‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 39 sur 169 · COU · texte numérisé non relu

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« Tout le monde connolt le chant du coucou y « dit Bufïbn , du moins son chant le plus ordinaire; ce il est si bien articulé et répété si souvent ', que , c( dans presque toutes les langues^ il a influé sur « la dénomination de l'oiseau... Ce chant appar- (c tient exclusivement au mâle , et c'est au prin- \< temps, c'est-à-dire au temps de l'amour, que « ce mâle le fait entendre , tantôt perché sur une ce branche sèche, et tantôt en volant; il Tinter- « rompt quelquefois par un râlement sourd , tel « à peu près que celui d'une personne qui crache, «c et comme s'il prononçoit crou , crou, d'une « voix enrouée et en grasseyant : outre ces cris , c< on en entend quelquefois un autre assez sonore, <c quoiqu'un peu tremblé , composé de plusieurs « notes , et semblable à celui du petit plongeon ; « cela arrive lorsque les mâles et les femelles se « cherchent et se poursuivent,; quelques-uns <c soupçonnent que c'est le cri de la femelle ;

^ « Cou c(v*j cou cou, cou cou cou > tou cou cou : Cette lire- «c quente répétition a donné lieu à deux façons de parler « proverbiales ; lorsque quelqu'un répète souvent la même « chose, cela- s'appelle en Allemagne, chanter la chanson « du coucou. On le dit aussi de ceux qui, n'étant qu'en « petit nombre, semblent se multiplier par la parole, ec K font croire, en causant beaucoup et tous à la fois, qu'ils « forment une assemblée considérable.

' « Ceux qui ont bien entendu ce cri l'expriment ainsi : "^ 8^> go, guet, guet, guet.

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« celle-ci> lotsqu elle e^ bien anloiée^ a encore c< un gloussement y glou, glou , quelle répète, (c c»nq k.six fois d'une voix forte et oissez claire en m volant d'un, arbre à un auti'e ; il semble que ce ce soit son cri d'a{qpel > ou pluU^t d*agaqerie , vis- « a-vis de son mâle ; car dès que c.e mâle l'entend, « il s'approche d'elle avec ardeur en répétant son fc tou.cou cou. u

Il n'y a point d'oiseau, dont le nom ait été formé aussi généralement d'après soA cri , et cela, peut^ être, parce qu'il n'y eii a aucun .dont le cri soit plus analogue aux modulaiions. de la voix humaine; au reste , il est bon de dire , une fois pour toutes, que si la lettre C prononcée comme K , est l'initiale du nom d'un grand nombre d'oiseaux crieurs , et même de certains que nous n'avons point nommés, parce que cette circonstance nous a paru trop &ible pour constituer l'onomatopée ^ que si elle est la caractéristique de leur cri, comme dans cailletage ^ caquet, ciappementj clossementj croassemeTU; et que si cette observation peut s'étendre indistinctement à toutes les langues connues , c'est que le chant ^ ou plutôt la clameur de ces animaux y est en|;endrée par le claquement de la langue contre le palais, qui est la plus éclatante de toutes les touches vocales , et que ce claquement produit la consonne dont il s'agit.

COURLIS. C'est un oiseau que noris avoîïs

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aussi nommé curly et turly par imitation de son

cri.

Ce son naturel a produit beaucoup d'onomatopées 9 TeXopécç (elorios) des Grecs, le clorius des Latins, le tarlino de la Fouille, le caroliàu. Milanois, \ecurlew des Ângloîs, Xç^greny des environs de Constance , le turlu de Poitou , le turluj et le corleru des Picards , le corluî des Normands , le corlu des Bourguignons y le corly et le corlieu de nos anciens naturalistes.

M. de Bufibn , a qui je dois cette nomenclature, y joint des observations qui viennent très-bien à ce sujet, ce Les noms composés des sons imi- « tatiËs de la voix , du cbant , des cris des anice maux , sont , dit-il , pour ainsi dire , les noms « de la nature ; ce sont aussi ceux que Thomme a ce imposés les premiers; les langues sauvages nous « of&ent mille exemples de ces noms donnés par « instinct ; et le goût , qui n'est qu'un instinct « plus exquis , les a conservés plus ou moins dans « les idiomes des peuples policés , et surtout dans « la langue grecque , plus pittoresque qu'aucune fc autre, puisqu'elle peint même en dénommant, ce La courte description quAristote fait du courlis, « n'auroit pas suffi sans son nom ùàfioç {elorios), ce pour le reconnoltre et le distinguer des autres <c oiseaux. Les noms françois courlis, curlis, turUs, ce sont des mots imitatiis de la voix; et dans d'aucc très langues, ceux de curlewj caroli, tarlino.

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ce s'y rapportent de même; mais les dénominations « Sarquata et de falcinellus sont prises de la c< courbure de son bec^ arqué en forme de Êiux. ce U en est de même du nom numénius dont Tonce gine est dans le mot néoméniej temps du croiscc sant de la lune ; ce nom a été appliqué au c( courlis j parce que son bec est à peu près en ce forme de croissant ; et les Grecs modernes Font ce appelé macritimij ou long nez, parce qu'il a le ce bec très-long 9 relativement a la grandeur de o son corps. »

On pouroît conclure de ces remarques qu il y a deux espèces d'onomatopées ou dé fictions de noms : les premières qui sont les onomatopées naturelles , communes k tous les peuples , parce qu'elles sont formées sur un son qui ne varie pas ; les secondes , qui sont les onomatopées locales , propres a un seul idiome, parce qu'elles sont déterminées sur une figure ou un aspect des corps dont le signe est de convention. Ces deux riches ^fiimilles de mots pittoresques sont la plus belle partie des langues.

COUROUCOU , genre d'oiseaux du Nouveau- Monde j très-analogues au coucou. Ils sont nommés au Brésil , leur pays natal , curucuis^ couroucouis ou couroucoais, onomatopée si sensible et si naturelle qu'on la retrouve presque identiquement à la Guyane , où on les appelle ourou-

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coais. Il paroit cq>eii4aiit qae ce n^est pas la le seni cri caractéristiqtte de cet animal , au moins dans toutes les espèces; car j* en trouve tme désignée sous le nom de tzinitzcan y par Jonston, Willugkby et Ray; et deux autres , dont Tune est le tznatltototl j et Tautre le qucujcoxoctocod de Femandez , appellations bien étrangement composées , si elles ne sont pas imitatiires et fiadtes par onomatopée.

CRARE, animal presque toujours armé de mains ou pâtes antérieures très-puissantes, qui lui donnent la Êiculté de ^agripper aux corps étrangers ., comme la grappe du menuisier ou le xgrappin du matelot.

Cràhpoit et CKÀMPONinEK paroissent être formés dans le même esprit d'imitation.

Crampe en seroit £dt par une extension trèsintelligible , quoique très-figurée, parce que cette douloureuse infirmité saisit et pénètre les membres qui en sont atteints y comme les dents d^un crampon,

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