‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 2 sur 169 · ABO · texte numérisé non relu

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les le mot êoA^tnif {bauzein)y moins expressif qu'a- ^foyer, mais dont celui-ci doit être fait.

Dans les langues Canadiennes , un chien s'appelle gagnenouj autre onomatopée qui a beaucoup de rapport avec le canis des Latins , et qui nous paroitroit probablement encore plus pittoresque y si nous pouvions Texprimer par des caractères mieux appropriés k sa valeur.

La langue latine se servoit plus fréquenunent d'ailleurs, pour exprimer le cri du chien, delà racine lat qui n'est pas moins imita tive , et qui lui a donné IcUrare et ses nombreux dérivés, sans en excepter latro^ parce qu'il est du naturel des cbiens d' aAoj^er aux voleurs. Rite canis lattat ^ dit la Philomele que nous citerons souvent en parlant des bruits animaux , et qui contient en ce genre la plus riche collection possible d^ onomatopées latines.

Aboiement, est plus d'usage qu'oÀoi^ qui ne s'emploie plus guère qu'au figuré. Un de nos poètes dit cependant eu parlant du chien : .

0e ton champêtre enclos , sentineUe assidue , A toute heure , en tons sens , il parcourt Fétendut* : Quelquefois , en silence , il rode ; et quelquefois La forêt s*èpouTante au bruit de ses abois, *

ACHOPPEMENT. Cemot, qui était une onomatopée faite du bruit d'un corps qui en heurte un autre , ne s'emploie plus au sens propre. On

AFF 3r

ne s en sert même que dans cette façon proverbiale de parler : une pierre à^ achoppement , pour dire, on obstacle inattendu.

GnoppEa ^ est presque tout-à-fait bors d'usage.

AFFRES. Il ne se dit guère qu'au pluriel..

Cest un grand effroi , une émotion extrême , causée par quelque terrible vision. L'onomatopée exprime le frémissement qu'excitent l'épouvante et l'horreur. On a donc^eu tort de dériver ce mot du latin ajfari ou du grec (ppi^v {phren) et octfpoveùç (aphronos), comme Voltaire, qui regrette d'ailleurs qu'on ne l'emploie pas plus souvent.

Pourquoi ne dîroit-on pas les affres de la mort que l'Académie autorise? Il n'y a rien qui puisse mieux représenter les frissons de l'agonie. Tf affres, on a fait

Affreux, qui se dit des objets qu'on ne peut voir sans éprouver un sentiment de crainte ou d'aversion.

AGACEMENT, AGACER. Du son dont on se sert pour irriter ou agacer les animaux , ou bien 4u bruit que produit sous les dents un fruit acide, ou un fruit qui n'est point k sa maturité , et dont reffet est di agacer les dent^.

On a dit assez hardiment, au style figuré, les. agaceries d'une coquette , des regards , des propos agaçants, des manières agaçantes.

Ménage a très*bien dérivé ce mot du bas-latin acaciare y qui a la méihe racine.' lî aurait pii remonter jusqu'au grec où elle se trouve également. On disait hegaçç en celtique.

AGiOUXI. C'est un quadrupède des Antilles , qui a beaucoup de rapport avec le lièvre. Son nom est formé d'après son cri qu'on exprime à peu près par le mot cofyr. M. de Buffou compare ce cri au grognement du cochon.

PisQn et Marcgrave disent qu'au Brésil on appelle cet animal cotia* Soucbu-de Rennefort l'appelle coutij dont on a &it acouti et agouti.

Il est bon de remarquer en passant, sur ce niot ^ que la plupart des animaux sont carm:;térisés par l'onomatopée , et que l'énumération en setroit devenue fatigante si je ne m'en étois tenu aux indigènes, et à ceux qui sont tellement connus que leur nom est devenu propre à la langue , soit dans Tusage dé l'économie domestique ou dans celui de nos plaisirs , soit dans la prose ^ classique d'un écrivain tel que^Bufibn. Celui-ci est de cette dernière espèce.

AGRAFFE, AGRAFFER. V agraffe est une espèce de crochet qui sert ordinairement à fixer ensemble les deux côtés d'une robe ou d'un manteau. L'onomatopée consiste dans l'imitation du bnkit produit p^r le déchireimen^ de l'objet que les pointes de Hàgraffs saisissent.

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