‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 162 sur 169 · QUARANTE-QUATRIÈME REMARQUE · texte numérisé non relu

QUARANTE-QUATRIÈME REMARQUE

y. 59. Rite Ganis latrat, fallax Yolpecula gannit.

Latràt. — L'onomatopée du cri du chien , variée selon ses innombrables espèces^ et suivant

m REMABQUES

les paMioos multipiiéés que ses habitudes de domesticité lui ont i^prises^ devoit nécessairement se présenter sous un grand iKonbre de formes dans les langues. Dans Martial , catella querùur. Ovide ne Tavoit dit que des oiseaux ? dulce qwe^ runtur aues^ Amor. 1 , 4' ^^ ^^ probablement diaprés Horace : uves quervntur in sUi^is, Epod, II , 26. On trouve baubare dans Nonnius Marcellus , et baubari dans Lucrèce. Le même Nonnius attribue gannire et gannitus ah. cbien , et Festus appelle gannitio cette murmuration sourde , hargneuse et menaçante qu'a fait entendre dans sa colère. Sidoine Apollinaire donne à ce grommellement le nom à^hirritusj mais Festus réserve le verbe hirrio pour exprimer celui des chiens enragés. Canis ululât est dans Servius^ et nictit canis dans Ennius et dans Pline. Quant a latrat, c'est une grande et oiseuse question que de savoir si latrare vient de latro, parce que l'approche des voleurs est décelée par l'aboiement des chiens, ou, "vice "versdy si latro vient de latrare^ mais on ne sauroit douter que latrare soit une contraction de blaterare^ privé de son initiale par une apocope extrêmement conmiune , et cela est si vrai que blaterare est pris pour aboyer, ou latrare, par Martianus Capella. La quatrième lettre de laterare n'a pas disparu moins naturellement dans la contraction du verbe , comme elle a disparu du substantif Zolro^ le voleur, que Varron écrit /a-

SUR lA PHUiOMÈLE. 365

tero. Il n'y a rien ici d'hypothétique, rien d'établi sur ded intermédiaires dT imagination.

Wernsdorf n'adopte "pas la vieille leçon que nous avons suivie dans ce demi -vers; il écrit sur la fbî de Schott : Porro Canis latrat, et il justifie ce choix par un seul mot : prœfero. Bîte, qui explique Taltiance du chien à rhomme par une habitude de mœurs, nous paroi t tout autrement expressif qde cet adverbe parasite, qui n'a d'ailleurs d'autre autorité que le bon plaisir de Schott et de Wernsdorf.

Ibid. Gawnit. — Gannire^ crier comme le renard, étoit connu de Varron en cette acception. Je n'alléguerai pas ce vers de Perse, sat. v, 96 :

Stat contra ratio, et sécréta gannit in aurem.

Cest la leçon de Pithou. Wederbum écrit ^arfit, et (ait bien, car le sens le demande.

Le cri dn renard ne seroit-îl pas entré pour quelque chose dans la composition de rin-gannum du bas latin, de Yinganno italien, de Yengeigner de Merlin , si regretté par La Fontaine , mots dont le sens rappelle les ruses et les embûches de ce type universel de la tromperie? L'auteur de la Philohèle sert merveilleusement cette supposition par sa jolie épithète,ya//aâ: "vulpecula.

QDARANTE-CINQniÈHE REMARQUE.

y. 60. Giaucitat et Gatulas, at Lepores vagiunt.

Glaugitat. — Frayez la remarque sur le vers

Burmann écrit glutinat avec Schott. Je ne com* prends pas cette leçon à laquelle il faudroit préférer de beaucoup le gratulat de Vossius qui est extrêmement mauvais. ^

Si la théorie des langues formées par l'imitation des bruits naturels a quelque chose de vrai , on comprend aisément que des bruits analogues se soient exprimés par des signes identiques ou par des signes très-voisins. Il y a quelque rapport entre le gloussement rauque des jeunes cerfe et celui des chiens.

Ibîd. Vâgiunt. — Gicéron, Sénèque, Ovide , le disent des enfants au berceau, et nous l'avons adopté dans cette acception. La Philomele le dit du lièvre, mais on ne sauroit trop répéter que tous ces bruits animaux se ressemblent beaucoup, même ceux que forme F homme enfant avant la communication de la parole.

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