COL
ieur être à pari; autreineiil les noms de chaciue corps particulier seraient jiulant de noms collectifs; car tout corps est divisible. Ainsi homme n'est pas un nom collectil', quoique l'homme soit composé de différenles parties; mais iJi/ie est un nom collectif, soit qu'on prenne ce mot pour \in assemblage de différentes maisons, ou pour une société de divers habitaïUs. 11 en est de même de multitude, quantité, régivieiit, troupe, la plupart, etc. (Dumai;sais.)
On a dibtinsué deux sortes de collectifs : les collectifs généraux, tels que peuple, aniu'e, ctc , qui exprimciil une lullecliun entière; et les collectifs partitifs, ([ul n'expriment (lu'une partie du Ja collection, tels que lu plupart, partie, nombre,cic. Ouand le collectif général est suivi d'un pluriel, l'adjectif, le pronom et le verbe s'accordent, non avec le i>luriel, mais avc,c le collectif : L'armée des infidèles fut entièrement défaite, et non furent, etc. Au contraire, le pluriel qui suit le collectif partitif détermine le nombre du verbe, du pronom et de l'adjeclif: Une partie des infidèles xj furent tués, el non jKis y fut tuée. La raison que l'on donne de celte différence, c'est que le partitif et le pluriel qui le suit ne font qu'une expression, au lieu (jue le collectif gêné rai présente une idée, indépendamment de ce qui peut suivre. On dit seuls armée, peuple, forêt, etc.; mais on ne jjcut dire nombre, partie, etc., sans les accoui|xiL'ner de quelque aulre mot. Féraud remarque, au sujet de cette règle, •lu'aprcs les collectifs généraux, ([uoiqu'ils soient au singulier, on met souvent le^j pronoms personnels au pluriel. Il n'aurait pas du dire que cela arrive souvent, mais seulement quelquefois en vers. L'exemple de llacine, qu'il cite à l'appui de cette an^^rwCn, pr''"ve que le cas est rare, et particulier à la poésie; c<u •'^He construction, que l'on ne peut trouver fautive en vers, paraîtrait extraordinaire en prose :
Tout ce peuple captif, qui tremble au nom d'un maître, SoDtient mal un ponvoir qui ne fait que de naître; II» ont pour s'affranchir les yeux toujours omerts. (^Alcx., act. II, se. II, 15.)
Quant aux collectifs partitifs, on pourrait dire aussi qu'il y a des cas oii l'on ne ferait pas une faute en mettant le singulier au lieu du pluriel. Ainsi on neut dire, suivant les cas et les accessoires de Vidée qu'on veut exprimer, utie partie des soldats s'enfuit, ou une partie des soldats s'enfuirent ; c'est à celui qui parle ou qui écrit à distinguer si c'est le singulier ou le pluriel qui convient mieux à l'impression qu'il veut produire en exprimant son idée.
Collectivement. Adv. Dans un sens collectif. L'homvie, se dit de tous les hommes pris collectivement. Cet adverbe ^e met toujours ai)rès le verbe : On les a pris collectivement, et nou pas on les a collectivement pris.
Collégial, Collégiale. Adj. L'Académie observe que ce mot n'est guère usité qu'au féminin, et dans cette phrase, église collégiale; mais Féraud pense qu'on le dit aussi de ce qui sent le collège ; Poëte collégial, production collégiale. 11 est vrai que Gresset a dit en ce sens des poètes cdiégiaux; mais cet exemple ne suffit pas pour établir l'usage.
Coller. Y. a. de la d'' conj. On dit coller sa bouche à quelque chose:
Au seuil de ces parvis, à leurs portes sacrées.
COM ;-27
Elles collent leurs Louche», entrelacent leur» br»i. IDlul., Èniid., II, 658.)
Se coller ne signilie pas seulement se tenir droit contre. Delillc a dit :
Il dit, baise nos pieds, les inonde de larmes. Se colle à nos genoux. . .
{Ènéid., III, 830.)
Il a dit aussi :
Le sang noir et glacé qui collait ses cheveux.
[Ènéid., II, 368.)
Colophane. Subst. f. Plusieurs disent colvpho-ne. Il est vrai tiue, suivant l'iine, celle substance résineuse nous avait élé apportée de Colophane, ville d'ionie; ainsi, selon les règles, on devrait dire colvpkone ; mais, selon l'usage, qui est plus fort (ji:e les règles, il faut dire tolcphane. {Grammaire des Grammaires, p. ItlUS.)
Coi.oban-, CoLOi-.AME. Adj. vcrbal tiré du v. colorer. Il ne se met qu'après son subst. : Des drogues colorantes.
CoLOEFR. y. a. de la 1" conj. 11 signifie figurément, dit l'Académie, donner une belle apparence à tiuelque chose de mauvais. — Il n'est pas nécess;iire (lue la chose qu'on veut colorer soit mauvaise :
Que d'un prétexte heureux la trompeuse apparence Colore ces apprêts. . .
(Uelil., Ènéid., IV, 416.)
Au propre, il ne faut pas confondre colorer avec colorier. Le premier se dil des couleurs naturelles : Le .toleil colore les fruits ; le second se dit des couleurs arliliciellcs: Un peintre qui colorie bien. — Cependant l'Académie, dans son édition de 1835, donnu les exemples suivants à l'article colorer: L'art de colorer le verre, le cristal. Colorer le verre en bleu, en rouge, elc. L'auteur d'un ouvrage publié on lS3b sous le titre de Dictionnaire du langage vicieux, donne une définition qui explique les exemples donnés par l'Académie, v. Colorer, c'est donner une couleur naturelle ou artificielle, mais d'une seule teinte. Colorier, c'est apposer avec art des couleurs sur (juehiue chose. Ainsi un rerrc coloré est un verre qui a une leinie de couleur quelconque; un verre colorié c^i un verre qui représenlc quelque chose en peinture. «
Coloris. Subst. m. Ce mot , qui est proprement un terme de |)einlure, se dit par extension des pensées, de l'imagination, du style et de rexjH-ession. C'est à l'imagiiialion a fournir des tours qui donnent un colons vrai a chaque pensée. Le coloris du style est une suite du coloris de l'imaginaiion. Le coloris de l'expression lient à la richesse du langage métapliori<pic. Voyez Propriété.
Co:.ossAL, Colossale. Adj. Il ne se met qu'après son sul)St. : Une figure colossale, une statue colossale. 11 n'a point de pluriel au masculin; on ne dit ni colossaux, ni colossals.
Combat. Subst. m. L'Ac^ndémic i\l donner un combat. Cette expression n'est point usilée. On dil donner une bataille. — Corneille a dit dans le Cid (act. I, se. iv, 51) gagner des combats; on l'a crili(iué. Mais, dit Vollairc, sj 1 on gagne des batailles, pouniuoi ne gagnerait-nn pas des combats? [Remarques sur les sentiments de l'Académie sur le Cid.)
Combattre. Y. a., n. et irrégulier de la 4' conj.
COM
Il se conjugue coniiTic battre. Voyez ce mol. Combattre ses eiiticriis, combattre ses mauvais penchants, combattre ;ivec quelqu'un ilc piililesse, li' honnêteté. MoKlcsqiiicii n dit ihins los Lettres persanes : Quand rous cumbutlez gracieusement arec vos compagnes , ilc char/nes , de douceur et lïenjonement...
L'Ac;idéiiiic ne dit point être combattu de. Crébillon a dit :
Et dt quelque! remords que je (oi't combattu.. ,
[Rhadam., aci. 111, se. Il, 18.]
Quand du moindre intérêt le cœur est comftaCtu... [Pyrr., act. I, se. V, 5.)
El Racine {Ipliig., acl. II, se. ii, 27.) :
D'oB soin cruel ma joie est ici comtattu;, . ,
Féraud prélcnd qu'en prose il faut dire être combattu par : Je si/is combattu par des sentiments tout ipposés. Je crois cependant cpi'on dirait mieux /e* ie/(<w//c«;5 dont il est combattu, que les sentiments par lesquels il est combattu.
Combien. Adv. de quaiiiilé. L'adverbe de quanlitc, dit d'Oiivct, a cela de remanpiable, qu'élaiit uni à un suhstanlif par la particule de, il n'csi à l'éirard de ce substantif «juc comme un simple adjcciif, puis(iue l'un el l'autre ensemble ne [ncsciilcnl qu'une idée luialc et indivisible. Aussi est-ce une rogle sans exception ([ue dans toutes les phrases ou l'adverbe de ipiantilc fait partie du sujet, la syniaxe est fondée sur le nombre et le genre du substantif: Combien de gens sont trompés par les apparences ! f^ovs ne savez pas combien cette maison a coûté d'argent.
Comblé, Comrlée. Part, et adj. Autrefois,^ ce mol au masculin n'clait (]uc participe : Etre comblé de biens, de gloire, de faveurs. Aujourd'hui on 1 emploie adjectivement sans régime, et dans le sens de ravi, enchanté :
Je suis com'ilé, ravi.
De retrouver enfin mon plus fidèle ami.
(Gress., Méchant, act. II, se. vu, t.)
Le même auteur a dit, dans le même sens, vous me comblez . . .
Celle façon de parler est affectée, et Gresset la mcl dans la bouche d'un personnage ridicule.
CoMBLEB. V. a. de la 1"^* conj. Racine a dit dans Iphigénie (act. I, se. ii, 67) :
Ainsi, pour tous venger tant de rois assemblés. D'un opprobre éternel retourneront comblée.
On dit covvert d'un opprobre éternel, mais on ne dit pas '\\i'nn en est comblé.
L'Académie ne joint au mot combler , pris ligurémcnl, ipic des substantifs (|ui ex|>riincnl des biens, «les çiàces, des faveurs, ou d'autres choses de celle espèce. P'ilc semble indiquer par là que ce vci'bc ne saurait s'allier avec les maux, les [tciiies, eie. Cependant Vollaire a dit dans Sémiramis (act. 1, se. vi, 3) :
Je verrai donc mes maux ou combléi ou finis,.
Et plus loin (act. V, se. viii, 5) :
Le ciel est satisfait, la vengeance est comblée.
CosiBDSTiBLE. Adj. dcs dcux. gcuves qui ne se met qu'après son subsl. : Matières combustibles
COM
CoMBiSTiON. Subsl. f. On prononce combustion, avec le son du /, cl non pas combuscion, avec le son du c.
Fcraud |)rcleiid que ce mot se dit toujours avec la préposition en. On le dit sans celle préposition, et au prdpic et au liçiiré : Lair est nécessaire à la combustion. [Dict. de l'Acad.)
Co.MÉDiE. Subsl. f. On disait aiilrcfois ai/er ô la comédie, en iKirlaiil de toiiics sorics de pièces de ihcàlie, comme Iragi-comcdie, pastorale, etc. Aujourd'hui l'on dit en ce sens aller au spectacle.
CoMiQDE. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subsl. : Une pièce comique, un poète comique. On appelle force comique, ces grands trails tpii approfondissent les caraclércs, et qui vont chercher le vice jiisijue d.ms les replis de l'àme pour lexposcr en plein ihcàtrc au mépris des s|»ecUilcurs.
Comique. Subst. m. On dit un comique pour dire un acteur comique, un pccle cnjiiique : Molière est le modèle des comiques. — Comique se jnend aussi [wiir le genre de la comédie: Le haut comique, le bas comique.
Co.MiQLEJiE.NT. Adv. Il iic sc mct guère qu'a- [)rés le verbe : Il a traité comiqucmcnt ce sujet.
CoMMA^DER. V. a. de la 1" conj. 11 s'emploie ngurcment au sens mural :
Le devoir me eommonde Que je venge le meurtre, et que je vous défende.
(Volt., lltr., act. lit, sc. vi, 3.)
Delillc a dit dans un sens qui n'est pas indi- (lué par l'Académie :
Si ce cœur, trop puni d'avoir été sensible. Ne «'était eommonde de rester inllesible.
(Énéid., IV, 27.)
On dit commander à quelqu'un ; mais on ne à\[[)ascom7iiandcr quelqu'un, s\ ce n'est en termes de guerre. C'est ce que Voltaire a remarqué dans |os vers suivants de Corneille [Jîodog., act. II, sc. 11, 67.) :
Ne saurois-tu juger que si je nomme un roi. C'est pour le commander et combattre pour moi?
On commande iine armée, dit Voltaire, on commande à une nation; on ne commande point un homme, exceplc lorscju'à la guerre un homme est commande par un aiilrc pour cire de tranchée, |)our aller reconnaître, pour attaquer. \^Reinarques sur Corneille }
CoMMK. Conjonclion. 11 s'emploie pour de même que : Il est hardi comme un lion ; pour dans le tem[)S ipie : Comme Abruhavi éliiit près de frapper son fils Isaac, un ange vint l'avertir ; {Mur I)arre que, vu que : Cominc l'e.^iime publique est l'ibjet qui fait produire de grandes chiises, c'est aussi par de grandes choses qu'il faut l'obtenir ou du moins la mériter; pour jjar exemple : On met ordinairement un S à la fin des substantifs pluriels, comme 7//» amt, des amis; jioiir presque : Gn le trouva comme 7iinrt ; jionr en quelque sorle : (Jn véritable ami est comme un autre soimême.
On peut ajoutera ces significations, tirées des grammaiies.que coj/ime se dit aussi pour en <|ualité de : Il aqit comme tuteur de ses enfants; il agit comme fondé de pouvoir. Dans ce vers de Voltaire [Deujcième discours sur l'Iiomme, d621 :
11 agit comme libre, et p.irlc comme esclave.
COM
le p'-omicr comme signifie, d'après sa qualité d'homme litre, et le second, confornicmenl à son étal «i'cschivc.
I.a conjonction cMnmojit ne peut cire employée dans ancune de ces significations; au lien (lu'oii penl (juciuelois se servir de comme d.ins celle qui est pnrliiulièrc à cnmmcvt, c'est-à-iliie, pour signilici- de quelle manière: Je ne vous diniipas comme la ville fut emportée d'assaut; voici comme l'affaire se passa.
rontefuis comme ne saurait s'em|)loyer pour omineiit (|n;nid on iiilerroge. On ne |)ent pas dire comme rovs a-t-il reçu? au lieu de comment vous a-l-il reçu? —Il y a cette remarque a faire àurleuiploi de comme au lieu de comment siirnifianl de «luelic manière. Quand on dit ivii/ez comment il travaille, cela tomlicsur la manière dont il travaille; et si l'on dit en raillant voyez comme il travaille, cel.i tombe sur la persoime. et fait entendre ipie celui cpii doit travailler ne travaille point, ou i|n"il ne travaille pas comme il faut.
La conjonction comme, employée au premier memhre d'une phrase, ne se répète pas au second ; on met à ce second meudjre et que : Comme ilai- •nait les plaisirs, et i\nHl saisissait toutes les occasions de s'en procurer. . ,
Une rèdc générale que l'on doit appliquera la conjonction comme, c'est q\ie dans la même phrase un mot ne doit pas cire pris dans deux sens différents, le père Bouliours a donc hlâmé la phrase suivante : Ne considérons pas la vie comme vu cercle de plaisirs, mais comme une source de bonheur, quand on sait en jouir connue certains hommes, le iroisicmc cnnnne, dit-il, fail ici un mauvais effet, parce (ju'ilest pris dans un autre ordre que les deux premiers.
Le vers suivant de Corneille a été juslement critiqué :
Et comme pour toi seul l'amour veut oue je vive. (Cin., act lU, so.'iv, 12i.)
Toutes les plirascs qui commencent par comme, dit Voltaire, sentent la dissertation, le raisonnement; et la chaleur du sentiment ne permet guère ce tour prosai<iue. [Bem. sur Corneille.)
Comme si régit l'indicatif : // me parle comme si j'étais sin esclave.
Commencer. V. a. et n. de lai" conj. Devant un infinitif, il régit tantôt la pré|)osilion à, tantôt la préposition de. On dit il commence à marcher, et UconiiiicnceÛG marcher. On ne trouve rien de certain dans les grannnaires, ni dans les di(;tionnaircs , sur l'emploi de ces deux expressions. Vaugi'las est d'avis ([u'on peut les employer indifféremment, et pense aussi que la dernière est plus usitée; et Boulioius, (jui était d'aLord pour commencer à, avoue ensuite (pi'tn peut se servir également de l'une ou de l'autre préposition.
11 me semlile (pie les grammairiens nous auraient donné quelque chose de plus précis sur cette matière, si. au lieu de chercher les motifs de leurs décisions dans des exemples matériels tirés des auteurs, ils les eussent puisés dans la iialuie des deux prépositions, et dans la nuance particulière (pie chacune d'elh^s doit donner a l'idi-e.
Commencer, suivi d'un infinitif, ex[irimc une action ou des actions présentées comme le commer.cement d'une icndancc \ers un but, ou le commencement d'une action présentée comme pouvant ou devant cire continuée jus<pj'à la lin. Dan- le premier cas, il faut employer la préposition o,car la nature de celte prcposilion est de marquer le rapport à un but. Marcher est une habi-
COM
ude, est un but auquel les enfants tendent pai la naluie de leur conforniiition. Ainsi, iiour dire qu un enfant fait depuis (luelqne leiiips des ,iclions qui tendent à former celle h.ibiiiide a aiteindre ce but, il f;nil dire cet enfant commence a marcher. Dans le second cas. il Paul einiilovcr la préposition de, qui, étant esseiiiicll(<inciit extractive, marque le |)oint d'oii l'on pan avec rapport a la conlinuJlé et à la lin de l'action Si (jonc, voulant faire marcher un enlaiit, il refuse d'abord de se mettre en mouvement, et (pi'ensiiilo il s'y mette tout à coup, je dirai, dans ce moment, il commence de marcher, parce .pie je veux exi>rimer son inemier monvemenf, non relalivement à un but, mais par iapi)o;t a son inaction précédente (jui est le point de di-part. Il est sorti de son inaction, il a fait un mouvement |)our en sortir; voilà tout ce (pie j'ai voulu e\priiner et tout ce (juc j'exiirimc par la prcposilion de. De même je dirai en commence de bàiir sur celte /'lace, sans rapport au but (pie l'on se jiropose dans la construction ; et on commence i\ bâtir ma maison, avec rajiiiort a ce but. Nous commençons de d'tncr, c'est-à-dire , nous eoinmonçons l'action de diner, action (jui doit être continuée jus(pi'à la fin. \\ n'y a point là de but inar(iué. On dira bien je commence de voir clair dans sa conduite; c'est une action (jui doit avoir sa continuation cl sa fin. Je commence d'y voir clair; bientôt j'y verrai jibis clair, et a la lin j'y verra'i clair tout à fait. IMais on ne dira pas^'e commence (j'-' voir qua vous m'avez trompé ; il faudra dire je commence a voir. Ce n'est point ici une action •pii a son commencement, sa continualion et sa fin; c'est un Irait de lumière (pii a frappé tout d'un coup, qui a frappé pour la piemicre fois. Auparavant, on liC voyait pas ipTon était trompé; on voit actuellement ([u'oii l'est, c'e>t un but altoipi. Qu'un malade, loiiimenlé depuis lonirtcTips par des insomnies, prenne cluMpic jour (pichpies heurcsde repos, on dira (pi'il commence à dormir, c'est-à-dire, à tendre au but ainjuel il aspire, le relourd'un sommeil régh;. Maisen parlant d'un homme qui se pijrte bien, et (jui dort bien toutes les nuits, je dirai il commence de dormir, pimr marquer le comineiicemeiil d'un sommeil ipii doit durer. Hacine a dit dans Phèdre (act. U, se. ii, 63) :
Puisque j'ai commencé de rompre II silence.
C'est une action susceptible d'être continuée, il n'y a point de but inarune; pi j'énelon a dit les vents commencèrent à .s'apaiser ('JVlém., liv. VI t.^ 1, 221.) H y a un but ampiel tendcni k's vents| c'est-à-dire, le calme Ou commence ii'écrir'e vne lettre, c'est une action siisceptilih; d'être continuée jus(pi'à la lin. On ammenre iVovvrir la tranchée. Mais on commence à s'ennuyer, à se dépiter, à .ie courroucer ; ce ne sont pom'.des actions (jur l'on fait, ce sont des éials (pie l'on éi)ronvc, et qui ont une grailaiioii, un lerme.
J.-J. llousseau a dit : Je commence de fréquenter les spectacles, de .souper en ville; et je comv:cnce à voir les diff cultes de l'étude du monde.
Marinoiilel exprime auliement celle difrcicnce Commencer o, dit-il, di'signe une action qui aura du progrès, de l'accroissement :
J'adore le Seigneur, on m'explique «a loi; Dans son livre Jivin on rn*Mppi.:rMl i l.i lire. Et déjà de ma m.iin je enmvi^ncr i l'ecrirt
fUic, Ath., acl. Il, se. vil, 49.)
Nous observons ici (pie le mot commencer
COM
sans la proposition à ou de, ou avec l'une ou l'autre de CCS [;rcposilions, dcsisnc loujoiirs une action qui aura du progrès, de l'accroissement : Je commence vn outrage qui doit être ou «jui peul cire continué, aclicvé. Dans commencer iVécrire vne letliv , écrire désigne une action qcil aura du progrès jusqu'à la lin. Dans je commence à l'i'-cnre, des vers cités, ce n'est pas parce que l'action indique du inogrés, de l'accroisseuKMil, (jue l'on a cini>loyo la préposiiiun à, mais piirco qu'il s'agit d'un hul à atteindre. Le but do reniant est d'écrire la loi, il coiniiicnco à faire des pr ":rés vers ce but, il commence à récrire. Nou> serions parfaitement d'accord avec Marmontel , si l'observation était rédigée ainsi qu'il suit : Commencer à désigne une action (jui aura du progrés, de l'accroissement vers un but. Commencërde, continue Marmontel, iKîint une action complète qui aura de la durée :
Ses IranSDorls d6s longtcaips commencent dVo/dfer. (Kac, Britan., act. 111, se. i, 5.)
Commencer de ne peint pas toujours une action complote. Dans Texemplc donné par l'Académie, il et rail commencé d'écrire ■sa lettre, écrire ne peint pas une action complote; ou si l'on voulait soutenir le contraire, 11 faudrait convenir que ce verbe peint aussi une action complète dans je commence à l'écrire. On dit il avait commencé d'écrire sa lettre, non parce qu'écrire peint une action complète, mais i)arce qu'il s'agit ici du commencement d'une action présentée comme pouvant ou devant étru continuée jusqu'à la fin et non comme tcnd.'ini à un but. — L'Académie, dans son édition de IS3t), donne une décision favorable à Marmontel. Commencer de, dit-elle, désigne une action qi.i aura de hi durée ; commencer à désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement. -Elle ajoute (ju'on dit quelquefois commencer à povx commencer de : Commençons à dîner.
Commensal. Subst. m. 11 se dit de ceux qui mangent à la même table : C'est mon commentai. 11 fait au pluriel commensaux.
CoJiMEMT. Voyez Comme.
CoMMER. V. n. de la \"= conj. C'est un vieux mot tout à fait hors d'usage, que l'Académie nous donne pour une expression du style familier. 11 signifiait comparer. Fcraud prétend que ce mot sent un peu le jargon des sociétés de la capitale. Je doute qu'il y ait une coterie de Paris où il fiit compris.
CoMJiF.RÇABLE. Adj. dcs dcux gcnrcs qui ne se met qu'après son subst. : Effets commerçables, billets commerçables.
CojiMERciAL, Co.MVEF.ciALE. Adj. Qui appartient au commerce. 11 fait commerciaux au pluriel masculin : Opérations commerciales, effets commerciaux.
Commettre. X. a. et irrég. de la 4" conj. Il se conjugue comme Mettre. Voyez ce mot.
Commettre, dans le sens de compromettre, exposer, ne prend point de régime indirect. On dit prenez garde de vie commettre, je ne vous commettrai point. Mais on ne dit pas/e ne tous commettrai pas à un affront, llacine a donc fait une faute en disant dans Jphigénie (act. Il, se. IV, 5) :
Aux affronts d'un refus crai^int de me commettre;
et dans Bajazet{ac\.. IV, se-, i, 39) :
Hais à d'autret périlt je crair; de le coramtttrs.
COM
Selon la remarque de d'Olivet, on dit tré5»-biin commettre quelqu'un, et se covimetlre, pour signifier s'e.\|)0scr soi-mcinc à recevoir cpielquo déplaisir; mais ce verbe ne s'enq)loie qu'absolument, cl on ne dit point se commettre à quelque chose.
Commode. Adj. des deux genres. 11 se met ordinairement après son subst.": Une vie commode, des principes commodes. Lcs poëtcs le font quelquefois précéder.
Commodément. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le parliciiie ; // est logé commodément, ou il est commodément logé.
CoMMDN, Commune. Adj. En termes de grammaire, il se dit du genre par rapport aux noms. Tour bien entendre ce que les grammairiens appellent genre commun, il faut observer cpic les individus de chaque espèce d'animal sont divisés en deux ordres, l'ordre des màljs et Tordre des femelles. Lu nom est dit être du masculin dans les animaux, quand il est dit d'un individu de l'ordre des mâles; au contraire, il est du genre féminin quand il est dit d'tui individu de l'ordre des femelles. Ainsi coq est du genre masculin, et poule du genre féminin. A l'égard dos noms d'êtres inanimés, tel que soleil, lune, terre, etc., ces sortes de noms n'ont point de genres pro|)rement dits. Cependant on dit que le soleil est du genre masculin, et que la lune est du genre féininic, ce qui ne veut dire autre chose, sinon que lorsqu'on voudra joindre un adjectif à soleil, l'usage veut que des deux terminaisons de l'adjectif on choisisse celle qui est déjà consacrée aux noms substantifs des mâles dans l'ordre des anunaux. Ainsi on dira heau soleil , comme on dit beau coq; et l'un dira belle lune, comme on dit lelle poule. A l'égard du genre comviun, on dit qu'un nom est de ce genre, c'est-à-dire, de cette classe ou sorte, lorsqu'il a une terminaison qui convient également au mâle et à la femelle. Ainsi auteur est du genre comnnm. On dit d'une dame (\\i'elle est auteur d'un tel ouvrage. Qui est du genre commun. On dit un homme cm», etc.; une femme qui, etc. Fidèle, sage, sont des adjectifs du genre commun : Un amant fidèle, une femme fidèle. (Dumarsais.)
Quand commun signifie général, unanime, il faut le placer avant son subst. : D'une commune voix, et non pas d'une voix commune. Ou dit la commune opinion, OU l'opinion commune. Le bruit commun.
Cet adjectif régit quelquefois la préposition à ou la prépiisiliun avec : Le nom d'animal est commun a l'Iionime et à la bête ; j'ai cela de commun avec lui.
Lorsqu'il est employé sans régime, il a un sens différent de celui (lu'oii lui donne lorsqu'il régit la préposition à: JDes disgrûccs communes sont des disgrâces peu considérables; mais des disgrâces communes à tous les hommes sont des disgrâces auxfiuelles tous les hommes jxîuveot être sujets, et qui peuvent être des disgrâces considérables.
Communal, Communale. Adj. Il ne se met qu'après son subst., et fait communaux au pluriel : Biens communaux .
Co:iDiuNÉMENT. Adv. H se met ordinairement après le verbe: Cela s'est pratiqué communément autrefois.
CoMMCNicABLE. Adj. dcs dcux genres qui ne se met qu'après son subst. : Une pièce communir cable.
COMrusiC'TiF, CoMMONiCATiVE. Adj. qui suit
COM
toujours son subst. : Ce savant est communicatif.
Compacte. Ailj. ilcs deux ïcmcs. Il ne se met qu'après son siitist. : Un métal compacte.
Compagne. Subst. f. On mouille le gn. L'Académie ne le dil poini dans les acccpiions suivantes :
Les bergers, pleins d'effroi, dans les bois se cachèrent: Et leurs tristes inollios, compagnes de leurs pas. Emportent leurs enfants gémissants dan.< leurs bras. O'OLT., Ilenr., VUI, 78.)
Cesl li, c'est au milieu de cette cour affreuse. Des plaisirs des humains compatit» ni.ilheureuse. Que l'Ainour a choisi son séjour éternel.
{Idem, IX, 53.)
Je ne crois pas qu'on puisse proposer ce dernier exemple coiiime un niodolc. Une cour compagne mallienreiise ilcs plaisirs des humains est une phrase bien extraordinaire.
CoMPACME, Compagnon, Compagsonsage. Dans ces trois mots on nioiiiUe le gn.
CoMPAiîABLE. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. Il léirit la préposition à : Un homvie comparable aux plus (jrands hommes.
Il régit aussi la préposition cerec, lorsqu'il s'agit de choses qui sont d'une nature absolument différente; et alors cet adjeetif ne s'cinidoie qu'avec la négative : L'esprit n'est pas comparable avec la inulicre.
Comparaison. Subst. f. On appelle ainsi une figure de rhétorique et de poésie qui sert a l'ornement et à réclaircissement d'un discours ou d'un poëme. Elle sert à rendre plus sensible, par une image, une qualité, une action, une idée, un sentiment, uue vérité abstraite. Lorsque, par exemple, nous sommes vivement frappés de t]uel(pie ijualité extraordinaire d'un objet, il arrive souvent que nous trouvons de la difficulté à rendre cette (jualiié sensible, précisément parce qu'elle est extraordinaire dans l'objet que nous voulons peindre, et qi.e toutes les expressions que nous empruntons de la nature de cet objet même ne peuvent le tirer qu'imi)arfailement de la classe commune dont il lait partie. Si je dis qu'i/n héros vole au combat, qu'une fevime est belle, qu'un homme est léger à la course, je n'en exprime rien qui ne soit dans la nature de tous les héros, de toutes les belles femmes, de tous les hommes qui sont légers à Ui course. IMais si je dis du héros qu'il vole au combat comme un lion, de la femme (]\x'elle est belle comme un astre, de l'homme qu'z7 est léger comme un cerf, ces comparaisons du héros avec le lion, de la femme avec un astre, de l'homme avec le cerf, rendent plus sensibles les qualités que je voudrais peimlie dans chacun de ces objets, parce qu'elles les font voir semblables à des qualités de la mémo espèce que l'on connaît mieux dans les nouveaux objets qui sont présentés, et où l'on est accoutumé de les voir à leur plus haut degré. Los comjiaraisons sont comme autant de traits de lumié:-e qui nous montrent dans les deux objets un rapjwrt imprévu et frappant, et nous font embellir le premier de tout ce qui nous a séduits dans le second.
Puisque la comparaison doit rendre un objet plus sens'ble, par la connaissance subite d'un rapport frappant, il faut tpie ce rap[K)rt soit clair, qu'il embrasse tout entier l'objet à l'expression duquel il doit concourir, et que l'image qui doit caractériser, enrichir ou embellir cet objet, soit plus familière et mieux connue; il faut enlinque cette image soit plus vive. La comparaison d'un héros qui vole aux combats, avec un superbe