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des pont-neuf, on ne veut pas exprimer des jDf>/i/«, mais des chansons de l'espèce de celles que l'on chante sur le pont Neuf. Il faut donc dire des pont-nevf, et non |)as des ponts-neufs , supprimant la marque du pluriel, comme est supprimé le mol chansons, auquel elle ajjparlienl. — L'Académie écrit des ponts-neufs el des rougesgorges.
Parmi les mots composés d'un substantif ei d'un adjectif, il faut placer le mot chef-lieu. Quoi(|ue le mot chef ne soit employé parmi nous que comme substantif, on l'employait autrefois adjectivement, pour signifier principal. C'est encore dans ce sens qu'il est pris dans le mot cheflieu; et par conso(pient il faut le faire accorder avec Sun substantif, cl dire des chefs-lieux , parce qti'il n'y a pas d'ellipse, et que la pluralité tombe directement sur Ztew.
Dans les substantifs composés d'un verbe et d'un substantif, le substantif est régime direct du verbe, et il y a un sujet sous-entendu, sur lequel tombe la pluralité. LU abat-Jour est une fenêtre qui abat le jour; un abat-vent, une charpente qui abat le vent; un boute-feu, un homme qui boule ou met le feu ; un coupe-gorge, un lieu où l'on coupe la gorge. Dans tous ces exemples, la pluralité tombe sur fenêtre, charpente, homme, lieu, qui sonl sous-entendus. Le verl)C ne peut prendre la maniue du pluriel propre aux substantifs, c'esl-à-dire un s, parce que, par sa nature de verbe, il repousse cette manjuc.
Quant au subslanlif exprimé, il prendra ou ne prendra pas la manjue du pluriel, selon qu'il exprime un singulier ou un pluriel dans la phrase pleine. Ainsi on dira des abat-Jour, des abatvent, parce qu'il s'agit d'objets qui abattent le Jour, (jui abattent le vent; el non pas qui abattent les Jours, qui abattent les vents; mais on dira des chusse-mnuches , des casse-noisettes, parce t}uil s'agit d'ustensiles qui servent à chasser les mouches, à casser les noisettes, et non pas à chasser une mouche , à casser une noisette.
Lorsque les substantifs sont composés d'un verbe et d'un adverbe, ou de deux verbes, ou de deux mois invariables, il ne peut y avoir de difficulté. Qu'il y ail ellii)se ou non, on ne saurait donner ia marque du pluriel particulière aux noms, c'est-à-dire \c s, à des mots qui, par leur nature , ne sont point susceptibles de recevoir celle martiue. On ilira donc des passe-partout, des laissez-pusscr, des après-midi, elc.
Si le substantif est composé d'une préposition ou d'un adverbe, cl d'un substantif, ni la préposition, ni l'adverbe, ne peuvent prendre la marque du pluriel, qu'ils ne prennent jamais d'aucune manière; mais la pluralité tombe sur le subslanlif qui les suit, parce qu'il n'y a point d'ellipse, el que c'est sur le seul subslanlif ([u'elle peut tomber. On dira donc des contre-coups, des contre-marches, des contre-murs, des vice-rois, des vice-amiraux, des semi-tons, elc.
Quelquefois, il entre dans la composition des substantifs des mois qui, employés autrefois isolément, ne le sont plus aujourd'hui que joints a d'aulres mois; ces mots sonl employés dans la composition des substantifs, ou comme substantifs, ou comme adjectifs, cl par conséquent ils doivent prendre la maniue du pluriel; ainsi on écrit des pies-grièches, parce quc^/'/èc/ie est un vieux mot qui ne s'emploie plus seul. C'était un adjectif qui signifiait inconunodc. Ou dit aussi des francs-alleux, parce {{u'alleux csl un vieux
COM
nom substantif qui ne s'emploie plus seul, mais i qui conserve dans le mot composé franc-ulleu son caractère de substantif.
Il y a des subslanlils composes de i)lusieurs mots étrangers, tels que Te-Dcvm, mezzo-termine, auto-da-fé. les iiiar(]uos du pluriel pour les noms étant dilïércntes dans chaque langue, il serait ridicule d'appliquer les manpies de la nôtre a des mots qui ne sont pas faits pour les recevoir. On ne donnera donc point à ces mots la gaarquc du pluriel, par la même raison qu'on ne 4« donne point aux verbes, aux prépositions et •WX adverbes français (jui entrent dans la com-
gisilion des substantifs. On écrira donc des Teeum, des mezzo-termine, des atito-da-fé, etc. On écrira des vasistas, avec un s, parce (jue ce mol est composé des trois mots allemands was is das, et que le dernier, âas, a un s final dans la tangue d'où il est tiré.
On peut appliquer à tous les cas les règles que nous venons d'indiquer, et cette application se trouvera toute faite , dans ce Dictionnaire , à chaque mot composé usité dans notre langue. Voyez Langue française. Sens.
CojiPosEP.. y. a. cl n. de lai" conj. L'Académie a remarque avec raison qu'on dit composer ses gestes, sa mine et ses regards, etc.; mais Féraud a eu tort d'ajouter qu'on dit comjtoser son visage à la joie. L'exemple qu'il en rapporte est lire d'un auteur qui ne peut faire autorité.
Compréhension. Subsl. f. Bossuet donne à ce mot une acception que les dictionnaires n'indiquent point. C'est la faculté de comprendre en même temps dans son esprit l'ensemble d'une chose compliquée avec tous les détails qui s'y ratlOcLicnl : Le voyez-vous covime il considère tous les avantages qu'il peut ou domier oit prendre! arec quelle vivacité il se met dans l'esprit, en vn moment, les temps, tes lieux, les personnes ; et non-seulement leurs intérêts et leurs talents, mais encore leurs limneurs et leurs caprices!... Rien n'échappe à sa prévoyance
Avec cette prodigieuse compréhension de tout le
détail et du plan universel de la guerre
{Oraison fun. du prince de Coudé, p. 307.)
CoiipnENDRE. V. a. et irrégulier de la 4' conj. Il se conjugue comme /);-c/ic/re. Voyez ce mot.
11 faut doubler la lettre n, toutes les fois qu'elle doit être suivie d'un e muet : Que Je comprenne.
On ditjV comprends qu'il doit être fâché, qu'il doit être en colère ; je ne comprends pas que c(da puisse avoir lieu. On voit, par ces exemples, qu'avec la conjonction que, le verbe de la phrase subordonnée est mis à l'indicatif quand le sens est affirmatif , et au subjonctif quand le sens nsl négatif.
Compris. On dit adverbialement y compris, non compris. On dit il donne tous les ans mille écus aux pauvres, y compris ou non compris les aumônes extraordinaires ; cl il donne tous les ans mille écus aux pauvres, les uuviônes e.vlraordinaircs i/ comjjrises ou non comprises. Il est vraisembiaiilc que, dans le itrcmier cas, l'adjectif place avant le nom se rai)portc à ceci, «pii esl sous-entendu , ceci compris; et que placé après le nom, il en prend le genre et le nombre.
Comptabilité. Subst. f. Le p ne se prononce pas.
Comptable. Adj. des deux genres qui suit toujours son subst. On ne prononce pas \ep : Employé comptable, quittance comptable.
Au figuré, cet adjectif, appliqué aux personnes,
COM
régit a ou eyjreri- ; ;q,pli,5,ié aux cliuses, il réeil de: JNous sommes comptables à Dieu ou envers Dieu de toutes nos actions; nous sommes comp tables a lu patrie de nos talents.
CoMi-TE. Subst. m. On ne i.rononcc pas le» On dit rendre compte à quelqu'un de quelrL, chose; mais dans cette façon do parler et iions toutes cellesoù un verbe est suivi d'un sut.scmiif sans article, on no peut mettre le subsianiif ;,'vant le verbe. Ces mots rendre compte, faire qrùce avoir raison, demander pardon, ne forinoni en quelque sorte qu'une seule expression, rendue par une construction consacrée. Si l'on rorunt cette construction, l'idée disparail, ou du moins ne se présente plus que d'une manière forcée On ne peut donc pas dire cow/p/e rendre au lieu de rendre compte ; grâce faire m lieu àc faire grâceraison avoir an lieu de avoir raison ; pardon démander au lieu de demander pardon C'est donc avec raison qu'on a critiqué ce vers de Racine :
De mille autres secrets j'aurais compte à voua rendre. {Britann., act. Ill, se. vii, 63.)
1! faut dire sans adjectif possessif faire compte sur quelqu'un, sur quelque cliose. Faire compte .■ittr, c'est compter.
Faire son compte, au fiiïurc, sisnifie ou être assuré, être persuadé, et alors ri régit que; ou prendre la résolution, et, dans ce cas, il est suivi de la préposition de. Voltaire a dit dans le premier sens {Indiscr., se. xviii, 1) :
Oui, croyez ma cousine, e\. faites votre comptt Que ce jeune éventé »ous couvrira de lionfe;
et dans le second sens {Nan., act. II, se. xii, 2) :
Vous faites donc à la lin votre compte De me donner la baronne pour bru.
Compter. V. a. de la l«conj. On ne prononce pas \e p. On dit compter pour dans le sens de rél)Ulcr, estimer. Racine emploie souvent cette expression :
Quoi ! lorsque vous voyez périr votre patrie. Pour quelque chose, Esther, vous comptez votre vie (EsM., act. II, se. 1,51.)
Certes, plus je médite et moins je rae figure Que vous m'osiez compter pour votre créature.
(Cntan., act. I, se. ii, 25.)
II ne faut pas imiter Boileau, qui a dit en ce sen compter rien (Sat. III, 58) :
Jloi qui ne compte rien, ni le vin, ni la cliére;
ni Corneille, qui a dit plus mal encore coTnpter à rien [Poly., act. VI, se. m, 47) :
Je ne vous compte à rien le nom de mon époux.
On dit compter au nombre, et mettre an rang. C'est donc avec raison qu'on a critiqué les vers suivants de Racine [Mithrid., act. I, se. i, 1J5) :
Et l'on sait que toujours h Colcliide et ses princes Ont compté le Bosplior« au rang de leurs provinces.
CoMPTOiE. Subst. m. l.c p ne se prononce pas.
Comté. Subst. Ce mot élait autrefois féminin, il a été ensuite masculin et féminin. Aujourd'hui on le fait toujours masculin, si ce n'est en parlant
CON
de l'ancienne province de France (jue l'on nomme la franche- Comlé.
CoNCKiT, (loNctPTiON. DaHS CCS deux mots ou prononce le p.
Concernant. Ce mot est le pnrticipe présent du verbe concerner, dont on a fait une proposillini; et par consc(nit'nl il no cliangc point, cl ne prend ni le fcininin ni le |)iuricl : Une loi concernant les patenlcs, cl nun i)as concernante.
CoNCKRTÉ, C.ONCKRTÉK. Part. Cl adj. Onà\lvne entreprise bien concertée, des gens bien coucrvtés, des înesures concertées. A ollaire a dit une énigme concertée [OEd., act. 1, se. i, 51) :
Le monstre chaque jour, dans Tbèbe épouTantce, Proposait une énigme avec art concertée.
CoNcrnTO Subst. m. Ce mot, emprunte de l'italien, ne prend point de * au pluriel : Des concerto.
CoNCKTTi. Subst. m. C'est un mot emprunte de l'ilaiicn, qui ne prend point de s au pluriel.
Concevable. Adj. des deux genres. 11 se met toujours après son subst. : Cela est concevable. Une telle audace iiest pus concerahlc.
CoNcnoïnE, Conchyliologie, Conchyliolociste, CoNCHYTE. Dans ces ipialre mois A se prononce k.
Conciliant, Conciliante. Adj. verbal tiré du verbe concilier. 11 ne sc met qu'après son subst. : Un espHt conciliant.
CoNciLiATEuu. Subst. m. En parlant d'une femme, on dil conciliatrice.
Ce siibsiaiuif s'emploie adjectivement en parlant des choses : Les femmes nous enseigne7it cette éloquence persuasive et conciliatrice qui convient ù la société. (.Marmontel.)
Concis, Concise. Adj. Il se met ordinairement après son subst. : Un discours concis, un style concis A'uye/. Luconiqrie.
Concision. Subst. f. Qualité de ce qui est concis.
Concldant, Concluante. Adj. verbal tiré du verbe conclure. 11 suit toujours son subst. : Un argument concluant, xine raison concluante.
Conclure. V. a. el irrégulier de la 4" conj. 11 se conjugue de la manière suivante :
Indicatif. — Présent. Je conclus, tu conclus, il canclui; nous concluons, vous concluez, ils concluent.— Imparfait. Je concluais, lu concluais, il concluait; nous concluions, vous concluiez, ils concluaient. — Passé simple. Je conclus, tu conclus, il coiulul; nous conclûmes, vous conclùies, ils conclurent. — Futur. Je conclurai, tu concluras, il conclura; nous conclurons, vous conclurez, ils concluront.
Condilionncl. — Présent. Je conclurais, tu conclurais, il conclurait; nous conclurions, vous concluriez, ils concluraient.
Imiiciatif. —Présent. Conclus, qu'il conclue ; concluons, concluez, qu'ils concluent.
Subjonctif. — Présent. Que je conclue, que tu conclues, qu'il conclue; ipie nous concluions, que vous concluiez, qu'ils concluenl — finparfait. Que je conclusse, (lue tu conclusses, tpi'il conclut; que nous conclussions, que vous conclussiez, (pi'ils conclussent.
Participe.— /"reiCrt^ Concluant. — Passé. Conclu, conclue.
Les temps composés sc forment avec l'auxiliaire avoir.
Ce verbe se dit ordinairement des personnes. On le dil pourtant quelquefois des passages, des
CON
preuves «pi'on allègue : Cet argument conclut bien, cette preuve ne conclut pas. Mais alors ce verbe sc dit aipsolumcnt el sans régime. — Cependant Pascal a dit dans ses Pensées p. 140) : Cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, pour dire : De cette impuissance on ne peut conclure autre chose que, etc.
Dans le sens affirinatif, ce verbe exige l'indicatif à la proposition subordonnée: // conclut delà que vous livcz tort. Dans le sens négatif ou intcrrogalif il demande le subjonctif : Ne concluez pas de là que /'aie tort. Conclurez-vous de là que j'iiic tort?
Curncillc a dit {Cin., act. I, sc. m, 23) :
Voici le jour heureux Qui doit conclure enfin nos desseins généreux.
Le mot dessein, dit Voltaire, ne convient pas à conclure : il me semble qu'o« conclut une affaire, un traité, un inarché ; <]uc Vo?i consomme un dessein, qu'on l'exécute, qu'on l'effectue. Peut-être que le mot remplir eût été plus juste et plus poétique que conclure. [Remarques sur Corneille.)
Conclusion. Subst. f. C'est ainsi qu'on appelle en logique la proposition qu'on avait à prouver el qu'on aéduil des principes. On donne aussi ce même nom généralement en logicpie, en inétaphysiijue, en morale et en jibysique sculastiiiue, aux diiïérenles propositions qu'on y déinonhe, el aux démonstrations que l'on emploie a cet effet.
CoNCLusivE. Adj. f. Terme de graminaire. Il se dil des conjonctions dont on se sert pour tirer une induction, une conséquence de quelque proposition piécédente. Or, donc, ainsi, sont des conjonctions conclusivcs.
Co.NcoBDANCE. Subsl. f. Tcrmc de grammaire. On entend par ce mot runiforinité ou ressemblance qui doit sc trouver dans la même proposition ou dans la mcnic énoncialion, entre ce qu'on appelle les accidents des mots, tels que le genre, le nombre et la personne; c'cst-à-diie (pic si un substantif cl un adjectif l'onl un sens partiel dans une proposition, et qu'ils concouicnt ensemble à former le sens total de celle proposition, ils doivent être au ni^mc genre et au même nombre : c'est ce ijui s'ai-peUe concordance ou accord. Les grammaiiietis français distinguent la concordance de radjeclilet du subslanlif, (jui doivent s'accorder en genre et en nombre; et celle du sujet avec le verbe, (jui doivent s'accorder en personne et en nombre. Voyez Accord.
Concourir. V. n. et irrégulier de la 2" conj. Il se conjugue comme courir. 11 rc;il à devant les noms el les verbes: Tout concon-l à ma ruine. Ils ont tous concouru à le perdre, .l'ai concouru. à faire réussir cette entreprise. On dit concourir avec quelqu'un : Il a concouru avec moi à faire réussir cette entreprise. 11 régit p.iw/-, en parlant (riinc chose ipie l'on s'efforce d'obtenir : // a concouru [>onvlc prix- de l'Académie. Ces deux pièces ont concouru jjour le prix.
CoNCRKT. Adj. i'crine de grammaire. C'est le corrélatif d'aisfra «7 (voyez ce mot); il se met tou jours après son subst. : Terme concret.
Concubine. Subsl. f. L'Académie donne ce mol comme une cx|)ression du langage ordinaire. La définition (pi'clle eu donne peut induire les ctran gcrs en erreur. C'est, dil-cllo, celle (jui, n'étant point mariée avec un houimc, vit avec lui comme si elle était sa femme. D'après cela il ne serait
CON
pas éfonnnnl qu'un Allemnml dit en parlniit d'un homme tnii vji ;ivoc une femme (ju'il n';i poiiu épcusce, i\u'il rit uvcc une concvhine, (]u'i7 entretient vne concubine; ce qui serait lics-ii<iicule. Concubine est un terme de jurisprudence mi de murale eliréiiennc. 11 en est de mémo du mot concuhiHdqe. — \ oici un passage des Priicieuses ridicules (se. v) (lui semble contraire à celte opinion : Madei.on. La belle galanterie que la leur! Quoi, dcbuler d\ibnrd par le inaria//e? — GoRGiBLS. El par où veux-tu donc qu'ils débutent ? par le concubinayc?
Co^cur.REjiMEM. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Ils ont agi concurremment.
CoNDAVNAiîLR. Adj. dcs dcux gcnrcs. On ne prononee jwint le w. On peut le mettre avant son subsU, (piand l'analogie et l'harmonie le permettent : Une action condamnable, un homme condamnable ; cette condamnable action.
Condamnation. Subst. f. On ne prononce point le m.
Condamner. X.n. de la l'" conj. On ne prononce pas le 7«. On dit condamner, être condamné à une peine ; être condamné par vn tribunal.
Dans le sens de blâmer, désapprouver, on dit itre condamné de :
CON
0 ciel !
notre amour est condamné dt toi.
(Rac, Baj., act. I, se. iv, 86.)
Ce mot signifie souvent que, par la nature des choses ou des circonstances, on est prive pour toujours de linéique avantage, ou soumis a (]uclque nécessité fàclicuse. C'est ainsi qu'on dit je suis condamne à ne plus vous voir. Je suis condamné à Souffrir toute ma rie.
Condescendance. Subst. f. Avoir delà condescendance ])ouv quclqii'u7i. Devant un inlniitif, il régit à : Sa condescendance à pardonner les fautes qu'il devait punir.
L'Académie le définit, complaisance qui fait qu'on se rend aux sentiments, aux volontés de quelqu'un. — La condescendance n'est pas la complaisance. La condescendance fait (ju'on se relâche de sa sévérité, des droits rigoureux de son autorité, de sa supériorité, de sa liberté, de sa volonté, pour se prêter aux faiblesses, aux défauts d'autrui. ],a complaisance est une disposition d'esprit par laquolle on s;icrifie sa volonté à celle des autres, dans la vue de leur plaire. Il faut de la complaisance pour tous, Ct de la condescendance pour les faibles, jiour les infortunés, pour les gens que l'on eni|iluie. Avec de la cojuplaisance on est d'un connncrce doux, avec de la condescendance on est d'un commerce commode.
Condescendant, Condescendante. Adj. verbal tire du v. condescendre. C'est l'Académie (jui a formé cet adjcciil'. Il n'est [)oint usité.
Condescendre, V. n de la 4' conj. Ce n'est pas, comme le dit l'Académie, se rendre aux sentiments, à la volonté di? (juelqu'un : c'est se relâcher de sa sévéï'ité, des droits rigoureux de son autorité, de sa supériorité, de sa liberté, de sa volonté, |iour se préicr aux faiblesses, aux goùls, aux défauts de (picliiu'un. Celui (lui se rend aux senlimenls, a la volonté de son supérieur, ne condescend pas.
Conditionné, Conditionnée. Adj. Il se dit des marchandises ipii ont les conditions requises. Il est ordinairement accompagné des adverbes bien ou vtal : Des marchandises b\cn conditionnées, mal conditionnées.
Conditionnel Adj. que l'on prend aussi substantivement. Qui dépend de certaines conditions.
En termes de grammaire, on appelle conditionnel un mode du verbe dont les toin|is expriment l'aflirmation avec di'pendance d'une condition.
Ce mode a plusieurs temps. Je ferais, ipie les grammairiens appellent le conditionnel présent, est un présent ou un futur, suivanl les circonstances du discours, et on peut remployer sans déterminer aucune époque : Je ferais actuellement votre aff7iire, si vous in'en aviez parlé plus tôt, est un [irésent ; je ferais votre affaire aranlqu'û fût peu, si elle dépendait unii/uement de moi, est lin futur; enfin je ferais vn rnjage à Rome, si j'étais plus jeune, est un futur dont l'époque peut, à notre choix, être ou n'être pas délcrniinée. En général, celle forme exprime presque toujours un futur ; Je l'attends, il m'a promis qu'il viendrait ; viendrait est pour viendra, et l'usage le préfère parce que l'exécution de ce (pTon promet dépend toujours de quelques conditions exprimées ou supposées.
Au passé on d\l j'aurais fait votre affaire, si vous m'en aviez parlé, ou j'eusse fait votre affaire, sivoxis m'en eussiez parlé. La différence entre ces deux temps consiste en ce que j'aurais fuit manpie plus particulièrement le temps où l'affaire aurait été entreprise, ct \\\\c j'eusse fait mar(|ue pins iiarliculicremeni le temps où elle eût été finie; j'aurais fait signifie, je me serais occupé a faire ; j'eusse fait signifie, l'affaire serait faite.
On dit encore j'aurais eu fait, et c'est un passé antérieur à un autre passé : Si vous m'aviez écrit, j'aurais eu fait votre affaire avant que vous fussiez ari~ivé. Dans cet exemple, 7"'aMruis eu fuit est antérieur à avant que vous fussiez arrivé, qui l'est lui-même à l'époque actuelle. Voyez Modes.
Résumé.
Présent ou futur. — Je ferais.
Ce temps peut être un présent ou un futur, suivant les circonstances.
Passé. — J'aurais fait.
Ce passé marque pariiciilicrement le temps où l'affaire aurait été entreprise.
Passé. — J'eusse fait.
Ce passé manpie particulièrement le temps où l'affaire eût été finie.
Passé antérieur. — J'aurais eu fait.
C'est un passé antérieur à une é[)oque qui est elle-inéine antérieure à l'époque actuelle.
CoNDiTioNNELLEMENT. Adv. Il nc sc mct gucrc qu'après le verbe : Il a promis conditionnellevient.
Conducteur. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit conductrice.
Conduire. "V. a. de la 4' conj. Racine a employé ce verbe dans des ac'ceptions (pi'on ne trouve point dans \c Diction nuire del' Académie:
Reconnoissez Je» coups que vous aurni eonduili. [Iphtg., ad. V, se. ii, 96.)
Que ma crédule main conduis» le couteau.
[Idem, aci. 111, se. TI, Si.)
Voltaire a dit dans la Ilenriade (IV, 233) :
Le mensonge .«ublil qui conduit êe$ diteouri, De la vérité même empruntant le Secours.
CON
On lit dans VIphigcniedc Racine (act. 11, se. i. 4li7):
Je me laissai conduire à cet aimable gnide.
On a remarqué avec raison qu'il serait plus exact de dire par cet aimable guide, car se laisser conduire à quelqu'un, c'est se laisser conduire auprès de quel<iu'un.
Ce mot s'emploie ligurément, tant au sens phy- i sique qu'au sens moral.' On dit, par exemple, I qu un chcuiin, i\\i'une route conduit à un en- \ droit, qu'une galerie conduit à un appartement, qu'une avenue conduit à un château; et que la vertu conduit au bonheur, le vice au malheur : Ce poste peut conduire très aisément uji Iwmrne d'esprit qui est sage, à des emplois et à des places tiranlagcuses. (Voltaire.)
CoDuiTE. Siii)st. r. Ce nom n'a point de pluriel, si ce n'est en lermcs d'iiydraulique, en parlant des tuyaux des aqueducs qui conduisent les eaux d'un endroit à un autre.
CoNFABDLATiON. Subst. f. L'Académic le définit, entretien familier, et prétend qu'il ne se dit qu'en plaisanterie. 11 sentit difticilc de trouver dans les auteurs un exemple de cette sorte de plaisanterie. — Confabulaiion est un vieux mol qui n'est usité ni sérieusement ni en plaisanlerie. On peut en dire autant de con fabuler.
Confesse. Subst. Il ne prend ni genre ni article, et ne se met jamais qu'avec un verbe, comme aller à confesse, être ù cojifesse, revenir de confesse, retourner à confesse. On peut regarder à confesse comme une expression adverbiale.
Confesser. V. a. de la l'" ci mj. L'Académie ne le dit que des personnes qui avouent une chose qui a rapport à eux. On le dit aussi en parlant des autres:
Il le faut confesser à sa gloire, Son ctEOT n'enferme point une malice noire.
(Rac, Britan., act. V, se. m, 27.)
)Iais tou3 ils con/Vssoicnt qnc si jamais les dieux Ne mirent sur le trône an roi plus glorieux, Également comblé de leurs faveors secrètes, Jamais père ne fut plus heureux que tous l'êtes.
(Rac, Iphig., act. I, se. iv, 17.)
CouFTANCE. L'Académie n'a pas dit '.Etre plein de confiance sur les discours de quelqu'un ; Racine l'a dit [Bajaz., act. I, se. m, 2U) :
Tingt fois lur los discourt pleine de conSance. . .
Il semble qu'il y a de la différence"" entre être plein de confiance dans les discours de quelqu'un, et êtr^' plein dn confiance sur les discours de quelqu'un. Le [iremier parait avoir plus de rapporta la sincérité, à la vérité des discours; le second, à la sûreté des promesses. On peut dire être plein de confiance sur les discours de quelqu'un, comme on dit se confier sur la bonne foi, sur Véqvité de quelqu'un. — On a de la confiance en quelqu'un, dans le mérite et les talents de quelqu'un. On a de la défiance de, et de la confiance en. Fonlenelle a donc fait une faute en écrivant au sujet de Corneille: Il fit la comédie de Mélile, qui parut en d623. . ., et sur la confiance qu'on eut (lu nouvel auteur, etc. (Volt., Remarques sur la f^ie de Corneille.)
Copiant, Codifiante. Adj. verbal tiré du v. confier. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme confiant, une femme confiante.
CoNFiDniiMUNT. Adv. Il ne se met jamais qu'a-