‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 75 sur 165 · II · texte numérisé non relu

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[ ORFÈVRERIE ] — l78 —

Bourges, Amiens, Troyes, le Puy en Velay, Paris, Limoges, possédaient dès la fin du xn"' siècle d'excellents ateliers d'orfèvrerie. Les trésors d'Aix-la-Chapelle, de Reims, de Saint-Denis *, possédaient et possèdent encore en partie des objets de fabrication occidentale qui datent de cette époque et qui sont d'une grande beauté. Le calice d'or de saint Rémi, qui, de l'église dé Reims, était passé dans le trésor de l'abbaye de Saint-Deais, puis qui, en 4796, fut remis au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, et qui est aujourd'hui déposé dans le trésor de la cathédrale de Reims, est un des exemples les plus complets et les mieux fabriqués de l'orfèvrerie du milieu du xif siècle. Ce calice est une œuvre occidentale, suivant notre opinion, car il n'a pas de rapports avec la fabrication de Byzance, soit comme style d'ornements, soit comme émaux, soit comme emploi de procédés matériels. Sa hauteur est de 145 millimètres et la largeur du cratère de 13 centimètres *. La figure 4 en donne les détails principaux.

En A, Tornementation externe du cratère, qui se compose de six lobes unis, entourés de bordures et d'une zone de filigranes, avec pierres et perles embàtées , plaques d'émaux translucides dans les triangles. En B, est un détail, au double, dû filigrane soudé sur le fond. En C, est la section, au double, de l'ornementation A. Les filets granulés sont figurés en a. En b sont soudés des champs qui enferment les ornements de filigranes, les pierres et perles ; en c, le champ qui sertit les émaux. Les bâtes des pierres sont tracées, au double, en d, La section de la bague, sous la coupe, est donnée en VGR, gi'andeur d'exécution, et un détail de cette bague est reproduit en D. En E, un morceau du pied dont la pince est profilée en G. Les filigranes, les filets granulés, les folioles et oreilles , les champs, sont solidement soudés au fond du vase, lequel est d'or, battu. Le cratère est vissé dans la bague (voy. en V), et cette bague est rivée sur le pied (voy. en R).

Notre figure en B explique comment sont faits les ornements de filigranes, et comment chaque tigelle se termine par une boule qui, par son épaisseur, a facilité le travail de soudure. Les bâtes sont rabattues sur les pierres avec beaucoup de soin ; les émaux cloisonnés, translucides, verts, rouges, bleu foncé et blancs, sont d'une

> Quelques pièces du trésor de Saint- Denis, qui était particulièrement riche en objets d'orfèvrerie d*or du xit* siècle, se voient encore au Louvre et dans le cabinet des antiques de la Bibliothèque impériale.

^ Voyez, dans la partie des Ustensiles, l'ensemble de ce calice à l'article Cauc£.

exécution parfaite ^ . Le procédé de fabrication de ces pièces consiste

> Voyez planche XL.

donc en un travail de chaudronnerie d'or : le cratère, la bague et le pied étant façonnés au repoussé séparément. Une douille, avec pas de vis fondu, a été soudée à la bague, puis une vis au cratère. Ces pièces ont été polies au tour. Alors ont été soudés les champs qui entourent les filigranes , les émaux et les bâtes des pierres et perles, puis les filets granulés, puis enfin les filigranes granulés.

Ce mode de fabrication, avec quelques différences dans rexécution, est appliqué, pendant le xir siècle et le commencement du xiii% à

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