NEUVIÈME REMARQUE
y. i6. Matutinali tempore tune mitilans.
MiTiLAirs. — C'est la leçon de Bserius et d'une partie des éditeurs de la Philomèle. Les autres ont écrit mutilans^ comme Duret, du verbe factice mutilarcj balbutier, ou se taire, parce que ce sens paroissoit appelé par le quieta silet et le carnUna nulla canitàe^ vers précédents. La marche du poète est assez logique pour expliquer trèssuffisamment cette difficulté. Mitilare signifie ramager, chanter au lever du soleil ; et l'auteur de la Philomèle qui loue le rossignol de chanter en tout temps , relève sa gloire en le comparant aux oiseaux les plus mélodieux , dont les uns chantent le jour et se taisent la nuit, dont les autres chantent au lever du soleil , et n'ont plus de mélodie pour le soir.
Schott a écrit rurilulans; et on croit avoir la rutilansj qui ne signifie rien ici , dans le manuscrit de Leyde. Rurilulans pourroit bien être fiait de ruri ululansj et c'est probablement par égard à cette composition de mots, que M. Noël, toujours si savamment exact, a défini le verbe ruri" lulare , crier comme la chouette , quoiqu'il ne
puisse être question de la chouette dans oe passage où Fauteur de la Philombls caractérise si bien un oiseau matinal au chant harmonieux.
Quant a ^lilitans qui se trouve dans une des jolies petites éditions de Plantin, il n*est appuyé sur aucune autorité y et une £aLUte d'impression n*est pas une autorité.