TRENTE-SEPTIÈME REMARQUE
y. 5i. Dum Lynces orcando fremunt, Ursus feras imcat.
Oecàndo. — D'anciens glossaires expriment par hircare le cri du loup-cervîer. C'est probablement une corruption de Yorcare de la Philomele, qui est bien plus caractérisé, et qui tient peut-être même à une importante famille de mots. L'enfer s'appeloit Orcus; Pluton s'appeloit Orcus; Cerbère étoit un loup-cervier à triple tête. Les Grecs désignoientsousle nom àiopyoç (prchos)^ ces longs rangs de tombeaux qui fbrmoient les cimetières ; ils ont donné le même nom à la fosse ; et les loups-cerviers déterrent les morts. Nous ne présentons pas ces hypothèses avec beaucoup de confiance , car elles nous sont entièrement propres , mais nous les croyons aussi fondées en
vratfgmblance que beaucoup d'autres étymolo-
Ibid. Uncat. — M. Noël ne connoit ce mot que sous Torthograplie oncat du vers 55 ; mais ces deux vers sont si voisins et ce poème si court, que Fauteur de la Philomèlë ne sauroit être soupçonné d'une semblable distraction. Robert Etienne adopte dubitativement Tune et l'autre leçon , et toutes les bonnes copies sont d'accord pour les distinguer par l'initiale. Uncare exprime le cri des ours dans le Vocabulaire de Papias. On a dit aussi : Ursi urgant vel sœuiunt; Horace, ursus gémit; et Valérius Flaccus, ursus reboat, Gharleton seul rend le cri de l'ours par trincare, mais son beau livre est défiguré par tant de fautes d'impression , que je n'hésite pas a y lire uncare. C'est de là , par une de ces extensions que nous avons eu occasion de remarquer tant de fois ^ qu'auroit été fait uncus j cette arme terrible de l'ours qui n'est pas moins caractéristique que son cri. Bien que ces idées paroissent fort éloignées au premier aspect, on sait quelles se touchent radicalement , les sens n'ayant cessé de se prêter des figures réciproques, et l'ouie k tous les autres.