SAINT CIBOIRE
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dont la planche XLV donne Tensemble, et qui présente tous les procédés de la fabrication d'orfèvrerie employés à la fin du xii^ siècle* Cet objet, de cuivre doré, se compose de deux valves à peu près identiques de forme : Tune, celle inférieure, reposant sur un pied ajouré; l'autre, celle supérieure, terminée par un riche bouton. Chacune des deux valves est frettée de seize bandes légèrement concaves regravées longitudinalement de filets. Dans le canal des bandes apparaissent des touches rectangulaires et linéaments d'un bel émail rouge. A leur intersection sont sertis des turquoises, des émeraudes et des grenats. Entre les frettes se détachent seize losanges, huit grands et huit petits,. et seize triangles; ces losanges et triangles sont émaillés de bleu avec épargnes figurant des anges et des personnages drapés à mi-corps : les têtes de ces personnages sont ronde bosse, tandis que les corps et les ailes sont simplement gravés ; procédé souvent employé à la fin du xii"" siècle et au commencement du xiii% Même disposition pour la valve inférieure, dont les fonds d'émail sont d'un bleu plus clair. Sur ces fonds sont réservés des rinceaux s'épanouissant en fleurettes avec touches d'émail rouge. Les nuages d'où sortent les personnages sont émaillés de rouge, de bleu foncé, de bleu clair, de blanc ou de rouge, de bleu foncé, de vert et de jaune alternativement, sans séparations métalliques ; seuls les triangles supérieurs et inférieurs ne sont pas remplis par des figures, mais par un rinceau d'épargne. La décoration principale du bouton consiste en quatre anges ronde bosse, à mi-corps, issant de quatre arcades plein cintre. Le rinceau ajouré du pied représente trois hommes vêtus de tuniques courtes, poursuivant des dragons dont les yeux sont émaiilés de noir. "
Au fond de la coupe, dans^un cercle qui inscrit un ange-tenant un livre et bénissant, on lit cette inscription gravée : . . •
— : MAGITER : G. : ALPAIS : ME FECIT ; LEMOVICARVM :
Ici, pas de doute, l'artiste est Limousin * ; l'œuvre date au plus lot des premières années du xiii*' siècle^ etelle est exécutée dans toutes ses parties avec une perfection rare; l'émail est posé, non sur des parties planes ou sur des pièces rapportées, mais sûr un vase. La plupart des procédés d'ornementation de l'orfèvrerie se trouvent réunis sur ce précieux ciboire : fonte, gravure, ciselure, sertissage de pierres fines, dorure, émaux, et l'effet obtenu est mer-
■ Vojez, dans les Annales archéologiques^ la description fort détaillée que donne X. A. Darcel de ce ciboire (t. XIV, p. 5).
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veilleux. On peut en conclure que les artistes (jui produisaient des œuvres de cette valeur n'en étaient pas à leur coup d'essai, et qu'une fabrication aussi parfaite avait dû, avant d'en arriver là, exister depuis un temps assez long. Mais ces artistes ne se contentaient pas d'émailler des vases, ils émaillaient aussi des statuettes. 11 existait dans l'église de Saint-Maurice d'Angers un tombeau sur lequel était appliquée une table d'émail de â8 centimètres de haut sur 30 de large. Ce tombeau était celui de révêqueUlgerouEulger,mortenHà9. Recouvert entièrement d'orfèvrerie, ce monument mesurait environ! ",80 de long sur (5/i centimètres de hauteur et autant de profondeur. La ligure 2.3 en donne l'ensemble. Des pierres décoraient les bandes
séparant les arcatures du dessus, et ces arcatures étaient remplies par des plaques d'émaux. Le tableau émaillé représentant Tcvêque était placé au milieu du parement; notre planche XLVl en donne la représentation d'après Gaignères. Le personnage demi-relief*, émaillé sur toute sa surface, indique le degré d'habileté des artisans de celtiî époque. Ici [)lus de cloisons ou d'épargnes pour maintenir la substance fusible, qui ne recouvrait le métal que d'une pellicule très-mince et opaque. Il fallait que cet émail, posé à froid, au pinceauj pût entrer en fusion sans couler. Ce procédé, souvent employé
1 Gaignères, qui a copie le loinbeau et la plaque représentant Tcvèque, avec un soin minutieux, met en note au-dessous de son dessin : « Ce tombeau est d'iiger, cvèque «d'Angers, qui mourut en 1149. 11 était autrefois couvert d'ouvrages de cuivre doré «émaillé, mais il n'en reste que la Agure suivante (celle que donne la planche XLVl). — « A Saint-Maurice d'Angers, tombeau dans la nef, contre la muraille^ à droite, auprès «le « la porte du cloislre. » (Gaignères, CoUect. de la bibliotli. Bodléicnne d'Oxford.)
DICTIONNAIRE DU MOBILIER FRANÇAIS TorfJf 2 Orfèvrerie PL XLV/
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