Mèchiera l'ait.
^."<'»7 alnis que diiiis le doux re/ms d'une condition prin-e , ce prince se drpiunlluil de touto tu gloire qu'il arait acquise pendonl lu guerre , et, se renfcriiHinl dans une sncii'lH peu voTnbrcuse de quelques amii choisis, s'euerçuit sans bruit aux vertus ciriles ; srrère dans ses discours, simple dans ses actions, fidèle dans ses auiitifs, exact dans ses di'rnirs, grand même dans les moindres clioses. [Oraison funèbre de 'J'u renne, p. 12'{.)
Souvent les id<-es se développent el se lient par le coiitrasle. C'est ainsi (pie li"Ssuel explique celte pensée ; Cnrlltage fui snumitc à liomc. — j-tnirUnil fut hallu, cl l.arlhoge, aulri'fuis 7naitresse de tnutf l'Afrique, de la mer Mrdilerranée et de tout le commerce de l'univers, fat contrainte de subir le joug que S'ipinn lui imposa. (Disc. SU1- l'Ilist. univers., 3" part., cli. vi, I)ag. 4S4.)
ï.a Bruyère développe ainsi, jiar descfmlraslcs, l'amour (lu peuple pour les nouvelles de guerre;
Le peuple, paisible dans ses fnjers, au milieu des siens, et dans le sein d'une grande ville où il n'a rien à craindre ni pour ses biens, ni pour sa rie, respire le feu et le sang, s'occupe de guerre, de ruine, d'embrasement et de massacre, souffre impatiemment que des urinées qui tiennent la campagne ne viennent pas à se rencontrer. (Du Siiuvcrain, p. SOU.)
AccEssoir.KMENT. Adv. Il ne se met guère qu'ap"ès le verbe. // ajouta accessoirement bien d'autres choses.
AcninE>T. Subsl m. Terme de grammaire. Les grammairiens entendent par accidents ilne propriété qui, à la vérité, est ailachée au mot, mais (pii n'entre j)()iiit dans la déiiniiion essentielle du mol; carde cc (pi'uii mot sera |iriinilif ou dérivé, simiile ou coinixisé, il n'en sera pas moins un terme ayant une signilication. Voici (pielssont ces accidenls :
i" Toute diction ou mot peut avoir un sens pro])re ou un sens figuré. Un iin't c>l au propre (piaiid il signifie ce pour (pioi il acte premièrcmcnl établi; le mol /t'o/i a été d'alujrd destiné à signifier cet animal (pi'on appelle lion : je viens de ta foire, j'y ai vu un beau lion ; Imn est pris là dans le sens propre; mais si en parlant d'un homme emporté je dis «pic c'est un ILm, lion esl alors danî un sens ligure, ihiaiid, par coiMparaison ou i»ar analogie, un mol se [ircnd eu ipiclqiiescns autre (|ue celui de sa première dcstuiatioii, cet accident peut é'.re appelé racceplK-tu du mot.
2" On peut observer si un mol est primitif, ou s'il esl dérivé.
Un mol est primitif lorsqu'il n'est tire d'aucun autre mot de la langue dans laipielle II csl en usage. Ainsi en français, ciel, roi, bon, sont des mois primitifs.
In mol est dérivé lorsqu'il csl tiré de quelque autre mol comme de sa source . ainsi céleste, royal, royaume, royauté, royalement, bonté.
ACC
bonnement, sonl nuinnl de dérives. Cet accident est appelé |i;ir les çr;imm;iirieiis l'espèce du mot; ils di^eiu iin'uii mul est de l'espèce piimiiivcou de l'esi'ùcc dt'iivée.
3" On p<Mii observer si un mot est simple ou s'il est coMipiisé • juste, j'usticr, sont tirs mois simples; injuAtc, injustice, sont eoinposés. Cet accident d'èli'e simiile mi d'être comiMise, a élé ap|)cle |>;ir li-s Miu'ieiis çr.iiiiin.iiriciis /// figure. Ils disent iin'iiii inol esl de l;i llirme s iniile, un ipi'il est delà li::iiieeumi»)>ée; en sorte i\\\c jiijuio vient ici de fitijvrr, et se preml i>onr la T-rme ou conslitu'it;! d'un mut qui |peut être ou siniiilc ou compose*.
4° Vn autre arcidrut des mots reçarile la prononciali.m sur ijuoi il faut distinguer l'acet-nt, qui est une éli-valiun ou un aliaissi-ineul de la voix, toujours invariahic dans le uiènie n\ol ; et le ton cl l'euipliase, i|ui stjut des lulliîxions de voix qui varient selnu les diver-es passions et les différentes iire<iuslani;es; un ton lier, union insolent, un Ion pileux, cle.
Yoiià quatre soiles iVaccidenls qui se trouvent en l(juies Sortes deinttls; mais déplus, eliaque sorio parlieuiiérc de mots a ses accidents qui lui sonl prupes ; ainsi le sui)Stantir a encore pour accidi- ni le ueiire, qui esl masculin ou féminin; le iiuui'.ire, qui e>l singulier ou pluriel.
L'adjc.lir a un uccidcnt de plus, qui esl la COm|)ardison : savant, plus savant, très-savant.
Les pronoms oui les inéiaes accidents que les noms.
A l'égard «'es verbes, ils ont aussi par accident l'accepûon qui est ou pro|ircou ligurce : cevieiilardmurche d'un pas ferme; marrlie est là au propre : celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres, K\\i Jesus-(Jni>l ; ici suit et vutrche sont pris dans un sens ligure, e'esl-à-dirc que celui qui pratique les maximes de l'Evangile a une bonne comluite, et n'a pas besoin de se cacher; il ne luil point la lumière, il vil sanscrainle et sans remords.
2" L'espèce esl aussi un accident des verbes; ils sonl ou primilils, connue parler, buire, sauter, trembler: ou dérives, connue parlementer, buvoter, sntitiller, trembloter, dette espèce de verbes dt-rivès en renlerine [ilusieurs autres, tels sonl les inclioatii's, les rrèipîenlalil's, les augmentatifs, lesdiminulirs, les imlatifs, les dèsidératifs.
3" Les vcri)i's ont ans i la ligure, c'esi-à-dirc qtl'ilssont siuq'Ies, connue tc//t/-, tenir, faire; ou composés, cuminc prévenir, convenir, refaire, etc.
4" La voix ou forme du verlie est de trois sortes: la voix ou forme aclive, la voix passive, cl la forme neutre.
Les verbes de- la voix active sont ceux dont les Icrmmaisoiis expriment une action <]ui passe de l'agent au patient, c'esi-a-ilirc de celui <pii l'ait l'action sur celui ipii la reçoit . Pierre bat Paul; bat esl un veriie de la l'orme aclive; Pierre esl l'agent, Paul esl le palienl, ou le terme de l'action de l'icrre. Dieu conserve ses créatures ; oonsene ay un verbe de la forme aclive.
Le verbe esl à la voix passive, lorsqu'il signillc que le suji'l de la jM-oposilion esl le |)alicnl, c esla-dirc qu'il est le terme de l'action ou du seniiment d'un autre : les mécliants sont punis, vous serez pris par les ennemis; sont punis, serez pris, sont de la l'orme piissivc.
Le verbe est de la lonne neutre, lorsqu'il signifie une action ou un étal qui ne passe point du sujet de la proposition sur aucun autre objet
àCZ 15
infi^rieur, comme it pâlit, il engraisse, il ^nnigrit, Timis courons, il badine toujours, il nt, vous rujeonisse:, elc.
5 1e mode, c'esl-à-dire les différcnles manières .rexpruner ce ipie le verbi' siirutlie, ou par l'indii-aiif i|ui esl le mode dneri ei a'.is.ibi, ou par l'impéralif, ou [lar le subjonclil', ou cnlin'par rinliniiif.
G' le sixième accident des verbes, e'esl de marquer le Icmp-; par des terminaisons pariiculièrcs j''aime, j'aimais, j'ai aimé, j'avais aimé, j'aimerai.
1" Le septième accident est de marquer les pei-sounes grammalicales, e'esl-àilirt,' les personnes, rel.niveuienl à l'ordre qu'elli-s l:ennenl dans la formation du discouis; cl, en re sens, il esl (A ideni qu'il n'y a que trois personnes
la première esl celle qui fait le «liscoins, c'cslà-dire celle qui jiaile : j'c chante ; je esl la [nemière p(M'sohne, et chante esl le verbe à la prem'ère personne, parce (juil est dit de celle première personne.
La secoiiile personne esl celle à qui le discours s'ailresse : tu chaules, vous chantez ; c'est la [tcrsonne à qui l'on pai-Ie.
Lnliu lorsque la personne ou la cliose dont on parle n'est ni à h preni ère, ni à la sci'omle |iersonne, alors le verbe est dit étrea la iroisième |)ersoime : Pierre écrit ; écrit c<~{ à la troisième personne» : le soleil luit; luit Ost à la iroisième personne du présent de l'iiulicalif du verbe luire.
S" Le liiiitième accident du verbe est la conjugaison. La conjugaison esl une dislriliuiion ou lisïe de toutes les parties et de loues les inllcxions du verbe, selon une cerlaine analugie.
JNos grammairiens comp;enl tiuatrc conjugaisons de nos verbes français.
1 ■ Les verbes de la première conjugaison ont riniinilif en er .-donner.
2 Ceux de la seconde ont l'inlinilif en ir : punir.
3" Ceux de la troisième ont l'inlinilif en oir : devoir.
4" Ceux <lc la quatrième ont l'infinilif en re, dre, tre : fiire, rendre, mettre
5' Lulin le .lernier «cci(/</(< des verbes est l'analogie ou l'anomalie , c'est-à-dire d'être réguliers'cl tic suivre l'analogie tie leur paratliguic, ou bien tIe s'en écarter, cl alors on du ipiilbsonl irrèL'iibers ou anomaux.
(,)ue s'il arrive iju'ils mani]uenl de queliiue moile , lit; tpieltpie temps im de (pieliiue personne, on les aiipelle dcfeclifs.
A l'eganl des prépositions, elles sonl loiiles piimitiM's ou sini|ili'S, ii, de, dans, arec, cle.
La préposition ne lait ipi'ajouier une circoiislauce ou manière au mol ipii preccile, et elle est toujours considérée sous le même point de vue ; c'est itjiijours la même manièri! tiu cu'ctmslaiice ipi'elle exprime : il est dans; ipie ce soii tians l.i vdie, ini dans la maison, ou tlans le c..rire. ce sera toiijoiu-s être dans. Voila pounpioi les |irojiosiiitins stinl invariables.
Mais il faul observer qu'il y a des priq)osilions séparables, telles ipie dans, sur, arec, cle ; et ilautres ipii sont appelées inséparables, parijc qu'elles enirenl tlans la coinposilitni tics mois, de façon tpj 'elles n'en peuveiii être sèpart-cs sans cbam-'er la si^'nilicalioii parlieuiiérc tlii n.ol ; par exemple, tlans refaire, surfaire, défaire, contrefaire, les mots re. sur, dé, contre, sont des prépositions inséparables.
A l'éïard de l'adverbe, c'est un mot qu», daw
ACC
sa valeur, vaut autant qu'une proposilion el son coinplénionl ; innsi, prudemment, c'est avec prudence; Sdffcmc/it, avec SixsG^'iC, etc.
11 y a trois uccidcnts à rcnianpier dans les adverbes. Ces trois accidents sunt :
1° L'espèce, qui est ou primitive ou dérivalivc : /ci, /(/, ailleurs, '/uanJ, alors, hier, etc., sont des advcrl)cs de l'espèce primitive, parci; qu'ils ne viennent d'aucun autre mot de la langue; au lieu i\\\C justement, senst'mcnt, poliment, ahsnlumciit, tellement, etc., sont de l'espèce dcri.-alivc; ils viennent des noms adjictifs, *uste, scnsr, poli, absolu, tel, etc.
2" la ligure, t^'est d'èlrc simple ou comi)osé. Les adverbes sont delà ligure simple, quand aucun autre mol, ni aucune |)rc|)i)sition inséparable n'entre dans leur composition. Wn&i j'ustement, lors, jamais, sont des adverbes de la ligure simple. Mais injustement, alors, aujourd'hui, sont de la ligure composée.
3" la comparaison est le troisième accident des adverbes. Le.; adverbes (pii viennent des noms de qualité se comparent ■.justement, /^h^r justement ; très ou fort justement, le plus ju.?tement ; bien, mieux ; mal, pis, le pis ; plus îiial, très-mal, fort mal, etc.
A l'égard de la conjonction, c'est-à-dire de ces petits mots qui servent à exprimer la liaison que l'esprit met entre des mots et des mots, ou entre des phrases et des phrases, outre leur signification particulière, il y a encore leur ligure et leur position.
1° Quant à la figure , il y en a de simples, comme et, au, mais, car, si, etc.
Il y en a beaucoup de composées : et si, mais »i;eimômeil yen a ([ui sont composées de noms ou de verbes, par cxem|)le, à moins que, de sorte Que, bien oilendu que, pourvu que.
1" Pour ce qui est de leur position, c'est-à-dire de l'ordre, du rang que les conjonctions doivent tenir dans le discours, il faut observer qu'il n'y en a point qui ne suppose au moins un sens précédent; car ce qui joint doit être entre deux termes; mais ce sens peut quelquel'ois être transporté, ce (lui arrive avec la coiulitionnelie si, qui peut fort bien commencer un discours : si vous êtes utile à la société, elle pourvoira à vos besoins. Ces lieux phrases soûl liées par la conjonction si; c'est comme s'il y avait la société pourvoira à vos besoins, si vous lui êtes utile. Mais vous ne sauriez commencer un discours par 7nais, et, or, donc, clc. C'est le plus ou moins de liaison qu'il y a eiilre la phrase qui suit une conjonction et celle cpii la précède qui doit servir de règle pour la iioncluation.
A l'égard des interjections, elles ne servent qu'à manpicr des mouvements subits de l'âme. Il y a autant de sortes d'inlerjeclions (]u'il y a de passions diiïérentes. ..\insi il yen a pour la tristesse et la compassion, hélas ! ah! jiour la douleur, aï, aïe, ha! pour l'aversion et le dcgoùl, fi.. Les inlerjcclions ne servent (ju'a ce seul usage, et, n'étant jamais considérées que sous la même l'ace, ne sont sujettes à ftcun autre accident. On peut seulement observer qu'il y a des noms, des verbes et des adverbes, qui, étant prononcés dans certains mouvements de passion, ont la force de rinterjection : courage, allons, bon Dieu, voyez, marche, tout beau, paix, etc. C'est le ton plutôt que le mol qui fait alors l'interjection. (Dumarsais.)
Beauzée a fait sur cet article de M. Dumarsais la remarque suivante :
ACC
M. Dumarsais avance que les prépositions .sont toutes primitives et simples; c'est une crreurévidcnle. Concernant, durant, joignant,7noyennant, pendant, suivant, touchant, sont originairemenl tics gérondifs : concernant de concerner, durant de durer ; joignant àc joindre ; moyennant de moyenner ; pendant de pendre, pris dans le sens <lo durer ou de nôtre pas terminé, comme ijuand on i\il un procès pendant au parlement ; suivant, pris du verbe suirre, dans le sens d'i-tJir, comme (piand on d'il je suivr-aivos ordres; touchant, du verbe toucher. Attendu, excrpLé, vu, sont, dans l'origine, des supins des verbes attendre, excepter, voir. \'oilà donc des prépositions ilérivécs; en voici de composées : attenant, tenant à, dcff^f et détenir; hormis, i\\n s'écrivait il n'y a pas longlein|!S horsmi, est composé de la préposition simple hors, et du supin mis du verbe rnettre; inulgré vient de mal pour mauvais, el de gré; nonubslant des deux mots latins non obstans. Chacune de ces prépositions n'est (lu'un mot, mais ce mot résulte de l'union de plusieurs va-Ara >n.
Accidentel, Accidemelle. Adj. qui suit toujours son subst. Une circonstance accidentelle.
.\CCIDEMELLEMENT. Adv. Oo pCUl Ic mCttrC
entre l'auxiliaire et le participe. Il n'est qu'ace 'denlcllement impliqué dans cette affaire.
* AccLAMATEUR. Subst. ui. CcluI (jui concoui'l à des acclamaiions. Lorsque Néron jouait de la lyre sur le théâtre, il avait pour premiers acclamateurs Sénèqtie et Burrhus. L'Académie n'a point recueilli ce mot, dont plusieurs bons auteurs se sont servis. Il n'a point de féminin; rien n'empêcherait de dira accïamutrice .
AccoM.MODAiiLE. Adj. dcs deux genres. 11 suit toujours son subst. Une affaire accommodable, une querelle accommodable .
Accommodant, Accommodante. Adj. verbal lire du v. accommoder . 11 suit toujours son subst. Un homme accommodant, une femme accommodante.
.\CCOMPAGNATEUR, ACCOMPAGNEMENT, ACCOjMPA-
GNEB. Dans ces irois mots on mouille gn.
Accomplissement. Subst. m. Ce mol n'a point de [ibiriel.
Acconi). Subst. m. On dit en termes de musi- ([ue, qu'un instrument ne tient pas l'accord, ([ue les cordes d'un instrument ne tiennent pas l'accord; eu ce sens, accord ne prend point le pluriel. Il le prend (juand il signifie l'union de plusieurs sons eiUemius a lii fois, formant ensemble une harmonie entière. Utic suite d'accords agréables. Accord s'emi)loic dans le sens d'arrangement, de conciliation, de conformité d'opinions, de volontés. Corneille a dit dans le Menteur : 3Ion ufl'aire est d'accord (act. lU, se. i"^, 17); el VoUaire, en condamnant cette expression, a remarqué que les hommes sont d'accord, el que les affaires sont accordées, terminées, accommodées, finie.St {Remarques sur Corneille.)
En ce sens, ce mot n'a point de pluriel. On ne dit point les accords qui régnent entre eux; mais l'accord qui règne entre eux ; on ilit cet hommes sont d'accord, et non pas sont d'accords.
ylccord. Terme de grammaire. C'est la conforiiMté ou ressemblance qui doit se trouver dans la même proit-Asilion ou dans la même énonciation, entre ce que les grammairiens appellent les accidents des mois, tels que le genre, le nombre et la personne; c'est-à-dire que si un substantif el un adjectif font un sens partiel dans une proposilion, et qu'ils concourent a l'ormcr le sens tolal de cette
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proposition, ils doivent êlrc au même genre et au même nombre ; c'est ce qu'on appelle uniformité d'accidents, concordance ou accord.
On distingue dans la grammaire française Vaccord de l'adjectif avec son substantif, Vaccord du verbe avec son sujel. Dans vn homme actif, je remarque que les adjectifs un et actif [loricnl la marque du masculin et du sinçul'er, parce que le substantif /lom me, qu'ils modilîent, est au masculin et au singulier; dans des femmes actives, des, ou plutôt les, qui entrent dans la com|)osition de ce mot, et actives, sont dcuxmodificatifs ou adjectifs, qui portent la marque du féminin et du pluriel, parce que le substantif /"cmmc*, qu'ils modifient, csi au féminin et au pluriel. Je dis que les deux adjectifs jwrtent la marque du féminin, parce que les se dit également jwur les deux genres. Voyez .Idjectif.
Cet accord de l'adjectif avec son substantif marque le rapport d'identité qui est entre eux. Il est évident que l'adjectif n'est au fond que le substantif même considéré avec la qualité que l'adjectif énonce; ainsi l'adjectif doit énoncer les mêmes accidents de grammaire que le substantif a énoncés d'abord, c'est-à-dire que si le substantif est au singulier, l'adjectif doit être au singulier, puisqu'ils ne sont que le substantif même considéré sous telle ou telle vue de l'esprit. Il en est de même du genre.
I.e verbe n'est aussi que le substantif considéré avec la manière d'être que ce verbe attribue au substantif. 11 doit donc être au môme nombre et à la même personne que le substantif.
Nous dirons au mot Adjectif \.o\x\. ce qu'il est nécessaire de savoir sur l'accora de l'adjectif avec son substantif; nous allons parler de Vaccord du verbe avec scn sujet.
La règle gonérale est que le verbe doit être au même nombre et à la même personne que son sujet ; Un homme dit; des hovimes disent; tu dis ; nous disons. Mais celte régie, comme celle de l'accord de 1 adjectif avec son substantif, donne lieu à plusieurs observations.
Un verbe se met souvent au pluriel, quoiqu'il ait pour sujet un nom collectif singulier: Une infinité dépens pensent ainsi; la plupart se laissent emporter à la coutume. Alors le verbe se met en concordance avec la pluralité essentiellement comprise dans le nom collectif. Mais si le nom collectif est déterminé par un nom singulier, alors le verbe se met au singulier. La plupart du monde ne se soucie pas de l'intention ni de la diligence des auteurs. (Rac, Préface des Plaideurs.)
Souvent le verbe se trouve employé au singulier, quoicjue la proposition semble renfermer plusieurs sujets singuliers. Analysons quelques exemples de celte nature, et établissons des règles précises.
Voltaire a dit : La douceur et la mollesse de la langue italienne s'est insinuée dans le génie des auteurs italiens. {Essai sur la poésie épique, chup. I.) Quoique le sujet soit ici composé de deux mots, l'idée n'en est pas moins une, parce que la douceur et la mollesse d'une langue sont deux qualités tellement analogues et inséparables , qu'elles n'en forment qu'une seule. Le sujet, quoique composé dans l'expression, est simple dans la pensée; et le verbe mis au singulier, loin d'avoir rien de choquant, satisfait l'esprit, parce qu il s'accorde avec la forme de l'idée qui l'occupe. Le même auteur dit : L'homme et ta femme est chose bien fragile. Les mêmes raisons établissent
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la régularité de cette énonciation. L'homme et la femme, divisis p;ir les mots, sont ixMiiiis par la pensée ; on ne les considère que comme une seule es|)éce,qne comme une seule chose; ils ne forment qu'une seule idée, l'esiMice humaine. Le sujet, (juoique multiple dans l'expression, est un dans la pensée ; et le verbe au sin;:\ilicr parait élégant, parce qu'il est en concordaïuc avec cette unité. Massillon était guidé par les uiéuies principes lorsqu'il a dit ; La politesse et VuHhbilité est Za seule distinction qu'ils affectent [Sur l'humanité des grands, t. 1, p. ;)78.) La p'iitessc et l'affabilité sont considérées connue une seule chose, comme une distinction ; le sens est : il$ n'affectent qu'une seule distinction, cl cette distinction est composée de la politesse et de l'affabilité.
Etablissons donc pour règle que, loi'squc le sujet est composé de plusieurs substantifs exprimant des idées partielles qui n'en font qu'une par leur nature, ou qui sont présentées dans la proposition comme n'en faisant (ju'une, Vaccord se fait avec l'idée >imple qui est dans Tf^sprit, plutôt qu'avec les idées partielles qui sont dans les mots.
Quelques grammairiens, observateurs plus attentifs des mots ([uc des pensées, ont trouvé de l'irrégularité dans les phrases suivantes :
Une pâleur de défaillance, une sueur froide se répand sur tous ses membres. (Fénelon.)
La gloire et la prospérité des méchants CSt courte- (Le même.)
Chaqtie état et chaque âge a ses devoirs. (J.-J. Rousseau.)
Soit dans le tragique, soit dans le comique, le tutoiement sera toujours décent de l'amant à la maîtresse, lorsque l'innocence, la simplicité , la franchise des mœurs l'aulorii-era (Marmoutel, Eléments de littérature, ari. Tutoiement.)
Mais ils n'ont pas remarqué que dans ces façons de s'exprimer, il y a réellement autant de propositionsqu'ily a de sujets.et que le verbe au singulier, en réunissant toutes ces propositions en une seule, se présente comme pouvant être répété et dit séparément de chaque sujet. Dans U7ie pâleur de défaillance, une sueur froide se répand sur tous ses membres, il y a évidemment deux propositions distinctes; cir une pâleur de défaillance ne se répand pas sur tous les membres de la même manière qu'une sueur froide. Il y a deux actions différentes, deux sujets différents, et par conséquent deux proiiosil ions différentes. C'est une pâleur de défaillance se répand, etc., et une sueur froide se répand, etc. Le singulier est mis pour l'un et pour l'autre; i! indique qu'il s'accorde distrihutivemcnt avec l'un et avec l'autre sujet, et non avec les deux ensemble. Dans la gloire et la prospérité des méchants est courte, c'est absolument la même chose. Le terme de la gloire n'est pas le même que celui de la prospérité; chacune est courte à sa manière, chacune est le sujet d'une proposition qui est réellement différente, (pioiqu'ellcsoit exprimée dans les mêmes termc-s.
Certainement on s'exprimerait mal en disant Chaque état et cJmque âge ont leurs devoirs. parce que l'on confondrait les devoirs aes états avec ceux des âiies. Leurs au pluriel mdiquc plusieurs choses qui appartiennent a plusieurs. Il faut donc dire, chaque âge et chaque état a ses devoirs (J.-J. UoLss., Emile), ce qui signiDe chaque âge a ses devoirs et chaque état a sesdjvoirs, et forme deux propositions distinctes dtno
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le verbe commun, étant au- singulier, se rapporte, sous celle forme, à l'une ou à l'autre.
Une preuve évidente que l'exemple tiré de Marmnnicl est régulier avec la forme du singulier, c'est qu'avec celle forme il exprime une idée particulière, et qu'avec celle du ]iltiriel il en exprimerait une autre. Le tutoiement sera toujours décent de Vamantù la viakresse, lorsque l'innocence,la simplicité, la franchise des mœurs lauloriscra, c'csi-â-dire lorsqu'il sera autorisé ou par l'innocence, ou par la siniplieité, ou par la franchise des mœurs. Une seule de ces trois choses suflira pour rendre le tutoiement décent. Substituez le pluriel au singulier, mettez avtoriseront au lieu ^autorisera, et cela signifiera que le tutoiement ne sera décent cpic lorsqu'il sera autorisé par ces trois choses réunies, l'innocence, la simplicité et la franchise des mœurs. Or, deux manières de s'exprimer sont bonnes, lorsqu'elles expriment deux vues différentes de l'esprit.
Etablissons donc pour règle que dans les propositions où il y a plusieurs sujets, le verbe doit être mis au singulier lorsque le sens indi(iuc que ce verbe doit cïrc répété pour former aulant de propositions qu'il y a de sujets; ou lorsque celui qui écrit ou qui parle n'a intention de lier le verbe qu'à lunou à l'autre des sujets, et non à tous les sujets ensemble.
Mais vous ne direz pas comme La Bruyère, le bien et le mal est en ses mains, parce que le bieii et le mal ne forment pas chacun un sujet singulier du même verbe, et qui exige la répétition de ce verbe; mais qu'ils forment tous deux un sujet commun, qui convient au verbe d'une manière uniforme, qui régit ce verbe au pluriel, parce qu'il est composé de deux sul)slantifs.
La grandeur et la simplicité de cette idée élevèrent mon âme, et non pas élcra, comme a dit Thomas {Eloge de Marc Avrèlc, tom. I, p. 563), parce que la grandeur et la simplicité concourent à la même action, et conviennent au verbe de la même manière.
On m'objectera sans doute que toute proposition qui a plusieurs sujets peut être décomposée en aulant de propositions qu'elle a de sujets. Par exemple, dans la raison et la vertu conduisent au bonheur, il y a réellement deux propositions : la raison conduit au bonheur, et la vertu conduit au bonheur. Or, dira-l-on, si l'on doit mettre le verbe au singulier toutes les fois que cette décomposition peut avoir lieu, il faudra mettre au singulier tous les verbes de ces jyroposilions, et la règle générale sera détruite.
Je réponds à cela que, quand je dis que le verbe doit être mis au singulier toutes les fois que la phrase qui a plusieurs sujets comprend plusieurs propositions, je ne parle que des propositions différcnlcs, et dont l'altribut ne convient pas au sujet de la même manière. Dans lu phrase qu'on vient de donner pour exemple, l'attribut conduit au bonheur, convient de la même manière à chatiue ^ujei ; la raison conduit au bonheur, la vertu conduit au bonheur; c'est l'homme qui est également conduit au bonheur par la raison et par la vertu ; et il n'y a pomt de différence entre ces deux propositions prises cnseiTiblc, cl la proposition composée qui les réunit.
Mais (juand je dis chaque état et chaque âge a ses devoirs, l'altribut ne convient pas a cha<iue sujet de la même manière; car les devoire decha-
Se étal ne sont pas les devoirs de ciiaque <nge. tte différence reste sensible dans la phrase proposée, chaque état et chaque âge a sas devoirs ;
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elle disparaîtrait si l'on iWsa'û chaque état et cha* que âge ont leurs devoirs, et les idées seraient confondues, (l'est à celle dilférence, qui résulte de la nature des idées, qu'on reconnaîtra (|ue le verbe doit être mis au singulier; et cette forme du verbe, qui rendra la proposition elliptique, annoncera (pi'elle comprend i)lusieurs proiwsitions d'une nature différente, cl (jue le verbe est .souscnleiidu aulant de fois qu'il y a de sujets dans la phrase.
Au contraire, dans l'exemple que je me suis proposé, la proposition est pleine; car elle comprend explicitement tous les mots nécessaires à l'expression analytique de la pensée; et si elle peui être déconqîosée en deux i)roposilions jwrtielles, c'est une simple opération logique, mais non une dislinelion grammaticale fondée sur des rapports différents. .\insi,deux circonstances autorisent à mettre au singulier un verbe qui a plusieurs sujets : 1° la ressemblance de ces sujets, comme dans la douceur et la mollesse de la langue italienne s'est insinuée dans le génie des auteurs italiens; 2" la différence de ces sujets par rapport a l'attiibut de la proposition, comme dans chaque état et chaque âge a ses devoirs.
Les grammairiens disent que dans le cas où l'un des deux substantifs sujets serait au pluriel, on ne pourrait employer que le pluriel. Cependant Racine a dit dans Mithridate (act. V, se. IV, dul] :
Quel nouveau trouble excite en mes esprits
Le sang du père, ô ciel, et les larmes du fils !
et si l'on voulait trouver une irrégularité dans ces vers, j'ajouterais qu'après plusieurs substantifs sujets, dont les uns sont pluriels et le dernier singulier, on met ordinairement le verbe au singulier. C'est ainsi que l'on dit, non-seulement tousses honneurs ettoutes sesrichesses,mais toute sa vertu, s'évanouit (Beauzée),et non pas s'évanouirent. C'est qu'ici il y a plusieurs sujets qui, ne convenant pas tous à l'attribut de la même manière, doivent y être joints chacun à part; ce qu'annonce le verbe au singulier, qui rend la proposition elliptique, et marque que, pour la rendre pleine, il faut qu'il soit répété aulant de fois qu'il y a de sujets, et avec des formes analogues à chacun d'eux ; et je dis que le verbe au singulier marque la nécessité de celle répétition, parce que, par sa forme singulière, il ne peut pas convenir à tous les sujets ; parce que, par cette niême forme, il ne pourrait convenir (ju'à un seul, et qu'il faut {«r conséquent le regarder comme une expression elliptique qui équivaut à trois expressions semblables, sous les formes déterminées per les accidents de chaque sujet; c'csl-à-dire que celle phrase a la force de ces trois propositions: tous ses honneurs s'évanouirent, toutes ses n~ chesses si' évanouirent, toute sa vertu s'évanouit.
On dit vous et moi nous sommes contents de notre sort; parce que, qiioiq\ie vous soit de la seconde [)ers(3nne, il devient réellement pronom de ia première, lorsque ave<: nn pronom de la première il concourt à former le sujet total de la pro- |)Osilion, et ()ue ces deux pronoms sont confondus dans l'expression nous. C'est par une raison semblable qu'on dit vous et lici savez la chose.
Par une conséquence des règles que nous venons d'établir, la forme du singulier ou celle du pluriel doit être préférée pour les verbes qui c-it plusieurs sujets liés par la conjonction ô«,- "it
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voici, à cet égard, les observations qui doivent servir de guide.
S'il n'y a qu'un des sujets qui puisse avoir fait l'action, l'attribut ne peut olrc dit que d'un de ces sujets, et non de tous les sujets ensemble; il faut donc employer le singulier. Ainsi les phrases suivantes sont régulières : C'est Cicéron ou Diimosthènes qui a dit cela ; c'est le soleil ou la terre qui tourne. C'est comme si l'on disait : c'est Cicéron qui a dit cela, ou c'est Démosthènes qui a dit cela; c'est le soleil qui tourne, ou c'est lu terre qui tourne. L'allcrnalive est également marquée dans les deux propositions séparées ou réunies.
Si les deux sujets peuvent concourir ensemble à l'action, il n'en l'nut pas moins employer le singulier, parce (pie la conjonction ou indique séparément l'action de l'un ou de l'autre, et que, pur le moyen de cette conjonction, la simultanéité de l'action n'est plus comprise comme possible dans le sens de la phrase : Son père et sa mère peuvent obtenir cela de lui. La simultanéité d'action est comprise dans le sens de la phrase, et indiquée par la conjonction et. Mais je ne peux pas dire, ce sera son père ou sa mère qui obtiendront cela de lui, parce que la conjonction ou indique qu'ils n'obtiendront pas ensemble, mais que ce sera l'un ou l'autre qui obtiendra. Il faut donc mettre le singulier. 11 faut, par la même raison, dire comme Massillon, notre perte ou notre salut n'est plus une affaire qui vous intéresse [Ecueils de la Piété, 1. 1, p. 51)4) ; comme Bossuet, en quelque endroit du monde que la corruption ou le hasard les jette {Oraison fun. de la ducli. d'Orléans, p. 77) ; et comme Fénclon, en quelque endroit des terres inconnues que la tempête ou la colère de quelque dii-initél'ai\jeté. {Télém., liv. IX, 1. 1, p 321.) Il faut dire aussi, peut-être qu'un jour, ou la honte, ou l'occasion, ou l'exemple, Zeur donnera un meilleur aris, et non passeur don ?iero-nt, comme \c veut Vaugelas; car le verbe i.e peut se rapporter ici qu'à l'un ou à l'autre des sujets, et non à tous les sujets ensemble.
Si les deux sujets sont supposés avoir opéré de la même manière, à part et dans des temps différents et indéterminés, le verbe doit être mis au pluriel. Ainsi Massillon a dit, le bonheur ou la témérité ont pu faire des héros. {Triomphe de la Religion, t. 1, p. GU7.) Ainsi l'on pourra dire d'après cet orateur, l'amour ou l'ambition on\. produit de grandes actions.
Lorsque plusieurs sujets concourent tour à tour, ou dans différentes circonstances, à produire une action habituelle, il faut mettre le verbe au pluriel ; car l'action habituelle , considérée comme telle, a réellement les deux sujets pour cause. Buffon a dit en parlant de la souris, tapeur ou le besoin font tous ses mouvements; c'est-a-dire tous les mouvements de la souris ont pour cause tantôt la peur, tantôt le besoin. (Tom. XIll, p. 211).) J.-J. Eoussciiu a dit aussi, le temps ou la mort sont nos remèdes ; c'est-a-dire, nos remèdes sont composés du temps et de la mort, et nous pouvons éprouver ou choisir l'un ou l'autre.
Dans le cas, disent les grammairiens, où des deux noms sujets, l'un e^t au singulier et l'autre au pluriel, c'est le nombre du dernier qui règle l'accord. Le crcdit que cette place donne, ou les émoluments qui y sont attachés la lui font rechercher ; ou, les émoluments qui sont attachés à cette place, ou le crédit qu'elle donne, la lui fait rechercher.
Je ne sais si celte règle est bien exacte; mais
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S! j avais a choisir euuo les deux phrases, je préférerais la dernière, où le verbe est au sini;ulier parce (jue le verbe ne \\c\x\. se rapporter qu'a l'un ou a l'autre des sujets, rt (pic lo pluriel, ni r,,rmaiit une proiiosilioii pleine, s.Miiblf le rapporter a tous les deux ensemble, le sin:;uUiT, au i-ontraire, ne rapiwrtanl le verbe «pi'a un sujpi, indique une propusilion elliptique (pie ^e^pril c>l obligé de remiilir; et le rapi)ort de cIkkiuc sujet est distingué.
On dit c'est toi ou. moi qui avons fait ccUi, parce que 77<otne |)eut régir que la i)remicre personne, et que, joint à un autre pronum ou a un nom substantif, il forme un nom pluriel. On dit par la même raison, c'est lui ou min r/wcavons fait cela. 11 en est de même de toi, (pii ivgil n.Tcss'iirement la seconde [jcrstume; et l'on dit c'est lui ou toi qui avez fait cela. Dans ces cas, c'est tou- Joui-s le pronom de la iKTsonne ([ue les grammairiens appellent la [)lus noble (jui précède le verbe et en détermine la forme. Or, selon les grammairiens, la première personne est plus nubfe (]ue la seconde, et la seconde ([ue la troisième. Ainsi l'on ne pourrait pas dire, c'est moi ou lui qui avons fait cela; c'est toi ou lui qui avez fait cela.
Quelquefois certains mots, tels que chacun, personne, nul, rien, tuut, réunissent tous les sujets en un seul; alors le verbe se met au singulier : Lois, police, discipline militaire, marine, commerce, manufactures, sciences, beuux-urts, tout s'est perfectionné. (\'oIlaire.) Les hommes, les femmes, /es enfants, chacun cherchait son salut dans la fuite, f^ieillurds, femmes, enfants, nul n'échappa au carnage, etc. Dans toutes ces phrases il y a ellipse, et il faudrait, pour les rendre pleines, ou répéter le verbe avec les formes convenables à («haque sujet, ou siqiprimcr le mot qui réunit tous les sujets, et employer le pluriel.
Une proposition suit toujours sa marche naturelle, et s'accorde seulement avec son sujet, quoiqu'il y ait entre ce sujet et l'attribut une phrase incidente qui établit quelipie comparaison ou ressemblance entre la proposition et l'idée exprimée par celte phrase incidente : L'histoire, ainsi que la physique, «'a commencé à se débrouiller que vers la fin du seizième siècle. ^A oltaire, /C.tsai sur les mœurs, chap. viii.) La vertu, de même que le savoir, a son prix. L'envie, ainsi que les autres passions, est peu compatible avec le bonheur. La force de l'ume, comme celle du corps, csl le fruit de la tempérance. (.Marmonlel.)
On demande si après l'un et l'autre en doit mettre le verbe au singulier ou au pluriel, et dire, par exemple, l'un et l'autre est bon, eu l'vn et l'autre sont bons; l'un et l'autre ///e gêne, ou l'un et l'autre me gênent, etc.
Il sera aisé d'êclaircir celte questi(3n par les lirincipes que nous avons posés. S'il s'agit dans chiiquc sujet d'un état ou d'une a( tioii dil'féronle, c'est le singulier qu'il faut employer; s'il s'agit du même état ou de la même action, c'est le pluriel. On ne dira pas l'un et l'autre sont morts, parce (pie, quoique l'état soit seinlilable, il n'est pas le même. Etre mort est un état |)0iir l'un, c\.être mortcsl un élat pour l'autre. 11 faut dire l'un et l'autre est mort; mais on dira l'un etl'autreme trompent; pjinc «pie l'un et l'autre concourent à faire une seule et même action, à me tromper. Si je veux iiidi(iuer (pie de deux choses cliacunc a des qualités qui la rendent bonne, je dirai l'une et l'autre est bonne. Mais si, considérant ces deux choses comme concourant
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ou pouvant concourir au même effet, à la même action, je jutre qu'elles ont l'une et l'autre des qualités proi)rcs à allcindrc le but ou à procurer l'effet, je dirai l'une et l'autre sont bonnes; je les réunis dans l'expression comme elles sont réunies dans leur concours : Lequel vie conseillezvous d'acheter de ces deux chevaux? — // n'y a pas de choix, l'un et l'autre csl bon. — Quels sont les deux chevaux que je dois atteler à ma voiture pour arriver prompte ment? — Attelez f^olaçe et Brillant, l'un et l'autre sont bons, c'est-à-**'*^ ont des qualités propres à concourir à mener votre voiture avec célérité. Ils 7n' aperçoive ni en même temps, je prends la fuite; l'un et l'autre me poursuivent ; ils font ensemble, et de la môme manière, une action qui tend au même but, à m'atteindre. -le dirai l'un et l'autre m'a refusé, s'il s'agit d'offres dinérenles, ou de refus faits en différents temps; je dirai l'u7i et l'autre 7n'on\. refusé, s'il s'ai-'it d'une offre commune et d'un refus fait en même temps ])ar tous les deux. J'ai ru le père et la vicrc, l'un et l'autre m'OM promis leur fille en mariage ; ils m'ont fait la môme promesse, une promesse qui no pouvait être de quelque valeur, si elle n'avait pas été faite par l'un et par l'autre. C'est sans doute d'après celte considération que Racine a dit dans Bajazet :
L'un cl l'autre ont promis Allialide à ma foi.
(Act. I, se. I, 176.)
Et dans Mithridate :
L'un et l'autre à la reine ont-ils esc prétendre?
(Act. II, se. III, 42.)
Dans ces deux exemples, les deux sujets font ensemble la même action , tendent ensemble au même but.
Etudiez ia cour et connaissez la ville;
L'une et l'autre est toujours en modèles fertile.
(BoiL., A. P. III, 391.)
La cour a ses modèles qui lui sont propres, la ville a aussi les siens.
L'un et l'autre dès lors vécut à l'aventure.
(BoiL., sat. X. 505.)
Ils vécurent tous deux à l'aventure, mais chacun y vécut à part.
. L'un et l'autre rival, s'arrétant au passage. Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage.
(BoiL., Lutr., i, 113.)
Ici la distinction des propositions est bien sensible; chacun mesure et est mesuré, observe et est observé, envisage et est envisage; chacun fait des actions semliialiios, mais qui ne sont pas les mé- Iies, puisqu'elles ont des oitjcis (iifféients. Vollairea bien dit dans l'Orphelin de la Chine :
Votre époux avec lui termine sa carrière; L'un et l'autre bientôt voit son heure dernière.
(Act. V, se. I, 15.)
Chacun voit l'heure dernière qui lui est propre.
Mais peut-cire pourrait-on trouver quelque
irrégularité dans le vers suivant du même auteur :
L'un et l'autre à ces mots ont levé le poignard.
(.W^r.,act. Il, se. ii, 35.)
Chacun à part a levé le poignard ; il y a deux actions, il fallait le singulier ; telle est la loi grain-
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maticale. Mais si l'on considère qu'un homme effrayé à la vue de deux assassins iiui lèvent le poignard sur lui, ne voit en effet qu'une seule action, l'aeiion tjui le menace, deux poignards levés en même temps, on conviendra "peut être que l'expression préférée par Voltaire a beaucoup plus de vérité et d'énergie.
Les grammairiens trouvent plus de difficulté encore à distinguer s'il faut mettre le verbe au singulier lorsque plusieurs sujets sont liés par ni l'un 7ii l'autre, ou par ui répété. Ce qui nous semble conlirmer les principes que nous avons établis jusqu'à présent dans cet article, c'est qu'ils servent encore a décider celle question. S'agil-il d'un clat ou d'une action (jui ne |)eut convenirqu'à l'un de ces sujets, il faut mcltrc le singulier, puisque le verbe no peut convenir aux deux sujets ensemble, et que s'il convient à l'un il ne peut pas convenir à l'autre : ni l'un ni l'autre «'est mon père. 11 serait ai)surde de dire, ni l'un ni l'autre we sont mon père. C'est par la même raison qu'on dira, ni l'un ni l'autre ne sera noui- 7né à cette a7nbassade, 7ii l'un ni l'autre ne sera préféré.
S'il s'agit de deux étals ou de deux actions qui, quoique semblables, sont distingués dans chaque sujet, il faut encore le singulier, parce que le verbe se rapporte dislribulivement à chaque sujet, et non à tous les deux ensemble : Ni l'un ni l'autre jj'est mort , ni l'u7i ni l'autre «'a fait son devoir. L'état de l'un est semblable à l'élat de l'autre, mais ce n'est pas le même; le devoir de l'un n'est pas le devoir de l'autre. Mais si l'on avait imposé comme devoir a deux persoi>nes de faire enscinble la même action, il faudrait mettre le |)luriel, parce qu'ayant concouru toutes deux à la même action, elles seraient le sujet pluriel du verbe . On leur avait ordonné d'attaquer ce poste ; ils 7ie l'ont point attaqué : ni l'un ni l'autre yi'oiit fait leur devoir; c'est-à-dire, n'ont fait le devoir commun qu'on leur avait imposé à tous deux, et qu'ils devaient faire concurremment. Dans ni la douceur ni la force 7ie rebranlèrenl, je vois deux moyens qui leiulenl au mémo but, et j'admets le pluriel. Dansnil'un niVautre 71e ini ébranlé par la force, je vois deux sujets qui éprouvent successivement deux effets scinbiables, mais qui ne sont pas le même effet pour l'un et pour l'autre; et, pour marquer celte dislinction, j'emploie le singulier.
Dans ce cœur ni>illicureux son image est tr.icc'e La ïertu ni le temps ne l'ont point cffacce.
(YoLT., OEd , act. III, se. i, 47.)
Ici deux sujets concourent à la même action, il faut le pluriel.
En parlant de Corneille el de Racine, Boileau a dit : Ni l'un ni l'autre ne doit être mis en parallèle avec Euripide et avec Stphocle. (7' Jiéflex. crit. sur Longi7i.) C'est, d'un côlé. Corneille qui ne doit point être mis en parallèle avec Euripide et avec So|)hoile ; el de l'autre. Racine qui ne doit point être mis en p;u'allèle avec ces deux tragiques grecs ; 71I Vun ni l'autre 71e doit être mi^ 071 parallèle; le singulier est exigé par la nature de l'idée el par la division des actions.
On a beaucoup disputé aussi pour savoirs! un ou une, suivi de de ou des, régit le verbe au pluriel ou au singulier, el s'il faut dire U fut un de ceux qui travailla le plus efficacement à la ruine de sa patrie, ou wh de ceux qui travaillèrent, etc.
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Mais enfin on est convenu assez i-'Onoraleuienl des régies suivantes, qui sonl conliruiécspar des exemples lires des meilleurs écrivains.
Quand le mol un ou ujte joinl au mol de ou des exclut loule idée de iiluralilù, il doit régir le verbe au singulier: Une des inisèrcs den pcns riches QSl d'être trompés en tout. (J.-J. Rousseau, Emile, liv. I, t. VI, p. 4(j.) Ici le mot une exclut toute idée de pluralité; il indiijue la uiisère dont il est ici question, comme la seule misère des gens riches qui convienne à être trompés en tout, ou plutôt cette misère est individualisée par ces mots; car le véritable sens est : être trompé en tout est une des viisères des gens riches.
Mais quand un, une, n'a rien d'exclusif, ni par lui-mémo, ni i);ir les mots qui l'accompagnent, il faut faire usage du pluriel. Ainsi il faut dire : yotre ami est un de ceux qui inaniiuèrent de périr dans la sédition, et non i)as qui manqua, parce que le mol w« avec les mots qui l'accompagnent, indique plusieurs personnes qui onli)artagé le même danger ; il esl donc énumcratif, et Don exclusif. C'est ainsi que Boileau a dit : Le passage du Rhin est une des plus meimeilleuses actions qui aient jamais été faites ; Racine : comme ce dessein m'a fourni une des scènes qtii ont le i)lus réussi dans ma tragédie [Préface de Mithridate); Massillon : Les prospérités humaines o\\\. toujours été un des pièges les plus dangereux [Sur les vices et les vertus des grands, 1. 1, p. 6CU); "Voltaire : L'un de ces deux hommes de génie gui ont présidé au Dictionnaire encyclopédique, etc. {^Préface de l'Ecossaise.)
AccoRDADLE. Adj. dcs ucux genres. Il se met toujours après son subsl. Une grétce accordahlc, des plaideurs qui ne sont pas uccordabhs.
AccoRDAiLLEs. Subst. f. qui ne s'emploie qu'au pluriel : Faire des acccrdailles.
Accordant. Accordante. Adj. verbal ijui ne se dit qu'en teruies de musique. On dit des tons accordants, comme on dit des tons discordants. Il suit toujours son substantif.
Accorder. V. a. de la 1" conj. Il se dit en grammaire de l'action de mettre dans une phrase, entre les parties du discours, l'accord exigé par les règles de la granmiaire. Fai7e accorder l'adjectif avec son substantif, le verbe avec son sujet. Voyez Accord.
Accorder, dans le sens de reconnaître pour vrai, régit que avec l'indicatif si la phrase est affirmative, et avec le subjonctif si elle est négative ; J'accorde que cela est ; je 71' accorde pas que cela soit.
Accordeur. Subst. m. Ou appelle accordeurs d'orgues, de clavecins, de forte-pianos, ceux (jui foal profession d'accorder ces sortes d'instruments.
AccoRT, AccoRTE. Adj., de l'italien accorta. Qui a dans l'esprit, dans l'humeur, qucUiue chose de gracieux ; qui annonce des dispositions franches à se rendre agréable, à complaire. L'Académie le définit, qui esl complaisant, qui s'accommode à l'humeur des autres; celte définition donne une idée fausse de ce mol. L'Académie ne dit pas qu'il a vieilli. Voltaire regrette qu'il ne soit plus en usage dans le style noble.
AccoRTJSE. Subst. L Ce mot n'est pas onticremenl du style familier, comme le dit l'Académie. Voltaire a dit, dans le Siècle de Louis XIF : L'accortise italienne calme la vivacité française.
AccosTABLE. Adj. dcs deux genres, qui suit
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toujoui s son subsl ; Un homme qui n'est pns accostablc.
AccoccHEMENT. Subsl. m. L'ucuiucliement et Venfantement sont deux expressions <|u'il f.iul distinguer, l. 'acco«c/(f mewi coinincnd mm-sculemcnt l'action i)récisc de mettre l'ciif.ini au monde, mais aussi tout ce ipii prépare et aninnpagnc celte action, depuis les premicres douleurs jus- (ju'à l'entière délivrance; c'est l'expression la plus ordinaire. Enfantement se dit plus rarement, et n'a rapport qu'à l'action précise de mcl- Ire l'enfant au monde, h' accouche mml n'est pas douloureux depuis le conunenccmenl jusqu'à la fin, mais seulemenl par inlervalles; Venfuntcment est douloureux [tendant toute sa durée; voilà pourcjuoi on dit les douleurs de l'enfantement, et non pas les douleurs de l'accouchement, quoiqu'on puisse dire un accouchement dnuhiureuT.
AccoucHEr.. V. a. cl n. de la 1" conj. Ce verbe ne signifie pas enfanter, connue le dit l'Académie ; il com|ircnd tout ce (jui précèiie et suit l'enfantemeni, depuis les|>remiàresdonlcurs jus- (ju'à l'entière délivrance. Enfanter signifie seulement produire un enfant, abstraction faite de toutes les circonstances ipii, dans l'ordre de la nature, précédent cl accompagnent celle action ; accoucher comporle l'idée de ces circonstances, tn parlant de la ^ iergc, on dit <]Wclle enfantera un fils, qu'elle a enfanté un fils , pai'ce (pfellc n'a pas été sujette à toutes les circonstances (|ui précèdent et accompagnent les acconchcments naturels. On ne le dit guère au propre (pie dans ces phrases. Au figuré, on dit : Jadis la terre enfanta des géants ; on ne dit pas qu'elle en accoucha, parce qu'il ne s'agil (pie de la production, abstraction faite de la manière. On dil en plaisantant qu'MH auteur a enfanté un gros volume, et qu'tZ est accouché d'une épigramme. La première action est une production lente, et (|ui n'a point de rapport avec l'accouchcmcni naluirl; la seconde, (|ui suppose une action faite avec peine et douleur, cl en un inslanl assez court, a plus de rai)port à cetaccouchemcnl,
Ce verbe a donné lieu a tpieliiucs difficultés. On dil ordinairement qu'une femme est accouchée, pour signifier l'état d'une femme (jui vient de mettre un eni'anl au monde; et (picl(|ucs grammairiens veulent qu'on le dise également de l'action de mettre un enfanl au monde, c'est-à-dire, qu'on dise cette femme est accouchée, pour dire, celle feunne a mis un enfant au monde.
Féraud s'excuse, dans son Dictionnaire critique, d'avoir dit dans son Dicliomiaire grammatical, eZ/e a accouché. Cl ai)iie!lc cet exempli; une faute grossière. Cependant le Dictionnaire de l'Académie dil que, pour manjucr l'action, on peut employer l'auxiliaire aroir. Dans l'édiliuii du Diciionuaire de l'Académie publiée en is:V6, on trouve les exemples suivants ; J'ai accouché avec de cruelles douleurs ; elle a accouché très- courageusement.
Le verbe accoî/c/tcr est actif ou neutre. Actif, il se dil de l'action d'un accoucheur ou d'une sage-femme qui accouche une femine, cl il iireiid l'auxiliaire avoir. C'est cette sagefcmmc quil'n accouchée. Neutre, Il se dit ou de l'action d'une femme (jui met un enfant au inunde, ou de l'état d'une femme qui a mis un enfant au monde. Dans le premier cas, il prend l'auxiliaire aroir; dans le second, l'auxiliaire être : Celle femme a accouche hier; cette femme est accuuchie depuis deux heures. Si l'on vient médire : Madame S...
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est accouchée, et que je désire savoir à quelle heure elle a mis son enfant au muinlc, il faudrait, selon les irrauunairiens «ini rejottcut l'auxiliaire acoir, <iue je disse, à quelle heure est-elle accouchée'/ et l'on pourrait ine répondre, elle est accouchée à l'heure qu'il est, elle est accouchée depuis qu'elle a mis un enfant au monde. Mais si je disais, à quelle heure a-t-elle accouché'} je m'expliquerais clairement; cela voudrait dire, à quelle licure a-t-elle fait l'action d'accoucher? et il faudrait me n-pondic, elle a accouché à sept heures, et non elle est accouchée à. sept heures.
Si l'on ne pouvait employer l'auxiliaire avoir avec le verbe neutre, il n'y aurait aucun moyen de distinguer l'action de l'état, et le besoin de renonciation serait sans cesse contraire par l'usage.
Je suppose qu'une femme ait mis un enfant au monde il y a vingt ans, et un autre enfant hier seulement, il faudra donc que je dise également en parlant de l'un et de l'autre enfantcinenl, elle est accouchée. Cependant il y a bien de la diflcrence. Tne femme qui a accouché il y a vingt ans n'est plus di'.ns l'état d'une femme accouchée, elle n'est plus une accouchée, elle n'est plus accouchée, elle a accouché. Quant à l'accouchement qui a eu lieu hier, je jmis dire, elle a accouché hier, si je n'ai en vue que 1 action; et elle est accouchée, si je ne considère que l'état. Elle a accouché heureusement, elle a accouché avec courage ; elle est accouchée, quand elle fut accouchée , quand elle fut dans l'étal d'une femme qui a mis un enfant au monde ; quand elle eut accouché, quand elle eut fini l'action d'accoucher. Voyez Auxiliaire.
AccoDRiR. V. n. et irrcg. de la 2' conj. Il se conjugue comme courir, si ce n'est qu'il prend tantôt l'auxiliaire avoir, cl tantôt l'auxiliaire être.
Celte différence entre ces deux verbes vient de. ce que courir n'exprime qu'un mouvement, qu'une action ; au lieu que dans accourir , i\\\\ signifie se mctlre en mouvement pour arriver promplement à un but, on distingue deux choses : l'action do se mettre en mouvement pour courir vers un but, et l'état qui résulte de cette action faite. Dés que je l'ai entendu se plaindre, j'ai accouru à son secours; arrivé auprès de lui, je lui ai dit, je suis accouru à votre secours. Dans ce moment, j'étais accouru à son secours, -Vesl-à-dire, j'étais dans l'élal qui résulte de l'ac- ^n d'accourir au secours de quelqu'un. Voyez Auxiliaire .
AccouTiMANCE. Subsl. f. Cc mol vicillissait déjà du temps de Vaugelas; il avait ensuite repris faveur, au dire du père Bouhours, et tous les bons écrivains s'en servaient. 11 est encore abandonné aujourd'hui, et l'on ne s'en sert que dans le style maroliqiie. Cependant il exprime une idée qui revient souvent, et il n'y a pas de terme dans la langue (jui le remplace [larlaitcment. Coutume, habitude, ne peuvent le suppléer et n'ont pas toul à fait le même sens. Ces deux mots marquent une habitude formi'C, et accoutumance exprime les actes qui la forment. Boileau a dit dans sa traduction de Longin : Un esprit abattu et comme dompté par l'accoutumance au joug, n'oserait plus s'enhardir à rien. (Chap. xxxv, tom. III, [i. 414.) On lit dans la Logiijue de Port-Koyal : La capacitd de l'eprit s'étend ou se resserre par l'accoutumance. On trouve aussi cette expression ('.ans La Fontaine :
Le premier qui vit un chameau S'enfuit à cet objet nouveau ;
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Le second en approclie, un troisième sut faire
Un licou pour le dromadaire.
L'accoutumance ainsi nous rend tout faroîlier.
(Liv. IV, fable 10.)
Tous les bons écrivains regrettent celle expression ; il ne lient qu'a eux de la faire revivre.
AccoL'TCMEB. V. a. et n. de la 1'= conj. Dans le sens actif, il régit la préix)sitioii à :
Et l'indigne prison où je suis renfermé
À la voir de plus prés m'o même accoutumd.
(lUc, Bajaz., act. Il, se. lu, 59.)
Dans le sens neutre, il signilie avoir coutume, et ne s'emploie qu'aux temps composés, a\ec l'auxiliaire avoir, ou avec l'auxiliaire cire. Avec avoir, il régit la préposition de : Il a accoutumé de se lever matin, il a accoutumé de dîner à deux heures ; avec l'auxiliaire et, . , il régit la préposition à : Il est accoutumé à st lever mutin, il est accoutumé à dîner à deux heures. Ces phrases signilienl, on l'a accoutumé ou il s'est accoutumé. Autrefois on le disait eu ce sens des choses, avec le verbe avoir : Ces arbres ont accoutumé de donner beaucoup de fruit, l'autotnne a accoutumé d'être pluvieuse, .aujourd'hui ces expressions ne sont plus usitées. Avoir accoutumé se dit à peine des personnes.
s'Accoutumer. \ . pron. L'Académie ne dit que € accoutumer à, mais on dit aussi s'accoutumer avec. La première expression s'emploie dans un sens actif ou \)HiSi[ : S'accoutu/ncr au travail, à lu fatigue, à la peine, au froid; la seconde ne marque qu'une habitude de liaison, de communication : Je ne saurais m'accoutumer avec ces çre-'/s-Zà; c'est-à-dire, je ne saurais me conformer a leur Ion, à leurs manières, à leurs procédés, etc. : Il faut s'accoutumer de bonne iicure avec ces sortes d'idées, si l'on veut se les rendre familières. (Condillac.)
Accrédité, Accréditée. Part, passé du v. accréditer. 11 se dit prhicipalcmcnt des hommes publics, qui ont une mission autorisée dune puissance auprès d'une autre. Mais voici des exemples qui prouvent qu'il s'emploie adjectivement dans un autre sens ; Est-ce donc un prodige qu'un sot riche et accrédité? (La Bruyère, des Biens de fortune, p. 281.) Les rois, tous les jours moins accrédites..., crurent n'avoir pas d'autre parti à prendre que de se mcttrn e?itre les mains des ecclésiastiques. (Monlesquieu.)
Accroc. Subsl. m. On ne prononce point le c final. L'Académie ne le dit que d'une déchirure faite par quelque chose qui accroche . Il y a un accroc à votre robe. Il se dit aussi de ce qui accroche, de ce qui déchire : J'ai passé auprès d'un accroc qui a déchiré ma robe. Ce n'est n^éine que dans cette acception qu'on dit figurément, i\\iHl est survenu un accroc « une affaire.
Accroire. V. a. de la 4* conj. Il n'csl d'usage qu'à l'infinitif et ne s'emploie qu'avec le verbe faire.
Il y a une grande différence entre faire accroire et faire croire. Ces deux expressions signifient détemiiner la croyance; mais /aire accroire, c'est la déterminer sans fondement pour une chose qui n'est pas vraie; ci faire croire, c'est simplement déterminer la croyance, avec abstraction de toute idée de fondement et de vérité. On ne peut faire accroire que ce qui est faux, ou ce que l'on croit faux; on peut faire croire également le vrai et le faux. Faire accroire ne se dit que des personnes, parce (ju'il n'y a que les persounes qui