AHA
Et tel y laist^ la laine Qui n*en aura jà la grupée.
On a dit aussi gruper pour agraffer^ et plus souvent pour agripper ou saisir avec les grifies. <c Qui sait, dit Rabelais , s'ils useroient de quite proquo , et en lieu de Raminagrobis gruppe- « raient paovre Panurge? » .
Les Bretons ont krapa^ krafa^ gripper, grimper^ égratigner; Aro/^ égratignure; craban, grifFe; crib^ peigne; criba, peigner; cnAi /i^ peigne de fer ; crabb^ cancre , écrevisse , qui s* est conservé dans le François, et qui se retrouve dans une foule de langues. Croj^est le nom gallois du grappin , du harpon des mariniers.
AHALER. Pousser Fhaleîne au dehors. Quelques écrivains on dit adhaler, qui est beaucoup moins pittoresque. Ce mot très-expressif a un autre sens ^v! exhaler , et n'a point d'équiyalent en (rançois. Haleter donne l'idée d'une respiration ibrte et pressée. C'est Yanhelate des Latins qui aiy aient aussi halare et halitus.
Il semble que l'hiatus considérable qu'on remarc[ue dans l'expression proposée , lui donne quelque chose de pittoresque qui n'est pas dans cette dernière langue.
Haleijne est évidemment un mimologisme de la respiration , l'onomatopée d'un souffle doux.
AH A a
AHAN, AHANëR. Ahan représente un grand' efïbrt qui 6te presque la &culté de respirer. Cest l'expression du bûcheron , des manœuvres pour reprendre leur souffle, et se donner la forcé nécessaire pour bien porter leur coup. De Ik on à fiiit •ahaner, travailler avec peine , avec aAtin^ comme dans ces vers d* une d^ pièces les plus délicieuses de Dubellay :
De votre douce haleine Esventez ceUe plaine, Esventez oe séjour , Cependant que j^aJiane
A mon blé que je vanne En la chaleur du jour.
Ahanerim ohamp, s'est ditpar esctensîoo pour^ x:nitiver^e terre difficile, et dont on n a pu.tioèr parti sans aian.
'Ahan y estpas^éau style figuré pour exprimer de pénibles travaux d* esprit, et Tagitation d'un bomme qui a de la peiné k se résoudre i quelqufs «iiose.
On a fait venir ce motdu grec dcu {pé) et du Utin oni^i^e.Cestropinion dedu Gange. Ménaigeen a chercbérétymologiedansTitalien €i/)^»»o>fieine, douleur. On auroit pu le retrouver tout entier dansle dictionnaire des Caraïbes et dans beaucoup d'autres, puisqu'il est tiré du dictionnaire de la nature. C'est la plus évidente des onomatopées. Pasquier et Nicod ne s'y sont pas mépris.
U Aï
Dans des lettres de rémission de Tan 1 376; on trouve : « Après ce que ledit Jehan fut descliaucié, a entra ondit gué , et tant se y efforça pour mettre « hors laditte charrette, que il entra en fièvre en icelui gué , pour le grant ahan que il avoit eu. »
On ne se- sert plusse ce mot qui étoit très-&milier à nos anciens écrivains. Rabelais, Montaigne, AmyotTont singulièrement affectionné. 11 est encore dans Gostar. Jupiter, dit- il , en sua à^ahan.
AI. Quadrupède autrement nommé le pares-seuXj et qui est un des anthropomorphes de Linné.
Il articule les syllabes dont on a formé son nom avec des modulations si justes, que cela a donné lieu à Clusius de dire très-ridiculement que c' étoit le paresseux qui avoit inventé la musique. Il auroit pu d'ailleurs appuyer cette bizarre présomption d'une analogie curieuse de la langue grecqueoùata)(aid) s'est ditquelquefois pour cano^ et il &ut observer que ce mot est passé dans la langue latine avec le sens de loquor. Il n'appartenoit qu'a ces peuples d'harmonieux langage d'attacher la même expression aux idées de chant et de parole.
AME. Le principe de la vie dans l'homme et dans les animaux.