‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 93 sur 453 · CIT · texte numérisé non relu

CIT

bcs conjonctifs, ou par tout autre mot proiH-e a indiiiuer la jonction ou l'union. Dans cf lie phrase. J8 vous aime tendrement, tendrement est le circonstanciel du verbe aimer; dans je vous aimerai toujours, toujours est un autre circonstanciel de ce verbe.

Circonvenir. V.a. de la 2' conj. L' .académie ne le donne que dans le sens d'employer des inovcns rlificieux auprès de (lucltju'un pour le déterminer à faire ce qu'on souhaite di> lui.

Féraud trouve mauvais qu'un auteur moderne ait donné à ce mot li> sens d'cntovrcr. Cet auteur, dit-Il, peu fait au langage du Palais, n'a pas compris la vraie signification de ce mot. \ollaire, (pii comprenait bien tous les larcages, s'en est servi dans ce sens : Je n'ai pas vn moment, mon cher ami; je suis circonvenu d'affaires, d'ouvriers, d'embarras et de maladies. [Correspondance.)

CiRcci.MiiE Adj. des deux genres. 11 suit toujours son siilisl. : Forme circulaire, mouvement circulaire. — Lettre circulaire.

Circulairement. Il ne se met qu'après le verbe: Les cieux se meuvent circulairement.

Circulant, Circdlante. Adj. verbal tiré du v. circuler. Il suit son subst.: Jlichesses circulantes, espèces circulantes, billets circtdants.

CiRcuLEr,. V. n. de la 1" conj. Ce mot se dit proprement du mouvement d'un corps ou d'un point qui décrit un cercle; maison l'a appliqué au mouvement des corps qui décrivent des courbes non circulaires, par exoiniile au mouvement des planètes, qui ne décrivent point autour du soleil des cercles, mais des ellipses. On l'a apiiliqué aussi au mouvement du sang, i)ar lequel ce lliiide est porté aux artères, et revient au cœur par les veines. En général, le mot circuler peut s'appliquer, par analogie, au mouvement d'un corps cpii, sans sortir d'un certain espace, fait dans cet espace un chemin quelconque, en revenant de temps en temps au même point d'où II est parti.

Cisailler fis villes. Dans ces deux mots, on mouille les(.

Ciseaux. Subst. m. pi. Instrument de fer composé de deux branches tranchantes en dedans, et jointesensembie par un clou. Ciseaux de tailleur, de lingère. Une paire de ciseaux. — 11 s'emploie (luelquefoisau singulier: Mettre le ciseau dan'i une étoffe. — En mythologie, on dit le ciseau de la Parque.

Ciseler. V. a. de la 1" conj. Dans la conjugaison de ce verbe, on double la lettre l lorsqu'elle est suivie d'un e muet : Je ciselle, tu ciseUes, ils ciscllent,je cisollcrai,je cisellerais, etc.

Citation. Subst. f. C'est l'usage et l'application que l'on fait en parlant ou en écrivant d'une pensée ou d'une expression employée allleurè; le tout pour confirmer son raisonnement par une autorite lespcclable, ou pour répandre plus d'agrément dans son discours ou dans sa composition.

Faire des citations, expression qui s'est introduite par abus dans la langue. On dit citer.

Citer. V.a. délai"' conj. Citer nn tribunal, citer devant le juge, citer i\ comparaître. — Citer des auteurs, citer son auteur.

Citériecr, CiTÉBiEur.E. Adj. qui ne se met qu'après son subsl.

Citoyen, Citoyenne. Substantifs. Les citoyens et les citoyennes , dit l'Académie, sont les habitants d'une ville, d'une cité.— Les habitants d'une yillc ne sont citovcns que lorsqu'ils sont membres d'une république, qu'ils ont droit de suflrage dans les assemblées publiques, et qu'ils font parlie du souverain. Dans ce sens, il n'y a point de

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citoyenne, à moins que l'on n'entende par là la femme d'un ciioycn. Dans les nutnaivliies Icmpérc'CS, un tlil t\\i'uii homme esl bon citajcn, pour dire «lu'il csl allaclio à I ■ |ialrio. Ainsi nii lioiinnc peut ('lie ciliiyon «lans ccHc tlcniière ar< e|ilii)ii, sans èlrc ciloyon dans la |iiomitic. J.-J. Hoiisseau, *lil FcimiuI, so i|iiaiiliai( de cU'iycn de Génère ; |iliisioiii's so siinl iii(ii|iiés de colle ipialilicalioii. lies plusieurs la élaii-nl des iLMidiMiiis; cl s'il raliait alors se nii)i|iiei' de t|iicli|u'uii, c'olail d'un puole (|ui se qualiliuilcn France de ciloycn de Calais-.

Cuil., CiviLE Adj. qui suit loujouisson siihsl : La rie cirile, des iniiiiières cirilca. l.'Acadoiiiic dil être cirii a l'Oiraid de tout le monde, envers tout te monde l'Iéclilcr avail dil ciril a ceii.và qui il ne piiiiruil être fucoraile {Oraison fnn. de M. de Lumoiijnon, p. Kili.), l'I rAcadoiiiie avail ado|)lé ce régime dans son édition de 17()i; elle ne l'a pas mis dans celles de 1 /i>S el de 1835. Kn cela, (Ho a pruliK) de la rcmanpic dcFéraud.

CiviLEiiKM. Adv. Avec civijiio. Il no se mol gU(>ro (pi'après le verlie : // nous a reçus cicile- ■m.evt,je l'ui traité civilement. 11 signiiie aussi en niaiidMe civile

Civilisé, Civilisée. Adj. Il ne se met qu'a|ir(:s son subst. : Les peuples civilisés, les nations civilisées .

Civilité. Subst. f. Dans le sens d'honncletc, courtoisie, manière lionncle de vivre el de con- Terser dans le monde, ce mol n'a point de pluriel. Il en a un dans le sens d'actions, de paroles civiles, do compliments, etc.

Corneille a dil AdWiPulijcucte (act. II, se. v, 11) :

Nous ne nous combattrons que à& civilité.

Voltaire fait observer dans ses Remarques que c'est un vers de comédie.

Civique. Adj. f. qui suit son subst. et n'esl d'usage (iii'en ces phrases : Cuuronne civique, vertus civiques.

Claib , CuiBE. Adj. Dans toutes ses acceptions, cet adj. ne se met (praprés son subst. : Un feu clair — Des armes claires, un teint clair. — De lu toile claire. — Une idée claire.

Ce mol s'emploie aussi adverbialement: f^oir clair, parler liant etclair. Ondilsenier clair, \K*iir dire répandre la graine do loin en loin, et en moindre (piantilc (ju'on ne le fait ordinaireineiit. C'est (le celte expression (ju'on a fuit l'udjeclir clairsemé, frayez ce mol.

Claihemknt. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire cl le paiticipc : // s'est expliqué clairement, ou il s'est clairement expli/iié.

Claire-voie. Subst. m. Quand il sigiiilic une ouveriuio faite à icz dc-cliaussce dans lo mur d'un |iarc ou d'un jardin, et <|ui n'est fcniiée (pie par une grille ou par un Hjssii, il faut écrire au pluriel des claires-voies. Dans ses autres acceptions, il n'a point de pluri(.'l, ijarce qu'il ne s'emploie (lu'adverbialemenl.On dit fait a claire-voie, de rcspacomenl dos solives d'un idanclier, des poteaux d'une cloison, des chevrons d'un comble, etc., lorsque cel espacement est jibis large qu'il n'a coutume de l'clic dans les anlres ouvrages de même nature, soit qu'on l'ait prali(pié ainsi par économie, soil à cause du peu décharge. En terme d'agricullure, on sème d claire-voie quand les sillons sont fort écartes les uns dos autres, ou (pie la quantité de semence (|u'on répand étant peu considérable relalivcmenl à l'espace qu'on ensemence, les grains laissent entre eux de

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grands intervalles vides. Les ouvrages des vanniers sont à ciaire-toie lors(iiie le tissu d'osier laisse des inlervalU s a J"ur; et il en esl de même de l'ouvrage des lissuiiers.

Cl.\ib-se.mé, Clmii-se.mée. Adj. Dans ce mot compose, clair est adverbe, et ne prend jamais la iiiar(pie m du IVininin ni du pluriel. Semé suii la régie des autres adjectifs, et se met, selon les cas, au masculin ou au t'oininin, au singulier ou au pluriel : Du blé clair-seme, de l'uvuine clairsemée, des oryes clair-seuues.

CLAiiivoYAi>r, Claikvoyame. Adj. il ne se dil qu'au ligure, el suit toujours son subst. : Un homme clairvoyant, un esprit cUiirvoyunt. Voliaire du, dans ses Remarques sur Corneille, (pjc le mol clairvoyant esl baimi du si} le noIilc.Dans ce mut compose, voyant esl un adjoclil' verbal, el prend par coiiséiiucnl la mar(|uo du |iluriel.

Clameur. Subst. 1'. C'est un grand ci'i, suivant lAcadcmie. Celle explication esl Irés-incomplèle. Un homme a (jui l'un lait une u{>(M'alton douloureuse |>ousse ordinairement de yrunds cris, et ce ne sont |)as des clameurs. On pousse de grands cris de joie, et ces grands cris ne sont i>as des clameurs. Le mut tiu/«ei//-ciiipuric l'iilec de plainte, de demande, d'accusation, de réclamations faites sans retenue, sans modoraliuii, avec le dessein de cummunniuer auxaulres le soulimenl de méconlenieinenl ou d'indignation dont on esl animé : Les clameurs d'un koiame qui se plaint, les clameurs d'une populace mutinée. On dit au singulier lu Llameur publique, pour indi(iuer le soulèvcmenl du peuple coiiire un scélérat.

Clandestin, Clandesiine. Adj. On peut le mettre avant son subst., quand l'analogie el l'harmonie le [lormeltenl : Mariage clandestin, assemblée clandestine. Celte clandestine assemblée.

Clandestinement. Adv. 11 ne se met guère (piaprcs le verbe : // s'est marié clandestitieinent, ils se sont assemblés clandestinement.

Claqueu. a . a. de la i'\ cuiij. \ ollaire l'a dit dans le sens d'applaudir (Epitre à M. Fulkcner en tète d'Alzire) :

El le parterre favorable

Au lieu de siitler m'a claqut.

Cla()ueur. Subst. m. Mot nouveau. Nom que l'on a donne à 'j-îs gens (jui se chargent, pour de l'argent ou ()U(;i(iiie aulre récompense, d'applaudir a lurl el a traveis les pièces nouvelles et les acieiir.i ou les actrices.

Clakté. Subst. m. il s'emploie au figuré dans le sens de lumières. Voltaire a dil dans Alzire (act. V, se. va, 45) :

Aux clartés dei cliréliens si son Ime e^t ouverte

Ce vers prouve, contre l'Académie et contre Féraud, (jue clartés se dil des personnes.

Clarté se dit aussi du discours. On ne parle et l'on n'écrit (pie pour se faire entendre. On ne se fait bien entendre (lue luisiiu'on s'exprime avec clarté. La clarté est la (pialiié jKir hupiellc un discours est propre à donner a ceux «jui l'entendent ou (pli le lisent la vraie connaissance de ce que l'auteur voulait leur faire penser. Ainsi tout ce (jui, dans un discours, scrl a bien faire saisir la lionsce précise de l'auteur, contribue a la clarté ; tout ce qui empêche de bien sjiisir celle pensée est un défaut contre la clarté.

Tour éi:rire avec clarté, il faut penser avec clarté; car comment pourrait-on rendre clairement par des paroles ce que l'on n'aperçoit que

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confupémenl dans son esprit? Un peintre pourrait-il se Huiler de faire un porlrail ressemManl d'une per>onne qu'il ne verrai! (jne dans l'éloignenicnl ou a iravei-s un nuaire? 11 faul donc qu'un auieiir qui veut s'cvpniner avec fl;iilé commence par meUre de la darié dans ses conceplions, el de la dislinrlion dans ses i'Iécs. 11 faul que l'idce priiici|);de qu'il vcul coininuniquer lui soii familière, (pi'il a|)er(,-oive d'une manière claire la convenance îles modilicalinns sous lesquelles il veiil la faire envisai:cr, cl qu'il seule avec justesse l'erTel des accessoires dont il vent l'orner ou rcmlicllir. Il faul que toutes ces clioscs puissent se iirc^enier facilement à son esprit, tantôt séparcmenl, tantôt dans leurs liaisons el leur ensemlile; et c'est alors seulement (pi'il pourra choisir pour exprimer sa pensée des mots qui, comme autant de couleurs diverses, rendront l'acilement, par leurs combinaisons et leurs rcllcts, l'image qui leur servira de modelé.

Pour cire clair, il ne suflit pas de se faire entendre, il faut aussi se faire entendre racileincnt. L'esprit n'aime pas ce qui lui cause da la peine, et l'atlcntion de l'auditeur ou du lecteur se soutient dillicileincnt , lors(pie le travail qu'exiu'C l'intelligence d'une idée lui fait [)révoir un travail semblat)le pour celles qui vont suivre.

La clarté demande (pi'on choisisse les termes qui rcndciit exactement les idées, ([u'on dégage le discours de toute superllnitc, que le rapport des mots ne soil j.imais équivocpie, el (|uc toutes les phrases, construites les unes pour les autres, marquent sensiblement la liaison et la gradation des pensées.

Rien !ic nuit plus à la clarté du discours que le trop grand dé^irde montrer de l'esprit. De la résulte souvent l'affeclalion du style, Icmploi abusif des termes ligures, et les expressions recherchées qui loiil prendre la pensée d'un auteur dans un tout autre sens que celui (|u'il avait en vue. Les Iropcs, nour être clairs, ne doivent pas cire tirés de trop loin, et pris de choses qui ne donnent pas occasion a l âme de penser d'abord a ce qu'il faut qu'elle se représente pour découvrir la pensée de l'auteur. L'idée du tropc doit être tellement liée avec celle du mot propre, <iu'ellcsse suivent, cl qu'en excitant l'une des deux, l'autre soil renouvelée. Le défaut de cette liaison rend les tropes obscurs.

Si le trop graml désir de montrer de l'esprit est une cause t|ui nuit à la clarté du discours, celui de montrer de léruililion en est une autre C est souvent une alïeclation déplacée chez certains auteurs, »pie l'usage des termes d'arts et des expressions si-icnliliques, auxquels ils pouvaient aisément substituer des termes et des expressions d'usage ordinuu-e, que « liaipie lecteur un peu écliiiié et ipii sail sa langue comprend aiséineiit. Ce défaut csl assez, ordinairement celui des charlatans el des ignorants; el tel chirurgien (pii ne sait |Kis le latin alTecte de donner des noms grecs qu'il ne coin|ireiid pas à des choses qu'il icndrait beaucoup mieux dans sa langue naturelle.

La lr(»p grande brièveté est souvent uw obsiacleà la clarié. (hiclqucfois un auteur familiarisé avec un sujet qu'il étudie depuis longiem|)s, veut épargner du temps cl de la peine, [irévcnir l'ennui ([u'inspiient les détails néccssai-es a l'inielligence du sujel aux personnes qui les savent. Il suppose que ces détails, ces idées interméiliairos qui lient le principe a la consétpiencc, sont aussi familiers a ses lecteurs qu'a lui-même. Sur ce prétexte, il se disiicnse de les donner, et le lec-

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