‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 42 sur 168 · MIROIR · texte numérisé non relu

MIROIR

mêlai poli. L'étamagc des glaces, est une invention qui ne date que du xvf siècle. Cependant, au xiu'' siècle, on eut l'idée de fixer des feuilles d'étain derrière des plaques de verre, et l'on obtint ainsi une réflexion des objets plus claire que celle donnée par le métal poli ; mais on ne se servait pas encore de l'amalgame du mercure et de l'étain. La feuille d'étain était collée sur la surface du verre au moyen d'une colle transparente. Vincent de Beauvais parle de miroirs étamés et les considère comme préférables aux autres ' .

On persista néanmoins à fabriquer des miroirs de métal jusqu'au xvi" siècle; et le métal préféré était l'acier. Ces objets étaient généralement de petite dimension, et ce qu'on appelait un grand miroir ne dépassait pas le diamètre d'une assiette. Garnis d'orfèvrerie, d'émaux, parfois même de pierres précieuses et de perles, les miroirs pouvaient se tenir à la main, ou être posés sur un meuble (fig. l)^ Quant aux miroirs de poche, ou qu'on portait avec soi, nous les rangeons parmi les objets de toilette *. Ceux-ci sont de beaucoup les plus riches par la matière et le travail. Cependant les inventaires des xiv' et XV' siècles mentionnent des miroirs non portatifs, qui, par leur composition et le travail de main-d'œuvre, devaient être des objets de prix. « Une damoi- « selle, en façon d'une serainne, d'argent doré, qui tient un

' « Inter omnia (spécula) melius est spéculum e.\ vitro et plumbo, quia vitrum propter « transparentiani melius recepit radios. » (1250.)

2 Proverbes cf. adages, manuscr, de la Biblioth. imper., xV^ siècle.

3 Voyez la partie des Vêtements,

Page 1