PET
ce et se perchent sur ces rameaux et s'engluênt« « Pipée j par métaphore , se prend pour mine ou ce contenance contrefaite. »
Piper, pipeur, qui ne se prennent plus que pour Faction de piper les dés y ont peut-être été rejetés trop dédaigneusement de la langue ; leur emploi étoit fondé sur une allusion très-naturelle, iet leur sens étoit vif et frappant. Montaigne a dit avec son énergie, avec sa précision ordinaire, que R la rhétorique est une art mensongère et (c piperesse. » Il y a dans les langues des expressions si heureusement caractéristiques , qu'une ibis perdues , on ne peut plus les remplacer.
PETIT BOUT DE PETUN. Nom d oiseau formé d'une onomatopée très-douteuse. « Les natu- (c rel» du Brésil l'appellent ani , et si les nomen- «( clatures modernes l'ont appelé bout de petun , «c c'est en raison de la ressemblance de la couleur ce de son plumage k celle d'une carotte de tabac ou ce petun, » suivant l'opinion de Buflbn. Le père Dutertre assure , a la vérité , dans son Histoire des jintilles , ce que son ramage prononce petitiout de K petun j » et que c'est de là que vient son nom. Bufibn répond que cela n'est ni vrai ni probable. Je ne sais si cela est vrai , mais cela n'est pas moins probable que les mimologismes affectés au cri de tant d'animaux , et par exemple , du jaco , de la margot j du whipp-pour-will j que l'on trouvera plusloin. BuflEon ajoute que les créoles de Cayenne
PIC Hi'i
lui ont donné une dénomination imitative « plus « appropriée à son ramage ordinaire , en l'appelant ex bçuilleur de canari , ce qui veut dire qu^il imi- <c te le bruit que fait Teau bouillante dans une « manftite, et que c'est^ en effet, son vrai ramage c( ou gazouillis, très-diffërent de Texprèssion de c< la parole que lui suppose le père Dutertre. » Les lecteurs, qui s'occupent du mécanisme de la prononciation , conviendront qu il est impossible, au contraire, de représenter ce gazouillis et ce bouillement par un mimologisme plus naturel que le nom de petit bout de petun qui semble formé artificiellement pour exprimer le bruit deFébuUition.
Quant k l'allusion du sens, elle es t ici tout-k-fait fortuite et insignifiante. Non-iseulement, il est possible qu'une succession de sens naturels, différents entr'eux, présente en quelque langue unees pèce de sens y mais j*ose dire qu'il est impossible que cela ne soit pas , témoins les cloches de Panurge.
J^engage les personnes qui en douteroient , k essayer de prononcer petit bout de petun sans voyelles. C'est la pierre de touche de l'étymologie.
PIC. Instrument de fer courbé et pointu vers le bout, qui a un manche de bois , et dont on se sert pour ouvrir la terre et rompre le roc : onoma^ topée du bruit que rend la pierre sous l'instrument qui la brise.
PiQUEJi , c'est donc primitivement frapper avec