BAB
Babiole, une chose de peu de conséquence, une bagatelle qui ne peut occuper que des enfiints;
Babouin , Bambin , un petit enfant qui articule a peine ; en gallois bach ^ d*où vient le nom de BdccJius qu^on représente ordinairement comme un enfant gros et jouffiu ;
Bamboche, un en&nt grotesque et contrefait, une marionnette ridicule ;
Bambochade , un genre de peinture qui ne s^exerce que sur des formes triviales , sur des marionnettes et des bambins.
Ménage aurait trouvé d* ailleurs une étymologie plus exacte et plus naturelle encore dans le grec^ où Ton ditSao) (baô), ëocSocjt^(ù(babazo), SocSoîkùD (babalô)^ et êaiiêodwû (Jbambainô) pour loquor, Mai^ le fait est que tous ces mots et leur iinmense fiimiUe sont composés d'après le son naturel.
Baba, bahcj en arabe, signifient bouche, ouverture ; £e a le même sens en langue celtique. Dans la même langue , enfant se dit map, vap, mab, Doh, et avec le diminutif, babic, un petit enfant.
Babe, chez les Anglois, a la même signification. Du temps de Shakespeare, la fiée Mab étoit un esprit plein de grâce et de malice, un babau ingénieux et adroit, une espèce de démon qui unissoit la lutinerie de Tenfance à tout ce qui la fait aimer. G'estainsi qu'elle est décrite dansiîomeo et Juliette.
On dit dans le latin garrulùaSj. gamilus, garrire, autres onomatopées^ dans Fitalien, garrire.
BÂI 51
cicalare, ciarlare et ciachietyire; dans TEspagnol, babiUar, eharlarj chicarran
Amy ot a dit rehabiller. « . Si un bahillard es«^ « coûte un peu , ce n'est que comme un reflux de « bahil qui prend haleine pour rebaiiller^ puis « babille après encore davantage» »
Madame Pernelle dit dans le Tartuffe :
C«st yéritaUement U tour de Bàbylone ,
Car chacun y babille et tout du long de Taniie.
Voilà rétymologie de Nicod consacrée par deux rers de Molière.
BÀYAROEii est évidemment fait de la même ra*cine , transportée sur sa touche foible.
Baver et ses congénères appartiennent à la même Êimille d'idées , comme à la même famille de mots. Ce sont autant de mimologismes des premiers essais de l'articulation des lettres de lèvre*
BÂILLEMENT, BÂILLER. De l'action d'où- TTÎr involontairement la bouche dans le sommeil ou dans l'ennui.
Observez que la première syllabe de ce mot est longue , et qu'autrefoison disait baai/leret baaif^ lement, ce qui donnoit plus d'expression à l'onomatopée, f
En latin, fUare , hiatus; en italien, sbadigliare . sbaJUgliamento.
5S HkK
BtSA , ou plutôt y Bayer , mot (kit pour peindre une curiosité vaine et lin peu niaise , qui se manifeste par la inème émission vocale et par là même figuration delà boitche , appartiennent à là même vacine. Bàyér aux corneilles , est une' expression proverbiale assez en usage dànsnotre langue. On lit dans un de nos plus anciens dictionnaires : bayer k la mamelle , appetere mammam. « Cest proie prement ouvrir la boùcliej mais parce que quand « plusieurs regardent par grande aflèction quelle que chose , ils ouvrent la bouclie , de la est que ^ bayer signifie aucunes (bis autant que regar- « der. » NicoD.
Bah , est un'mot iactice ou artificiel qui échappe aux gens étonnés. De la
. Badaud y homme simple et sans expérience qui s* étonne de tout ;
Séakuii^. y ixàs ébabi , termes attachés ati même sens. S^il est vrai qu ils remontent k Thébreu schebasck , comnïe l'ont prétendu les étymologistes , c'est c(ue cèluî-ci a été ikit sur le son commun y et n'a pas d'autre type naturel.
BAKBGTER. Ce mot', dit Ménage , est formk du bruit que font les canes quand elles cherchent dans la boue de quoi manger ; et on appelle de Ik bàrb'oteur, un canard privé. Barboter^ en èette sîgni(ication , semble être une onomatopée.