‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 37 sur 169 · COA · texte numérisé non relu

COA

seroit facile d*en offrir plus d'un exemple. Je m'en tiendrai a ces vers élégants d'un de nos meilleurs poètes descriptifs :

La poule cependant du coq TÎctorieux A reçu dans son sein ce germe précieux Qu'elle mûrit , féconde , et reproduit sans cesse ; Et, bienfutrice exacte à payer sa largesse, Qu^une coque fragile enveloppe et blanchit, Du tribut coutumier chaque jour t'enrichit.

La Tois-tu , promenant sa Tague inquiétude , Rêver, fuir le plaisir, chercher la solitude; Et trahir sa langueur par de longs gloussements ? Hàte-toi, rheure presse, et saisis les moments. Son cœur est tourmenté du besoin d'être mère.

La poule glossante s'est autrefois appelée cloueque, à clocqua, dit Borel, id est tintinnabulo , oh sonum similem»

Les Grecs exprimoient le cri des geais par une . onomatopée fort analogue à celle-ci, xlth^cù {klôzô), je glousse, xktayitjoq Çklôgmos), gloussement,

COASSEMENT, COASSER. Du son radical koaXj assez ridiculement employé par Rousseau, d'après Aristophane ^ et qui est l'onomatopée du cri de la grenouille.

Les Grecs nomment quelquefois la grenouille xoa| {koax).

On a dit coaxarc dans la basse latinité, et quelques écrivains françois en ont fait coaxerj qui n'est pas admis par l'usage.

COQ. Oiseau dont le chant est exprimé par uu mot factice , de la première syllabe duquel on a £iit son nom. Il est à remarquer que c^est son incantation la plus familière ; aussi a-t^elle fourni aux langues un grand nombre d'onomatopées. Les Grecs ont dit souvent xoarcç (kostos) et xtxxo^ (kik kos). Les Polonois ont kogut, les Anglois cok, les Savoyards coqetgau. Nous avions autrefois gia/ de gallus, eXgogàvi son radical imitatif. C'est cette dernière dénomination qui nous est restée avec une modification bien légère.

Ménage ne devoît pas dire que coq venoit de clocitare , d'où est feit classer, mais plutôt que ces mots venoient d'un type commun qui est le chant du coq.

Coque , mot créé pour représenter Tenveloppe de Toeuf , pourroit bien dériver du nom de l'animal , de l'onomatopée de son chant. La poule entonne son chant Ëivori à l'instant où elle vient de pondre. Coqcoq , suivant Leroux, exprime le bruit que fait la poule quand elle pond. Cette étymologie me parait plus naturelle que celle qu'on attribue à ce terme , quand on le faiit venir à conchd. Coquille se dit aussi chez nous pour coque, mais c'est une terminaison diminutive, familière à notre langue.

Coquetterie, et les mots qui se rapportent à cette idée , sont employés figurément par allusion aux mœurs du coq , a son inconstance et a ses

amours. En effet, soit que nous Fayons appelé gai comme d<ins le vieux langage, soit que nous Fayons appelé coq comme aujourd'hui , on peut suivre facilement cette double dérivation , dont les rapports , tout curieux et tout piquants qu'ils sont, ont cependant, je crois, échappé à tous les étymologistes. Ga/enrîe signifioit orné, enrichi, embelli , comme dans ces vers du Roman de la Rose :

Belle fin et bien ajustée; D'un fil d'or étoit galeridée.

Gallois se prenoit pour agréable et léger. Une belle, une franche galloise j, selon Rabelais et les auteurs du même temps , c'étoit une femme éveillée et coquette.

Et puis s'en vont pour faire les galloises , Lorsque devroyent vacquer en oraison.

Galeur ou galeure a un sens analogue dans Coquillard :

Galeures portent escrevices Et velours pour être mignons.

Villon , et, d'après lui , une foule de poètes se servent du mot galer, pour se réjouir et passer agréablement la vie.

Je plains le temps de ma jeunesse Auquel ay plus qu'en autre temps gMé.

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