‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 128 sur 165 · II · texte numérisé non relu

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de toilette des xiif et xiv" siècles ; ce qui permet de supposer que la façon des chapels de fleurs était un des passe-temps favoris des dames et darooiselles \

Les chevauchées à deux étaient encore un des plaisirs auxquels se livraient le plus habituellement les jeunes gens des deux sexes. On avait des selles disposées exprès pour ces promenades, et pendant le xv" siècle encore les femmes, montant en croupe, enfourchaient la selle, ainsi que cela se pratique dans les campagnes de la Normandie et de la Bretagne. La figure 3 est copiée sur la vignette d'un manuscrit de cette époque*. Le jeune homme est vêtu d'un corset brodé d'or, avec collet et manches bleu de roi. Il porte des

t Voyes, dans la partie des Vêtemekts, Tarticle Chapeau. ^ Manuscr. Biblioth. nationale, missel latin (1450 environ).

garde-cuisses d'étoffe d'or, et ses jambes sont armées de grèves. Son bonnet est rouge. La jeune femme est coiffée d'un escofBon d'or avec barbette blanche. Sa robe est gorge de pigeon. Les harnais du cheval sont rouge et or.

Certains jeux, ou plutôt exercices profanes, étaient permis aux ecclésiastiques, aux chanoines des cathédrales, pendant les fêtes de Noël et de Pâques. Ces exercices consistaient en une danse et jeu de balle, suivis d'un banquet. Ces divertissements, appelés pila^

pilota et bergereltay furent particulièrement usités dans Téglise cathédrale d'Auxerre, d'où ils ne disparurent que vers le milieu du xvi" siècle (1588) *. Cet usage parait remonter aux premiers lemps du christianisme. Jean Beleth, qui vivait au xir siècle, dit que les évêques et archevêques ne dédaignaient pas de participer au jeu de la balle et aux danses auxquels se livraient leui^ clercs. Guillaume Durand décrit ainsi ces fêtes' : c En certains endroits « encore, en ce jour (de Pâques) et dans d'autres, le jour de Noël, c les prélats se divertissent avec leurs clercs, soit dans les cloîtres, « soit dans les maisons épiscopales, et vont jusqu'à jouer à la paume, « et même à former des chœurs de danse et à se livrer aux chants « que l'on appelle liberté de décembre*, parce qu'anciennement, « chez les Gentils, en ce mois des esclaves, les bergers et les « servantes jouissaient d'une certaine liberté, exerçaient le pouvoir « avec leurs maîtres, festoyaient avec eux, et se livraient aux fes- < tins après la rentrée des moissons. Cependant il vaut mieux s'absc tenir de semblables fêtes. 9 Malgré le conseil de l'évéque de Mende, l'usage persista longtemps dans plusieurs églises cathédrales. Chaciue nouveau chanoine devait, ce jour-là, offrir une grosse balle ou ballon à la compagnie *. Les chanoines commençaient alors une ronde accompagnée de chants et se renvoyaient la balle en dansant. Le ballon était donné par le nouvel élu au doyen, lequel, ayant enfourmé son aumusse pour ne point être embarrassé dans ses mouvements, appuyait la balle contre sa poitrine, et, donnant la main à un chanoine, commençait un branle suivi par tous les autres membres du chapitre; on entonnait la prose Victimœ paschali laudes. Alors le doyen, ou même l'évéque, se plaçait au milieu de la ronde, et il envoyait la pelote à chacun des danseurs, qui la lui renvoyait. Après ce divertissement, on se mettait à table jusqu'à l'heure de vêpres.

Il nous reste à dire quelques mots des jeux d'enfants. Les choses, à cet égard, ont peu changé, et les jeux des enfants, pendant la durée du moyen âge, étaient ce que sont ceux de notre temps, c'est-àdire qu'ils n'étaient qu'un diminutif des occupations des grandes personnes. La poupée pour les filles, les petites armes pour les

1 Voyez* à ce sujet, la notice que H. Cli. Barthélémy a introduite dans sa traduction du nationale de Guillaume Durand, t. IV, p. 4d7. * nationale divin, off,, lib. VI, cap. LXixvi, 9. ' En souvenir des Saturnales.

< Cette balle était assez grosse pour qu*on ne pût la tenir d'une seule main.

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garçons, les chevaux de bois, faisaient le fond de ces divertissements de Tenfance. Le manuscrit de llerrade de Landsberg* nous montre deux Irès-jeunes gens qui jouent aux marionnettes (fig. A). Ces marionnettes sont deux chevaliers suspendus à des cordes qui les traversent par le ventre. Le plomb qui chargeait leurs jambes,

probablement, les empêchait de basculer. En faisant aller et venir ces cordes, on simulait une sorte d'escrime. Les marionnettes sont vêtues comme les hommes d'armes de ce temps (xii* siècle). Elles sont couvertes du heaume conique à nasal, de la cotte de mailles courte, du long écu, et armées d'épées.

Les petits moulins tournant au vent, les animaux de terre cuite pouvant servir de sifflets, les poupées, les vessies remplies de pois, etc., étaient les jeux de la première enfance ; puis venaient les

I BiMioth. de Strasbourg (xu'^ siècle). Ce manuscrit a été détruit par Parmée ailemaode.

exercices, Tescarpolette, le tape-cul, les échasses (fig. 5*), les billes, les barres, la pelote; puis, plus tard encore, l'escrime, Téquitation, les joutes, les bagues, les simulacres de chasses, de combats, qui parfois devenaient sérieux, ainsi que nous le prouve l'histoire

des premières années de du Guesclin. Les traditions passées d'une génération d'enfants à celle qui la suit ne se perdent pas, et les jeux encore usités aujourd'hui, tels que ceux du berger et du loup, du chat perché, des quatre coins, des barres, etc. , remontent bien haut dans notre histoire et se perpétueront longtemps probablement.

• ManuBcr. Biblioth. nationale, Hist. du saint Graal ju9qu*à Vempire de Néron, Dans les entourages (fln du xiu^ siècle).

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