‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 16 sur 168 · CALICE · texte numérisé non relu

CALICE

dimensions et ressemblaient aux vases qu'on appelle aujourd'hui burettes.

La figure 2 est une buire de terre cuite trouvée dans les fouilles du château de Pierrefonds ; elle date du xiv" siècle * . Le xvf siècle fabriqua des buires en faïence et en émaux d'une grande richesse. Nous avons l'occasion de parler de ces vases dans le Dictionnaire de r orfèvrerie^ blanche, dorée et ém aillée.

BURETTE, s. f. Petit vase en forme d'aiguière, et qui était particulièrement destiné à contenir le vin et l'eau pour le sacrifice de la messe. Deux burettes étaient placées sur un plateau oblong pour cet usage. Elles étaient généralement fabriquées en argent ou en cuivre doré et émaiUé. (Voyez le Dict. de r orfèvrerie.)

CADENAS, s. m. Nom que l'on donnait au coffre fermé d'une chaîne, avec vertevelle ou petite serrure, et dans lequel on enfermait les divers objets du service de table des grands, c'est-à-dire la salière, les épices, les cuillers, fourchettes, couteaux, etc. Ce coffre, habituellement en forme de nef, était placé sur la table, devant le personnage, et était ouvert devant lui au moment du service. (Voy. Nef.)

CALICE, s. m. Coupe dans laquelle, depuis les premiers siècles de l'Ëglise, le prêtre, à l'autel, verse le vin du sacrifice de la messe, en commémoration de la cène de Jésus et des apôtres.

Suivant l'Évangile apocryphe de Nicodème, Joseph d'Arimathie, disciple de Jésus, ayant conservé la coupe dont son divin maître s'était servi pendant la cène, aurait recueilli dans ce vase des gouttes dw sang qui tombait des plaies de Jésus, après que le corps eut été descendu de la croix, et aurait légué ce calice, ou grààl, à son neveu, nommé Alain.

Sur ce thème, le moyen âge fit une des légendes les plus populaires en Occident. « Un des premiers missionnaires qui vinrent en Angie-

' Musée du châteiau impérial de Pierrefonds.

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terre prêcher le christianisme se nommait Josèphe. A ces époques d'ignorance et de foi crédule, il ne fallut pas beaucoup de temps et beaucoup de peine pour faire de cet apôtre de la Grande-Bretagrie le fils du personnage de l'Évangile *. »

Le cycle des épopées bretonnes fit de ce Joseph, supposé fils de Joseph d'Arimathie, l'ancêtre d'Artus et des chevaliers de la Table ronde. Au xii" siècle, un roman fut écrit en latin par Gautier Map, chapelain du roi d'Angleterre Henri II, sur le saint Graal, c'est-àdire sur les aventures des chevaliers en quête du saint Graal. Cet écrit fut mis en français par Robert de Borron.

La conquête de ce calice type, divin tahsman, fut pendant le moyen âge le sujet de maintes légendes, de romans, de peintures et tapisseries. C'est ainsi, d'après le roman français du saitit Graàl \ que s'exprime Jésus lui-même, apparaissant à Joseph d'Arimathie :

« Cist veissiaus où men sanc méis,

« Quant de men corps le requeillis,

« Calices apelez sera,

« La platine ki sus girra

(( lert la pierre senefiée

« Qui fu (ieseur moi seelée^

« Quant ou sepulchre m'eus mis 3. »

Dès les premiers siècles du christianisme, le calice était adopté dans la célébration des saints mystères. Le testament de Perpetuus, évêque de Tours, mort en Lv7h, lègue à son église « deux calices d'or » .

A Gourdon, près de Chalon-sur-Saône, on trouva en 18/i6 un vase d'or qui était certainement un cahce de chapelle privée {singularis\ et qui est orné de turquoises et de grenats. Ce calice est muni de deux anses. Ainsi est souvent représenté le calice dans lequel l'Éghse personnifiée recueille le sang- de Jésus sur la croix. Telle était probablement la forme donnée aux calices de la primitive Eglise (fîg. i), forme à laquelle on substitua celle d'un cratère avec pied, et qui fut conservée jusqu'au xv*' siècle. Un des plus beaux calices de ce genre, de style français, est le célèbre calice de saint

' Voyez la Notice publiée par M. Francisque Michel en tôle du Romandu saint Graiil. Bordeaux j 1841.

- Voyez la publ. de ce roman par M. Fr Michel. 3 Vers 907 et suiv.

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