‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 4)Chapitre 36 sur 48 · TRONC · texte numérisé non relu

TRONC

d'appartements, que les tapissiers voulussent bien apprendre la géométrie.

TOILE, s. t Tissu de fil. La toile peinte était une des tentures les plus ordinaires pendant le moyen âge. On commençait par coucher un encollage assez épais sur le tissu, à peu près comme le l'ont encore nus décorateurs de théâtres, et sur cet apprêt on peignait, soit des sujets, soit des ornements.

Dans les premiers siècles de notre ère, à l'imitation des anciens, un employait les toiles peintes pour décorer et couvrir les rues lors des grandes solennités pubiicpies. Grégoire de Tours dit qu'à l'occasion du baptême de Glovis, les rues de la ville de Reims étaient ombragées par des toiles peintes *. Et, encore aujourd'hui, l'Hôtel- Dieu de cette ancienne cité possède une nombreuse collection de toiles peintes représentant la mise en scène du théâtre des confrères de La Passion *, qui datent de la fin du xv'J siècle et du commencement du xvf.

Nos collections, nos églises et nos châteaux ne possèdent point de fragments de ces tentures antérieures à cette époque ; nous ne pouvons avoir qu'une idée assez vague du genre d'ornementation qui s'y trouvait appliqué. Les comptes des xive etxv° siècles mentionnent souvent des toiles et des couleurs destinées à les décorer, mais ne nous donnent aucun détail sur le caractère de ces décorations. Ces documents, si précieux d'ailleurs, parlent de toiles employées comme doublures de tentures, de courtines, de tapis. La toile, dans ce cas, était piquée, ainsi que cela se pratique encore de notre temps poulies doublures.

TRONC, s. m. Pièce de bois creusée, 'munie d'un couvercle avec une fermeture solide, desLinéc à recevoir les aumônes des lidèles à l'entrée des églises, des monastères, des hôpitaux, maisons de refuge, etc. Cette dénomination de tronc indique assez que ces meubles étaient originairement composés d'une bille de bois évidée. En effet, les plus anciens troncs sont ainsi façonnés; on obtenait ainsi une plus grande solidité, et les voleurs ne pouvaient songer à s'emparer des sommes déposées dans ces meubles, scellés d'ailleurs à la muraille. En France, les anciens troncs ont été partout remplacés par

1 « Telis depiclis adumbraniur plalese. »

2 Toiles peintes et tapisseries de la ville de Reims, par C. Lebertliois et L. Paris,

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