BLA
çoùtpar vine singularité d'objet non convcnalle, c'est être bizarre ; s'en écarter par excès de délicatesse, ou par une rei-licrche du mieux faite hors de saison, c'est être fantusquc ; sen écarter |Kir inconstance ou par changement subit do çoiil, c'est être capricieux ; s'en écarter d'une manière contraire au bon sens, c'est être cxtrava/janl.
En général l'adjectif bizarre signilie, (jui diffère de plusieurs manières diverses des choses de la même espèce, et s'écarte des règles générales que la nature, l'usage ou l'opinion leur ont prescrites. ^'oyez Adjectif.
BizAKREMKNT. Adv. Ou pcut Ic mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il s'est conduit bizarrement, il a bizarrement agi.
Blafard, Blafarde. Adj. Le dr\c se prononce point au masculin. 11 se met ordinairement après son subst. -.Fisuge blafard, lueur blafarde. Voyez Adjectif.
Blâmable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., quand l'analogie et l'harmonie le permettent; on ne dit pas une blâmable action, parce qu'il n'y a pas une analogie assez étroite entre blâmable et action; mais on pourrait dire ces blâmables écarts, ces blâmables erreurs. Voyez Adjectif.
Blanc, Blanche. Adj. Le c ne se prononce pas au masculin. Iji jjrosc, il se met toujours après son subst., excepte dans le proverbe, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Si l'on doit blâmer .Molière d'avoir dit dans V Étourdi (act. 1, se. iv, 14) :
Non, tout ce que je sais n'est que blanche magie,
ce n'est pas parce qu'il a mis l'adjectif blanche ivant son substantif; mais parce que rnagie bla?itlie est une expression composée de deux mots, dont les places sont déterminées par l'usage, et qu'il l'a dénaturée en mettant le premier celui qui îoit être le dernier.
Blanc-bec Subst. m. On ne prononce pas le c te blanc , on prononce celui de bec. Ici la pluralité ne peut tomber ni sur blanc, ni sur bec; mais i?lle tombe sur un substantif qui est sous-entcodu. Un blanc-bec, c'est-à-dire, un jeune homme sans «xpérience. On écrit donc au pluriel des blanc-bec, et non pas des blancs-becs. — Girault-Duvivicr met au pluriel blancs-becs. [Grammaire des Grammaires, p 18i.)
Blanchâtre. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Couleur blanchâtre.
Blanchement. Adv. Il ne se met guère qu'après le verbe : Elle tient son enfant blanchement.
Blanchih. V. a. et n. dela2''conj. Delille a dit {Enéide, V, 1052) :
L'ean blanchit soas la rame et le vaisseau fend l'onde.
Cette acception ne se trouve pas dans le Dictionnaire de l'Académie.
Blanchissant, Blanchissante. Adj. verbal tiré du v. blanchir. L'Académie définit ce mot, qiii blanchit, qui parait blanc; elle aurait du dire qu'il ne se dit que de la mer agitée par les flots, (feraud.)
Toyez tout l'Hellespont blanchissant sons nos rames. ilUc, Iphij., act. I, se. T, 21.)
Blanc-seing. Subst. m. Il fait au pluriel des blancs-seings. Voyez Composé.
Blasphémateur. Subst. m. L'Académie ne dit pas blasphématrice. Féraud prétend que ce dernier est dur et peu usité. Il ne Post pas plus
r.LO
(\\\ admiratrice; et s'il n'était pas usité, il n'y aurait pas d'uxprcssioii dans la langue pour sinnn lier une femme qui blasphiuic.
Blasphém.uoire. Adj. des deux cenres. Il ne se met guère jpi'après son subst. : Parole bluspkématvire, écrit blasphématoire.
Blaspuicme. Subst. m. Ce mot n'emporle pas tout à fait l'idée de «acr/Zi^e. On dira d'un lioinine qui aura pris le nom de Dieu en vain, (jui, dans rcinportemcnt de la colère, aura ce qu'on aijpcllc juré le nom de Dieu, c'est un blasphémateur; mais on ne dira pas c'est un sacrilège. L'homme sacrilège est celui qui se parjure sur l'Ëvangile, qui étend sa rapacité sur les choses sacrées, qui détruit les autels, qui trempe sa main dans le sang des prêtres.
Blaspuémer. V. a. et n. de la l'^' conj. Blasphémer Dieu.
C'est bien à tous d'oser ainsi noimner Un dieu que votre louclie enseigne à blasphémer. (lUc, Âth., act. lU, se. IV, 50.)
Mais je ne crois pas qu'on puisse dire, comme Massillon, blasphémer qu'il n'y a point de Dieu. Chaque âge et chaque nation a ru des esprits noirs et superbes dire noti-seuleatcnt dans leur cœur et en secret, 7nais oser blasphémer tout haut qji'iln'ij a point de Dieu. [Petit Carême, su rie respect que les grands doivent à lareligion, t.l,p.57.) iù'iaud a eu raison de relever cette négligence.
Blèche. Adj. des deux genres. L'Acadcmic ldonne pour un terme d'injure. Si cet adj. se dit encore, il doit se mettre après son subst.
Bléchir. V. n. de la 2'' conj. L'Académie le dcliiiil, devenir blèche; je ne crois pas que ce mot soil plus usité que l'adjectif blèche. Féraud ne le met point, et Boistc dit avec raison qu'il est inusité.
Blême. Adj. des deux genres. L'Académie le définit pâle, et elle définit Te mot pâle par ilème. L'oii il résulterait que blême et pâle veulent dire la même chose. On sait cependant que blême dit beaucoup plus que pâle. Il se met ordinairement après son subst.
Bleuir. V. n. de la 2" conj. Blêmir, selon l'Aeadêmie, c'csl pâlir. — Blêmir ne se dit jilus. On dit pâlir pour signifier devenir subitement pâle ou blême.
INIercier voudrait que l'on employât ce mot dans certaines circonstances : Le coupable fut interrogé, et on le vit blêmir. Pâlir, dit Mercier, ne serait pas le mot. On pâlit de détresse, de fureur, de syncope ; blêmir rend la pâleur involontaire du crime.
Je ne crois pas que cette remarque soit juste. On pûlit aussi de crainte, d'effroi, et c'est le cas d'un coupable que l'on interroge. La pâleur de détresse, de fureur, de syncope, est aussi une pâleur involontaire.
Blette. Subst. f. Selon l'Académie, c'est une espèce d'amaranthe fort commune, qu'on emploie quelquefois comme plante potagère. L'Académie a mis aussi dans son Dictionnaire, bette, qu'elle définit plante t*otagère,riu'on nomme aussi poircc. Cesdeux mots paraissent indiquer la mêine plante. Le mot 'Aette n'est en usage qu'a la iiallc. On dit bette.
Bleu, Blece. Adj. qui se met toujours après son subst. : Utie rcbe bleue, du ruban bleu.
Bleuâtre. Adj. des deux genres qui suit toujours son subst.
Bloc. Subst. m. On prononce le c quand bl«x; se prononce isolément, ou qu'il est à la fin d'une