NAVETTE
MOUSTARDIER, s. m. Les pots à moutarde sont mentionnés dès le xuf siècle, et ils figurent dans les inventaires du xiv' siècle. Nous ne savons s'ils affectaient une forme particulière.
NAVETTE, s. f. Petit récipient en forme de nef, dans lequel on enfermait les grains d'encens.
Les encensoirs possédaient leur navette appareillée, et beaucoup
de représentations peintes ou sculptées de thuriféraires les figurent tenant de la main droite l'encensoir, de la gauche la navette. Les
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navettes i'i encens étaient de métal, cuivre ou argent, et souvent émaillées,
La figure 1 présente un de ces objets faisant partie de la collection du musée de Cluny. La charnière A, disposée au milieu du dessus, permet d'ouvrir les deux valves du couvercle, qui sont émaillées, ainsi que le récipient. Un pied permettait de poser cette navette sur la crédence. Les deux anses B servaient à soulever les valves. Une petite cuiller était toujours jointe à la navette pour prendre les grains d'encens et les jeter sur la braise incandescente, que contenait la capsule de l'encensoir.
On donnait aussi le nom de navettes aux cadenas ou nefs placées sur la table, devant les personnages de distinction, et renfermant les objets nécessaires h table. « Une navette d'or goderonnée et y met « on dedans, quand le Roy est à table, son essay, sa cuiller, son « coutelet et sa fourchette, et poise , à tout couvescle , iij marcs « v onces etdemye *. » (Voyez Nef.)
NEF, s. f. La nef était un vaisseau d'orfèvrerie qu'on plaçait à table, devant un personnage, le seigneur, et qui renfermait sous clef tous les objets dont ce personnage devait se servir pendant le repas, c'est-à-dire les cuillers, fourchettes, touailles (serviettes), les coupes, la salière, les épices etc. Le vin était contenu dans des barillets également fermés à clef (voyez Baril). On donnait aussi, à ce récipient des objets de table, le nom de cade^ias, et l'usage des cadenas se conserva jusqu'au xviif siècle dans les cours souveraines.
La crainte des poisons était fort répandue pendant le moyen âge, et, bien entendu, plus on supposait qu'il y eût un intérêt à recourir à l'empoisonnement, plus on accumulait les précautions autour des grands. On ne manquait jamais alors d'attribuer au poison les morts dont la science médicale, peu avancée, ne pouvait découvrir In cause. Sous Louis XIV encore, les mémoires du temps admettent un nombre prodigieux d'empoisonnements ^. Il n'était donc pas surprenant que les hauts personnages fissent prendre autour d'eux des précautions qui aujourd'hui paraîtraient ridicules. D'ailleurs, c'était là un usage, une sorte de marque honorifique, car tel seigneur qui, chez lui, avait sa nef, mangeait chez son suzerain ou même ses pairs,
» Jnvent. de Charles r(J380).
2 Voyez, à ce propos, les Mémoires et la Correypondance de M""*^ la duchesse d'Orléans, princesse Palatine. A en croire celte princesse, la moitié des personnage? de la conr morts de son temps auraient été empoisonnés.