QUARANTE-SEPTIEME REMARQUE
y. 6a. Et Grillas g^rillat^ desticat inde Sorex.
Grillât. — Pline dit : Gryllus stridet noctibus. Grillât est tout- à- fait Êictice. Selon Cliarleton, gryllus ad cicadam proximè accedit cantUj qui argutus est, et gryllismus proprie nuncupatur. Il y a des exemples de grylis^ sarcj. employé pour exprimer un certain cri de la caille.
Il seroit assez curieux de savoir d'où vient le proverbe grec et latin , je nen donnerois pas un gry, ce mot gry gry, ou cri cri, s'étant conservé dans nos patois pour représenter le grillon. II seroit plus curieux peut-être de suivre l'extension du nom de cet insecte à celui du masque d'un ËE^reeur de Tancienne cœnédie^ que les Italiens appellent encore Grilla , et qu un lexicographe re-
garde comme un vieux peintre de bambochades.
Dans le fameux livret de Callot , connu des amateurs sous le nom de Ballo di Sfessania, on trouve le portrait du capitaine Grillo, Le Grillo villano est aussi le pseudonyme d'un poète grotesque. J'ai toujours pensé que c'étoit là une double allusion ^ et a la mélopée monotone et obstinée, mais vive et joyeuse du grillon, et à la singulière configuratiou de son masque , qui représente celui d'Arlequin avec taint de vérité ,' que personne , après Tavoir vu , n'essaiera d'en cbercber le modèle ailleurs. ,
Ibid, Desticat. — Baerius lui seul écrit disticat, qui n'est ni plus mauvais ni meilleur, la caractéristique ne portant point sur cette syllabe prépositive , et le mot n'étant pas d'ailleurs littérairement latin. Les Anglois disent squeack. Voilà l'onomatopée. Burmann a lu denticare et dentitare daqs quelques glossaires manuscrits. Cest peut-être la leçon qu'il faudroit adopter si elle avoit l'autorité d'une bonne copie.
Qui croiroit que les éditions ne sont pas unanimes sur le mot sorex qui termine le vers , quoiqu'on dise Wernsdorf : sic omnes editi. Dans l'édition de i49^ 9 ^^ \ïi ferox^ mais on ne peut voir dans cette leçon ridicule qu'une faute d'impression.