‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 44 sur 168 · MORTIER · texte numérisé non relu

MORTIER

et gallo-romaines. Il en existe un grand nombre parmi les fragments recueillis dans des fouilles d'édifices du moyen âge. Les mortiers les plus anciens sont creusés dans des pierres dures ou dans du marbre. Toutefois il en existe de fonte de fer, qui datent du xiii^ siècle. Voici un de ces mortiers (fig. 1) \ Deux de ces mortiers de fer ont servi longtemps de bénitiers dans l'église de Saint-Pére-sous-Vézelay ; peut-être y sont-ils encore. Ils étaient d'une grande capacité (O^jSO de diamètre environ), bien fondus, avec quelques ornements et deux anneaux pour les porter. Ces mortiers provenaient probablement de l'abbaye de Vézelay. On en fabriquait en bronze, mais ceux-ci

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étaient de petites dimensions ; on ne les employait guère que pour la préparation de médicaments. La figure 2 donne un de ces mortiers, qui date également du xv" siècle Quant aux mortiers de pierre, ils affectent la forme hémisphérique et sont munis de poignées

> Proverbes, adages, portraits, ms. Bibliotli. impér., f. laVallière, n" k'x, xv^ siècle, 2 Du cabinet de Tauteiir.

réservées dans la masse. Dans les fouilles du château de Pierrefonds plusieurs de ces mortiers de pierre ont été trouvés ; ils proviennent des cuisines.

MOUCHETTES, s. 1'. Nous ne connaissons pas de niouchettes à moucher les chandelles qui soient antérieures au commencement du XVI" siècle. Avant cette époque, les niouchettes sont mentionnées sous la dénomination de sisiaux. Mais, à dater de la fm du xvf siècle, on fit des mouchettes très-habilement combinées pour moucher les chandelles au moyen de détentes, et ces ustensiles sont souvent d'un travail précieux. Le musée de Cluny possède plusieurs de ces mouchettes qui, comme les nôtres, enferment instantanément la partie carbonisée de la mèche dans un récipient.

Les mouchettes- ciseaux se composent de deux branches terminées par deux lames tranchantes et réunies par un axe. On coupait ainsi le lumignon fumant, qui tombait dans la bobèche ou dans le plateau (voyez Cuandeuer), et il fallait saisir ce fumeron avec de

petites pinces pour le jeter à terre, où on l'éteignait avec le pied. Cela était comphqué. Ces sortes de mouchettes affectent souvent la forme d'un oiseau (fig. 1). On voit en A les branches élastiques de la pince qui figiu^ent les pattes de l'oiseau, et qui permettaient de saisir le lumignon lorsqu'il élait tombé dans le plateau. On comprend que les mouchettes à récipient durent être regardées comme un perfectionnement très-notable sur ces ciseaux à pinces.

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