‹ Dictionnaire raisonné des onomatopées françoisesChapitre 53 sur 169 · FRE · texte numérisé non relu

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comme lefracus de la fofidre qui tonibe, \tfiacas: des cataractes , et le fracas des yolcans.

Qninault a supérieurement dit dans ces vers d'une belle harmonie imitatire :

Que le bruit, que le choct que \e/racas des armes Retentisse de toutes parts !

FREDON., FREDONNER. En chassant Fair de la bouche , avec un roulement wessé de la langue , et un petit frémissement des lèvres y on produit le bruit sourd ou le chant confus que ces mots expriment. Guichard a rencontré assez heureusement , quand il les a dérivés àufritinnire des Latins, excellente onomatopée qui a la même' racine , et qui avoit été feite pour représenter le murmure des hirondelles , suivant le témoignage de Varron. Dans la Philomèle, le cri de Thirondelle est exprimé par un autre mot : trinsathirun- 4o "vaga; mais on y trouve fritiuit pour représenter un bruit qui ressemble beaucoup k celui-ci: fritiuit rauca cicada. M. Noël, grand explorateur de la Philomèle , n'a pas admis ce dernier verbe qu'il a probablement trouvé dotueux.

FRELON. Du bourdonnement des ailes de cet insecte on a fait son nom françois. Les Latins ont dit crahro, et les Espagnols, tabo^rro.^ qui sont d'autrea oi\oniatopéea.«

PRÉ las

FRÉMIR, FRÉMISSEMENT. On ne peut se tromper sur le son radical de ces mots , qui se reproduit dans tant d'occasions, soitqu il$e forme de Tagitation rapide des lèvres dans lefrémissçment de la fièvre et dans celui de la peur, soit qu'il paroisse émaner des feuillages émus , des herbes fouettées par le vent, des eaux qui murmurent sur les cailloux.

Fnisson , Frissounemej^t, qui sont des yré^wsements d'une espèce particulière ,'

F&ÀTEUR , Effroi , sentiment qui excite le frisson;

Feoid, sensation physique dont l'effet est le même, sont autant d'expressions qui se rapportent k cette racine, et sur lesquelles je ne reviendrai pas ailleurs.

FRESAIE , un de ces oiseaux chuitants dont le cri fait entendre une espèce Ae frémissement ou de yroZeme/i^ lugubre, qui a été caractérisé dans les langues par differentes onomatopées. Je crois que Isifresaie est le strix des Latins , nom qui exprime bien un des grincements stridents de cet oiseau. To^ez CHEVECHE.

FRÏiJUX. On a donné ce nom k un oiseau que les lexicographes appellent aussi graie ^ graille ^

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grolle, on f rayonne. Il est évident que tous ces mots sont formés par imitation.

FRÉTILLER. Pour exprimer une action trèsvive et très-rapide, comme celle d*un petit poisson suspendu a la ligne , et pour représenter le hruit dont elle est accompagnée.

Feétillard, s^est dit souvent d^un mouvement pareil à celui du poisson suspendu k la ligne , particulièrement dans nos vieux poètes qui paroissent avoir affectionné cette image et cette terminaison :

Pois reculez Toire bouch»^ Et bieo loin toote furonche Fayei d'un jàtAfrétiUard,

Cet exemple est de Ronsard; le suivant est de Belleau :

Le gentil rossîgnolet

Doncdet Découpe , dessous l'ombrage »

BliUe fredons babiUards ,

FrétiUards, Aux doux sons de son ramage.

En voici un de Jacques Tahureau du Mans :

ta colombe roucoulante , *

Enflant sa pikune tremblante > Et liant d'im bec mignard

FRÉ ur

Mille baisers dont la grâce Celle du cygne surpasse Sur sa IcBdeJrétillard,

Je ne pense pas , pour tout cela , que ce mot soit a regretter. Je suis même convaincu qu'il iroit fort mal aujourd'hui en vers ; mais chaque époque littéraire a sa langue, et ce que les hommes éminents d'une époque littéraire ont adopté d'un commun accord étoit nécessairement fort bon.

C'est peut-être à cela que doivent se borner toutes les altercations philologiques sur nos archaïsmes francois.

Fretin , c'est le nom qu'on donne au petit poisson qui frétille.

Un carpeau , qui n'étoit encore que/retin^ Fut pris par un pécheur au bord d'une rivière.

Et ailleurs :

Un rieur étoit à la table D'un financier, et n'avoit en son coin Que de petits poissons ; tous les gros étoient loin. Il prend donc les menus, puis leur parle à l'oreille ;

Et puis il feint à la pareille D'écouter leur réponse; on demeura surpris ,

Cela suspendit les espriu.

Le rieur alors , d'un ton sage ,

Dit qu'il craignoit qu'un sien ami ,

Pour les grandes Indes parti ,

N'eût depuis un an fiût naufrage.

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Il s'en informoit donc k ce mêavk Jretini

Mais tous lui répondoient qu'ils n'étoien( point d'un âge

A savoir , au nvi, son destin ;

Les gros en sauroient davantage.

LA FOHTAnni.

FRIRE. Du pétillement de Vliuile bouillante quand on y plonge un corps froid pour le faire frire.

Cette onomatopée se retrouve dans toutes les langues.

Observez que le grec (ppuyo) (phrugô),(fpùytoç ( phrughios)j torreo^ torriduSy dont le son a tant d'analogie avec celui sur lequel ce mot est fbriné, a fourni le nom de V Afrique et de la Phrygiej pays brûlants, pays de feu.

FRISER. Pour rouler les cheveux , on les

presse avec un fer chaud qui les desséche et qui

les crispe. Cest du petit bruit avec lequel ils se

retournent sur eux-mêmes , qu on a fait le mot

friser.

Friser se prend aussi pour, effleurer un objet , pour, en passer si près que le bruit du frottement se fait légèrement entendre.

FROISSEMENT, FROISSER. Belles expressions qui représentent ordinairement le cri d'une étoffe ferme que Von presse avec quelque force ; mais qu'on a éteadues à d'autres significations ,

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et qui peuvent s'appliquer plus ou moins a toutes sortes de ruptures et de brisements.

U est certain qu'elles ont été formées d'après le son naturel , et je n en atteste que les auteurs même qui ont cherché ailleurs leur étymologie. Ils remarquent qu'on dit froisser du damas et du satin. On ne le diroit pas d'une étoffe douce et légère qui cède sans bruit sous la main. On la chiffî)nne, on ne \sl froisse pas. Froisser est donc un mot imitatif , une véritable onomatopée.

On dit vulgairement le froufrou d'une robe de satin , d'un vêtement de taffetas , et ce mot factice est la racine de ceux-ci.

FROLER , pour, friser, effleurer un corps sonore, quoique sou|ile, qui frémit et qui crie quand on le froisse.

Frôler une robe de taffetas , c'est la faire crier en passant.

Frôlement est le substantif qui représente ce bruit d'une manière fort pittoresque.

Freler, qui est de cette famille , s'emploie dans la langue du peuple , en parlant d'une matière de peu de consistance , comme les cheveux et la barbe , ou le poil , la laine et les plumes des animaux, qui, a ^eine frôlés ou effleurés par le feu , se retirent en rendant un son foible et rapide dont ce verbe paroi t formé.

FRONDE. Nom d'une corde qui sert k lanceic

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