‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 146 sur 169 · V. aS. Et crocitat Goryus^ Gracuius at frigulat · texte numérisé non relu

V. aS. Et crocitat Goryus^ Gracuius at frigulat

Crocitat, — Dans Papias, Cori^us crocitat vel craxat(sic). Craxare est peut-être une faute de. copie ou d'impression pour coaxare qui s'vcst dit souvent du corbeau. On lit ailleurs, Con^i crocciunty Con^i gluciunt dans Pline, et Corsai crocant ou croccant dans Festus.

Plaute auroit adopté crocitarCj s'il falloit s'en

l^pporter à la leçon la plus commune de ce passage de VAulularia, act. lY » se. iii^ y. %.

Non temere est quod coruus cantet mihi nunc ah lœva manu, Simul rudehat pedihus terram, et trace crocîtabat sud»

Mais PerrotuSy Gronovius et Wernsdorf y lisent crocibat. Despautère dit fort sagement que crocitare vient de crocire, comme dormitare de dor^ mire. Nonnius rapporte crocitus pour le cri des corbeaux; c'est une onomatopée universelle. A crocit et a crocitat, Charleton ajoute comiculat, qui doit être fait pour exprimer le cri de la cor^ neille, et formé de comix. Le verbe comiculo ne se trouve pas ches les anciens ^ mais ils connoissoient corrdcor, inepte garrire, babiller comme la corneille :

Nescioéjmd tecum grave cornîcaris ùuiplè*

Pebs. , Sat. y., V. 13.

Cette leçon, crocitat, qui n*a jamais été contestée , n'est cependant pas la seule qui soit tombée sous mes yeux. Dans FOvide de i49^ y on lit, crocA Connus, d'un verbe croare^ croo, qui est certainement le plus imitatif qu'ait pu inspirer le cri du corbeau; mais cette belle édition est trop vicieuse pour qu'on puisse fonder sur elle seule une prévention de quelque valeur.

Ibid. F&iGtJLÂT. — Wernsdorf écrit fringulit

SUR hk PHILOMÈLE. 343

et GracubtSj qui n est en riea pl^éfèrabIe , frigu^ iat n'étant ni plus ni moins latin que frin^lit, malgré Fautorité de Papias qui dit graculof ffin^ gaUre vel grincire. Burmaan penche pour fringutit, qui est fait defringilla, nom lalin du pinson y et c'est Féiymologie de Festus* Ajoutons a <^la \e/rigutit de Charleton^ qui se trouve dans Varron pour exprimer le cliant du pinson et du merle. Il n'y a rien de plus facile k expliquer que cette variété de semi-homonymies pour exprimer des bruits dont la désignation écrite est nécessairement un peu arbitraire y et il seroit même fort extraordinaire qu'elle n'existât pas. Fringuilla s'est dit aussi ^uvjnng^lj0.

Ennîus a emfiloYé Jhngutire pour caqueter :

hœc anus admodumjringutit. C'est proprement , prœpeditè ac obscurius veri^a enunUcwe, oomiBe dans Apulée : Audîinsti prwignunt meutn ^uix singulas syllabes frlngultientem. Remarquez fringuhire qui est un analogue de plus à cette onomatopée multiforme.

Cette racine est très-analogue k celle àvLiïiotJrire , çXfrigutire a été pris en ce sens chez les Latins.

ymOT-UNIËME REMARQUE.

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