‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 4)Chapitre 42 sur 48 · DETAILS DU RETABEE DE WESTMINSTER · texte numérisé non relu

DETAILS DU RETABEE DE WESTMINSTER

Pans Bance . edil. rue Bonaparte /J

FABRICATION DES MEUBLES

Aprcès avoir admiré l'œuvre de Guillaume Bériot, nous lui demandâmes s'il faisait pour les appartements des riches seigneurs des ouvirages de cette nature : « Oui, nous dit-il, j'ai fait des lam- « brris U des plafonds ainsi décorés, recouverts de toile fine « coallée sur le bois, dorés et couverts de pâtes gaufrées et de plaques « dee verre, de feuilles d'argent, de peintures représentant des « feBuillages et des oiseaux, et de petites figures en relief peintes au « naaturel. J'ai fait ainsi des bois de lit, de petits tableaux pour « orratoires, des armoires et des dressoirs ; mais ces ouvrages sont « chhers, et aujourd'hui on préfère les meubles de bois sculpté et « reecouverts de belles étoffes ou de tapisseries. »

Le Serrurier.

ÉEn sortant de chez l'imagier, Jacques le huchier nous engagea à entitrer avec lui dans l'atelier du serrurier qui fabrique des pentures, chaumières et serrures pour les coffres et armoires aussi bien que pouur les écrins. « Hugues, nous dit Jacques, est un serrurier déjà « Vineux, mais qui fabrique suivant la mode du jour; le fer semble « ddoux comme le plomb entre ses mains : il le tourne, l'amincit, le « buuirine, le façonne aussi facilement que la pâte, et il n'est pas de « fobirgeron à Paris qui travaille plus rapidement. Vous lui voyez faire « ddess grilles, des landiers, de grandes pentures de portes et les « ouuivrages les plus fins, de petits coffrets de fer, des étuis, de petites « seerrures, des cadenas, que vous prendriez pour de l'orfèvrerie, « taasnt la matière est délicatement travaillée. Hugues emploie aussi « paairfois l'argent pour certains objets, tels que les écrins que vous « awez vus tout à l'heure. On est surpris de voir ses larges mains « nmoires et calleuses façonner adroitement les objets de métal les « pbl us délicats ; cependant il a le poignet solide, et il n'est pas un « fob»rgeron qui étampe aussi nettement que lui un morceau de fer « rcouge. »

LL' atelier de Hugues est grand ; on y voit une forge fixe, de petites forages mobiles avec leurs soufflets, des enclumes et bigornes de toutittes dimensions, de gros marteaux, d'autres très-menus, des cise,e;aux, des pinces de toutes tailles et quantité d'étampes ou matric<c<es d'acier soigneusement rangées sur des tablettes. Hugues n'a qu'i'mn apprenti, mais lui-même est un homme vigoureux malgré son âgée , et travaille tant que dure le jour.

l'égliçliise abbatiale de Westminster, et dont nous avons donné l'ensemble au mot Retable, fig. 2 2. (Voyez, pour ces derniers procédés. V Essai sur divers arts, du moine Théophile.)

En nous voyant entrer, Hugues salua de la tête le huchier et l'écrinier et leur demanda la permission de terminer son travail. Il forgeait à petits coups une plaque de fer très-mince, qu'il remettait à chaque instant dans un tas de braise incandescente sans trop la laisser rougir. « Que faites-vous là, maître Hugues ? dit le huchier. « — Une boîte de serrure à bosse, répondit le serrurier. Vous savez « que je les fais toujours d'une seule pièce; c'est pour rendre le fer « ferme et malléable que je le chauffe ainsi doucement et le bats à « petits coups, afin de ne point brûler et de ne point crever la boîte, « qui doit être très-relevée pour contenir le mécanisme. » Laissant alors son marteau, il nous fit voir une serrure à bosse en forme d'écu, fort délicatement travaillée : « Voici, ajouta-t-il, une pièce « pareille, ou peu s'en faudra, à celle dont je fais la boîte. Tout cela « n'est que de la forge avec quelques burinages (pl. XXIII). Les « feuilles et tigettes qui ornent la boîte sont soudées à chaud, rele- « vées au marteau, puis attachées au fond par de petits rivets que « vous voyez apparents. Il faut de bon fer pour un travail aussi délicat « et qu'un coup de feu trop vif brûlerait sans ressource : c'est dans « les vieilles ferrailles des anciennes portes, dans les rebuts et les « vieux clous, que je trouve le fer convenable pour faire ces travaux « très-fins; les fers qu'on nous vend aujourd'hui sont cassants et « mal corroyés. Vous ne voyez dans tout ceci ni cuivre, ni étain. « Le mécanisme C est d'acier; c'est un pêne qui entre dans le « moraillon au moyen d'un tour de clef. L'entrée de la serrure est « masquée par une garde retenue par un ressort; en poussant le « bouton A, la garde saute d'elle-même par l'effet d'une paillette « entaillée à côté de l'entrée, et l'on introduit la clef. — Pourquoi, « dit l'écrinier, ne me faites-vous jamais d'aussi belles pièces, maître « Hugues? — C'est que vous ne me les payez pas assez cher. Un « riche marchand, mon voisin, m'a commandé cette serrure pour « un vieux coffre très-beau qu'il a acheté en Touraine ; c'est un « amateur. Les seigneurs qui vous commandent des écrins ne « veulent pas mettre le prix à ce qui ne brille point, et tous les jours « fart du forgeron se perd; les serruriers d'aujourd'hui n'ont pas « l'occasion de se donner tant de peine, et vous n'en trouveriez plus « un seul en état de forger les pentures de Notre-Dame de Paris. « — Je le crois bien, répliqua le huchier, ces pentures ont été for- « gées par le diable! — Voire! dit Hugues; mon grand-père les « aurait bien forgées, sans avoir besoin d'appeler le diable. Voilà « une de ces œuvres que mon père a toujours gardée chez lui et « que je conserve de même, sans la vouloir vendre. Qui achèterait

DICTIONNAIRE DU MOBILIER FRANÇAIS

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