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coursier qui s'élance dans la carrière, ne serait pas assez claire, elle n'emliras-crau pas entièrement lesciualiicsquel'on veut exprimer, i»arceque le coursier n'a pas un rapport sensd)lc avec celte ardeur liellitpieusc qui ne connaît aucun obstacle, ne respire que le carnage et répand au loin là terreur. Au contraire, la comparaisun avec le lion est juste et sensible, parce qu'elle dffn? tous ces rapports. Le nom seul de l'animal, dnnl on connaît toutes les qualités, les fait voir tout à coup à l'esprit.
Quoiqu'il ait plu aux écrivains didactiques de caractériser cette ligure comme particulière à l'éloquence et à la poésie, elle a lieu dans tous les genres et dans tous les styles, et fré(iuenMnent elle jirète de l'énergie et des charmes aux phrases les plus simples ile la convcisatiun familière. Une femme du peiqile dira que son adversaire s'est jetée sur elle comme une furie; le philosopht écrira dans son cabinet (]ue les hommes ont peut de la mort comme les enfants ont peur des ténèbres; cl le i)oete et l'orateur, pour rendre leurs idées plus sensibles, emprunteront des images qu'ils embelliront des détails et des expressions que comportent le genre dans lequel ils écrivent et le sujet particulier qu'ils trailent.
Dans la métaphore, il y a une sorte de comparaison, ou quelque rapport éipiivalent entre .1 mot au<iuel on doime un sens métaphorique, l'objet à quoi on veut l'applitjuer. Par exemplt quand on dit d'un homme en colère c'est un lion, lion est pris alors dans un sens métaphorique; on comiiarc rhominc en colère au lion, et voilà ce qui distingue la métaphore des autres figures. Il y a celte difl'érence entre la métaphore et la comparaison, que dans la comparaison on se sert de termes ([ui font connaître ipie l'on compare une chose à une autre; par exemple, si l'on dit d'un homme en colère qu'i7 est comme un lion, c'est une comparaison. Mais quand on dit simi)lcment c'est un lion, la comparaison n'est alors que dans l'esprit et non dans les termes, c'est une métaphore. Voyez Métaphore.
La comparaison est en elle-même une excursion du génie du poète, et cette excursion n'est pas également naturelle dans tous les génies. Plus l'àme est occupée de son objet direcl, moins elle regarde autour d'elle; plus le mouvement (pii l'eniportc est rapide, plus elle est impatiente dô obstacles et des détours ; enfin, plus le sentiment a de chaleur et de force, i)lus il maîtrise 1 imaginalion et l'cmpéche de s'égarer. Il suit de lii que la narration tranquille admet des comparaisons fréquentes, développées, étendues cl prises de loin ; qu'à mesure qu'elle s'anime, elle en veut moins, les veut plus concises et aperçues de plus près; que dans le pathétique, elles ne doivent être qu'indiquées par un trait rapide; et ([ue s'il s'en présente queltiues-unes dans la véhémence de la passion, un seul mol doit les exprimer.
Quant â la source de la comiiaraison, elle est prise communément dans la réalité des choses, mais quelquefois aussi dans l'opinion et dans l'hypothèse du merveilleux. Ainsi Voltaire compare les ligueurs aux géants; ainsi, après avoir dit du vertueux Mornay {Uenr., IX, 207) :
Jamais l'air de la cour, et son souffle infect*, K'altêra de son cœur l'austère pureté,
ajoute •
Belle Aréthuse, ainsi ton onde fortuné»
Roule au sein furieux d'Araphitritectonnée
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Un erislal toujours pur et des flols toujours clairs, Que jamais ne corrompt l'amertume dus mers.
(£x(rai( de divers autturs.)
Comparaison est aussi un terme de crainmaire. Voyez Comparatif cl AJJvLlif.
CosipauaIiuk. \ . n. de la 4' conj. JFuilly cl quelijiies auires çraiiiiiiairiens pivlcudctit (jne ce verbe prend indiUfremiiienl les auxiliaires «rot'r ou être, ^ous ne MJnunes pas de cet avis. On dit je suis tombé, \MUT c^wwncY i étal d'une persuiuie qui a fait l'ai liuii de lund)er. Mais^e suis omparu n'exprime i)ijintiin élal.(^)uand ma comparution est passi'e, j'ai lail l'aclion de cuinparailie, cl il n'en resulle pas un étal di^lini^ué de l'elal |)récédenl. Il laul dune suivie en cela l'Acadeinie, qui dil il n'a puint comparu.
CojipAiiAiiF. Adj. pris substantivement. C'est un terme de t'rammaiie. l'uur bien entendre rc mol, il faut observer (juc les objets pcuvenl cire
aualiliés ou absolument, sans aucun ra|)purt a 'autres objets, ou relalivement, c'esl-à-dirc, par rapfwrt a d'aulres objets.
Lors(|u'on tiualilie un objet absoluracnt, l'adjeclif ijualiticalil oi diiélre au ijositil, parce qu'il est comme la première pierre ipii est posée pour servir de rondement au.t autres degrés de signiflcation. Ces degrés sont appelés conununcmenl dcgrcs de comparaison. César était vaillant, le soleil est brillant; vaillant Cl brillant soûl au positif.
Quand on qualifie un objet relativement à un autre objet ou à d'autres objets, alors il y a entre ces objets ou un rapport d'egalilé, ou un rappoi l de supériorité, ou enlin un rap|)orl de prccminence. S'il y a un l'ajiporl tlVgalité, l'adjcclilcpialilicatif est toujours regardé comme étant au posilil ; alors l'égalité esl niariiuéc par les adverbes autant que, aussi que : César était aussi brave i\\i' Alexandre l'avait été ; si nous i lions plus pruclies des étoiles, elles nous paraîtraient aussi brillantes «jue le soleil ; aux solstices, les nuits sont aussi longues (]uc les jours.
Lorsipi'un observe un rapport de jjIus ou un rapport de moins dans la qualité, aiois l'adjeclif qui énonce ce rapport esl dit élre au comparalif. C'est le second degi'c de signilication, ou, comme, on dil, de comparaison -.Pierre est plus savant que Paul, lu lune est moins brillante que le soleil; ou l'on voit (jue le comparatiresl distingué par l'aùdiiion du inu[ plus ou du mot 7noins.
Nous n'avons en français de comparatifs en un seul nuil «pie meilleur, pire et moindre. Meilleur est le cumparalif de bon : Ceci est bon ;'viais cela est meilleur. Ce comparatif esl poui' plus }on, qui ne se dil pas, si ce n'est dans celle phrase, il n'est jdus bon ù rien, qui vcul dire, il ne vaut plus rien. Mais alors />^i/a' n'a pas le sens comparatif. De même au lieu de plus lien, on dit mieux. Cependant on dit moins bon, aussi bien, moins bien, aussi bon.
Moivure est le comparalif de petit : Cette colonne est moindre que l'autre ; son mal n'est jias moindre que le votre. (Acad.) Moindre est aussi le co.npaialif de bon en ce sens : Ce vin-là est moindre 171/C l'autre. jAcad.) Pire est le comparalif de mauvais dans ce vers de Boiloau {Art poét., 64):
Souvent tapeur d'un mal nous conduit dans un pire.
Enfin le troisième degré est appelé superlatif, et marque la ([ualilé portée au suprême degré de plus ou de moins. Voyez Superlatif.
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Dans les comparatifs d'excis ou de défaut, si \eque est suivi d'un rerbe, ce verbe doit ctreacconq)agnc de la négative ne : Il est plus vertueux que vous ne croyez, il est moins beau que vous repensez. Cependant on ne met puint celle négaiivc quand le verbe esl accompagné d'une conjonction, comme quand, lorsque : Il est plus vertueux que loi-sijue roj/5 tarez connu ; celle mair son est moins belle que (piand on Va achetée.
Quoique l'adjeclif affecic les deux termes de comparaison, on ne le Joint qu'an iircmier : // est aussi sage que vous, je suis plus malheureux que lui, vous êtes moins à plaindre que moi; c'est conune si l'on disait il est aussi sage que vous êtes sage, etc. Yaugclas croyait qu'un homme ne pouvait pas dire a une femme je suis plus vieux que mus, parce que deux, masculin, ne peut convenir à la femme. L'usage a décidé la question, et celte locution est généralement usiice aujourd'hui. C'est une phrase elliptique, et l'on sent qu'on sous-enlend que vous n'iies vieille.
Çotriparafif est aussi employé ddjeclivement en termes de grammaire. On appelle conjonctions comparatives celles qui expriment ie.s rapports de convenance, de parité, et qui servent à marquer des comparaisons. Comme, Je viême que, ainsi que, etc., sont des conjonctions comparatives.
Co.iiPAr,Er.. V. a. de la \" conj. Comparer f^irgile et Homère, f^irgile- à Homère, f^irgile avec Homère. \\ doit exister (piclqnosdifférences 3nlre ces trois phrases, rclalivemeni à leur signification. Essayons de les découvrir.
Quand on co?iipare deux choses, on suppose qu'il y a entre l'une et l'autre des rapports que l'on ne connaît point, cl qu'on cherche à découvrir. On me présente deux pièces de toile que je vois pour la première fris, je les compare, et je juge de la ressemblance ou de la dilTcrcncc qu'il y a entre elles; mais d.ms comparer une chose à vue autre, la i)réj)Osilion à marque un rapport entre deux idées dont l'une esl supposée applicable à l'autre. Or, voici comment je conçois ce rapport. Après avoir examiné une des deux pièces de toile, et m'éirc fait une idée de ses qualités, si je veux appliquer cette idée des qualités connues de la première pièce aux qualités inconnues de la seconde, je dois dire comparons mainienanl cette pièce à l'autre. Dans ces deux cas, on su[)pose<pie les pièces ont quchpie chose de commun qui est le fondement de la comparaison; par exemple, ce ijue les deux l)icccs de toile ont de commun, c'est que l'une cl l'aulre est un tissu de lil ou de colon. On ne saurait en ce sens comparer l'une à l'autre deux choses qui n'ont rien de commun, on ne compare pas une pièce de tuile à une barre de fer. Cependant on peul établir une comparaison enlre une pièce de toile cl une baiTC de fer, non pour appliiiucr à l'une l'idée des (lualités de l'autre, d'après une base commune, mais au contraire pour établir la différence de leurs qualilcs, d'après la différence de leur iialuie. Mais alors je dirai comparer une pièce de toile av»c une barre de fur, et non à une barre de fer. I.cs orateurs chrétiens disent tous les jours : Comparez la vie du juste avec celle du pécheur, et vous verrez combien l'une est heureuse et l'autre miséruhie ; s'ils dis.iienl à celle du pécheur, ils diraienl mal. On compare la vertu avec le vice, mais on ne compare pas la rertn au vice. Comparer ri suppose donc une analogie, un rapport commun de ressemblance
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entre les deux lermcs; comparer avec éloigne l'idée de ce iniiport. Biifl'on a maïqué cxaclcincnl celle dilTcroiiLC dans les phrases suivanlcs : Comparo/is les œuvres de la nature aux ouvrages de l'homme. Il y a analogie, il y a un ra|ip(irt commun lie rcsscnihiance eiiire les œuvres ci les ouvrages, et c'esi celle analogie, c'e^l celle ressemblance ipii esi la base de la comparaison. Quo Von compare lu docilitt', la soumission du chien, avec la fierté et la férocité du tigre : l'un paraît être l'uiiii de l'Immi/ie, et l'autre son ennemi. Ici nul rapport de rcsseniblance, rien de commun enlre les deux termes; au conlraire , ils sonl tout à fiiii opposes.
C'est, je crois, d'après ces nuances dans les expressions, (|uc l'on dit (7 n'y a point d'église que l'on puisse comparer à Saint-Pierre de Rome, c'esi-a-dire, qui ail avec celle église quelque chose de commun (pii puisse servir de base à la comparaison. On ne dirait pas il n'y a point d'église que l'on puisse comparer avec Saint-Pierre de Rome. C'est par la même raison qu'un homme orgueilleux dit : f^ous osez vous comparer à moi! et non pas vous osez vous comparer avec 7noi.' c'est-à-dire, vous osez supposer qu'il y a entre vous et moi quelque chose de commun qui puisse servir de buse à une comparaison Voyez .adjectif.
Coupai oin. V. n. et irrcg. de la 3= conj. 11 a le même sens (lue comparaître ; mais comparoir ne se dit (lu'au palais, et dans ces phrases de pratique : .Issignation à comparoir, être assigné à comparoir.
C0.MPATIBLE. Adj. des deux genres. Au smgulicr, il régit la préposition avec : Son humeur n'est pus compatible avec la mienne. Au pluriel, on peut rcuq)loyer sans régime ; Leurs humetirs ne sont pas compatibles.
Compatissait, Compatissante. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Cette compatissante amitié.
CoMPLAisAMMENT. Adv. On pcul Ic mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il m'a écouté complaisamment, ou il m'a complaisamment écouté.
CoMPLAisAMJE. Subst. f. L'Académie le définit, douceur et facdité de caractère qui fail qu'on se conforme, qu'on acquiesce aux scntimenls, aux volontés d'auirui. Celle définition est trèsmauvaise. L'idée princi|)ale de complaisance est le désir de i)laiie à quehiu'un; l'idée principale d'acquiescer est l'amour de la paix. Ainsi la douceur, la facilité de caractère ijui l'ail qu'on se conforme, (pi'on acquiesce aux sentiments, aux volontés d'auirui, n'est pas de la complaisance, mais une disposition à céder aux autres par amour de la paix. La complaisance est une disposition d'esprit par laquelle on sacrifie sa volonté a celle des autres, dans la vue de leur plaire; c'est le soin, le désir de complaire, de faire ce (pii plaii aux autres.
Ce mol employé pour signifier la disposition d'esprit n'a point de pluriel. Mais lorsqu'il se dit des ellels de la complaisance, il s'emploie à ce nombre : Elle a de grandes complaisances pour ses enfants, f^ous avez eu tant de complaisances pour moi.
Complaisant, Complaisante. Adj. En prose, on ne lui donne point de régime. Racine et Molière lui en ont donné un en vers :
Les dieux à vos désirs toujours si complaisants. (/p/115., acl. I, se. I, 15.;
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Les uns, parce qu'ils lont méchinli si malfiiMnls, El les autres, pour *lre aux mL'clunts complaitanU. (Hiaanthr., acl. I, se. i, 119.)
L'Académie ne le dit que des personnes ou des choses qui ont rapport aux iiersonnns ' f/ii homme complaisant, un e.vp/-// d< ux et cn'nplaisant. Humeur complaisante. Je ne pense i)as qu'on puisse l'employer aiihemenl en prose; mais DeliUe a dil en vers [Énéid., VllI, 115) \
El, sans que les rameurs lutlcnl contre les eaux, La vague comflaiiantt obéit aux vaisseaux.
Celle cpithète est très-bien placée ici.
Cet adjectif peut quehpiefois se placer avant son subst., en consultant l'oreiile et l'analogie : Cette complaisante humeur.
11 s'emploie aussi substantivement :
Eh quoi! vil complaisant, tous louei des soltiseï! (Mol., Jri«an(hr., acl. I, se. ii, 77.)
Complément. Subst. m. Terme de grammaire. On doit regarder comme complémoiiî d'un mol ce qu'on ajoute à ce mot pour en délcrminer la signification de quelque manière que ce puisse être. Or , il y a deux sortes de mots dont la signification peut être déterminée par des compléments: 1" tous ceux qui ont une signiGcation générale susceptible de différents degrés; 2" ceux qui ont une signification relative à un terme quelconque.
Les mots dont la signification générale est susceptible de différents degrés exigent nécessairement un complément, dés qu'il faut assigner à cette signification quelque degré délerminé. Tels sont les noms apiiellatifs, les adjectifs et les adverbes, qui, renfermant dans leur signification une idée de quantité, sont susccplilifes do ce qu'on appelle degrés de signification; et enfin tous les verbes dont l'idée individuelle peut aussi recevoir ces différents degrés. Voici des exemples.- Livre est un nom ap|)cllalif; h signification générale en est restreinte (juand on dit un livre nouveau, le livre de Pierre, un livre de grammaire , un livre qui peut être iili/e; el dans ces phrases, nouveau, de Pierre, de grammaire, qui peut être utile, sont autant de compléments du nein livre. Savant est un adjeeiif, la signification en est restreinte quand on dii, par exemple, qu'un homme c%\. peu savant, (juil est fort savant, qu'il est plus savant que sage, (ju'il est moins savant qu'un autre, etc. Dans toutes ces phrases, les différents compléments de l'adjectif savant sonl peu, fort, plus que sage, moins qu'un autre. Il en est de même, par exemple, du verbe aimer On aime simplement et sans détermination de degrés; on aime peu , on aime beaucoup, on aime ardemment, on aime plus sincèrement, on aime en apparence, on aime avec une constance qiie rien ne peut altérer, voilà autant de manières de déterminer le degré de la sisinification du verbe aimer, el consèquemment autant de compléments de ce verbe. L'adverbe sagement peut recevoir aussi divers compléments; on peut dire peu sagement, plus sagement que jamais, aussi sagement qu'heu^ reusement, sagement sans affectation, etc.
Les mots qui ont une significaiion relative exigent de même un complérnenl, des qu'il faut délcrminer l'idée générale de la relation par celie d'un terme conséquent. Tels sont plusieurs noms api«ellatifs, plusieurs adjectifs, (pielques adverbes et toutes les prépositions. Exemples de noms
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relatifs : Le fondateur de Rome, le père de Cicèron, la mère des Gracqucs, etc. Dans tous ces expiniilcs, le cumplcinent commence par de. Exemples d'adjectifs rclitifs : Nécessaircà larie, digne de louange, facile a concevoir, etc. Fxeiiiples de veibes relatifs : Aimer Dieu, craindre sa Justice, aller à la ville, revenir de l'armée, passer par le jardin, ressembler à rjue/'/u'un, se repentir de sa faute, commencer à Loire, désirer d'être riihe, eio. (luand on dit donner quelque chose à quelqu'un, recevoir un présent de son ami, les vcibes donner et recevoir ont chacun (les coniploincnls qui tonil)cnt sur l'idée de la relation qu'ds expriment, exemples d'adverlMîs relatifs : Jlelativement à vos intérêts, indépendamment des circnnstances, quant à moi, pourvu que vous le vouliez, conformément « la nature. Ou.int aux prépositions, il est de leur essence d'exiger un complément, qui est un nom, un pronom, ou un inliniiif.
Un mot qui sert de complément à un autre mot peut lui-même en exiger un second qui, par In jnêine raison, peut encore cire suivi d'un troisième, auquel unquairièmcsera pareillement subordonné, et ainsi de suite ; de sorte que chaque complément étant nécessaire 6 la plénitude du sens du mot qu'il modilic, les deux derniers constituent le complémonl total de l'antépénultième, les trois premiers font la totalité du comi)lémeiit de celui qui précède ranté|)énuliiéme, et ainsi de suite jus(|u'au iircmiercomplémenl.qui ne remplit toute sa desiiiiation qu'autant qu'il est accom|)agné de tous ceux qui lui sont subordonnés. Par exemple, dans cette phrase : Nous avons à vivre avec des hommes semblables à ?ious, ce dernier nous est le complément de la proposition « ,• a nous est celui de l'ailjectif semblables; semblables à nous est le complément total du nom appelialif/e* hommes ; les hommes semblables à nous, c'est ia totalité du complément de la préposition des ou de les ; des hommes semblables ci nous, esi le complément total d'un nom ap|)ellalif sous-entendu, par exemple, la multitude ; la multitude des hommes semblables à nous, c'est le couiplém<;nt de la préposition avec ; avec la 7nvl/itude des hommes semblables à noM5, c'est celui de l'inlinilif î7/r?-e; v;'vre avec la multitude des hommes semblables à nous est la lotalité du complément de la jiréposition à; à vivre avec la multitude des hommes semblables à nous, c'est le complément total d'un nom ai)pcllalif sous-chlendu qui doit exprimer l'objet du verbe avons, par exemple, oJii^a^io;/; ainsi obUgalùin à vivre avec la multitude des hommes semblables d nous est le complément total du verbe avons. Ce verbe, avec la totalité de son complémenl, est l'attribut total dont le sujet est nous.
Il suit de cette observation qu'un complément I)eul ctrecomplexeoii incomplexe. Le complément est incomplexc quand il est exprimé par un seul mol, qui est ou un nom, ou un pronom, ou un adjectif, ou un infinitif, ou un adverbe, comme dans avec soi7i, pour f^us, raison favorable, sans répondre un mot, vivre honnêtement. I.e complément est complexe quand il est exprimé par plusieurs mots dont le premier, selon l'ordre anaiytique,modiûe immédiatement lemotantécédenl, et est lui-même modilii' par le suivant, comme avec le soin requis, pour nous tous, raison favorable à ma cause, sans répondre un mot, vivre fort honnêtement.
Un même mot, et spécialement le verbe, peut admettre autant de compléments différents qu'il
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peut y avoir de manières possibles de déterminer sa signification. Voici les principaux avec les noms qu'on leur donne.
On appelle complément oljeclif celui qui exprime l'objet sur lequel tombe directement le rapi>orl énoncé par le mot complété. Tel est le conqilémcnl de toute préposition : A moi, chez nous, envers Dieu, contre la loi, pour dire, elc. Tel est aussi lecomplémcnl immédiat de tout verbe actif relatif : Aimer la vertu, désirer des richesses, bâtir une maison, teindre une étoffe, etc.
Plusieurs verbes relatifs exigent , outre le complémenl objectif qui est sans préposition, un autre complément indirect qui est énoncé par une préposition; ce dernier ^"li[)[tQ\\c co7nplément relatif. Ainsi, dans celle phrase, dinner un livre au public, le verbe donner exise deux compléments; un livre, qui est le complément objectif, et au public, qui est le complément relatif. Ces deux compléments sont ce que les grammairiens appellent aussi régime direct, et régime indirect. Un livre est le régime direct du verbe donner, et au public, le ri'giuie indirect de ce verbe.
On appelle compléments circonstanciels de lieu ceux qui expriment des circonstances de lieu, comme vivre à Paris, être au lit, venir de Rome, partir de sa province, passer pur Lyon, aller en Italie parvicr, aller en Afrique, passer d'Angleterre en Ecosse.
D'autres compléments, que l'on nomme compléments auxiliaires, expriment l'iustruinent et les moyens de l'action énoncée par le mot complété, comme se conduire avec précaution, frapper du bâton, obtenir un empld jjar prolcctioîi, etc. On peut encore com])rendre dans celte classe ce qu'on appelle complément matériel, c'est-à-dire, celui qui exprime la matière dont une chose est faite : Une statue d'or, une fortune cimentée du sang des malheureux.
On nomme complément circonstanciel de cause celui (pji énonce ime cause soit efficiente, soit occasionnelle. Ainsi quand on dit j/n tableau peint par Rubens, par Rubens exprime un complément circonstanciel de cause. On apjX'lle complément circonstanciel de fin, celui qui énonce une cause finale, comme dans Dieu nous a créés pour sa gloire.
On appelle simplement modificatif le complément ([ui exprime une manière particulière d'être, qu'il faut ajouter à l'idce princijyale du mot complété. Ordinairement cette expression est un adverbe de manière simple ou modifié, ou bien une phrase adverbiale commençant par une préposition, comme dans vivre honnêtement, vivre conformément aux lois, parler avec facilité.
11 y a aussi des complétnents circonstanciels de temps; ce sont ceux qui énoncent ou un point fixe dans la suite continue du temps, ou une durée dont on n'assigne ni le commcncemenl ni la fin, comme dans il mourut hier, il a vécu trente ans, etc.
11 est indispensable de distinguer les différentes sortes de compléments, afin d'entendre plus nettement l'ordre que la construction peut leur assigner. Voici les règles générales qui servent à établir cet ordre.
La grammaire générale établit une règle qui est commune à presque toutes les langues; la voici :
De plusieurs com|)lcineiits (jui tombent sur le même mot, il faut mciire le plus court, le premier après le mot conqjlélé ; ensuite le plus court de ceux qui reslenl, et ainsi de suite jusqu'au plus long, qui reste le dernier; exemple : Car-
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thage, qui faisait la qverre avec son opulence contre la paiirreté roviuinc, avait pur cela même dudésarantar/c. (Moiilcsquicu, Grandeur et décadence des B'iiiaijis, cli. iv.) Dans celle proposition complexe, le vcibe principal avait est suivi de deux couipléinents; le premier est un complémenl ciix'onstancicl de ciiusc^ par cela même, lequel est |>liis court que le complémenl ohjeclil'rfi/ désavantar/c, (pii en conscciuenccest placé le dernier. Dans la proposition incidente (jui fait partie du sujet principal, le x^ïhc faisait a: 1" un complément objectif, la guerre; 2" un complément auxiliaire qui est plus loiiii, (ivec son opulence; 3° cnlin, un coinitlcnienl relatif qui est le plus long de tous, contre lu pauvreté romaine.
La raison de cette régie, c'est que dans l'ordre analytique, la relation d'un complément au mot qu'il complote est d'autant plus sensible (pic les deux termes sont plus rapprochés. Or, il est constant que la phrase a d'autant plus de netteté que le rapport mutuel de ses parties est plus marqué. Ainsi il importe à la netteté de l'expression de n'éloigner d'un mot que le moins qu'il est possible ce qui lui sert de complément. Cependant, quand plusieurs compléments concourent a la détermination d'un même terme, ils ne peuvent pas tous le suivre immédiatement, et il ne reste plus qu'à en rapprocher le plus qu'il est possible celui qu'on est forcé de tenir éloigné : c'est ce fjue l'on fait en mettant d'abord le premier celui qui est le plus court, et réservant pour la fin celui qui a le plus d'étendue.
Si chacun des compléments qui concourent à la détermination d'un même terme a une certaine étendue, il peut encore arriver que le dernier se trouve assez éloigné du centre commun, pour n'y avoir plus une relation aussi marquée tpi'il im porte ;i la clarté de la phrase. Dans ce cas, l'analyse même autorise une sorte d'hyperbatc qui, loin de nuire à la clarté de renonciation, sert au contraire à l'augmenter, en fortifiant les traits des rapports mutuels des parties de la phrase. l'Ile consiste à placer avant le mot comjjlété l'un de ses corEplcmcnts. Ce n'est ni l'objet, ni le relatif; c'est communément un complément auxiliaire, ou modificatif, ou de cause, ou de fin, ou de temps, ou dclieu. .\insi, dans l'exemple cité, .Montesquieu aurait pu dire, en transposant le complément auxiliaire de la proposition incidente: Carthage, qui avec son opulence faisait la guerre contre la pauvreté romaine; el la phrase n'aurait été ni moins claire; ni beaucoup moins harmonieuse. Peut-être aurait-elle perdu quelque chose de son énergie, parla séparation des termes opposés, son opulence et la pauvreté romaine; et c'est probablement ce qui a assuré la préférence au tour adopté par l'auteur.
Cette règle générale étant dictée par l'intérêt de la clarté, si son observation rigoureuse y était contraire, il faudrait s'en écarter. Par exemple, la régie veut que l'on dise : L'Évangile inspire une piété qui n'a rien de suspect aux personnes qui veulent être sincèrement à Dieu; mais cette construction présente une équivoque, car on ne voit pas clairement si le mot personne est régi par le ▼erbe inspire, ou par l'aujectif suspect. Ici donc, l'observation de la règle faite pour la plus grande clarté nuit elle-même à cette clarté. 11 faut donc préférer l'esprit à la lettre, et s'écarter de la règle pour en atteindre le but. On dira, en mettant le complément le plus long le piemier : L'Evangile inspire aux personnes qui veulent être sincèrement à Dieu une piété qui n'a ric7i de suspect.
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Celte construction ôte l'équivoque, mais il faut avouer qu'elle est moins claire que si l'on avait pu suivre la règle sans inconvcnionl ; car l'esprit seul que le complément objectif est trop cloiL-né.
Jusqu'ici nous n'avons aiiiilicpié cetlc règle qu'à l'ordre des complémenis dllféicnts d'un mot, mais elle doit s'entendre aussi dos parties intégrantes d'un même complément réunies par quchiue conjonction Parmi les parties iniégrantes d'un même compléinenl, il faut prendre celles qui sont les plus courtes pour les i)lacer les premières, et réserver les plus longues pour la fin; et il faillies placer ainsi, parccHcmême raison de netteté (]ue nous avons expliquée tout à l'Iieurc, en parlant de l'ordre des compléments difrércnls d'un même mot. Par exemple, dans Dieu agit avec justice et par des voies inejfubles, voilà un complément comiiosé de deux parues, avec justice et par des voies iiieffuliles. \.c pî'emier étant le plus court, doit obtenir la i)icmièie i)la('e, et l'on sent que l'on parlerait mal en disant : Dieu agit par des voies incjfalles et avec justice. Mais si cette même partie que l'on plai.e la première, (larcc (|u'elle est la plus couiie. devenait plus longue par quehiiie a(liliii<m, il faudiail la placer la dernière, el l'on dirait : Dieu agit par des voies ineffables et avec une justice que nous devons adorer en tremblant.
C'est par cette règle ainsi entendue que l'on découvrira le vice de la phrase suivante, citée par Vaugelas : Je fermerai la bouche ci ceux qui le blâment, quand je leur aurai montré que ta façon d'écrire est excellente, qiioiquclle s'élffigne un peu de nos anciens poètes, qu'ils louent plutôt pZ\ un dégoût des choses présentes que par les sentiments d'une véritable estime, et • pi'il mérite le nom de poète. Cette derniéie partie intégrante de la totalité du comi>léinent objectif est déplacée, parce ([u'clle est la plus courte et pourtant la dernière I.a relation du verbe montrer à ce complément n'est plus assez sensible; il fallait dire : Quand je leur aurai montré qu'il mérite le nom de poêle, et que sa fiçon d'écrire est excellente, quoiqu'elle s'éloigne, etc.
A cette règle, que l'on peut reganler comme le principe fondamental de la construction, il faut en ajouter quehpies autres ipii concernent encore rarrangeineiit tics coinpléiiicnls.
Si les divers coinpléiiieiits d'un même mot ou les différentes parties du même comiiloinenl ont à peu près la môme élendue, il faut placer le plus près du mot celui des coiniilémenis auquel il a un rapport plus nécessaire. Or, le rapiiort au complément modificatif est le plus nécessaire de tous, puis au complément objectif, eiisiiile la relation au complément relatif; les autres soiil à peu prés à un degré égal d'importance. Ainsi il faut dire: L'Evangile mspire insensiblement (complément modificatif) la piété (complément objectif ou régime direct) aux fidèles (coini»lémenl relatif ou régime indirect).
Une autre remarque non moins importante, c'est qu'il ne faut jamais rompre l'unité d'un complément total, pour jeter entre ses parties un autre complément du mémo mot. I.a raison de cette règle est évidente. H ne faut pas séparer des parties qui représentent un objet indivisible.
C'est dans la violation de celte règle que consiste le défaut de quel<iues phrases censurées justement pa/ Thomas Corneille. Par exemple : On leur peut conter quelque histoire remarquable sur les principales villes qui y attache la mémoire Il est évident qu<5 ranteccdcnl de qui, c est
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quelque hist ire remarquable. Cl que iCl anlécédenl. nvcc la iiroposilion incidcnie qui y attache la mémoire, cxj)iimc une idée toUilc qui est le complémoMl objeclif ou le réj-'imc diiocl ilu verbe conter. L'uiiilè est donc rompuo par l'arrangemcnl de celle j)l)rase, cl il fallait dire: On peut leur co}iter sur les principales villes quelque histoire remarquable qui y attache la mémoire. C'est le iiièinc déraiil dans cptie |)lirasc : // y a un air de vanité et d'affectation dans Pline le jeune qui pâte ses lettres. L'uiiilc est rompue, et il fallait dire : Il y a dans Pline le jeune un air de vanité et d'affectation qui gâte ses lettres. On trouve une faute de la mémo espèce dans La Bruyère [Des Ouvrages de l'Esprit, p. 26!) : Il y a des endroits dans l'opéra qui laissent en désirer d'autres. 11 devait dire : Il y a dans l'opéra des endroits qui en laissent désirer d'autres.
Beauzée, dont nous avons lire cet article en très-grande partie, prétend (jue le mot de régime, particulier aux langues transpositives, doit éir(! banni de la langue française, et suppléé par le mol de complément. Nous n'entrerons point dans celle discussion, qui est étrangère à notre objet. iNlais cointne le mol régime est emi)loyc par la plupart des graminairiens, lorsqu'ils parlent de complément objeciif cl relatif des verbes, cl (pi'ils appellent 1 un régime direct, ci \'ù\\\Y(i régime indirect; comme d',i\\\eurscc mol nous parait cxpriincr clairement les rapports du verbe avec ses compléments nécessaires, et qu'il est assez indiflcrcnl de quels termes on se serve, pourvu que l'on comprenne bien ceux que l'on emploie, nous avons cru devoir conserver le mol régime pour les verbes seulement. D'après celte remarque, tous les régimes sont des compléments, mais tous les compléments ne sont pas des régimes. Nous ne donnerons ce nom q\i*aux compléments nécessaires des verbes, c'est a-dire, à ceux (juc Beauzée appelle leur complément objectif et leur complément relatif. Voyez Bégimeci Construction.
Complet, Complète. Adj. Il suit toujours son
subst. : Un habit complet, vue victoire complète.
Complètement. Adv. On peut le mellre entre
l'auxdiaire et le participe : L'ennemi a été battu
complétcfnenl, OU a été complètement battu.
Complexe. Adj. des deux genres. ïeriïie de logique et de grammaire. Ce mol vient du latin complcxus, qui signifie embrassé, composé.
I.e sujet d'une préposition est complexe lorsqu'il est acconqiagné de quelque adjectif ou de queUjue autre modilicatif. 11 est opposé au sujet simple, qui est énoncé en un seul mol. Dans Alexandre vainquit Darius, Alexandre est un sujet simple. Mais si je dis Alexandre, fils de Philippe, ou Alexandre, roi de Macédoine , voilà un sujet complexe. Il faut bien distinguer dans le sujet complexe le sujet personnel ou individuel, et les mots qui le rendent sujet complexe. Dans l'exenqilc ci-dessus, Alexandre est le sujet personnel ; fils de Philippe, ou roi de Macédoine, sont des mots qui, n'étant point séparés d'Alexandre, rendent ce mol sujet complexe.
L'attribut d'une proposition peut cire aussi COm[)lexc. Si je (.Us Alexandre vainquit Darius, roi de Perse, l'attribut est complexe.
Les propositions sont également incomplexes ou complexes, selon la forme de renonciation de leur sujet et de leur attribut, l'ne proposition incomi)lexe est celle dont le sujet et raltribut sont également incomplexes. Une proposition
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complexe est celle dont le sujet ou l'attribut, ou
même tous les deux sont complexes.
Les termes se divisent en simples et complexes. Les termes sinqilcs sont ceux (|ui, par un seul mot, expriment un objel quel (pi'il soit. Ainsi Iiiime,Socrate, homme, ville, etc., sont des termes simples. Les termes complexes sont composés de plusieurs termes joints ensemble, tels (|uc un homme prudent, un corps tra nspareni, Alexandre, fils de Philippe, CU\ Celle addition se fait (jucbpiefois par un adjectif conjonclif, comme si je dis un corps qui est transparent, Alexandre qui est fils de l'hilippe, etc.
Ce (pril y a de rcmanpiable dans ces termes complexes, c'est que l'addition (pic l'on fait à un terme simple est de deux sortes, l'une qu'on peut appeler exi)licalive,et l'autiedéierminaiive. L'addition est explicative (juand elle ne fait (juc développer ou ce qui était enfermé dans la compréhension de lidée du premier terme, ou du moins ce qui lui convient comme un de ses accidents, pourvu qu'il lui convienne généralement cl dans toute son étendue ; comme si'je dis l'homme, quidésire d'être heureux, ou l'homme, qui est mo7-tel. Ces additions ne sont que des explications, parce qu'elles ne changent point du tout l'idi'e {\'homme, et ne la restreignent point à ne signifier qu'une partie des hoinmes, mais marquent seulement ce qui convient à tous les hommes. Toutes les additions dont on accompagne les noms qui marquent distinctement un individu sont de celle sorte : Jules César, quia été le plus grand capitaine du monde ; Paris, qui est la plus belle ville de l'Europe ; car les termes individuels, dislinclcmenl exprimés, se prennent toujours dans toute leur étendue, et sont déterminés aulanl <pj'ils peuvent l'être.
L'autre sorte d'addition, qu'on peut appeler déterminalive, a lieu quaml ce ((u'on ajoute à un mot général en reslrcint la signification, et fait (ju'il ne se prend plus j^u»" '.e mot général dans toute son étendue, inaissCiioment pour une partie de celle étendue: coinme si je dis les corps transparents, les hoir-mes savants, un animal raisonnable. Ces addilions ne sont pas de siml)les explications, mais des délcrininations, parce qu'elles restreignent I étendue du premier terme, en faisant que le mol corps ne signilie plus qu'une partie des corps, et ain^i des autres
On peut distinguer de plus deux sortes de termes complexes : les uns dans l'expression, et les autres dans le sens seulement. Les premiers soûl ceux dont l'addition est exprimée; les derniers sont ceux dont l'addition n'est point exprimée, mais seulement sous-cnlcnduc , comme quand nous disons en France le roi; c'est un terme complexe dans le sens, parce <iue nous n'avons pas dans l'esprit, en prononçant ce mot de roi, la seule idée générale ipii répond à ce mot, mais nous y joignons mentalement l'idée du roi régnant actuellement en France.
Une chose plus remaripialile encore dans ces termes complexes, c'est (piil y en a (]ui sont déterminés dans la vérllé à un seul individu, et qui ne laissent pas de conserver une ccriaine universalité é(|uivoque, qu'on peut ap|)elerune équivoque d'erreur; parce que les liommes demeurant d'accord que ce terme ne signilie qu'une chose unicpie, faute de bien discerner quelle est vérilableinent cette chose unique, l'appliquent les uns à une clio>e, les autres a une autre; ce qui fait qu'il a besoin d'être encore déterminé, ou par diverses circonstances, ou par la suite du dis-
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cours, afin que Von sache précisémcnl ce qu'il signifie. Ainsi Icinol (Icre/tjtV'/i nesigiiilicijiriinc seule et unique lelision; ui;iis parce (]uc cliaque peuple cl cIkkiuc secle cioil que sa religion est la vérilalile, ce mol est trcs-cquivoqiic ilans la bouche lies hommes, quoique par erreur; et si on lil ilans nu historien (ju'un prince a élé zélé pour la vi'riiahlp relii;ion, on ne saurait dire ce qu'il a cnlcndu par la, si l'on ne sait de quelle religion a éié cci hisloricn. Les termes complexes qui sont ainsi é(pii\o(]ues par erreur sont principalemcnl ceux qui reiifermenl des qualités dont les sens ne jugent noinl, mais seulement l'esprit, sur lesquelles il est facile, par conséquent, que les honunes aient tlivers sentiments.
Les termes de comparaison sont aussi sujets à être équivoques par erreur : l.e phis grand (,éùmètre de Purix, le plus savait/, le plus adroit. Quoique ces termes soient déterminés |)ar des conditions individuelles, n'y ayant qu'un seul homme qui soit le pins grand gi'oinètrc do Paris, néanmoins ce mot peut cire lacilcment attribué à plusieurs, parce qu'il est fort aisé que les hommes soient partagés de sentiment sur ce sujet, et qu'ainsi plusieurs donnent ce nom à celui que chacun croit avoir cet avantage par-dessus les autres.
Co.MPLExiTi':. Subst. f. Ce mol nouveau appartient particulièrement à la logique et à la grammaire; il peut être utile dans un grand n<)mbre d'occasions; il signifie la qualité de ce qui est complexe. Beau/ée a d'il : Jl y a dans chacun des mots d'une langue une cnviplcxitè. d'idées qui est la source de tnus les inalenlendus.
CoMPMCK. Adj. des deux geiu'es. Il régit ordinairement la préposition de. cl se |irend toujours en mauvaise part : Complice d'un a.fsassin, d'un voleur ; complice d'un assassinat, d'un vol.
Co.MPLiMENï. Subst. m. le mol de compliment, dit Vollaire, ne se peut recevoir dans la tragédie, s'il n'est ennobli i)ar une épilhèlc. [Remarques sur Corneille.)
Il y a une nuance entre faire compliment à quelqu'un, cl complimenter quelqu'un. Elle est plus facile à saisir (ju'a définir. On complimente les rois dans certaines circonstances; o?i leur adresse tin compliment, mais on ne leur fuit pas U7i compliment, w: des compliments. Faire compliment, c'est l'éliciter; faire des compliments OU un compliment, c'ot Taire des politesses ou des éloges. Complimenter, c'est faire une harangue d'apparat, un discours respectueux, etc. ifiraimaire des Grammaires, p. 1097.) Voyez Complimenter.
CojiPLni ENTER. V. a. de la l"conj. Ce verbe ne se dit guère que des compliments d'apparal : On compliuientc un roi, un prince, à son passage dans une ville. On complimente un général après une victoire remportée. Complimenter quelqu'un régit la préposition sur, quand l'aclion de complimenter a pour objet (lUcNiuc fait, quelque événement : On le complimenta sur le succès de son entreprise. Tous les corps de l'Etat vinrent complimenter le roi sur cette glorieuse victoire. — Cumplimenler ne signifie pas la même chose que faire des compliments, ou faire compliment. — Faire des compliments, c'est dire ou écrire à queli|u'un quchpie chose d'agréable, de fiaticur, en lui témoignant l'estime qu'on a pour lui, l'idée (pic l'on a de ses bonnes qualités, l'intércl que l'on prend à ce qui le touche : Un compliment est souvent une fadeur, ou. une inutilité, ou un mensonge, ce qui netnpêche
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pas que ce ne soit quelquefois un devoir. — Fair* des cojnplimcnts signifie quelquefois faire des cérémonies, faire des'civiliiés, disputer de civilités : Laissons là les compliments, .^i/issons sans compliment, f^otre ouvrage m'a paru charmant, je vous le dis sans complimcnl. Je vous en fais mon compliment se dit d'une clioso parliculièrc dont on l'èlicile quehiu'un : F'ousl'HceM emporté sur tous vos rivaux , je vous en fais mon compliment. F^ous avez obtenu une place honorable, je vous en fais mon compliment. A'oycz Compliment.
Co.MPLiQuf:, CojiPLiouÉc. .\dj. On dit que le sujet d'une pièce de thcâlre est lro|) compliqué, pour dire qu'il n'est pas assez simple, ou qu'il embrasse des événements dont la liaison n'est pas assez sensible.
CoMPoiîTEP.. Y. a. et n. de la 1" conj. : Ce sujet ne ciintporlc pas tant d'ornements. Le caractère d'ambassadeur ne comporte pas (\\\'ilen use autrement. Il s'est bien comporté, il s'est mal comporté dans cette affaire. Se comporter en ami, en homme de bien.
Composé, Composée. Adj. Ce terme est souvent employé en grammaire. On dislingue les mots composés et les mots dérivés. Les mots composés sont ceu.K qui sont formés de plusieurs racines, comme abaissement, qui est formé de à et de Jas. Un mot déri\é est formé d'une seide racine, avec quelque différence dans la terminaison, comme forte nient de fort. Vu mot |)eut être à la fois dérivé et composé, connue abaissement, dérivé de abaissé, <.\m est lui-même dérivé de « et de bas.
La plupart des subslantil's composés sont écrits et imprimés sans distinction de leurs jiarties. Ainsi on écrit immortel, et non i)as im-mortel; indépendant, et non pas in-dépendant. Mais il y en a plusieurs où l'usage exige que les parties soient séparées par un tiret, comme passe-port, chef-d'œuvre, arc-en-ciel, etc. La inanièie dont il faut indiquer le pluriel de ces noms est encore indécise, parce que les grammairiens ne sont pas d'accord sur ce point, et que l'Académie, loin de les accorder, se contredit souvent dans les exemples qu'elle donne.
Cependant, puiscjue les mots qui entrent dans la conq)osition des substantifs composés y sont distingués par une séparation, il parait naturel de les considérer, à l'égard du nombre, comme s'ils étaient entièrement séparés, et de leur donner ou non la marque du pluriel, selon que leur nature le comiiorlc ou ne le comporte jias.
Les mois pcuveni être composés de deux substantifs, comme dans Hôtel-Dieu ; d'un adjectif et d'un substantif, comme dans petit-maître ; d'un verbe et d'un substantif, comme dans passedroit; d'un verbe et d'un adverl)e, ou de deux verbes, ou de deux mots invariables, comme dans passe-partout, laisse z-passer, après-midi ; d'une jH-éposilion ou d'un adverbe cl d'un subslanlif, comme dans contre-coup, vice-roi; d'un mol (jui ne s'emjdoie pas isolément et d'un substantif ou d'un adjectif, comme dans pie-grièche, francalleu; de plusieurs mots étrangers : mezzo-termine , uutn-da-fé ; de deux substantifs liés |iar une pré[)Osition, comme dans chef-d'œuvre, arcen-ciel. Examinons la nature de ces mois dans chacun des cas que nous venons d'indiquer, et cherchons les règles que l'on doit suivre pour leur donner ou leur refuser la marque du pluriel.
Dans les mots composés de deux substantifs, ordinairement il y a ellipse. Par e.xcmple dans
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Hôtel-Dicii , Fcle-Diev, garde-marine , hainmarie, la ])roi)OSiiion de csl évidemment sousenleiidiie. Car un Hôtel-Dieu csl un liôlcl de Dieu; Fête-Dieu, la fclc de Dieu ; un garde-marine, un ^';iide de la marine; un hain-marlc, un bain invenlé par une fenimc nomniée Marie, ou, comme d'aulrcsle iHcicndonl, un bain do mer. Or, oomine dans la phrase pleine on ne donncrail jioinl le si|-'ne du pluriel au second sulislanlif, on ne doit pas non plus donner ce signe à ce même subslanlif dans la |ilnase eiliptitiue; caria sous-enlcnic li'un mol ne ciianuc rien aux rapports des autres mots de la phrase. On dira donc des Hûlcls- Dieu, pour des hôtels de Dieu; des Fètes-Divu, pour des fêtes de Dieu ; des gardesmarine, ]ioui' des cardes de la marine ; des hainsmaric, [lourdes bahis de Marie.
Quel(|uefois rclli|>se consiste non-seulement dans la sujipression de la préposition, mais aussi dans celle d'un substantif sur lociucl seul doit tomber la pluralité. Par exemple, quand on dit des rcine-chiude, le mol prunes est sous-entendu; c'est ce mot seul tjui est susccpliljle de recevoir la maniue du pluriel , cl la phrase pleine porte des prunes de la reine Claude. Des dame -Jean ne si'^miic des bouteilles de la dame Jeanne; des rosc-cnds, des clicvalicrs distingués par une ruse et une croix. On sent que dans tous ces exemples la pliiralilé doit tomber sur les substantifs sous-entendus , et que les autres mots ne doivent pas plus prendre la marque du pluriel qu'ils ne la prendraient dans la construction pleine. — L'Académie écrit des reijies-claude el des rose-croix; elle n'indique . pas le [iluriel des autres mois doul il est question dans ce paragraphe.
Il en est de même des substantifs composés têtea-tête, pied-à-terre, el autres semblables. Des têleà-tête veut dire des conver.-alions, des entrevues où l'on est létc à léte, seul «à seul ; des piedà-terre siïuilie des lieux, des logements où l'on met le pied à terre. C'est donc sur les deux mots sous-entendus , entrevues et lieua; , que doit tomber la pluralité, et non sur tête-à-tête ou pied-à-terre, qui ne sont (jue des modifications ou des compléments des subslaniifs sous-eulendus.
Quand un substantif est composé d'un substantif et d'un adjectif, il faut examiner si la phrase est pleine ou si elle est elliptique. Dans le premier cas, le sens tombant directement s,.,le substantif modifié par l'adjectif, l'un el l'autre sont susceptibles de recevoir la marque du pluriel : Des pelits-Titaîlres, des bas-reliefs, des basses -ccurs, des hluncs-seings, des bouts-ri/nés, des mortes-paijes, des plates-landes, elc. Mais lorsque la jibrase est elliptique, de manière que le substantif sur letpicl tombe la pluralité est sous-entciidu, il ne faut donner la marque du pluriel ni au substantif exprimé, ni a l'adjectif qui lui csl joint. Quand on dit un blanc-bec, on sent bien que le sens ne tombe point sur le substantif lec, mais sur un jeune homme sans expérience à qui l'on donne le nom de blune-bcc. Le mol jeune homme est donc sous-cntendu , c'est sur ce mol que tombe la pluralité, cl l'on doit dire des blanc-bec, el non pas des blancs-becs. 11 eii est de même du mol rouge-gorge. On ne veut point désigner par ce mol des gorges rouges, mais des oiseaux (jui ont la gorge rouge; el c'est sur le mot oiseau, qui est sous-cntendu, (pic doit tomber la [iluralité. 11 faut donc dire des rougegorge, cl non pas des rouges-gorges, (luand on dit