‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 4)Chapitre 31 sur 48 · QUARREL · texte numérisé non relu

QUARREL

rares ; les vignettes des manuscrits et les bas-reliefs de cette époque en sont remplis, et ils adoptent tous la même forme.

Voici (fig. 1) un de ces meubles copié sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale d'Amiens. Les prie-Dieu de cette époque n'ont pas toujours, comme les nôtres, une marche inclinée en avant pour se mettre à genoux, mais un carreau garni d'étoffe; le panneau de devant, ou l'un de ceux des côtés, s'ouvre afin de permettre de déposer le livre d'heures dans l'intérieur du meuble, comme dans une petite armoire. Dans les cérémonies, les prie-Dieu des princes étaient recouverts d'une pièce d'étoffe, de soie, d'or ou d'argent, tombant tout autour jusqu'à terre. Les monuments funéraires qui représentent un personnage agenouillé sur un sarcophage, monuments fort communs pendant le xvie siècle, montrent habituellement un prie-Dieu drapé devant la statue.

QUARREL, s. m. 1 Coussin carré, tabouret pour poser les pieds et aussi pour s'asseoir. La variété des petits meubles servant de sièges ou annexés aux grands sièges est innombrable, pendant le moyen âge, comme forme et dimension. On s'asseyait fréquemment à terre sur des tapis, sur des coussins, des carreaux, pour se livrer au plaisir de la conversation, et môme pendant certaines séances solennelles.

Les faudesteuils, les trônes, les chaires étaient toujours accompagnés d'un carreau de bois recouvert d'étoffe, ou simplement d'étoffe, sur lequel la personne assise posait les pieds. Ces carreaux étaient sur pieds (fig. 1) 2 ou pleins (fig. 2), de bois sculpté, de marqueterie, plats ou rembourrés de laine ou de plume. On en plaçait près des lits ; ceux-ci étaient généralement très-larges et servaient de marchepied (voy. Chaire, Fatjdesteuil, Forme, Lit, Trône).

Les inventaires des xivc et xve siècles font souvent mention de carreaux. « Pour la façon de 15 quarriaus de duvet pour 2 cham-

1 « Cil guerpissent murs et brelôches

« Et quarriaus de plume ou de bourre. »

(Guill. Guiart, vers 4010.)

2 Tiré de la vignette de la Création de l'homme (Manuscr. d'Herrade de Landsberg, Biblioth. de Strasbourg).

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